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Botazoom, Botanique et Iconographie

Botazoom, Botanique et Iconographie

Ce blog est destiné aux curieux de botanique. En s’appuyant sur les photos que j’ai pu faire en voyage, et sur de l’iconographie ancienne, il rentre un peu dans les détails qui m’ont permis d’identifier une espèce, mais son contenu doit être considéré comme celui d’une botaniste amateur !

botanique

Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanique, #iconographie

Deux des genres de la grande famille des Orobanchacées, à petites fleurs et feuilles vertes, étaient peu distingués l’un de l’autre : les Euphrasia et les Odontites. Les silhouettes générales d’une Euphraise ou d’un  Odontite sont pourtant assez caractéristiques et différentes. Au-delà du genre il existe dans la flore de France, treize espèces différentes d’Euphrasia et six d’Odontites sans compter les sous-espèces !

Ci-contre: L’Odontite tardif (Odontites vernus subsp. serotinus) 

Je ne vais pas rentrer dans le détail à propos des Euphraises dont voici quand même une photo, car en plus d’être des Herbes aux myopes ou Casse-lunettes (c’est leur nom courant) ce sont surtout des casse-têtes : je parle de leur identification précise qui est très délicate !

Quant aux Odontites, la fin d’été et l’automne les met en évidence en bord de route quand les autres floraisons se font bien discrètes ! Je peux donc illustrer l’Odontite tardif nommé autrefois Euphraise tardive (Odontites vernus subsp. serotinus) qui porte une grappe unilatérale d’une quinzaine de fleurs roses, ses feuilles comptent trois nervures.

Les deux espèces roses couvrent assez régulièrement le territoire, encore que le vrai Odontite de printemps ou Odontite rouge (Odontites vernus subsp. vernus), en tant que plante adventice des moissons, est en forte régression comme toutes les messicoles, et je ne peux vous le montrer.

L’Odontite tardif (Odontites vernus subsp. serotinus) en Sarthe
L’Odontite tardif (Odontites vernus subsp. serotinus) en Sarthe

L’Odontite tardif (Odontites vernus subsp. serotinus) en Sarthe

L’Odontite jaune ou Euphraise jaune, (Odontites luteus (L.) Clairv.) porte des feuilles linéaires à une seule nervure ; cette petite espèce dont les corolles s'ouvrent davantage, est notée surtout dans le sud et un peu dans l’Est de la France. Pour ma part je l’ai trouvée dans une zone de friche au Nord de Montpellier.

L’Odontite jaune (Odontites luteus (L.) Clairv.)
L’Odontite jaune (Odontites luteus (L.) Clairv.)
L’Odontite jaune (Odontites luteus (L.) Clairv.)

L’Odontite jaune (Odontites luteus (L.) Clairv.)

Odontites lutea Reich. est illustré sous ce nom (ancien synonyme) dans la « Flora regni Borussici : flore du royaume de Prusse ou illustration et description des plantes poussant à l'état sauvage en Prusse », auteurs : Albert Dietrich, 1795-1856 et Friedrich Klotzsch, 1805-1860

https://www.biodiversitylibrary.org/item/103508#page/59/mode/1up

Odontites lutea apparait également dans la Flora austriaca de Nikolaus Joseph Jacquin (tome 4, pl 398)

Odontites lutea Reich. dans la "Flora regni Borussici"

Odontites lutea Reich. dans la "Flora regni Borussici"

Odontites lutea Reich. dans la Flora austriaca .

Odontites lutea Reich. dans la Flora austriaca .

Odontites vernus subsp. serotinus

On le retrouve sous le nom d’Odontites vulgaris Moench. dans quelques représentation anciennes ainsi que sous des noms synonymes variables comme l’Euphrasia odontites de la Flora Batava de Jan Kops, (vol. 3 de 1814, t. 194). C’est celui que je pense avoir vu en Sarthe à la mi-Aout 2020. J’avais alors été un peu surprise de ce nom d’espèce (vernus) pour une plante en début de floraison à la fin de l’été, puis j’ai vu la mention dans la Flora Gallica de cette sous-espèce tardive (serotinus), plus commune.

Euphrasia odontites syn. de Odontites vernus subsp. serotinus dans la Flora Batava de Jan Kops

Euphrasia odontites syn. de Odontites vernus subsp. serotinus dans la Flora Batava de Jan Kops

Les Odontites, sont des plantes hémiparasites, la définition de ce terme est donnée par Bernard Boulard dans mon ancien Dictionnaire de Botanique : « un végétal supérieur qui, encore pourvu de chlorophylle mais en quantité insuffisante, ne prélève aux dépens de son hôte qu’une partie des aliments organiques dont il a besoin pour vivre ». Leurs racines se sont transformées en suçoirs pénétrant dans les racines d’une autre plante pour y puiser de la sève brute, mais ils restent capables d’assurer la photosynthèse comme en témoignent leurs feuilles vertes. A ce titre, ils sont proches des Rhinanthes dans la taxonomie des Orobanchacées, et encore plus proches des Euphraises puisqu’on peut constater que leurs noms étaient presque confondus autrefois.

Le voici encore dans la « Flora londinensis : plaques et descriptions de telles plantes qui poussent à l'état sauvage dans les environs de Londres » de William Curtis (1777):

https://www.biodiversitylibrary.org/page/40966500#page/190/mode/1up

Odontites vernus subsp. serotinus dans la Flora londinensis

Odontites vernus subsp. serotinus dans la Flora londinensis

Pour aller plus loin et comparer les deux Odontites vernus: on peut consulter cette page sur Florealpes

 

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanique, #iconographie, #Botanistes

Une très longue évolution commencée en Malaisie et Indonésie il y a plus de 2500 ans, a mené progressivement vers les bananiers cultivés actuels. Ceux-ci devaient privilégier des caractères utiles pour l’homme, ils sont devenus producteurs de fruits stériles et parthénocarpiques (sans graines). On les multiplie végétativement et les variétés sont des clones ; la belle popotte de fleurs mâles qui termine l’inflorescence est coupée sans regret pour privilégier la croissance de la partie femelle au-dessus : le régime.

 

Dans cet article ne figureront que des auteurs réellement présents sur le continent asiatique car il existe aussi beaucoup de représentations européennes très anciennes se référant à des images antérieures mais pas à de l’observation personnelle de l’auteur.

