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Botazoom, Botanique et Iconographie

Botazoom, Botanique et Iconographie

Ce blog est destiné aux curieux de botanique. En s’appuyant sur les photos que j’ai pu faire en voyage, et sur de l’iconographie ancienne, il rentre un peu dans les détails qui m’ont permis d’identifier une espèce, mais son contenu doit être considéré comme celui d’une botaniste amateur !

arbustes

Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Arbustes

Trois arbustes très épineux se rencontrent souvent dans le Midi, tous trois ont des fleurs jaunes, tous trois sont des Fabacées (légumineuses ou papilionacées). Comment s’y retrouver ?

LAjonc à petites fleurs (Ulex parviflorus Pourr.) et le Genêt épineux (Genista scorpius (L.) DC.), portent en Provence le même nom d’Argelas. Le premier est très commun en Catalogne et très précoce.

Quand j’ai déterminé l’Ajonc à petites fleurs à la fin du mois de Mars, côté français auprès de la Forteresse de Salses, il portait beaucoup de gousses rondes et velues et encore quelques fleurs.

J’ai photographié le Genêt épineux (Genista scorpius (L.) DC.) trois jours plus tard à Opoul Perillos, au pied du château de Perillos, et lui, était en début de floraison.

On peut noter l’abondance de très petites feuilles dans le buisson entre les longues épines ; elles sont totalement absentes chez l’Ajonc.

Quant au Calicotome ci-dessous, pris en photos du côté catalan et cette fois au mois d’Avril, il porte bien des feuilles, ce sont des feuilles à trois folioles bien visibles.

Le calice des Calicotomes présente la particularité de se rompre transversalement et la fleur, avant de s’ouvrir pleinement, porte un petit capuchon brun très caractéristique.

Le Calicotome épineux, Calicotome spinosa (L.) Link, est maintenant rangé parmi le genre Cytisus, il se nomme Cytisus spinosus (L.) Lam. Je pense l’avoir photographié sur les images ci-dessus, côté catalan vers le cap de Norfeu, mais il existe aussi dans les Albères, un autre Calicotome, maintenant Cytisus infestus (C.Presl) Guss. La différence entre les deux est très subtile, seule une pilosité courte appliquée sur les jeunes rameaux, les calices et les gousses peut aiguiller sur ce dernier et je n’ai pas encore sorti mon compte-fil sur le buisson en photo ; c’est à revoir !

Dans le Botanical Register, le Calicotome dessiné par Miss Drake serait C.spinosa mais je pense qu’en l’absence de fruits, au vu des différenciations plus récentes, il vaut mieux en rester simplement au genre : Calicotome sp.

Je ne peux donc vous montrer d’iconographie fiable pour le Calicotome nuisible, (c’est son nom français !) mais dans la Flora graeca, il existe le Calicotome velu (Calicotome villosa, devenu Cytisus laniger DC.) et on considère que C.infesta est un peu le moyen terme des deux autres : C.spinosus et C.laniger. Le Calicotome velu, pour la France est surtout noté en Corse, mais il est plus présent vers l'Est de l'Europe, les gousses sont très poilues.

Voici donc, dans la Flora graeca de John Sibthorp, Spartium villosum Poir. synonyme de Calicotome villosa (Poir.) Link, planches de Ferdinand Bauer. Illustrations visibles sur Bodleian Libraries, University of Oxford.

 https://digital.bodleian.ox.ac.uk/collections/flora-and-fauna-graeca/


 

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Arbustes, #Botanistes, #iconographie

Pierre Belon, naturaliste voyageur du 16ème siècle, est resté bien connu des manceaux ; il était originaire de Cérans-Fouletourte. Une belle statue de lui trône sur la place, que je prenais sans trop m’interroger pour une statue d’Henri IV (qui n’aurait pas vraiment lieu d’être installé là, dans ce bourg de Sarthe !).

Dans son ouvrage le plus connu écrit en vieux français mais facilement lisible: « Les observations de plusieurs singularitez et choses mémorables, trouvées en Grèce, Asie, Judée, Egypte, Arabie et autres pays estranges », il évoque les cistes qu’il a eu l’occasion de voir en Crète et la façon dont les crétois parviennent à extraire le Ladanum au moyen d’une sorte de râteau garni de lanière de cuir qui en se frottant sur le feuillage, recueillent « l’uligineuse rosée », dont se couvre les feuilles de ce ciste, et qui donnera cette substance précieuse : le Ladanum.

Il s’agit pour cette observation, très probablement du Ciste de Crète (Cistus creticus), très abondant sur les collines de Crète.

Cette aquarelle originale peinte pour la Flora Graeca de John Sibthorp, numérisée par les Bibliothèques Bodleian, de l’Université d'Oxford, nous permet de voir la plante vue sur place en Crète, même si la peinture a surement été terminée en atelier, au retour ; voici donc le Ciste de Crète tel que Ferdinand Bauer l’a vu sur les collines de l’ile.

Cistus creticus, peint par Ferdinand Bauer pour la Flora Graeca de John Sibthorp.

Cistus creticus, peint par Ferdinand Bauer pour la Flora Graeca de John Sibthorp.

Cette récolte du Ladanum était déjà racontée bien auparavant par Pline pour l’ile de Chypre, il parle d’une substance grasse dont on fait des boulettes et écrit « il sert à beaucoup de parfums et c’est lui que les Arabes font brûler de préférence. » (Pline livre XII).

Les Crétois extrayaient la résine par l’eau bouillante

Après Pierre Belon, on retrouve en 1718 des commentaires de Pitton de Tournefort dans « Relation d’un voyage au Levant », où figure même une illustration de l’instrument dont les courroies, dit-il « se chargent d’une espèce de glu odoriférante ». Il cite l’arbrisseau sous différents noms, se référant à des auteurs plus anciens mais en premier lieu figure Cistus ladanifera, cretica, flore purpureo, or sa description des fleurs ne correspond pas à l’arbuste que nous connaissons actuellement sous le nom de Ciste ladanifère (Cistus ladanifer L.) : « Sa fleur qui est d’un pouce et demi de diamètre, a cinq feuilles couleur de rose ; chiffonnées, assez rondes, quoique étroites à leur naissance, marquées d’un onglet jaune et bien souvent déchirées sur les bords… ».

Ma Flora Gallica, dans la clé des cistes insiste sur le fait que ce Ciste de Crète (Cistus creticus L.), espèce très variable, possède toujours des pétales roses et des feuilles pétiolées à nervation pennée.

Sur l'illustration ci-dessous, d’un ouvrage plus tardif de Moritz Willkomm , « Icones et descriptiones plantarum novarum criticarum et rariorum Europae austro-occidentalis praecipue Hispaniae » - vol. 2 (1856), on reconnait bien les pétales décrits par Pitton deTournefort.

Le Cistus creticus de Moritz Willkomm.

Le Cistus creticus de Moritz Willkomm.

Les pétales du véritable Ciste ladanifère (Cistus ladanifer L.), sont d’un blanc immaculé et possèdent une belle macule pourpre-noirâtre, en forme de flamme, qui ne descend pas sur l’onglet du pétale. Il a des feuilles bien différentes, longues, à une seule nervure. Feuilles, boutons floraux, et jeunes rameaux sont très visqueux et se prêtent donc admirablement à la récolte du Ladanum.

C’est donc celui-ci qui produit la gomme brute (le Ladanum) de nos jours, mais du fait que ce Ciste ladanifère est localisé sur l’ouest de la Méditerranée, (Espagne, Portugal et Maroc), il n’apparaît pas dans l’histoire antique.

