Je vais parler aujourd'hui de trois œillets qui à première vue se ressemblent ; ils portent une fleur simple, rose, leur feuilles caulinaires médianes sont étroites (- de 5mm), et brièvement engainantes sur la tige, leurs pétales sont entiers ou dentés mais pas laciniés et le calice en-dessous est glabre. Que convient-il donc d’observer de près pour les distinguer ? Réponse, l’épicalice : ce sont de petites bractées plus ou moins nombreuses, scarieuses ou bien vertes, pointues ou bien émoussées ; elles enveloppent la base du calice.
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Les deux premières espèces sont à pétales glabres à la gorge et les bractées de l’épicalice sont à marge plus ou- moins scarieuse (mais pas herbacée) couvrant moins du quart du calice.
On peut alors différencier :
- L’œillet des bois (Dianthus saxicola Jord.), synonyme de Dianthus sylvestris Wulfen : Pour celui-ci, l’épicalice est pourvu de 2 courtes bractées seulement (photos juin 2022 au sud du Mercantour, ci-dessus et ci-dessous)
2. L’œillet de Godron (Dianthus godronianus Jord.) (autrefois l’œillet virginal mais c’était un nom prêtant à confusions, voir plus loin): celui-là est doté d’un calice plus long et l’épicalice porte 4 bractées assez courtes) (photo Annot Mercantour 2022) et en Ardèche (juin 2020, Font Méjannes)
Difficile de se déterminer entre ces deux taxons au vu des illustrations anciennes :
Dans la Florae Austriaceae de N.J.Jacquin, (vol. 5 de 1778, t. 15), on trouve un œillet virginal (Dianthus virgineus Jacq.), cela semblerait logiquement le nom donné par Jacquin pour Dianthus godronianus Jord. pourtant, sur cette illustration, l’œillet montre clairement 2 courtes bractées alors que dans son texte Jacquin parle de 4 !
En 1815, Dianthus virgineus est illustré dans le volume 42 du Botanical Magazine de William Curtis (pl 1740) ; le texte associé rappelle la mention de Jacquin dans sa Flora austriaca et aussi celle de Linné dans le Species Plantarum en p 590 ; il n’est pas nécessaire d’avoir fait beaucoup de latin pour deviner que « squamis calycinis brevissimis » signifie que les bractées de l’épicalice sont courtes, cependant Linné ne précise pas si elles sont 2 ou 4 ! ci-dessous le texte de Curtis puis celui de Linné.
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Un Œillet trouvé sur la Flora Napolitana de Michele Tenore (1780-1861) est nommé Dianthus longicaulis. http://www.ortobotaniconapoli.it/paginadimenu.htm
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Dianthus longicaulis Dix., actuellement reconnue comme une espèce surtout italienne devrait porter de 6 à 8 bractées sur l’épicalice, or l’image n’en montre visiblement que 4 et assez courtes : il pourrait donc bien s’agir plutôt de Dianthus sylvestris subsp. longicaulis qui est un synonyme pour l’œillet de Godron (Dianthus godronianus Jord.)
- Ce qui différencie plus franchement la troisième espèce :
- les bractées de l’épicalice sont plus longues et pointues (plus que le tiers du calice)
- les pétales ne sont pas uniformément colorés, plus clairs au revers. Autour du cœur, une ligne de poils pourpres à la gorge dessine une couronne.
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C’est l’Œillet de Requien (Dianthus seguieri subsp. requienii), synonyme de (Dianthus requienii Godr.). Je l’ai vu en Catalogne, l’épicalice porte de longues bractées vertes (environ 75% du calice). Cette sous-espèce n’existe qu’en Occitanie. C’est l’une des 3 sous-espèces du typique Œillet de Séguier (Dianthus seguierii Vill.) que je ne possède pas encore en photo !
L’Œillet de Séguier (l’espèce type : Dianthus seguieri Vill.) apparait dans le Botanical Magazine de William Curtis, (vol. 86 de 1860). Il semble plus pourpre que rose, mais le revers plus clair et la couronne encerclant le cœur sont bien notés. William Curtis dans le texte, embarrassé par la confusion des noms existant au sujet de cet œillet, en fait une variété (Var.Caucasicus), inconnue à ce jour. Peut-être s’agissait-il d’une autre sous-espèce de couleur plus vive en effet : Dianthus seguieri subsp. pseudocollinus
On peut consulter à ce sujet la page de FloreAlpes :
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