Dans la Flora Sinensis  du missionnaire jésuite polonais Michael Boym, publiée à Vienne en 1656, on trouve une des premières illustrations de Bananier, dessinée par l’auteur qui a vécu une dizaine d’années en Chine. Vous pouvez, sur Plantuse, consulter une traduction du texte associé à ce bananier nommé Pa-Cyao, ou Figues des Indes et de la Chine.

https://uses.plantnet-project.org/fr/Flora_Sinensis,_1696

Le Bananier figure sur trois planches du 17ème siècle de l’ Hortus indicus Malabaricus. Ce recueil de plantes  est rédigé par Hendrik Adriaan van Rheede tot Drakenstein, engagé à l’origine par la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Rheede devient ensuite gouverneur sur la côte de Malabar ; son Hortus indicus Malabaricus a été utilisée par Linné comme une référence pour les plantes du Sud de l’Inde.​​​​​​​

Hortus indicus Malabaricus par H.A. van Rheede tot Drakenstein
Hortus indicus Malabaricus par H.A. van Rheede tot Drakenstein

Hortus indicus Malabaricus par H.A. van Rheede tot Drakenstein

Dans l’Hortus indicus Malabaricus, tome 1, planches 12, 13 et 14 (1678-79), le nom usuel de la Banane, est accompagné des équivalences en arabe, en malayalam et en brahmane, comme pour chacune des 740 planches, car Rheede a su bien s’entourer et utiliser les savoirs ancestraux de la région pour enrichir son répertoire. Sur les trois planches figure le nom de Bàla un nom latin alors choisi par Rheede, l’équivalent moderne est Musa x paradisiaca, nom général qui regroupe les bananes dessert et les bananes à cuire (plantain).

Hortus indicus Malabaricus par H.A. van Rheede tot Drakenstein

Hortus indicus Malabaricus par H.A. van Rheede tot Drakenstein

Un texte de Diderot tiré du tome 4 de L’Encyclopédie (1777, p. 329) détaille en quelques pages, 29  ‘espèces’ de Bananier en citant des noms locaux. Il s’insurge en page 320 de la décision de Karl Linné de toutes les réduire  à deux espèces (paradisiaca et sapientum). La notion de variétés d’une même espèce n’avait pas encore assez de poids !

Au sujet du Bala, Diderot nous dit: « Le bala est le bananier le plus commun au Malabar et au Sénégal. Van-Rheede en a donné une figure assez complète sous ce nom Malabare, dans son Hortus Malabaricus, vol.1 p.17, pl.12, 13 et 14. Les Brames l’appellent Kely. Pline l’a indiqué sous le nom de pala, dans son Histoire naturelle, liv.12, chap.6, où on appelle son fruit ariena. C’est l’iminga ou l’ininga de Soffala, le figo d’orta, c’est-à-dire, figuier des jardins des Portugais. »

Je suis partie ensuite d’une planche en couleur d’un ouvrage de William Roxburgh, un médecin écossais devenu directeur du jardin botanique de Calcutta et qui a établi le premier catalogue de la flore indienne (Hortus bengalensis en 1814). Dans « Plants of the coast of Coromandel » (Vol. III) paru en 1819, William Roxburgh a légendé la banane Musa sapientum ; en fait les deux noms (paradisiaca et sapientum) sont donnés conjointement par Linné en 1759 dans son Systema Naturae, éd. 10 (ci-dessous).

Roxburgh écrit ceci :

« Les variétés de bananes cultivées en Inde sont très nombreuses, mais celles de plantains le sont moins, car je n'en ai connu jusqu'à présent que trois, alors que je peux dire sans me tromper que pas moins de dix fois plus de variétés de bananes sont passées sous mon contrôle. 

Leur durée, leur culture, leur habitude et leur caractère naturel sont déjà bien connus. Je me limiterai donc à ce que je pense être le musa sauvage originel, dont découlent, je pense, toutes les variétés cultivées (plantain et banane). En deux ans, à partir de la graine reçue de Chittagong, ils ont atteint la hauteur habituelle des espèces cultivées, qui est de dix ou douze pieds. Ils fleurissent en toute saison, mais généralement pendant les pluies, et mûrissent leur graine cinq ou six mois après, lorsque la plante périt jusqu'à la racine, qui bien avant ce temps a produit d'autres pousses ; celles-ci continuent à grandir, fleurir, etc, en succession pendant plusieurs années. Leurs feuilles sont exactement comme celles des espèces cultivées. »

Musa sapientum dans "Plants of the coast of Coromandel" de William Roxburgh.

Musa sapientum dans "Plants of the coast of Coromandel" de William Roxburgh.

On y retrouve aussi le nom de Bala cité dans ses synonymes avec la référence  « Rheed Mal… », ce qui permet d’en déduire que, pour William Roxburgh, dans les trois planches de l’Hortus indicus Malabaricus, il s’agit aussi d’une sorte de Musa originel mais en fait à cette époque une quantité de variétés de bananes existaient déjà de par le monde. La théorie de Roxburgh est là assez radicale et le fait est, que maintenant, les deux espèces (Musa paradisiaca et Musa sapientum) sont incluses dans l’hybride Musa × paradisiaca L.  On peut peut-être dire que Roxburgh avait pressenti  quelque-chose sans toutefois avoir en main les recherches récentes qui font de nos bananes des hybrides issus de deux espèces asiatiques distinctes Musa acuminata Colla et Musa balbisiana Colla! (Voir mon article sur les Bananes ancestrales).

La deuxième référence antérieure citée par William Roxburgh pour cette planche de musa sapientum vient de l’ Herbarium Amboinense, de Georg Eberhard Rumpf (1627-1702), publié en 1750 à Amsterdam. Ambon se situe dans l’Archipel des Moluques, Rumphius y passe de nombreuses années au service de la Compagnie Néerlandaise des Indes orientales.

Il s’agit d’une gravure d’un bananier en pied, la Planche 6 du tome 5, dans une légende jointe assez complexe, j’ai pu retenir pour C : le fruit de Piffang Medji. La traduction du malais serait Bananier des tables toujours selon le volume 4 de l’Encyclopédie par Diderot (1777, p. 328) et les hollandais les mangeraient avec du pain et du fromage ! voir le texte de Diderot là. 

 

Musa dans l’ Herbarium Amboinense, de Georg Eberhard Rumpf

Musa dans l’ Herbarium Amboinense, de Georg Eberhard Rumpf

Toujours à propos de Pisang, voici trois belles illustrations peintes d’après nature, provenant du Naturalis Biodiversity Center de Leyden ; ces peintures plus récentes sont nommées par des noms locaux indonésiens qui relèvent de Musa paradisiaca. Je n’ai pas retrouvé davantage de renseignements sur les variétés dont je ne suis même pas sûre de l’orthographe mais les peintures sont belles et au moins pour la première nous avons le nom du peintre : A. Bernecker.

variétés de Musa x paradisiaca (Naturalis Biodiversity Center de Leyden)
variétés de Musa x paradisiaca (Naturalis Biodiversity Center de Leyden)
variétés de Musa x paradisiaca (Naturalis Biodiversity Center de Leyden)

variétés de Musa x paradisiaca (Naturalis Biodiversity Center de Leyden)

Une autre artiste botanique néerlandaise établie à Batavia (Jakarta), Berthe Hoola Van Nooten (1817-1892) peint Musa paradisiaca L. (Pisang maas) parmi une série de Fruits de Java ; on peut voir les superbes chromolithographies qui en furent tirées là :

 https://bibliodyssey.blogspot.com/2006/07/fruits-of-java.html

 

 

Et à bientôt, j'espère, pour l'histoire américaine des bananes!