On trouve une ancienne gravure du Ciste ladanifère dans « Horti medici amstelodamensis rariorum tam Orientalis », c’est un ouvrage de Johannes Commelin (1629-1692).

Cistus ladanifer dans « Horti medici amstelodamensis rariorum tam Orientalis » de Johannes Commelin

Cistus ladanifer dans « Horti medici amstelodamensis rariorum tam Orientalis » de Johannes Commelin

Le Ladanum ou Labdanum est défini comme une résine odorante se formant en surface sur les cistes sous l’effet de la chaleur: une oléorésine qui a la fonction de protéger la plante de la déshydratation sous un soleil trop ardent.

L’huile essentielle de Ladanum (hydrodistillation de la gomme brute) sert en phytothérapie et l’huile essentielle de ciste (hydrodistillation de la plante entière) sert en parfumerie. Elle entre dans la composition de parfums réputés.

Le Ciste ladanifère dans le maquis espagnol.
Le Ciste ladanifère dans le maquis espagnol.

Le Ciste ladanifère dans le maquis espagnol.

Pour en savoir d’avantage sur le sujet de cet Ambre végétal, mais j’avoue que ceci est déjà trop complexe pour moi :

https://tice.ac-montpellier.fr/ABCDORGA/Famille10/GOMMERESINE.htm#DEUXDEUXDEUX

dont voici un petit extrait sur le Résinoïde labdanum :

« Les rameaux feuillus sont immergés quelques heures dans de l'eau chaude carbonatée afin d'éliminer les cires épicuticulaires et les composés lipidiques. On acidifie le milieu et on obtient une masse pâteuse, la résine brute qui est essorée et séchée. On traite alors par l'éthanol puis on concentre sous vide. On obtient un solide pâteux brun foncé à odeur ambrée, boisée, balsamique très persistante. On lui a donné le nom d'ambre végétal. »

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanique, #Arbustes, #iconographie

Rosa pimpinellifolia est un synonyme de Rosa spinosissima. Dans les régions du Nord de la France et situées plus au Nord encore, il est considéré comme le rosier indigène le plus précoce. Le terme pimpinellifolia (à feuilles de Pimprenelle), précise la forme de son feuillage et de fait ses feuilles composées, à petites folioles dentées assez rondes, rappellent celles d’une ombellifère, Pimpinella saxifraga, soit le Petit Boucage, mais aussi celles d’une rosacée Sanguisorba minor, soit la Petite Pimprenelle !

On voit que ce charmant nom de Rosier Pimprenelle pouvait porter à confusion ; il subsiste heureusement mais le nom scientifique de Rosa spinosissima évoque avec raison la principale caractéristique de ce rosier qui est l’abondance de ses aiguillons fins droits et mêlés d’acicules.

Sur le pourtour du littoral depuis l’Atlantique jusqu’à la Mer du Nord, (depuis la Bretagne jusqu’au Danemark), toutes celles que j’ai vues portaient beaucoup d’acicules entre les plus longs aiguillons, c’était vrai aussi sur le Causse du Larzac, sur un sol très calcaire (photo ci-dessous). Le nombre et la forme assez ronde des folioles différencient ce rosier des autres espèces de façon évidente, ainsi que la forme plus ronde et la couleur du fruit mûr beaucoup plus sombre qu’un cynorrhodon, d’un violet noirâtre.

Christophe Bornand dans une Clé d’identification des roses sauvages de Suisse écrit pour Rosa spinosissima : « Fleurs solitaires, presque toujours dépourvues de bractées. Pétales blancs, rarement rose pâle. Plante formant souvent des colonies d’arbustes nains. ».

Sur les dunes littorales dont le sable est très chargé de particules calcaires provenant des débris coquilliers, ce rosier se plait bien et monte plus au moins haut selon le milieu environnant. En Bretagne sur la dune grise de sable fixé, il forme de petites populations rases entourant parfois les terriers de lapins. 

Rosa spinosissima sur les dunes du Port (Bretagne nord), autour d'un terrier, puis le fruit ouvert
Rosa spinosissima sur les dunes du Port (Bretagne nord), autour d'un terrier, puis le fruit ouvert
Rosa spinosissima sur les dunes du Port (Bretagne nord), autour d'un terrier, puis le fruit ouvert

Rosa spinosissima sur les dunes du Port (Bretagne nord), autour d'un terrier, puis le fruit ouvert

Au Danemark, du côté de l’ile de Rømø, il subsistait dans des hautes graminées mais très concurrencé par le Rosier rugueux (Rosa rugosa), de plus en plus envahissant sur tout le littoral de l’Europe de l’Ouest.

Rosa spinosissima aux Pays-Bas, puis en fruits au Danemark
Rosa spinosissima aux Pays-Bas, puis en fruits au Danemark

Rosa spinosissima aux Pays-Bas, puis en fruits au Danemark

 

Dans le « Rariorum Plantarum Historia » de Charles de l’Ecluse (1601) deux bois gravés sont identifiés comme du Rosier Pimprenelle, à gauche la floraison et à droite les fruits dont on remarque bien les sépales persistants étalés/dressés.

Le nom Rosa campestris, utilisé par Clusius ne se trouve pas dans l’ouvrage  antérieur (1583) de Rembert Dodoens « Stirpium historiae pemptades sex », qui lui annonce Rosa dunensis (c’est le même bois gravé).

Nicolas Joseph Jacquin « Fragmenta botanica, figuris coloratis illustrata » Rosa spinosissima

Nicolas Joseph Jacquin « Fragmenta botanica, figuris coloratis illustrata » Rosa spinosissima

Dans un ouvrage du botaniste néerlandais Nicolas Joseph Jacquin « Fragmenta botanica, figuris coloratis illustrata » (1800-1809), figurent deux planches distinctes.

L’une concerne seulement Rosa spinosissima avec des fleurs blanches, l’autre présente trois espèces dont à droite Rosa pimpinellifolia (que j'ai isolée) avec des pétales rosés un peu déroutants pour moi, qui n’ai jamais vu que des beaux pétales d’un blanc crémeux parfois un peu rehaussés de jaune autour du cœur.

Moins ancien, j’ai trouvé une belle illustration de la main de Friedrich Guimpel, dans un ouvrage de Karl Ludwig Willdenow et Friedrich Gottlob Hayne, « Illustration d'essences de bois allemandes pour les forestiers et les amateurs de botanique » (1820).

Rosa spinosossima , par Friedrich Guimpel

Rosa spinosossima , par Friedrich Guimpel

Connaissez-vous le « Genus Rosa » d’Ellen Ann Willmott ? C’est un très beau recueil en nombreux cahiers édité entre 1910 et 1914, illustré d’aquarelles d’Alfred Parsons, pleines de sensibilité et de charme. On peut le consulter en ligne maintenant :

https://www.biodiversitylibrary.org/item/187450#page/472/mode/thumb

Ellen Ann Willmott, en p 248, donne un texte qui nous intéresse dont voici une traduction approximative : « Le nom spinosissima fut adopté par Linné provenant de Bauhin et sous ce nom il décrit d’abord cette rose dans son Species Plantarum (1753), mais il ne mentionne pas ses pédoncules jusqu’à la publication du Systema Naturae (1759) dans laquelle il lui attribue des pédoncules hispides et introduit Rosa pimpinellifolia avec ces organes glabres ».

Linné a finalement reconnu Rosa spinosissima comme le nom approprié.

