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Botazoom, Botanique et Iconographie

Botazoom, Botanique et Iconographie

Ce blog est destiné aux curieux de botanique. En s’appuyant sur les photos que j’ai pu faire en voyage, et sur de l’iconographie ancienne, il rentre un peu dans les détails qui m’ont permis d’identifier une espèce, mais son contenu doit être considéré comme celui d’une botaniste amateur !

fleurs

Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanique, #Fleurs, #iconographie

Voici deux gentianes à tiges courtes et à grandes fleurs solitaires qu’on rencontre assez facilement en altitude mais qu’il n’est pas si facile de distinguer sans entrer dans le détail ! La taille des corolles de la Gentiane acaule (Gentiana acaulis) comme de la Gentiane de l'Ecluse (Gentiana clusii), est en fait variable (de 40 à 70 mm !) mais avec la même allure générale, c’est-à-dire acaule soit uniflore sur une tige courte. Une troisième espèce : Gentiana alpina est plus petite aussi bien sur la longueur des feuilles que sur celle de la corolle et sa tige est vraiment très courte. Je dois ajouter pour être exacte qu’il existe trois autres gentianes de ce type mais plus rares, qui habitent des territoires précis : G.ligustica pour les Alpes maritimes, G.angustifolia dans le Dauphiné et G.occidentalis dans les Pyrénées, je ne les ai pas encore rencontrées.

Gentiane acaule au col du Lautaret , puis au col d'Allos, en Juin
Gentiane acaule au col du Lautaret , puis au col d'Allos, en Juin
Gentiane acaule au col du Lautaret , puis au col d'Allos, en Juin

Gentiane acaule au col du Lautaret , puis au col d'Allos, en Juin

La Gentiane acaule (Gentiana acaulis L.), est souvent caractérisée par le vert à l'entrée du tube de la corolle. Le petit étranglement visible sur les dents du calice situé juste au-dessous du bord de la membrane translucide qui les relie donne une forme ogivale aux pointes du calice. C’est peut-être le critère le plus fiable qui permet de reconnaître cette Gentiane acaule de la Gentiane de L’Ecluse, en effet, cette dernière vue de profil révèle un calice très différent avec des dents triangulaires longues et régulièrement effilées sans aucune membrane qui les relie.

 

 

La Gentiane de L’Ecluse (Gentiana clusii Perrier et Songeon), que j’ai eu le plaisir de découvrir sur la Col de la Colombière, n’avait pas de vert à la gorge ; dans les fissures des rochers, elle formait de charmants ensembles avec la Primevère oreille d’Ours et d’autres plantes de rocailles. Ces deux gentianes semblent apprécier surtout la rocaille calcaire.

Gentiane de L'Ecluse au col de la Colombière, à la mi-Juin
Gentiane de L'Ecluse au col de la Colombière, à la mi-Juin

Gentiane de L'Ecluse au col de la Colombière, à la mi-Juin

Malheureusement dans les représentations anciennes, ces subtiles différences ne sont pas indiquées et d’ailleurs, on ne trouve que la Gentiane acaule (ou Gentiane de Koch) avec des calices peu détaillés sauf peut-être dans la « Deutschlands flora in abbildungen nach der natur » de Jakob Sturm. (ci-contre)

Dans l’Herbier général de l’Amateur (vol. 3 de 1819), de Delaunay et Loiseleur-Deslongchamps, Pancrace Bessa montre une gentiane acaule d’un bleu très profond, c’est souvent le cas, et du coup les points verts dans la corolle deviennent gris ardoise, mais celles que j’avais vues au Col d’Allos étaient plus claires et alors les points verdâtres qui ornent l’intérieur de la corolle devenaient plus visibles. Le texte de l’auteur, parlant des gentianes en général, dit : « La nature aurait tout fait pour ces plantes, si elle eût donné un doux parfum à leurs fleurs ; mais elle le leur a refusé. »

Dans l’Herbier général de l’Amateur, dessin de Pancrace Bessa (élève de P.J.Redouté)

Dans l’Herbier général de l’Amateur, dessin de Pancrace Bessa (élève de P.J.Redouté)

Ci-contre, dans le Botanical magazine, vol 2 de 1788, de William Curtis, on trouve cette gentiane acaule. L’illustration montre bien les deux paires de feuille caulinaires opposées, dont une se situe juste sous le calice.

En 1868, Abraham Jacobus Wendel, réalise le projet d’une chromolithographie représentant un ensemble de gentianes acaules pour un ouvrage néerlandais dont la traduction serait : « Flora : illustrations et descriptions d'arbres, d'arbustes, d'annuelles, etc., présents dans les jardins néerlandais ».