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Fleurs, #iconographie, #Botanique

Ces quatre centaurées roses se ressemblent et ce sont surtout les bractées de l’involucre (la collerette d’où sortent les nombreuses fleurettes de cette composée) qui permettent de les différencier, sans oublier quand même de regarder la silhouette générale de la plante, le nombre et la forme des feuilles !

Centaurea thuillieri, scabiosa, et jacea.

Centaurea thuillieri, scabiosa, et jacea.

Il est possible de détacher l’une de ces bractées de l’involucre, en la choisissant à mi-hauteur, et de l’observer à la loupe : elle se compose d’une première languette basale plus ou moins verte, surmontée d’un appendice dont la forme varie suivant les espèces.

Le scan montrant trois fleurs veut faire la différence «  à l’œil » entre les trois espèces sujettes à confusion, qui sont dotées toutes trois de corolles périphériques rayonnantes. Je n’ai pas scanné la Centaurée noire qui ne porte que des corolles plus réduites de type fleurons et dont l’involucre est aussi plus globuleux et plus sombre que celui de la Centaurée des prés ou Centaurée de Thuillier. Voici, ci-dessous la très commune Centaurée noire (Centaurea nigra L.).

Chez la Centaurée scabieuse (Centaurea scabiosa L.), qui fait un peu exception, la bractée de l’involucre n’est pas composée de deux parties séparées par un étranglement, c’est une sorte d’ogive verdâtre bordée de pointes sombres dont la pointe sommitale est plus ou moins effilée. C’est aussi une grande espèce dont les feuilles sont bien découpées et parfois il est possible d’en rencontrer une blanche comme cela m’est arrivé dans le Jura ! Une coupe sur l’involucre d’une fleur en fin de floraison permet de dégager quelques graines couronnées d’un pappus bien visible.

 

La Centaurée scabieuse, trois spécimens dans le Jura et les Alpes
La Centaurée scabieuse, trois spécimens dans le Jura et les Alpes
La Centaurée scabieuse, trois spécimens dans le Jura et les Alpes

La Centaurée scabieuse, trois spécimens dans le Jura et les Alpes

La Centaurée jacée (Centaurea jacea L.), est assez caractéristique car l’appendice terminal des bractées se présente comme  un petit éventail rond doré et irrégulièrement déchiré et les feuilles sont rudes au toucher.

La Centaurée jacée, deux spécimens en Savoie et en Haute-Marne
La Centaurée jacée, deux spécimens en Savoie et en Haute-Marne

La Centaurée jacée, deux spécimens en Savoie et en Haute-Marne

Chez la Centaurée des prés ou Centaurée de Thuillier (Centaurea decipiens Thuill.) la bractée de l’involucre se termine par un appendice triangulaire foncé, de chaque côté longuement et finement  frangé, de couleur blonde ou fauve mais pas sombre comme chez la Centaurée noire (Centaurea nigra L.). Pour les différencier un autre critère bien visible, la Centaurée de Thuillier porte des fleurons périphériques rayonnants alors que la Centaurée noire n’en a pas et un dernier critère décisif à regarder à la loupe : les graines ne portent pas de pappus. On peut plus ou moins le vérifier sur mon scan d’une Centaurée de Thuillier trouvée en Grande Brière, que j’ai dépiautée pour en extraire quelques graines. Il faut préciser que les Centaurea du groupe pratensis font partie d’un groupe complexe difficile à démêler !

La Centaurée des prés ou Centaurée de Thuillier (Centaurea decipiens Thuill.) en Grande Brière
La Centaurée des prés ou Centaurée de Thuillier (Centaurea decipiens Thuill.) en Grande Brière
La Centaurée des prés ou Centaurée de Thuillier (Centaurea decipiens Thuill.) en Grande Brière

La Centaurée des prés ou Centaurée de Thuillier (Centaurea decipiens Thuill.) en Grande Brière

Iconographie :

Je n’ai guère trouvé de représentations anciennes fidèles aux critères ci-dessus, hormis pour les deux centaurées les plus distinctives, la centaurée scabieuse et la centaurée noire.

Les voici dans «Bilder ur Nordens Flora» Stockholm, de Carl Axel Magnus Lindman, publié 1901-1905.

Centaurea scabiosa et Centaurea nigra dans  «Bilder ur Nordens Flora» de Carl Axel Magnus Lindman
Centaurea scabiosa et Centaurea nigra dans  «Bilder ur Nordens Flora» de Carl Axel Magnus Lindman

Centaurea scabiosa et Centaurea nigra dans «Bilder ur Nordens Flora» de Carl Axel Magnus Lindman

On trouve aussi ces deux illustrations dans la Flora von Deutschland : in Abbildungen nach der Natur  pour le tome 14 de 1906, l’auteur n’est plus Jakob Sturm mais le Dr. K. G. Lutz.

Centaurea scabiosa et Centaurea nigra dans la "Flora von Deutschland : in Abbildungen nach der Natur" (1906)
Centaurea scabiosa et Centaurea nigra dans la "Flora von Deutschland : in Abbildungen nach der Natur" (1906)

Centaurea scabiosa et Centaurea nigra dans la "Flora von Deutschland : in Abbildungen nach der Natur" (1906)

J’ai déjà montré quelques autres espèces de Centaurées moins communes mais très caractéristiques, là :

http://botazoom.over-blog.com/2020/08/des-centaurees-et-des-bleuets.html

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanique, #voyages

En Juillet sur la Sambuy, dans le massif des Bauges, on se régale à souhait de vues magnifiques et de floraisons montagnardes ! La Sambuy est une montagne située au sud du Lac d’Annecy au-dessus de Seythenex, et l’intérêt pour moi, qui crains les dénivelés trop importants, c’est qu’on peut attendre l’altitude de 1850 mètres grâce à un télésiège qui fonctionne l’été, et j’espère fonctionnera encore longtemps, bien que des menaces planent sur la station. Depuis l’arrivée du télésiège nous avons pris le sentier de la petite Sambuy (2107 m), puis un autre jour, le circuit de la Bouchasse qui s’élève moins mais reste très riche en botanique diverse et insectes papillonnant dessus.

De là-haut, la vue sur le lac d’Annecy est superbe et par beau temps le Mont-Blanc se montre au-dessus des nuages.

 

 

Je me suis appliquée à ne rien cueillir, donc pas d’herbier pour confirmer mes déterminations mais certaines espèces emblématiques ne posent guère de problème d’identification et quand je n’ai pas osé aller jusqu’à déterminer l’espèce je me suis contentée du genre ! Pour certaines plantes comme l’Epervière velue (Hieracium villosum Jacq.), il s’agit en fait d’un groupe encore à l’étude.

Je pense avoir vu sans conteste l’Aster des Alpes (Aster alpinus L.),

mais voici un Erigéron, ci-contre, et je n’ose me prononcer sur l’espèce.

Pour certaines espèces, la vue du fruit m’a parfois un peu déroutée mais au vu du feuillage, il s’agit bien ci-dessous de la Raiponce orbiculaire (Phyteuma orbiculare L.)

 

 

 

 

 

 

Quant à la Petite Astrance (Astrantia minor L.), moins connue que la Grande Astrance, je n’ai découvert qu’au retour sur mes photos les crêtes festonnées du fruit en formation sous les fleurs !