Voici donc l’origine d’une controverse qui semble éteinte mais pas depuis longtemps car on a longtemps préféré Rosa pimpinellifolia pour les rosiers ayant des pédoncules lisses et Rosa spinosissima pour ceux dont les pédoncules sont hispides-glanduleux.

En conclusion, Ellen Willmott proposait de nommer la forme dont les pédoncules sont lisses Rosa spinosissima var. pimpinellifolia.

Au sud de Barcelonnette, dans le Mercantour, j’ai vu un rosier d’assez grande taille qui répondrait bien à ces critères : assez différent des petits rosiers des dunes, il n’avait pas d’acicules entre les aiguillons et ses pédoncules étaient lisses. 

Je l’ai retrouvé (dans le Mercantour aussi) vers Val Pellens avec la même allure. On voit ci-dessous le pédoncule lisse.

 

Quant à la population que j’ai vue sur le Causse du Larzac, elle pourrait peut-être correspondre à une autre sous-espèce (reconnue, celle-là), Rosa spinosissima subsp. myriacantha. En effet, ce rosier était glanduleux/hispide des pédoncules jusqu’aux sépales et les dents des feuilles me semblaient doubles ; les fleurs restaient blanches bien qu’une légère teinte rosée se percevait sur une fleur de profil. Sur une photo j’ai cru voir devant un pétale blanc quelques glandes au dos d’une feuille… Je n’ai pas pensé à froisser une feuille pour la sentir !

Rosa spinosissima sur le Causse du Larzac (peut-être subsp. myriacantha)
Rosa spinosissima sur le Causse du Larzac (peut-être subsp. myriacantha)

Rosa spinosissima sur le Causse du Larzac (peut-être subsp. myriacantha)

Pour en savoir davantage, je vous propose :

https://www.monaconatureencyclopedia.com/rosa-spinosissima/?lang=fr

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Arbustes, #jardins botaniques, #iconographie

Une visite début Septembre du beau jardin ornais "La Petite Rochelle" méritait amplement que j’y consacre un copieux article. C’est un plaisir pour tout photographe de cadrer les compositions, les perspectives voulues par Hélène d’Andlau, qui fut peintre et sculpteur et créa ce jardin en 1976.

Malgré la récente canicule, les hydrangeas avaient encore de l’allure ; un Hydrangea quercifolia dont les couleurs du feuillage sont toujours splendides dès la fin d’été m’a fourni un premier plan pour montrer le bâtiment ancien de l’accueil, devant lequel on remarquait aussi la floraison discrète et très légère d’un pigamon mauve, très probablement Thalictrum delavayi Franch.

Quelques boules de neige d’une variété de Viburnum plicatum étaient encore présentes et d’un bel effet sur un feuillage déjà bien cuivré.

Hydrangea involucrata

Voici une gravure ancienne extraite des « Annales de la Société royale d'agriculture et de botanique de Gand : journal d'horticulture et des sciences accessoires », par Charles Morren, (1807-1858).

https://www.biodiversitylibrary.org/item/181421#page/608/mode/1up

Dans le texte descriptif qui suit, l’auteur traduit un texte de Philipp Franz Van Siebold figurant dans sa célèbre Flora Japonica, parue en 1835 et 1870.

Ce recueil possède deux gravures pour H. involucrata ; la tab 64 (ci-dessous), plus dépouillée est très proche et a manifestement inspiré celle que je  montre ci-contre.

Siebold dit « Dans les jardins (du Japon), nous en avons observé 3 variétés, savoir : une à fleurs simples couleur lilas, Ginbaisô, c’est-à-dire Baisô argentée, une seconde à fleurs simples d’un rose pâle et quelquefois jaunâtre, et une troisième à fleurs doubles d’une belle couleur rose. » et plus loin : « La variété à fleurs doubles est très recherchée par les amateurs d’horticulture à cause de sa rareté. » Je pense que le cultivar ‘Hortensis’ qui figure au jardin de la Petite Rochelle est issu de cette troisième variété, bien plus opulent certes, mais on peut remarquer, surtout sur la périphérie des inflorescences, que les fleurs pendantes sont très entourées de bractées bien identifiables (et moins colorées): c’est le fameux involucre qui donne son nom à l’espèce et qui fait qu’un peu abusivement on parle de fleurs ’double’.

Hydrangea involucrata dans la Flora japonica de Siebold, puis le cultivar "Hortensis"
Hydrangea involucrata dans la Flora japonica de Siebold, puis le cultivar "Hortensis"

Hydrangea involucrata dans la Flora japonica de Siebold, puis le cultivar "Hortensis"

Hydrangea paniculata

La silhouette de l’inflorescence de l’Hydrangea paniculata est caractéristique, c’est une panicule plus haute que large qui porte deux types de fleurs. Au bout des rayons, on trouve les fleurs stériles voyantes qui vont attirer les pollinisateurs de loin mais ceux-ci ne tarderont pas à s’enfoncer dans la masse pour atteindre les petites fleurs fertiles. En fin de saison sur certaines variétés notamment ‘Ruby’, les fleurs stériles rougissent beaucoup, tandis qu’au cœur les fleurs fertiles évoluent vers des fruits verdâtres. Sur la gravure issue de la Flora Japonica, là encore, l’effet est beaucoup plus aérien que sur les cultivars de nos jardins. On peut noter aussi qu’assez souvent les feuilles sont étagées groupées par trois (ou deux, en opposées-décussées).

Hydrangea paniculata dans la Flora japonica de Siebold, puis le cultivar "Ruby"
Hydrangea paniculata dans la Flora japonica de Siebold, puis le cultivar "Ruby"

Hydrangea paniculata dans la Flora japonica de Siebold, puis le cultivar "Ruby"

Et comme c’est presque l’automne avant l’heure j’ai vu quelques fruits décoratifs sur d’autres arbustes comme le Cornus Kousa (Cornouiller du Japon), le Magnolia sinensis, avec ses fruits roses encore fermés puis ouverts ou encore le Magnolia laevifolia "Summer snowflakes" aux fruits inattendus pour un magnolia.

 

Cornus Kousa, Magnolia sinensis (fruit fermé puis ouvert) et Magnolia laevifolia "Summer snowflakes". 
Cornus Kousa, Magnolia sinensis (fruit fermé puis ouvert) et Magnolia laevifolia "Summer snowflakes". 
Cornus Kousa, Magnolia sinensis (fruit fermé puis ouvert) et Magnolia laevifolia "Summer snowflakes". 
Cornus Kousa, Magnolia sinensis (fruit fermé puis ouvert) et Magnolia laevifolia "Summer snowflakes". 

Cornus Kousa, Magnolia sinensis (fruit fermé puis ouvert) et Magnolia laevifolia "Summer snowflakes". 

Pour finir quelques perspectives du jardin et des détails : gomme de cerisier, épi de faitage très félin, etc…

https://www.parcsetjardins.fr/jardins/965-jardin-de-la-petite-rochelle

Hydrangeas à la Petite Rochelle
Hydrangeas à la Petite Rochelle
Hydrangeas à la Petite Rochelle
Hydrangeas à la Petite Rochelle
Hydrangeas à la Petite Rochelle

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Arbustes, #iconographie, #Botanique

C’est une gravure magnifique d’après Franz Bauer qui m’a donné envie de creuser le sujet, par ailleurs de saison, puisque cet arbuste fleurit en ce moment ! Le voilà en photo dans un jardin du Mans.

Chimonanthus praecox, dans un jardin manceau.

Chimonanthus praecox, dans un jardin manceau.