Gentianes acaules par Abraham Jacobus Wendel (1868)

Gentianes acaules par Abraham Jacobus Wendel (1868)

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanique, #Fleurs, #iconographie

Cela ne semble pas difficile de reconnaître une Apiacée (le nom actuel pour les ombellifères) ; pourtant les Astrances sont un peu à part. Un amateur ne les cherchera pas instinctivement dans cette grande famille, car leur anatomie visible est trompeuse. Deux genres présentant cette allure se retrouvent au tout début de la longue clé d’identification des Apiacées : les Eryngium et les Astrantia, parce qu’ils ont en commun de présenter des formes d’ombelles simples si resserrées que ces inflorescences ressemblent plus à des capitules de Composées qu’à des Ombellifères. Pour les Panicauts (Eryngium), on parle même d’un pseudocapitule (mais ce sera pour une autre fois).

Pour les Astrances (ci-dessus), les petites fleurs, bien qu’assemblées en un bouquet serré, sont portées par de petits pédicelles et la couronne autour de cette inflorescence n’est pas formées de ligules, comme sur les composées (ex : la marguerite), mais de bractées claires plus ou moins teintées de rose, dont la pointe restée verte rappelle le statut de petite feuille, ce qu’est en réalité une bractée.

Une autre petite ombellifère des sous-bois en est proche, la Sanicle ; elle figure en troisième position dans la clé des apiacées et d’ailleurs ces 3 premiers genres forment la sous-famille des Saniculoideae. La Sanicle (Sanicula europaea), correspond davantage à une ombellifère bien que son ombelle reste assez rudimentaire. Ses petits glomérules floraux ne sont pas entourés de bractées décoratives, mais les étamines quand elles se déploient, font de mini feux d’artifice aussi attirants pour un insecte pollinisateur.

Autrefois, Astrances et Sanicles étaient parfois figurés sur la même planche comme par exemple sur le Recueil de planches de botanique de l’Encyclopédie de Monet de Lamarck (1791-1823).

Astrances et Sanicle sur le Recueil de planches de botanique de l’Encyclopédie de Monet de Lamarck (1791-1823)

Astrances et Sanicle sur le Recueil de planches de botanique de l’Encyclopédie de Monet de Lamarck (1791-1823)

Recueil des plantes gravées par ordre du roi Louis XIV (1788), de Denis Dodart, gravure de Nicolas Robert

Recueil des plantes gravées par ordre du roi Louis XIV (1788), de Denis Dodart, gravure de Nicolas Robert

Dans le Recueil des plantes gravées par ordre du roi Louis XIV (1788), de Denis Dodart, sur la superbe planche dessinée et gravée par Nicolas Robert, de la Grande Astrance, le nom prélinnéen signalé en légende est Saniculae folio major, ce nom provient de Gaspard Bauhin (1560-1624), mais les auteurs prélinnéens, sous le vocable de Sanicula, parlaient aussi bien de la Grassette (Pinguicula) de l’Oreille d’ours (Auricula), de Molène (Verbascum), d’Androsace et de Saxifrage, ce qui montre à quel point le travail de classification de Linné a été fondamental !

En p. 235 du Species plantarum de Linné, on trouve la Sanicle d’Europe (Sanicula europaea) ainsi que la Petite Astrance (Astrantia minor) et la Grande Astrance (Astrantia major).

Le genre Astrantia figure bien sous ce nom dans l’Icones stirpium de Matthias de L’Obel (1538-1616), mais pour la Grande astrance, il donne Astrantia nigra. Lien vers cet ouvrage

 

La voici sous son nom actuel dans un ouvrage de Friedrich Gottlob Hayne « Getreue Darstellung und Beschreibung der in der Arzneykunde gebräuchlichen Gewächse » (1805-1846). Lien vers cet ouvrage

La grande Astrance dans un ouvrage de  Friedrich Gottlob Hayne.

La grande Astrance dans un ouvrage de Friedrich Gottlob Hayne.

La Grande Astrance, photos prises en Haute-Savoie
La Grande Astrance, photos prises en Haute-Savoie

La Grande Astrance, photos prises en Haute-Savoie

Deux illustrations détaillées de la Grande Astrance et de la Sanicle, avec les fruits grossis en coupe figurent dans le  Genera plantarum florae germanicae (1835-1860) vol 6, 1849, de Nees von Esenbeck.

La Petite Astrance ou Petite Radiaire (Astrantia minor) est moins spectaculaire, plus délicate, mais lorsque les fruits commencent à se former cela vaut le coup de chausser ses lunettes.

Dans le Thesaurus Botanicus (1805-1819) de Léopold Trattinnick figure une délicate gravure rehaussée de couleur qui représente Astrantia minor. Les feuilles de cette espèce sont plus profondément découpées et les lobes sont plus étroits, mais il existe aussi Astrantia carniolica qui apparaît dans la Flora austriaca de N.J.Jacquin, dont les feuilles ressemblent à celles de la Sanicle.

 

Astrantia minor, dans le Thesaurus Botanicus (1805-1819) de Léopold Trattinnick

Astrantia minor, dans le Thesaurus Botanicus (1805-1819) de Léopold Trattinnick

Astrantia carniolica dans la Flora austriaca de N.J.Jacquin.

Astrantia carniolica dans la Flora austriaca de N.J.Jacquin.