La Crépide dorée (Crepis aurea (L.) Tausch) est un grand classique de cette altitude souvent confondue avec l’Epervière orangée.

La Primevère à oreillettes (Primula lutea Vill.), qu'on a coutume de nommer plus joliment Oreille d’Ours, n’était plus en fleurs mais les petits fruits ne sont pas vilains.

Le Séneçon doronic (Senecio doronicum (L.) L.) au moins, est certain, les feuilles longues, pointues et dentées sur les bords ne permettent pas la confusion avec l’Arnica.

Sur le circuit de la Bouchasse, au début le chemin longe des pentes plus ou moins en pierriers sous une falaise.

Sur les rochers on trouvait les deux petits saules rampants communs à ces hauteurs: le Saule à réseau (Salix reticulata L.)

et le Saule à feuilles émoussées (Salix retusa L.) dont les chatons explosaient.

Un peu plus loin, la ravissante Dryade à huit pétales (Dryas octopetala L.) déjà en fin de floraison livrait aussi ses fruits plumeux qui accrochent la lumière !

Pour finir : le Bois-joli ( Daphne mezereum L.) montrait ses baies d’un rouge brillant noyées dans les herbes d’alpages.

Ce sont deux circuits de promenade que je vous engage à découvrir et que je compte bien refaire pour obtenir un inventaire botanique plus poussé!

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanique, #iconographie, #Fleurs

Je vais parler aujourd'hui de trois œillets qui à première vue se ressemblent ; ils portent une fleur simple, rose, leur feuilles  caulinaires médianes sont étroites (- de 5mm), et brièvement engainantes sur la tige, leurs pétales sont entiers ou dentés mais pas laciniés et le calice en-dessous est glabre. Que convient-il donc d’observer de près pour les distinguer ? Réponse, l’épicalice : ce sont de petites bractées plus ou moins nombreuses, scarieuses ou bien vertes, pointues ou bien émoussées ; elles enveloppent la base du calice.  

Les deux premières espèces sont à pétales glabres à la gorge et les bractées de l’épicalice sont à marge plus ou- moins scarieuse (mais pas herbacée) couvrant moins du quart du calice.

 

On peut alors différencier :

  1. L’œillet des bois (Dianthus saxicola Jord.), synonyme de  Dianthus sylvestris Wulfen    : Pour celui-ci, l’épicalice est pourvu de 2 courtes bractées seulement (photos juin 2022 au sud du Mercantour, ci-dessus et ci-dessous)
L’œillet des bois (Dianthus saxicola Jord.) vers Chateauneuf d’Entraunes
L’œillet des bois (Dianthus saxicola Jord.) vers Chateauneuf d’Entraunes

L’œillet des bois (Dianthus saxicola Jord.) vers Chateauneuf d’Entraunes

2. L’œillet de Godron (Dianthus godronianus Jord.)  (autrefois l’œillet virginal mais c’était un nom prêtant à confusions, voir plus loin): celui-là est doté d’un calice plus long et l’épicalice porte 4 bractées assez courtes) (photo Annot Mercantour 2022) et en Ardèche (juin 2020, Font Méjannes)

 L’œillet de Godron (Dianthus godronianus Jord.) à Annot au sud du Mercantour (juin 2022)
 L’œillet de Godron (Dianthus godronianus Jord.) à Annot au sud du Mercantour (juin 2022)

 L’œillet de Godron (Dianthus godronianus Jord.) à Annot au sud du Mercantour (juin 2022)

L’œillet de Godron (Dianthus godronianus Jord.) en Ardèche (juin 2020)
L’œillet de Godron (Dianthus godronianus Jord.) en Ardèche (juin 2020)

L’œillet de Godron (Dianthus godronianus Jord.) en Ardèche (juin 2020)

Difficile de se déterminer entre ces deux taxons au vu des illustrations anciennes :

Dans la Florae Austriaceae de N.J.Jacquin, (vol. 5 de 1778, t. 15), on trouve un œillet virginal (Dianthus virgineus Jacq.), cela semblerait logiquement le nom donné par Jacquin pour Dianthus godronianus Jord. pourtant, sur cette illustration, l’œillet montre clairement 2 courtes bractées alors que dans son texte Jacquin parle de 4 !

Dianthus virgineus, dans la Florae Austriaceae de N.J.Jacquin, (vol. 5 de 1778, t. 15)

Dianthus virgineus, dans la Florae Austriaceae de N.J.Jacquin, (vol. 5 de 1778, t. 15)

En 1815,  Dianthus virgineus est illustré dans le volume 42 du Botanical Magazine de William Curtis (pl 1740) ; le texte associé rappelle la mention de Jacquin dans sa Flora austriaca et aussi celle de Linné dans le Species Plantarum en p 590 ; il n’est pas nécessaire d’avoir fait beaucoup de latin pour deviner que « squamis calycinis brevissimis » signifie que les bractées de l’épicalice sont courtes, cependant Linné ne précise pas si elles sont 2 ou 4 ! ci-dessous le texte de Curtis puis celui de Linné.

 

Dianthus virgineus, dans le Botanical Magazine de William Curtis (vol 42, pl 1740)

Dianthus virgineus, dans le Botanical Magazine de William Curtis (vol 42, pl 1740)

Un Œillet trouvé sur la Flora Napolitana de Michele Tenore (1780-1861) est nommé Dianthus longicaulis http://www.ortobotaniconapoli.it/paginadimenu.htm

Dianthus longicaulis  Dix., actuellement reconnue comme une espèce surtout italienne devrait porter  de 6 à 8 bractées sur l’épicalice, or l’image n’en montre visiblement que 4 et assez courtes : il pourrait donc bien s’agir plutôt de Dianthus sylvestris subsp. longicaulis  qui est un synonyme pour l’œillet de Godron (Dianthus godronianus Jord.)

  1. Ce qui différencie plus franchement la troisième espèce :
    1. les bractées de l’épicalice sont plus longues et pointues (plus que le tiers du calice)
    2. les pétales ne sont pas uniformément colorés, plus clairs au revers. Autour du cœur, une ligne de poils pourpres à la gorge dessine une couronne.

C’est l’Œillet de Requien   (Dianthus seguieri subsp. requienii), synonyme de  (Dianthus requienii Godr.). Je l’ai vu en Catalogne, l’épicalice porte de longues bractées vertes (environ 75% du calice). Cette sous-espèce n’existe qu’en Occitanie. C’est l’une des 3 sous-espèces du typique Œillet de Séguier (Dianthus seguierii Vill.) que je ne possède pas encore en photo !