Ci-dessous : gravure d’après un dessin de Franz Bauer (1758-1840)  dans « Hortus Kewensis, ou, un catalogue des plantes cultivées dans le Royal Botanic Garden de Kew », par William Aiton (vol 2 de 1789), sous le nom alors en usage de Calycanthus.

Calycanthus praecox, dessin de Franz Bauer pour l'Hortus Kewensis

Calycanthus praecox, dessin de Franz Bauer pour l'Hortus Kewensis

La plante originaire de Chine et du Japon, apparaît pour la première fois dans le livre d’un médecin et explorateur allemand Engelbert Kaempfer (1651–1716) daté de 1712 : 

"Amoenitatum exoticarum" ; Kaempfer fut par ailleurs le premier Européen à décrire le Gingko biloba.

Le Chimonanthus y est figuré sur une gravure en p. 878 avec ce nom "Obai seu Robai"  et cette description est ainsi l’holotype de ce chimonanthus/calycanthus. On retrouve d’ailleurs cette référence dans le Species Plantarum de Linné (ci-dessous).

Le Chimonanthus praecox apparaît ensuite dans différentes parutions comme par exemple, dans le troisième volume de « l’Herbier général de l’amateur » de Loiseleur-Deslongchamps (1819) sous le nom de Meratia fragrans, c’est une gravure d'après Pancrace Bessa (un élève de Redouté). La gravure n’est pas très séduisante, je ne m’explique pas bien pourquoi les tépales ne sont pas jaune-paille mais plutôt d’un blanc sale comme l’écrit d’ailleurs Loiseleur-Deslongchamps mais le texte témoigne de l’époque de son arrivée en Europe en Angleterre depuis le Japon en 1766.

Meratia fragrans = Chimonanthus praecox, dans « l’Herbier général de l’amateur »

Meratia fragrans = Chimonanthus praecox, dans « l’Herbier général de l’amateur »

Les horticulteurs ont d’abord cru bien faire en le maintenant à l’abri des grands froids et c’est pourquoi il a végété un certain temps jusqu’à ce qu’on se décide à l’installer en pleine terre dans les jardins d’Europe. Loiseleur-Deslongchamps  déclare que les fruits sont souvent absents sous nos climats mais que la plante se marcottant très facilement, le mieux est de la reproduire de cette façon-là. En Chine, le Chimonanthe pousse dans des forêts de l’étage montagnard.

Toutes les gravures en couleurs de l’époque de son introduction nous le montre plutôt de cette couleur blanc-crème, par exemple sur cette planche du Botanical magazine de William Curtis.

 

 

 

Même chose pour le Botanical register, ci-dessous, c'est une variété ‘grandiflorus’ représentée par John Lindley lui-même ; il y commente son illustration dans ces termes:

« L'une, qui est celle représentée dans l'Hortus Kewensis et le Curtis's Magazine, a des fleurs jaune verdâtre, dont les segments extérieurs sont réguliers sur les bords et à peine étalés, et les intérieurs d'un violet profond ; l'autre, dont ma figure en fleur est une représentation, a de grandes fleurs jaunes claires, arrondies, dont les segments extérieurs sont parfois recourbés sur les bords et étalés, et les intérieurs d'un rouge vif. »

« D'après les dessins des Chinois, je suis disposé à croire qu'il existe chez eux au moins une autre espèce à très petites fleurs jaunes. Il y a aussi, dans une collection inestimable de bois gravés japonais (de plantes) dans la bibliothèque de Sir Joseph Banks, une représentation de ce que je suis prêt à considérer comme une quatrième espèce de Chimonanthus, avec des fruits lisses et ovoïdes et un port très rabougri. »

Chimonanthus praecox 'grandiflorus' représenté par John Lindley, dans le Botanical register

Chimonanthus praecox 'grandiflorus' représenté par John Lindley, dans le Botanical register

Ma  petite recherche sur l’étymologie du nom de genre m’a amené sur un texte de Georges Métailié, « Notes à propos des citations implicites dans les textes techniques chinois », et par chance, le Chimonanthus sert là d’exemple à son propos ce qui nous donne quelques détails complémentaires sur les variétés chinoises de notre Chimonanthe.

En Chine, le chimonanthus praecox s’appelle Lamei, mais son parfum délicieux l’a très tôt fait connaître et on distingue au moins 3 variétés qui sont énumérées par Li Shizhen dans le Bencao gangmu en 1596 (un texte technique chinois sur les plantes)

- La 1ère variété, issue de graines, ni greffée, ni bouturée donne de petites fleurs peu odorantes, elle est considérée comme médiocre et ne mérite que le nom de  Mei-mouche de chien (Goulingmei)

- La 2ème, greffée ou bouturée donne des fleurs plus espacées et épanouies bien que toujours en forme de coupe, c’est le Mei-bol de moine (Qingkoumei), la variété la plus précoce.

- La 3ème, à fleurs denses et très parfumées, d’un jaune profond a pris le nom de Mei-parfum de santal (Tanxiangmei)

Chimonanthus praecox, dans un jardin manceau

Chimonanthus praecox, dans un jardin manceau

Li Shizhen nous apprend en outre que les chinois faisaient macérer l’écorce du Chimonanthe dans l’eau destinée à broyer l’encre et que celle-ci prend alors des reflets brillants.

A propos du parfum dégagé, une notion bien subjective, chaque texte que j’ai consulté donne une idée différente, parfois c’est la Jacinthe ou le Narcisse tazetta qui est évoqué, Curtis pour le Botanical magazine le compare à la violette et prétend qu’il devient vite entêtant et désagréable !

Pour de plus amples renseignements si jamais cet article vous a donné envie d’en planter un, ou pour voir en photo le joli cultivar « grandiflorus » aux pétales plus longs plus pointus et effectivement de couleur crème :

https://jardinage.ooreka.fr/plante/voir/357/chimonanthe

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Arbustes, #Botanistes, #iconographie

Ce portrait provient des Actes de la Linnean Society de Londres de 1894-1897, dans cet article : « A memoir of Georg Dionysius Ehret : né à Heidelberg, le 30 janvier 1708, mort à Londres, le 9 septembre 1770 / écrit par lui-même et traduit, avec des notes, par ES Barton ». Le portrait lui-même est imprimé dans la revue à partir d’une photographie d’un portrait appartenant à ses descendants, il n’est donc pas de grande qualité mais plus vivant que celui qui figure dans le « Plantae selectae » de C.J.Trew !

Bien peu de dates pour se repérer dans cet article, mais il est précieux car Ehret y donne lui-même sa biographie, son enfance d’apprenti jardinier exploité en Allemagne, qui ne lui permit pas avant longtemps de mettre en œuvre les talents de dessinateur que son père lui avait révélé avant de mourir prématurément. Il se forme à l’aquarelle botanique en autodidacte et subit pas mal de déboires avant que son travail soit vraiment reconnu. C’est la protection de Christophe Jacob Trew et sa rencontre avec Linné qui seront vraiment décisives pour sa carrière, commencée en Allemagne puis terminée à Londres avec tous les honneurs.

 

Dans la « Description des plantes rares cultivées à Malmaison et à Navarre » (1812-1817). L’auteur, Aimé Bonpland, affirme qu’avant l’arrivée du Magnolia Yulan (le premier asiatique), on cultivait en pleine terre en plus du Magnolia grandiflora, les Magnolia glauca et Magnolia umbrella et que ceux-ci pouvaient bien fructifier. Par Magnolia umbrella il entend Magnolia tripetala (L.) L. originaire de l’est des Etats-Unis. Pour Magnolia glauca (L) L. le nom reconnu est maintenant Magnolia virginiana L..