L’Œillet de Requien   (Dianthus seguieri subsp. requienii), en Catalogne (Mai 2019)
L’Œillet de Requien   (Dianthus seguieri subsp. requienii), en Catalogne (Mai 2019)

L’Œillet de Requien   (Dianthus seguieri subsp. requienii), en Catalogne (Mai 2019)

L’Œillet de Séguier (l’espèce type : Dianthus seguieri Vill.) apparait dans le Botanical Magazine de William Curtis, (vol. 86 de 1860). Il semble plus pourpre que rose, mais le revers plus clair et la couronne encerclant le cœur sont bien notés. William Curtis dans le texte, embarrassé par la confusion des noms existant au sujet de cet œillet, en fait une variété (Var.Caucasicus), inconnue à ce jour. Peut-être s’agissait-il d’une autre sous-espèce de couleur plus vive en effet : Dianthus seguieri subsp. pseudocollinus

On peut consulter à ce sujet la page de FloreAlpes :

https://www.florealpes.com/fiche_dianthussylvaticus.php

Dianthus seguieri Vill. dans le Botanical Magazine de William Curtis, (vol. 86)

Dianthus seguieri Vill. dans le Botanical Magazine de William Curtis, (vol. 86)

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanique, #iconographie, #Fleurs

Le 3 juin 2022, j’ai eu le plaisir de trouver une petite station de Rosa gallica dans la région d’Annot (Alpes de Haute-Provence). Bien que les fleurs soient doubles, elles rassemblent beaucoup de critères pour être des vraies Rosa gallica L. La population était éparpillée sur une sorte de crête juste au-dessus d’une carrière qui l’a surement déjà bien entamée.

Il s’agit d’une espèce à souche rampante qui colonise de petites zones.

Quelques critères de reconnaissance de ce rosier sont les suivants : des aiguillons inégaux mêlés d’acicules font place à des poils glanduleux sur les pédicelles, les sépales se rabattent bien sur les fruits, le feuillage est assez coriace ; les folioles à dents peu profondes. Les styles forment un petit bouquet velu en hauteur et le canal stylaire fait plus d’1 mm de diamètre.

Je suppose qu’elle est subspontanée et serais bien curieuse de savoir depuis quand elle se trouve là ! Cependant, le fait que mon rosier soit plus fourni en pétales que sur l’espèce sauvage d’origine, ne plaide pas forcément pour une origine échappée de jardin. J’ai trouvé mention pour le Vaucluse de stations de Rosa gallica de ce type, plus riches en pétales, et l’auteur (Bernard Girerd) rappelle que plusieurs auteurs (Boulenger, Chassagne) reconnaissent à ce rosier une tendance à la duplicature (des pétales). C’est sans doute une des facultés qui en a fait très tôt le parent de toutes les roses galliques de nos jardins.

Déjà dans la nature, une quantité d’hybrides ont été décrits mais on reconnait par ailleurs que Rosa gallica possède une bonne capacité  à se présenter sous diverses variantes (phénotypiques) ; et je suis bien incapable de vous en dire davantage sur un sujet aussi pointu qui fait l’objet des recherches notamment du Conservatoire Botanique Alpin de Gap-Charance !

Je suis par contre un peu déçue de constater que du point de vue « iconographie » mes recherches sur ce rosier sauvage à l’origine de toutes les autres obtentions horticoles de roses galliques m’ont laissée sur ma faim car ce taxon est si ancien que même à l’époque des bois gravés, la plupart des représentations concernent des roses de jardin.

Dans « L'Herball, ou l'histoire générale des plantes » de John Gerard (1545-1612), dont Rembert Dodoens est coauteur, on trouve ce bois gravé légendé Rosa rubra. Plus loin il présente Rosa holosericea ajoutant en légende ‘The velvet Rose’.

https://archive.org/details/mobot31753000817749/page/1085/mode/1up?ref=ol

https://archive.org/details/mobot31753000817749/page/1079/mode/1up?ref=ol

Une note plus récente au crayon donne Rosa holosericea comme un Rosa centifolia, mais le même bois gravé dans « L’Icones stirpium » de Matthias de L’Obel  (1591) est bien annoté comme Rosa gallica L.

Rosa holosericea nommée ainsi par Matthias de L’Obel, serait en fait un type foncé (et soyeux) de Rosa gallica  équivalent au ‘Toscane brunâtre’ de Dodoens (que les rosiéristes assimilent à l’actuel « Tuscany superb »). Dodoens vers 1557 le différencie du type rubra (la Rose de Provins type).

Officiellement aujourd’hui, Rosa rubra  Lam. (Lam. pour Lamarck) ainsi que Rosa holosericea ‘Du Roi’ de 1771 sont  également reconnus synonymes de  Rosa gallica L.

Une petite rose sauvage qui apparaît dans la « Flora austriaca » de Nikolaus Joseph Jacquin (T 198) est légendée Rosa pumila. Il se réfère dans son texte au « Rariorum plantarum historia » de Charles de L’Ecluse (1601), ainsi qu’à Heinrich Johann Nepomuk von Crantz pour Rosa austriaca  Crantz (vers 1765). (voir en bas de l'article)

Ces deux noms font également partie des nombreux synonymes de Rosa gallica L. et l’illustration de la Flora austriaca de Jacquin me semble bien la plus conforme à l’espèce sauvage.

Rosa pumila dans la « Flora austriaca » de Nikolaus Joseph Jacquin

Rosa pumila dans la « Flora austriaca » de Nikolaus Joseph Jacquin

Reprenant la division originale ci-dessus, deux belles aquarelles d’Alfred Parsons pour Ellen Willmot dans le « Genus Rosa », nous invitent à différencier les deux variétés primitives de Rosa gallica : la var. pumila et la var. austriaca

Pour consulter ce passage du Genus Rosa d’Ellen Willmot :

https://www.biodiversitylibrary.org/item/213425#page/111/mode/1up

 

Rosa gallica var. pumila, aquarelle d’Alfred Parsons pour Ellen Willmot dans le « Genus Rosa »

Rosa gallica var. pumila, aquarelle d’Alfred Parsons pour Ellen Willmot dans le « Genus Rosa »

Rosa gallica var. austriaca, aquarelle d’Alfred Parsons pour Ellen Willmot dans le « Genus Rosa »

Rosa gallica var. austriaca, aquarelle d’Alfred Parsons pour Ellen Willmot dans le « Genus Rosa »

Je ne peux m’empêcher de montrer aussi une très belle gravure (en noir et blanc) de Gérard van Spaendonck qui fait partie d’un célèbre recueil : « Fleurs dessinées d'après nature » (1799-1801) ; celle-ci représente une Rose de Provins qu’on admet au jardin, comme la forme classique de Rosa gallica L.

Gérard van Spaendonck fut le maître de Pierre Joseph Redouté et bien sûr, ce dernier a amplement représenté toutes variétés de roses. J’ai retenu simplement celle-là car il s’agit de Rosa pumila dans toute sa simplicité, à cinq pétales ; il a bien noté sur la tige les aiguillons inégaux alternés avec des acicules, les pédicelles glanduleux et les stipules étroites. La couleur toujours plus chaude des rouges sur les gravures d’époque provient du fait que n’existaient pas encore des pigments comme la quinacridone qui peuvent maintenant traduire cette couleur pourpre de beaucoup de pétales !