De ces trois espèces présentes dans les jardins d’Europe au 18ème siècle, nous allons parler avec Georg Dionysius Ehret, car les autres magnolias sont arrivés plus tardivement d’Asie (ils feront l’objet d’un autre article).

Magnolia à grandes fleurs (Magnolia grandiflora L.) dessin et gravure de Georg Dennis Ehret

Magnolia à grandes fleurs (Magnolia grandiflora L.) dessin et gravure de Georg Dennis Ehret

Pour le Magnolia grandiflora L., Ehret a produit plusieurs études détaillées, la première (ci-dessus) vers 1737 avec cette légende pré-linnéenne: « Magnolia ; altissima lauro-cerassi folio, flore ingenti candido, Catesb. : communément appelé tulipier à feuilles de laurier ou laurier de Caroline ». Et en partie basse de la gravure : « Cette plante a produit ses belles fleurs dans le jardin de Sr Charles Wager à Parsons Green près de Fulham, en août 1737 ». Tout en bas à droite, Ehret a signé, ajoutant qu’il était le dessinateur mais aussi le graveur : Delineated and engraved by George Dennis Ehret.

Dans le « Plantae selectae » de C.J.Trew, ce Magnolia à grandes fleurs, originaire des forêts de Floride, que nous connaissons mieux pour sa superbe floraison estivale, son parfum enivrant et ses grandes feuilles persistantes, vernissées, et rousses au revers, figure sur deux planches, sur la seconde, seulement sur la partie basse que j’ai recadrée.

Magnolia grandiflora L. dessin d'Ehret, dans le « Plantae selectae » de C.J.Trew
Magnolia grandiflora L. dessin d'Ehret, dans le « Plantae selectae » de C.J.Trew

Magnolia grandiflora L. dessin d'Ehret, dans le « Plantae selectae » de C.J.Trew

A Nantes une collection nationale de référence des magnolias rappelle le passé d’introduction de ces végétaux rapportés sur le pont des voiliers traversant l’Atlantique. C’est le « Saint Michel » qui en 1711 transporta le premier plan de Magnolia grandiflora en France et le débarqua près de Nantes au port de Paimboeuf. Après de nombreuses péripéties et échecs, par marcottage aérien, le magnolia se répand peu à peu dans les jardins botaniques de l’ouest où il se plait en pleine terre.

Le Magnolia de Virginie :

En consultant le « Traité des arbres et arbustes que l'on cultive en France » par Henri Louis Duhamel du Monceau, on trouve sur ces trois premières espèces à fleurir nos jardins des renseignements de l’époque (1806).

Duhamel du Monceau nous apprend que le Magnolia de Virginie, Magnolia virginiana L. à floraison estivale, fut le premier Magnolia introduit en Europe (en 1688) avant d’être éclipsé par le Magnolia grandiflora ; que ses feuilles caduques ou persistantes selon les variétés, sont de petite taille, blanc-bleuâtre au revers ; que ses fleurs sont plus petites mais « d’une odeur très suave » ; et enfin que son écorce aromatique est  très appréciée des castors car en fait il vit à l’état naturel dans des zones de marais!

Il est représenté, ci-dessus, par Ehret sous une ancienne dénomination pré-linnéenne de Magnolia Laurifolia subtus albicante ; j’ai retrouvé cette peinture originale dans la collection de la Bibliothèque Trew,  (Bibliothèque universitaire d'Erlangen-Nürnberg), puis la gravure qui en est ressorti dans le « Plantae selectae » de C.J.Trew, vol 1 de 1750.

Le Magnolia de Virginie, Magnolia virginiana L. dessin d'Ehret dans le « Plantae selectae » de C.J.Trew

Le Magnolia de Virginie, Magnolia virginiana L. dessin d'Ehret dans le « Plantae selectae » de C.J.Trew

Le Magnolia parasol :

Dans le « Plantae selectae » de C.J.Trew, on retrouve aussi le Magnolia umbrella Desr. donc en fait, le Magnolia parasol (Magnolia tripetala (L.) L.) avec une belle planche entière de détails numérotés et soigneusement légendés.

Originaire de l’Est et du Sud-Est de Etats-Unis, il possède de très grandes feuilles caduques au contraire du Magnolia grandiflora. C’est principalement pour ces feuilles qui d’après Duhamel du Monceau sont « étalées et ramassées toutes ensemble au sommet des rameaux » et qui prennent de belles couleurs cuivrées en Automne qu’il est séduisant car les fleurs blanches aux pétales étroits « neuf à douze pétales, les uns pendants, les autres redressés » qui arrivent en Mai-Juin, sont dites d’une odeur plutôt désagréable.

Le Magnolia parasol (Magnolia tripetala (L.) L.), dessin d'Ehret dans le « Plantae selectae » de C.J.Trew
Le Magnolia parasol (Magnolia tripetala (L.) L.), dessin d'Ehret dans le « Plantae selectae » de C.J.Trew

Le Magnolia parasol (Magnolia tripetala (L.) L.), dessin d'Ehret dans le « Plantae selectae » de C.J.Trew

Par ailleurs, pour le coup d'œil et pour l'anecdote, j’ai trouvé cette peinture d’Ehret sur le site de la Royal Collection Trust :

https://www.rct.uk/collection/926084/magnolia-flore-albo

Vous pouvez en lisant leur texte, constater qu’on ne peut pas vraiment légender cette belle planche car vraisemblablement des échantillons se sont mélangés au retour du voyage de Mark Catesby (Histoire naturelle de la Caroline, Floride et les îles Bahamas). Ehret en toute bonne foi, a peint ce qu’on lui présentait : un mélange de Magnolia acuminata et Magnolia virginiana !

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanique, #Arbustes, #iconographie

Peut-être vous souviendrez-vous de ce premier article posté en Avril 2020 au retour d’un voyage en Guadeloupe:

http://botazoom.over-blog.com/2020/04/un-jardin-creole.html

Durant ce voyage, j’ai fait la connaissance d’autres arbustes dans les jardins antillais, c’est pourquoi je vous propose ce nouvel article sur le sujet, qui nous mettra un peu de soleil et de chaleur au cœur !

Ce sont souvent des plantes d’introduction assez récente aux Antilles, et j’ai eu parfois du mal à les identifier sans en connaître l’origine.

La Léea de Guinée (Leea guineense G.Don):

Comme son nom actuel nous l’indique, son origine est le centre de l’Afrique, dans une zone plutôt équatoriale qui correspond à son besoin d’une hygrométrie suffisante pour prospérer. Introduite en Guadeloupe, elle est par contre, indigène à la Réunion où on la nomme Bois de Sureau.

Leea guineense G.Don = Leea coccinea Planch. et illustr: Curtis bot mag vol.88 de 1862, t.5299
Leea guineense G.Don = Leea coccinea Planch. et illustr: Curtis bot mag vol.88 de 1862, t.5299

Leea guineense G.Don = Leea coccinea Planch. et illustr: Curtis bot mag vol.88 de 1862, t.5299

A propos de l’ancien nom, figurant en 1862 dans le Curtis’s botanical magazine, Planchon est bien mentionné dans le texte joint à cette seule et unique planche. L’auteur évoque  comme origine du nom l’« Hortus donatensis » de Planchon (1858). En fait il a existé une foule de synonymes pour cette plante. En 1862, Curtis affirme qu’elle est depuis plusieurs années cultivée dans les serres d’Europe, et que l’arbuste fleurit très jeune. Mais malgré tous ces synonymes et la beauté de ses corymbes, cette Léea de Guinée est peu représentée dans les anciens ouvrages.