Rosa pumila dans "Les Roses" de Pierre Joseph Redouté

Rosa pumila dans "Les Roses" de Pierre Joseph Redouté

Retrouver les références historiques qui ont amenées à ces synonymies a tout d’un jeu de piste dont j’ai suivi le cours en partant du Species plantarum de Karl Linné. Pour ceux qui voudraient suivre ce fil d’Ariane voici quelques liens :

Dans le Species plantarum de Karl Linné à Rosa gallica, figure cette seule référence à un auteur antérieur qui m’était inconnu : Dalib.paris.  Il s’agit de la Flora parisiensis de M.Dalibard, parue en 1749, à consulter ici, p.145, c’est la rosa n° 6.

La mention de Dalibard est reprise par Heinrich Johann Nepomuk von Crantz dans Stirpium Austriacarum: Rosa austriaca y est mise en synonymie aussi avec Rosa pumila, à voir en p.86 et 87

Et c’est ainsi qu’on peut boucler la boucle avec la « Flora austriaca » de Nikolaus Joseph Jacquin :​​​​​​​

 

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanique, #voyages

Au sud du parc du Mercantour, le Var a creusé des gorges spectaculaires dans une roche friable,  ce sont les pélites rouges du Permien qui s’érodent en formant des croupes étonnantes. Sur ces pélites rouges, il existe une flore qui s’est adaptée, qui ne craint ni la sécheresse ni l’érosion du sol.

Le beau pavement clair de quartzite d’un ancien chemin de transhumance qui monte vers le « Point sublime » existe encore par endroit, là où des éboulements de pélites étaient particulièrement redoutés ; on peut voir d’où provient cette roche dure du pavement puisque la falaise blanche qui domine le chemin en est constituée.

Le sentier part du vallon de Berthéou, puis monte d’abord en zigzag à travers un boisement de chênes pubescents, ponctué entre autres de Fustets ou Arbre à perruque (Cotinus coggygria Scop.)

et de Pistachier térébinthe (Pistacia terebinthus L.).

En lisière de cette zone butinaient des papillons attirés par quelques chardons, là, c’est la Mélitée orangée.

Plus haut le Fustet est encore présent mais c’est plutôt le domaine du Genêt cendré (Genista cinerea) et de l’Euphorbe épineuse (Euphorbia spinosa), du genévrier du buis et du thym, cette flore laissant largement place à la roche à nue. Nous y avons vu le Bruant fou s’égosiller.

Concernant la flore plus modeste sur la partie dénudée du sentier, j’ai photographié lors de cette promenade :

  • des plantes prostrées comme ce petit Fumana couché (Fumana procumbens (Dunal) Gren. & Godr.). Très commun dans toute la région, il possède des branches grises anciennes qui restent collées en étoile sur le sol, et s’illumine de petites fleurs jaunes fugaces proches des Hélianthèmes.

     

  • Dans des fissures, s’insèrent la Joubarbe à toile d'araignée (Sempervivum arachnoideum L.) et l’Orpin blanc (Sedum album L.).

     

  • Des fruits étonnants : chez l’Æthionème des rochers (Aethionema saxatile (L.) W.T.Aiton), ils forment une sorte de grappe de cuillères gris-rose,
    et chez la Crupine vulgaire (Crupina vulgaris Cass.), on voit surgir du calice mûr devenu scarieux et nacré, des petits goupillons noirâtres : ce sont les pappus qui surmontent chaque graine de cette composée, qui en fleur ressemblerait à une centaurée munie de seulement quelques fleurons.

     

  • Des plantes en coussin comme l’Euphorbe épineuse, au sein de laquelle on voit ici une autre espèce proche des centaurées, la Leuzée conifère (Rhaponticum coniferum (L.) Greuter) qui s’y est installée.

     

  • Auprès du point sublime sur la roche nue, j’ai trouvé le Rosier agreste (Rosa agrestis Savi), de petite taille, à fleurs blanches, très glanduleux et qui sent la pomme.

    La vue depuis le Point sublime:

     

  • En contrebas, sur les parois, le long de la fameuse ancienne ligne de tramway en partie devenue Route des Grandes Alpes, qui longe le Var, on peut admirer le superbe Saxifrage à feuilles en languette (Saxifraga callosa Sm.= Saxifraga lingulata Bellardi). Photo prise un peu hors des gorges à Péone.

     

 https://www.gorgesdedaluis.fr/decouverte/

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanique, #iconographie, #voyages

La découverte d’une station de ce beau Lis turban ou Lis de Pompone (Lilium pomponium L.), dans la région d’Annot (Alpes de Haute-Provence) m’a enthousiasmée comme c’était prévisible : j’espérais tant faire sa connaissance ! En fait, il semble que dans ce secteur, pour peu que la période de floraison soit bien ciblée, on puisse le voir sans trop de difficultés. Beaucoup moins fréquent et plus localisé que le Lis Martagon, il n’existe que dans une zone à cheval sur la Provence et l’Italie, sur des pentes rocailleuses plutôt calcicoles et ensoleillées. Nous l’avons d’abord vu sous une bruine et dans le brouillard, puis une fois que le soleil avait séché les plantes : c’était finalement l’idéal car ils n’étaient pas encore abimés par la grande chaleur, ce qui était déjà le cas quelques jours plus tard. De loin, on croit facilement voir quelques coquelicots, et c’est peut-être pourquoi ils ne sont pas trop pillés !

Le lis turban possède un bulbe écailleux qui reste seul en terre pendant l’hiver : c’est une géophyte ; Il est doté d’une tige glabre et nue dans sa partie supérieure, densément feuillée à la base.

Lis de Pompone (Lilium pomponium L.) sous la pluie

Lis de Pompone (Lilium pomponium L.) sous la pluie

Lis de Pompone (Lilium pomponium L.), la grappe florale au soleil, le feuillage fourni
Lis de Pompone (Lilium pomponium L.), la grappe florale au soleil, le feuillage fourni

Lis de Pompone (Lilium pomponium L.), la grappe florale au soleil, le feuillage fourni

Au bord des feuilles il existe un liseré finement cilié, lumineux un peu rude qui ajoute à l’esthétique du bouquet abondant de ces feuilles très linéaires (moins de 4 mm de large).

 En début de floraison les anthères des étamines semblent énormes, comparées aux tépales qui une fois bien enroulés et formant le fameux turban, réduisent la taille de la corolle à un diamètre de 5 cm au maximum.

Lis de Pompone (Lilium pomponium L.) dans le brouillard

Lis de Pompone (Lilium pomponium L.) dans le brouillard

Lis de Pompone (Lilium pomponium L.)
Lis de Pompone (Lilium pomponium L.)

Lis de Pompone (Lilium pomponium L.)

Le style qui au départ est plus court que les étamines grandit en fin de floraison comme c’est visible ci-dessous où l’ovaire a même commencé à grossir ; le fruit sera finalement une capsule à trois loges renfermant des empilements de graines plates.

Lis de Pompone (Lilium pomponium L.), en fin de floraison

Lis de Pompone (Lilium pomponium L.), en fin de floraison

Le pollen rouge abondant des anthères est-il responsable de la livrée de ce papillon Machaon, pris en photo en même temps sur le site ? C’est ce que je ne peux m’empêcher de penser !