La Perle de Zanzibar (Majidea zanguebarica J.Kirk ex Oliv.)

C’est un arbuste spectaculaire de la famille des Sapindacées. Quand ses fruits gonflés en vessies s’ouvrent, ils montrent leurs graines d’un gris-ardoise velouté, sur un fond rouge carmin, les fleurs sont plus discrètes, les feuilles ondulées et lustrées. Il est cultivé en Guadeloupe depuis une quarantaine d’années seulement. Originaire de Zanzibar et de Madagascar, il ne semble pas du tout représenté dans les parutions anciennes et c’est bien dommage !

Majidea zanguebarica J.Kirk ex Oliv. Perle de Zanzibar, sur Basse-Terre en Guadeloupe
Majidea zanguebarica J.Kirk ex Oliv. Perle de Zanzibar, sur Basse-Terre en Guadeloupe

Majidea zanguebarica J.Kirk ex Oliv. Perle de Zanzibar, sur Basse-Terre en Guadeloupe

Bignonia corymbosa (Vent.) L.G.Lohmann. (Pas de nom commun courant en français…)

Comme pour les deux premières espèces, le feuillage est persistant et satiné presque brillant. J’ai failli confondre cette liane avec le Saritéia, mais le calice en forme de spathe m’a heureusement orientée vers la bonne espèce de Bignone : Bignonia corymbosa (Vent.) L.G.Lohmann. auparavant nommée Macfadyena corymbosa (Vent.) Griseb.

Bignonia corymbosa (Vent.) L.G.Lohmann. sur Basse-Terre en Guadeloupe
Bignonia corymbosa (Vent.) L.G.Lohmann. sur Basse-Terre en Guadeloupe

Bignonia corymbosa (Vent.) L.G.Lohmann. sur Basse-Terre en Guadeloupe

Bignonia corymbosa=  Macfadyena corymbosa (Vent.) Griseb. dans « The Journal of Botany, british and foreign »  édité par Barthold Seemann (1863).

Bignonia corymbosa= Macfadyena corymbosa (Vent.) Griseb. dans « The Journal of Botany, british and foreign » édité par Barthold Seemann (1863).

Encore plus tôt, dans le « Recueil de planches de botanique de l'encyclopédie. » (Tableau encyclopédique et méthodique des trois règnes de la nature : Botanique), de Jean-Baptiste Pierre Antoine de Monet de Lamarck (1744-1829), cette bignone apparaît sous le nom de Spathodea corymbosa Vent.

Puis, dans la « Flora Brasiliensis » de Karl Friedrich Philipp von Martius 1794-1868, elle est finement dessinée au trait et légendée Pryganocydia corymbosa.

Bignonia corymbosa= Spathodea corymbosa Vent. dans le « Recueil de planches de botanique de l'encyclopédie. »

Bignonia corymbosa= Spathodea corymbosa Vent. dans le « Recueil de planches de botanique de l'encyclopédie. »

Bignonia corymbosa=Pryganocydia corymbosa. dans la « Flora Brasiliensis » de Karl Friedrich Philipp von Martius

Bignonia corymbosa=Pryganocydia corymbosa. dans la « Flora Brasiliensis » de Karl Friedrich Philipp von Martius

L'Allamanda pourpre ou Liane à caoutchouc

Pour finir ma série je vous montre une Apocynacée, l'Allamanda pourpre ou Liane à caoutchouc, probablement Cryptostegia madagascariensis Bojer ex Decne., mais la distinction avec une espèce très proche Cryptostegia grandiflora R. Br, est difficile avec seulement quelques photos au retour ! Les deux espèces souvent confondues, sont endémiques de Madagascar, voir à ce propos le site réunionnais de Mi-aime-a-ou :

https://www.mi-aime-a-ou.com/Cryptostegia_grandiflora.php

Cryptostegia madagascariensis Bojer ex Decne., sur Basse-Terre en Guadeloupe
Cryptostegia madagascariensis Bojer ex Decne., sur Basse-Terre en Guadeloupe
Cryptostegia madagascariensis Bojer ex Decne., sur Basse-Terre en Guadeloupe

Cryptostegia madagascariensis Bojer ex Decne., sur Basse-Terre en Guadeloupe

 Cryptostegia madagascariensis Bojer ex Decne., semble plus probable cultivée aux Antilles pour l’ornement. Les ponctuations verruqueuses plus nettes sur le rameau orientent aussi sur celle-là.

Les deux espèces figurent dans d’anciennes parutions, j’ai choisi C.grandiflora dans le 5ème volume du Botanical Register (pl 435)

Cryptostegia grandiflora dans le 5ème volume du Botanical Register (pl 435)

Cryptostegia grandiflora dans le 5ème volume du Botanical Register (pl 435)

On trouve les deux dans « Choix de plantes rares ou nouvelles, cultivées et dessinées dans le jardin botanique de Buitenzorg » (1863-1864), de nos jours c’est le Jardin botanique de Bogor sur l’Ile de Java. Auteur : Friedrich Anton Wilhelm Miquel, dessins de J.Ljung et Th. Rocke d’après nature. Les illustrations originales étant sombres et piquées de rouille, j’ai procédé à un petit nettoyage !

D'abord Cryptostegia madagascariensis:

puis Cryptostegia grandiflora :

PS : et bien sûr, Joyeuses fêtes de fin d’année à mes lecteurs!

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Arbustes, #Botanique, #iconographie

Deux rosiers montagnards sauvages sont remarquables par leurs couleurs et par l’effet décoratif qu’ils produisent dans leurs stations : ce sont le Rosier glauque (Rosa ferruginea Vill.) et le Rosier des Alpes (Rosa pendulina L.).

Tous deux pourvus de belles corolles rose vif, et peu ou pas du tout épineux, on pourrait les confondre s’il n’y avait cette caractéristique très particulière au Rosier glauque qui est justement la couleur nettement bleutée avec des reflets gris acier ou violacés de son feuillage. L’effet glauque de surface est très marqué avec une lumière sommitale mais la couleur vert vif du limbe peut réapparaître en contrejour, ce qui peut donner au soleil un bel effet bigarré. Les pédoncules et les nervures plus ou moins pourprés et les pétales magenta-vif ajoutent encore à l’effet de fraicheur que donne visuellement ce rosier. En Juillet de cette année, j’ai pris en photo ce Rosa ferruginea sur le col de Crozet au-dessus de Gex puis auprès de la Tourbière des Rousses.  En observant les calices, j’ai remarqué la longue pointe foliacée au bout de chaque sépale qui dépasse en longueur les pétales. Les petits fruits en formation sur mes images montrent déjà une forme assez ronde.

 

Rosa ferruginea près du lac des Rousses
Rosa ferruginea près du lac des Rousses

Rosa ferruginea près du lac des Rousses

L’ensemble de ces détails est superbement rendu sur une aquarelle de Pierre-Joseph Redouté que j’ai dénichée sur le site de la Morgan Library.

 

Rosa glauca = Rosa ferruginea, aquarelle sur vélin par Pierre-Joseph Redouté (Morgan Library).

Rosa glauca = Rosa ferruginea, aquarelle sur vélin par Pierre-Joseph Redouté (Morgan Library).

 

 

Dans le « Botanical register », en 1815, on trouve une gravure de ce rosier glauque sur un dessin de John Lindley.