Un Machaon maquillé...

Un Machaon maquillé...

Dans son Species Plantarum (vol 1, p 302), Carl Linné, qui figure comme auteur dans le nom latin du Lis de Pompone (Lilium pomponium L.), cite ce lis comme une plante pyrénéenne, et c’est une confusion avec le Lis des Pyrénées dont les fleurs sont jaunes, mais ce sont néanmoins deux espèces proches qui se sont différenciées il n’y a que 3,5 millions d’années (c’est-à-dire très récemment !) comme l’ont prouvé des études récentes. A l’époque de Linné la perception de ce Lis turban était plus large.

https://uses.plantnet-project.org/fr/Lilium_pomponium

On peut donc montrer quelques anciennes estampes figurant ce Lis, partant des références données dans le texte du Species Plantarum, mais en émettant quelques réserves sur leur identification précise. Voici donc la page du Rariorum plantarum historia (1601), de Charles de l’Ecluse, avec Lilium rubrum praecox, synonyme retenu par Linné.

 

Dans l’Hortus floridus (1614-1616), de Crispin de Passe, on se retrouve ainsi avec un « Martagon pomponium » qui présente bien les feuilles de notre Lis turban et non celles du Martagon, larges et verticillées.

Le Lis de Pompone dans l’Hortus floridus (1614-1616), de Crispin de Passe

Le Lis de Pompone dans l’Hortus floridus (1614-1616), de Crispin de Passe

La gravure plus récente que nous livre Pierre-Joseph Redouté dans les Liliacées, montre des feuilles moins fournies et linéaires et qui montent jusqu’à l’inflorescence qu’il qualifie d’ombelle alors qu’il s’agit d’une grappe lâche.

Le Lis de Pompone dans Les Liliacées, de Pierre-Joseph Redouté

Le Lis de Pompone dans Les Liliacées, de Pierre-Joseph Redouté

A mon avis la plus fidèle représentation, est contenue dans une monographie du genre Lilium, rédigée par Henry John Elwes, (1846-1922) et illustrée magnifiquement par Walter Hood Fitch, (1817-1892) :

A monograph of the genus Lilium, imprimé par Taylor & Francis en 1880.

Le Lis de Pompone gravure de Walter Hood Fitch

Le Lis de Pompone gravure de Walter Hood Fitch

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanique, #Fleurs, #voyages

Fin Avril-Début Mai était une bonne époque pour chercher à identifier des petites Fabacées sur le terrain en Catalogne, bien que les gousses ne soient pas encore bien formées… de toute façon, la tâche n’est pas simple ! Toutes mes photos proviennent de la région limitrophe de la France qu’on nomme l’Emporda. Pas d’iconographie ancienne dans cet article, ce sera pour une autre fois.

Les Gesses sont très photogéniques! (Ci-dessous la Gesse clymène, sur le cap de Creus, ma préférée...)

Il a fallu démêler les gesses (Lathyrus) des vesces (Vicia) : c’est une entreprise que je remettais depuis trop longtemps… D’une façon générale les tiges des Gesses sont ailées, mais parfois très visiblement  (la Gesse annuelle par ex.),  et d’autres fois très discrètement voire pas du tout (Lathyrus aphaca L. par ex.). Ensuite, les gesses portent une à quatre paires environ de folioles alors que les vesces en ont beaucoup plus. Enfin il faut observer le petit tube staminal qui se cache au cœur de la fleur et qu’on peut dégager en écartant les ailes et en basculant la carène vers le bas. Chez les gesses, les étamines sont insérées sur un plan bien perpendiculaire (sur un plan oblique pour les vesces) ; il faut un compte-fil !

Ces quelques Gesses que j’ai photographiées en Catalogne, ne sont pas des raretés ; elles reflètent ce qu’il est probable de rencontrer dans le genre Lathyrus sur le pourtour méditerranéen, mais ce n’est qu’un aperçu.

 

Des tiges bien ailées :

Regardez par exemple cette Gesse annuelle (Lathyrus annuus L.) dont les tiges si larges et plates sont presque difficiles à distinguer des feuilles !

La gesse annuelle (Lathyrus annuus L.) avec ses tiges largement ailées
La gesse annuelle (Lathyrus annuus L.) avec ses tiges largement ailées

La gesse annuelle (Lathyrus annuus L.) avec ses tiges largement ailées

Sur la Gesse clymène (Lathyrus clymenum L.) la tige est parfois moins largement ailée ; cette belle gesse est réputée assez variable, l’emplacement joue peut-être pour causer des variations… L’étendard est muni de deux bosses à sa base et les ailes (les deux pétales latéraux) sont plus ou moins bleutées. Pour se convaincre qu’il s’agit bien d’elle il faut observer la base de sa tige qui présente  une ou deux feuilles simples en longue languette sans stipules ni vrille (des phyllodes), c’est un critère décisif, mais il faut y penser sur le terrain !

Mes deux premières photos sont prises en plaine et la dernière sur le Cap de Creus, on peut constater l'allure un peu différente avec aussi la première photo de l'article.

La Gesse clymène (Lathyrus clymenum L.), on peut voir les bosses à la base de l'étendard.
La Gesse clymène (Lathyrus clymenum L.), on peut voir les bosses à la base de l'étendard.
La Gesse clymène (Lathyrus clymenum L.), on peut voir les bosses à la base de l'étendard.

La Gesse clymène (Lathyrus clymenum L.), on peut voir les bosses à la base de l'étendard.

La Gesse chiche ou Jarosse (Lathyrus cicera L.) est typique du fait de sa fleur solitaire rouge brique, de plus grande taille cependant que Lathyrus sphaericus Retz.  (à voir plus loin) et une autre différence réside dans sa tige qui est plus nettement ailée.

La Gesse chiche ou Jarosse (Lathyrus cicera L.)
La Gesse chiche ou Jarosse (Lathyrus cicera L.)

La Gesse chiche ou Jarosse (Lathyrus cicera L.)

Des tiges peu ailées :

Deux gesses dont la tige n’est que faiblement ailée, plutôt anguleuse, avec leurs inflorescences d’une à deux fleurs seulement, leur petite taille et leurs deux longues folioles, se ressemblent assez mis à part la couleur de la fleur. Les pédicelles floraux sont dans les deux cas prolongés par une pointe, elles se retrouvent proches dans une clé de détermination car la couleur n’est pas un critère assez fiable. Sur la Gesse anguleuse (Lathyrus angulatus L.), les folioles bien que longues, sont moins linéaires que chez la Gesse à graines rondes (Lathyrus sphaericus Retz.) et chez cette dernière, il existe un détail décisif qui concerne la gousse : elle est ornée de stries longitudinales en relief.

La Gesse anguleuse (Lathyrus angulatus L.)
La Gesse anguleuse (Lathyrus angulatus L.)
La Gesse anguleuse (Lathyrus angulatus L.)

La Gesse anguleuse (Lathyrus angulatus L.)