 

 

Ci-dessous, dans un ouvrage de Nicolas Joseph Jacquin « Fragmenta botanica, figuris coloratis illustrata » (1800-1809), figure cette planche foisonnante d’un Rosa rubrifolia Vill. C’est un synonyme de  Rosa glauca Pourr.

Nicolas Joseph Jacquin « Fragmenta botanica, figuris coloratis illustrata », rosa rubrifolia= rosa glauca

Nicolas Joseph Jacquin « Fragmenta botanica, figuris coloratis illustrata », rosa rubrifolia= rosa glauca

Le Rosier des Alpes, en revanche porte ce nom de Rosa pendulina pour marquer l’aspect de ses fruits pendants plutôt fusiformes et qui restent longtemps couronnés de leurs sépales. Le feuillage diffère notablement du Rosier glauque: les folioles d’un vert gai sont plus nombreuses (de 7 à 11), et bordées de 7 à 21 paires de dents fines qui peuvent être composées (double indentation). C’est un rosier souvent presque inerme ; sur celui que j’avais vu du côté de Barcelonnette, je n’avais trouvé aucun aiguillon. En général les sépales sont entiers, prolongés d’une longue pointe un peu spatulée et persistent longtemps sur le fruit tout comme sur le Rosa ferruginea mais à la différence de ce dernier, le plus souvent les fleurs sont solitaires sur Rosa pendulina.

Ci-dessus et ci-dessous, le Rosier des Alpes au Col de la Faucille

 

Rosa pendulina, dans le vallon de Laverq (près de Barcelonnette), puis les fruits sur le plateau du Revard
Rosa pendulina, dans le vallon de Laverq (près de Barcelonnette), puis les fruits sur le plateau du Revard

Rosa pendulina, dans le vallon de Laverq (près de Barcelonnette), puis les fruits sur le plateau du Revard

On trouve bien sûr Rosa pendulina chez Nikolaus-Joseph Jacquin, cette fois-ci dans « Plantarum rariorum horti caesarei Schoenbrunnensis descriptiones et icones » vol. 4 de 180. Elle y figure sous un nom surprenant : Rosa pyrenaica, mais il s’agit bien de notre Rosier des Alpes (Rosa pendulina L.).

Jacquin, N.J. von, Plantarum rariorum horti caesarei Schoenbrunnensis descriptiones et icones, vol. 4 (1804), t. 416 p. 8

Jacquin, N.J. von, Plantarum rariorum horti caesarei Schoenbrunnensis descriptiones et icones, vol. 4 (1804), t. 416 p. 8

Nikolaus-Joseph Jacquin fait figurer également le Rosier des Alpes dans le troisième volume de sa « Flora austriaca », c’est la planche 279 sur la bibliothèque en ligne du Real Jardin botanico  de Madrid :

https://bibdigital.rjb.csic.es/records/item/14950-florae-austriacae-vol-iii

Nikolaus-Joseph Jacquin « Flora austriaca », Rosa pendulina

Nikolaus-Joseph Jacquin « Flora austriaca », Rosa pendulina

Connaissez-vous le « Genus Rosa » d’Ellen Ann Willmott ? C’est un très beau recueil en nombreux cahiers édité entre 1910 et 1914, illustré d’aquarelles d’Alfred Parsons, pleines de sensibilité et de charme. On peut le consulter en ligne maintenant :

https://www.biodiversitylibrary.org/item/213425#page/526/mode/1up

Je vous ai extrait les deux roses qui nous occupent ici, Rosa rubrifolia figure dans le vol 2, pl. 133, texte (en anglais) p.399 et Rosa pendulina dans le vol 2, pl 99, texte p 293

« Genus Rosa » d’Ellen Ann Willmott, rosa glauca, puis rosa pendulina, aquarelles d'Alfred Parsons
« Genus Rosa » d’Ellen Ann Willmott, rosa glauca, puis rosa pendulina, aquarelles d'Alfred Parsons

« Genus Rosa » d’Ellen Ann Willmott, rosa glauca, puis rosa pendulina, aquarelles d'Alfred Parsons

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanique, #Arbustes, #iconographie

Dans la seconde partie de son premier roman, « Amours défendues » Allissa York, une romancière canadienne, nous parle de la faune et de la flore des tourbières de son pays ; la comparaison possible avec nos tourbières d’Europe de l’Ouest n’a pas manqué de m’intéresser.

Au Canada on distingue deux sortes de tourbières les bogs (nos tourbières bombées ou ‘ombrogènes’) qui ne sont alimentés en eau que par pluie et neige ; et les fens (plutôt nos ‘bas-marais’, ou ‘minérogènes’) qui sont alimentés en eau de surface ou souterraine.

Pour en savoir plus si vous le désirez, il est possible de consulter cette page instructive :

https://www.hww.ca/fr/espaces-sauvages/les-tourbieres-du-canada.html

 

Comme il existe un certain nombre d’espèces végétales, que j’ai eu le plaisir de voir même sans traverser l’Atlantique puisqu’elles sont circumboréales, ou encore, pour la Sarracénie, introduite en Europe, je ne résiste pas à vous montrer quelques images prises dans des tourbières franc-comtoises ou écossaises, en regard de certains paragraphes du roman.

Je donne donc la parole à Alissa York ou plus exactement à son personnage, Marie Tourbière qui a grandi dans une tourbière du Manitoba:

Le bouleau nain :

« Qu’est-ce que vous faîtes ? - Je balaie. » Le grattement cesse. « Touchez ça. » Elle pose une sorte de brosse sur ses genoux. Les mains de Carl réagissent instinctivement et reconnaissent un fagot de brindilles minces et verruqueuses. « Du bouleau nain. Il n’y a pas de meilleur balai. » Elle le reprend et le grattement recommence. « On l’appelle aussi bouleau verruqueux. C’est sans doute là-dedans que vous vous êtes pris les pieds. »

J’ai fait ma première observation de Bouleau nain (Betula nana L.) dans la tourbière de Mouthe ; c’est l’une des très rares stations françaises de cet arbrisseau plus ou moins rampant. Le voici également dans l’ouvrage danois : « Bilder ur Nordens Flora » par Carl Axel Magnus Lindman, vol 2 de 1922.

  

La Sarracénie pourpre :

« Le drosera n’est pas la seule plante carnivore du coin, au cas où vous poseriez la question. » Elle retourne à ses pots. « Il y a aussi la sarracénie pourpre. J’en ai des fraiches. Vous voulez toucher ? »

« D’accord, je vous explique. Les feuilles sont un peu caoutchouteuses, vertes avec des nervures pourpres. Elles sont creuses avec une grosse lèvre gonflée. A l’intérieur, c’est tout glissant et les petits poils raides vous conduisent au fond. Un insecte repère cette jolie lèvre pourpre et s’y pose, commence à l’explorer et avant même de s’en rendre compte, il se retrouve au fond et perd prise. Ensuite, il essaie de remonter, glisse de côté, en arrière ou la tête la première, mais il ne peut aller nulle part, sauf au fond, dans la petite flaque de la sarracénie. » Elle tape des mains. « Plouf. Il s’y noie. Pourrit. Et la sarracénie détrempe tout ce qu’elle attrape. »

« Drôle de plante, poursuit Mary. Les indiens Cree s’en servaient pour ceux qui étaient très, très malades. Vous allez voir. J’en ai mis un peu dans votre tisane. »

Une station de Sarracénie perdure dans les tourbières de Frasnes, mes photos datent de 2005, elle est devenue assez populaire pour qu’il soit difficile de l’éradiquer sans soulever un tollé chez les passionnés de plantes carnivores si bien que son extension est très contrôlée par des arrachages réguliers de jeunes pousses, mais sa présence reste tolérée pour le moment… Dans mes photos elle cohabite avec la Drosera à feuilles rondes (circumboréale) mais dans la tourbière de Mary, cela pourrait aussi bien être le Rossolis filiforme (Drosera filiformis Raf.) qui lui, n’existe pas en Europe.

Le Piment royal :

« Vous voulez que je vous en roule une ? demande-t-elle. – Je ne fume pas. Et en plus, ça ne sent pas le tabac. – C’est du piment royal. Ça pousse dans la tourbière. Une pincée dans du papier éloigne les bestioles. »

En Europe, le Piment royal (Myrica gale L.) est une espèce atlantique, elle n’est pas si rare dans les marais littoraux tout le long de la côte ; voici d’anciennes photos prises dans une tourbière écossaise (Tullock moor).

Myrica gale dans « Flora von Deutschland, Österreich und der Schweiz », du Prof. Dr. Thomé, vol 2 de 1885;

et  dans l'ouvrage danois : « Bilder ur Nordens Flora » par Carl Axel Magnus Lindman, vol 2 de 1922.

Pour finir, quelques photos d’autres plantes circumboréales des tourbières qui pourraient donc se trouver aussi dans celle de Mary : Andromeda polifolia L. (l’Andromède à feuilles de polium), Vaccinium vitis-idaea (l’Airelle rouge, ou  Vigne du mont Ida), Vaccinium oxycoccos L. (la Canneberge) et  Empetrum nigrum L. (la Camarine noire).

Andromède à feuille de polium, en Franche-Comté

Andromède à feuille de polium, en Franche-Comté

L'Airelle rouge ou Vigne du Mont Ida, en Franche-Comté

L'Airelle rouge ou Vigne du Mont Ida, en Franche-Comté

La Canneberge, en Franche-Comté

La Canneberge, en Franche-Comté

La Camarine noire en Ecosse, à Tullock moor

La Camarine noire en Ecosse, à Tullock moor

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Arbustes, #Botanique, #iconographie

Le sujet est moins copieux que le précédent, mais j’ai voulu ajouter deux espèces que j’ai pu observer et détailler sur le terrain sarthois et qui font partie également du grand groupe des Caninae.

La particularité évidente de Rosa tomentosa Sm. est la pilosité du feuillage. Elle dépend de la subsection des Vestitae caractérisée par des folioles souples et pubescentes sur les deux faces, à dents souvent composées-glanduleuses, et dont le réseau de nervures au revers est peu saillant (cf. la Flora Gallica). Assez tôt bien identifiée, j’ai trouvé pour elle plusieurs représentations anciennes.

Dans le tome 2 (pl 51) de la troisième édition des « Roses » peintes par P.J.Redouté, Claude Antoine Thory présente Rosa tomentosa sous le nom français de Rosier cotonneux, qu’il affirme ‘commun dans la forêt de Fontainebleau’, avant d’en présenter une variété à fleurs doubles ‘commune dans les jardins’.

https://bibdigital.rjb.csic.es/records/item/14662-les-roses-troisieme-edition-tome-second

Rosa tomentosa par Pierre-Joseph Redouté

Rosa tomentosa par Pierre-Joseph Redouté

Un botaniste allemand, Albert Gottfried Dietrich, représente la Rosa tomentosa parmi les 864 planches de sa Flora regni Borussici, vol. 12 (1844) t. 863

Bien qu’à peu près en limite nord de son aire de répartition naturelle, on la retrouve aussi ci-dessous, dans la Flora danica (tome 16, planche 2719), Auteur : Johan Martin Christian Lange, éditée en 1867-1871

https://bibdigital.rjb.csic.es/records/item/13513-flora-danica-volumen-sextum-decimum

 D’après l’Atlas de la Flore Sauvage du département de la Sarthe, Rosa tomentosa Sm. est assez commune et : « Bien caractérisée par ses aiguillons presque droits à base peu épaisse et ses feuilles à folioles allongées mollement velues ». Mes photos datées de mai 2019 montrent cela et une floraison d’un blanc à peine rosé puis deux fruits de l’année précédente, dont les sépales ont fini par tomber. Sur une autre station de cette année les fleurs sont d’un rose plus soutenu.

Rosa tomentosa, en Sarthe.
Rosa tomentosa, en Sarthe.
Rosa tomentosa, en Sarthe.

Rosa tomentosa, en Sarthe.

Bien que velue aussi mais seulement au revers des folioles, Rosa stylosa Desv. ne fait pas partie de la même subsection ; elle est classée dans les nombreuses variantes de Rosa canina qui font encore l’objet de discussions.

Ce Rosier à styles unis, Rosa stylosa Desv. est d’identification plus récente et autrefois il a été faussement rapproché de Rosa arvensis qui appartient à une autre section, les Synstylae dont le style forme une vraie colonne. Vers 1870, Joseph Dalton Hooker le nomme ainsi Rosa arvensis subsp. stylosa. Ce rosier a été présenté sous de très nombreux noms et le nombre de synonymes donne un peu le tournis. Ne comptez pas trop voir représentées dans les deux images anciennes qui suivent les subtilités de détermination de ce rosier. J’ai simplement ajouté foi au tableau actuel des synonymes reconnus!

Dans son groupe de « Rosiers des collines » (Pl. 54 dans le tome 2 de la 3ème édition des « Roses » peintes par P.J.Redouté de 1885), C.A.Thory, présente Rosa collina fastigiata, une appellation qui équivaut également à Rosa stylosa Desv.

https://bibdigital.rjb.csic.es/records/item/14662-les-roses-troisieme-edition-tome-second

Rosa collina fastigiata = Rosa stylosa Desv. peinte par Pierre-Joseph Redouté

Rosa collina fastigiata = Rosa stylosa Desv. peinte par Pierre-Joseph Redouté

Thory ne montre pas de Rosa collina ’vera’, mais cite dans le texte la planche de Nikolaus Joseph Jacquin qui dans sa Flora austriaca (pl 197 du vol 2) représente Rosa collina Sm. donnée comme un synonyme reconnu de notre Rosa stylosa Desv.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/9676#page/455/mode/1up

Rosa collina = Rosa stylosa Desv. dans la Flora austriaca de Nicolaus Joseph Jacquin

Rosa collina = Rosa stylosa Desv. dans la Flora austriaca de Nicolaus Joseph Jacquin

Tout ceci me laisse un peu sur ma faim car le critère marquant de ce rosier est peu évoqué dans les textes: les disques stigmatiques sont coniques et les styles érigés en une petite masse étagée mais il n’y pas vraiment une colonne, c’est un faisceau dont on peut écarter les styles. Ayant tiré dessus pour les sortir j’ai vu que le canal stigmatique semble étroit (environ 0,7 mm). Les folioles luisantes sur le dessus sont velues seulement au dos sur les nervures et les pédoncules, mais là il n’y a pas de glandes. Les pédicelles floraux portent quelques rares petites glandes rouges surtout présentes aussi sur les bords des stipules et des appendices du calice (qui sont nombreux). Le revoyant en une autre occasion, j’ai pu constater la forme typique des aiguillons très élargis à la base et aussi les variations de la forme du style et du disque plus ou moins conique, pourtant sur le même rosier !

Rosa stylosa, en Sarthe.
Rosa stylosa, en Sarthe.
Rosa stylosa, en Sarthe.
Rosa stylosa, en Sarthe.

Rosa stylosa, en Sarthe.

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