La Gesse à graines rondes (Lathyrus sphaericus Retz.), sa gousse caractéristique.
La Gesse à graines rondes (Lathyrus sphaericus Retz.), sa gousse caractéristique.
La Gesse à graines rondes (Lathyrus sphaericus Retz.), sa gousse caractéristique.

La Gesse à graines rondes (Lathyrus sphaericus Retz.), sa gousse caractéristique.

La Gesse aphylle ou Gesse aphaca (Lathyrus aphaca L.) est bien facile à reconnaître car elle ne porte pas réellement de folioles : une simple vrille surgit d’un portefeuille formé par deux larges stipules foliacées de forme ogivale.

Gesses catalanes
Gesses catalanes

Pour aller plus loin dans la connaissance des Gesses:

32 espèces de Lathyrus en détail sur le précieux site:  FLOREALPES

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanique, #iconographie, #Fleurs

Presque chaque année, je parviens à photographier des Tulipes sauvages et c’est à chaque fois un vrai bonheur d’en découvrir quelques pieds qui ont réussi à se maintenir dans des endroits secrets et peu nombreux.

Qu’en est-il de l’indigénat des tulipes reconnues dans notre Flore de France?

Pour ces deux espèces de Tulipes sauvages, ma flore de France Flora Gallica, reconnait leur origine naturelle et nomme en fait deux sous-espèces de cette Tulipa sylvestris : la forme sylvestris, (ci-dessus) dont les trois tépales extérieurs sont plus ou moins lavés de vert et la forme australis, (ci-dessous) dont la taille des fleurs est un peu plus modeste et les tépales extérieurs lavés de rouge ; cette dernière est méditerranéenne comme on le verra sur mes photos… Les deux formes ont en commun de posséder des tépales pointus, les trois internes toujours plus larges que les externes, ce qui les différencie des treize autres espèces nommées dans Flora Gallica qui sont toutes des archéophytes (anciennement naturalisées).

Comme la forme australis s’est imposée plus tardivement, je ne peux guère vous montrer des illustrations anciennes, bien qu’elle soit mentionnée par Pierre Joseph Redouté dans son recueil ‘Les Liliacées’, à la page sur la Tulipe sauvage, dans ces termes : «  La variété B des auteurs qui a la fleur odorante, plus petite que celle-ci, paraît constituer une espèce distincte qui a déjà été indiquée par Link sous le nom de Tulipa australis » ; le nom reconnu est de nos jours Tulipa sylvestris subsp.australis (Link) Pamp.

 

Pour consulter Les Liliacées  dans le tome 3 , cliquez

"Les Liliacées" tome 3, texte et illustrations de Pierre Joseph Redouté

"Les Liliacées" tome 3, texte et illustrations de Pierre Joseph Redouté

Voici la belle illustration de Pierre Joseph Redouté, pour Tulipa sylvestris subsp. sylvestris, c’est la planche 165 du tome 3 des Liliacées. Un critère qu’il énonce pour différencier cette espèce des autres m’a semblé intéressant parce que pas souvent cité : « La Tulipe sauvage se distingue facilement de toutes les autres espèces de ce beau genre, à sa tige chargée d’une seule fleur jaune, dont les lanières sont légèrement barbues à leur extrémité ».

Je note que cette pilosité au bout des tépales ne concerne que la forme sylvestris, la description de la Flore de Coste pour Tulipa australis dit « périanthe long de 2-3 cm, en cloche, à divisions acuminées et glabres au sommet ».

C’est un détail discret que j’ai vérifié sur mes photos sachant que par lanières, P.J. Redouté entend pétales (ou plutôt tépales pour une liliacée).

Une illustration allemande montre l’extrémité des deux types de tépales (externes et internes) avec cette pilosité. C’est dans  la « Deutschlands flora » (1798-1855) auteurs : Sturm, J., Sturm, J.W.

Tulipa sylvestris dans « Deutschlands flora » (1798-1855) auteurs : Sturm, J., Sturm, J.W.

Tulipa sylvestris dans « Deutschlands flora » (1798-1855) auteurs : Sturm, J., Sturm, J.W.

En revanche, le revers des tépales externes n’est guère teinté de vert sur la Tulipa sylvestris de Redouté et c’est un peu la même chose dans l’Herbier général de l’amateur (1814-1827) de Loiseleur-Deslongchamps alors que ce détail est bien visible sur mes photos comme sur les autres représentations plus nordiques que j’ai trouvées. Dans l’Herbier général de l’amateur (1814-1827) Pancrace Bessa, élève de Redouté, dessine deux illustrations sous des noms différents mais la Tulipa gallica (pl 160) est reconnue de nos jours comme un synonyme de Tulipa sylvestris. A consulter  et pour Tulipa gallica  (les pages suivantes donnent le texte de Loiseleur-Deslongchamps).

Loiseleur-Deslongchamps donne, au 19ème siècle, à cette tulipe un statut de plante assez commune avec une aire de répartition qui couvre l’Allemagne, la Suisse, l’Italie, l’Angleterre et la France.

La même espèce sous deux noms peinte par Pancrace Bessa pour l’Herbier général de l’amateur (1814-1827)
La même espèce sous deux noms peinte par Pancrace Bessa pour l’Herbier général de l’amateur (1814-1827)

La même espèce sous deux noms peinte par Pancrace Bessa pour l’Herbier général de l’amateur (1814-1827)

Ci-dessous, on voit clairement la nuance verte au centre des tépales externes sur les belles planches de la flore du Royaume de Prusse « Flora regni Borussici » (1832-1844), auteur : A.G.Dietrich. Pour consulter cet ouvrage, voir là.

August Mentz, dans un ouvrage danois « Billeder af nordens flora » (1917), fait aussi ressortir ce critère. Pour consulter cet ouvrage, voir là.

Tulipa sylvestris dans « Flora regni Borussici » (1832-1844), auteur : A.G.Dietrich.

Tulipa sylvestris dans « Flora regni Borussici » (1832-1844), auteur : A.G.Dietrich.

Tulipa sylvestris dans un ouvrage danois « Billeder af nordens flora » (1917), auteur : August Mentz

Tulipa sylvestris dans un ouvrage danois « Billeder af nordens flora » (1917), auteur : August Mentz

Voici encore quelques photos de la Tulipe sauvage, Tulipa sylvestris subsp. sylvestris prises dans le nord de la France dans une zone de lisière forestière.

Tulipa sylvestris subsp. sylvestris
Tulipa sylvestris subsp. sylvestris

Tulipa sylvestris subsp. sylvestris

En ce qui concerne Tulipa australis, je peux nous consoler du manque d’estampes anciennes avec cette moisson d’images prises sur plusieurs printemps pour l’essentiel sur des causses pierreux en Occitanie et en Catalogne.

Tulipa sylvestris subsp.australis (Link) Pamp.
Tulipa sylvestris subsp.australis (Link) Pamp.
Tulipa sylvestris subsp.australis (Link) Pamp.
Tulipa sylvestris subsp.australis (Link) Pamp.

Tulipa sylvestris subsp.australis (Link) Pamp.

Un dernier lien bien utile sur ma Flore de France: Flora Gallica

 

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