L’Astrance de Carniole, plus orientale,  n’existe pas sur le territoire français. A ce sujet voir

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanistes, #Fleurs, #iconographie

Fils de paysans champenois, Claude Aubriet devient peintre à Paris à la fin du 17ème siècle sans qu’on sache exactement comment il a réussi à accomplir son apprentissage et si celui-ci fut tout de suite orienté vers le dessin naturaliste. Au vu des premières études botaniques qui font l’objet de cet article, sous la direction de Joseph Pitton de Tournefort, pour « Elemens de botanique », on peut juger qu’il en a déjà une grande maîtrise et que l’observation pointue des fleurs et des fruits n’a plus de secrets pour lui. 

 

Il est possible de voir en ligne les planches d’origine pour « Elemens de botanique », avec une mise en couleur qui parfois est un peu terne et une moins bonne définition d’image ; j’ai préféré dans la suite, du noir et blanc avec « Institutiones rei herbariae » pour plus de qualité de définition des gravures.

Voici à titre d’exemple, les deux versions pour la Renouée Bistorte : son rhizome tortueux fait l’objet d’une belle composition graphique.

Deux versions pour la Renouée Bistorte (Polygonum bistorta L.)
Deux versions pour la Renouée Bistorte (Polygonum bistorta L.)

Deux versions pour la Renouée Bistorte (Polygonum bistorta L.)

Et pour la Fraxinelle, la mise en couleur est assez réussie. Les noms des graveurs ne figurent pas mais il ne s’agit sans doute pas d’Aubriet et pour la mise en couleur non plus, bien sûr !

Deux versions pour la Fraxinelle (Dictamus albus L.)
Deux versions pour la Fraxinelle (Dictamus albus L.)

Deux versions pour la Fraxinelle (Dictamus albus L.)

Claude Aubriet  va devenir par la suite « Peintre en miniature » pour Louis XIV, prenant la suite de Jean Joubert qui l’a initié à la miniature sur vélins. Il n’obtiendra le droit de signer ses peintures qu’en 1708, après le décès de Jean Joubert ; il est alors âgé d’environ 43 ans et devient très officiellement « Peintre du roi » pour Louis XIV, puis Louis XV. Il pourra résider au Jardin du Roi jusqu’à son décès en 1742, avec l’obligation de peindre 24 miniatures par an, ce qu’il fera avec beaucoup de talent et sur des sujets très variés allant de la flore à la faune (poissons, insectes, oiseaux, mammifères). On lui attribue environ 385 vélins de botanique. C’est Madeleine Basseporte qui prendra sa suite.

Claude Aubriet en marge de cette fonction prestigieuse a toujours entretenu une collaboration scientifique avec des savants : Joseph Pitton de Tournefort, puis Sébastien Vaillant,  Réaumur et Antoine de Jussieu. C’est surtout avec Pitton de Tournefort qu’il se lie d’amitié au cours d’un voyage « Relation d’un voyage au Levant » publié en 1717, pour lequel il a fourni tous les dessins pris sur le vif.

« Institutiones rei herbariae » et « Elemens de botanique »

L’ensemble est illustré d’environ 450 planches gravées, il fut d’une grande importance pour les botanistes jusqu’aux travaux de Linné. Pitton de Tournefort a eu le privilège royal (et les fonds nécessaires) pour accompagner l’ouvrage d’origine « Elemens de botanique ou méthode pour connoître les plantes » de gravures détaillées sur les structures des fleurs et des fruits qui constituaient la base de sa classification prélinnéenne. Les dessins de ces planches sont donc de Claude Aubriet, même s’il ne pourra signer ses gravures qu’en 1734, date à laquelle il est officiellement attaché à l’Académie royale des sciences.

« Institutiones rei herbariae », publié en 1700, en ligne sur BHL (Biodiversity Heritage Library), reprend de nombreuses planches d’ « Elemens de botanique » publié en 1694, en ligne sur Gallica.

Voici donc quelques une des gravures de « Institutiones rei herbariae »,  et je me suis autorisée à poser en regard des photos que j’ai faites de ces plantes!​​​​​​​

 

L'Aconit Napel+ photo : Aconitum napellus L.  (dans le Jura)
L'Aconit Napel+ photo : Aconitum napellus L.  (dans le Jura)

L'Aconit Napel+ photo : Aconitum napellus L. (dans le Jura)

l'Ancolie+ photo : Aquilegia reuteri (dans le Mercantour)
l'Ancolie+ photo : Aquilegia reuteri (dans le Mercantour)

l'Ancolie+ photo : Aquilegia reuteri (dans le Mercantour)

La Balsamine+ photo: Impatiens glandulifera (en Haute-Savoie)
La Balsamine+ photo: Impatiens glandulifera (en Haute-Savoie)

La Balsamine+ photo: Impatiens glandulifera (en Haute-Savoie)

Le Sabot de Vénus et l'Epipactis + photos: Cypripedium calceolus et Epipactis helleborine (en Savoie)
Le Sabot de Vénus et l'Epipactis + photos: Cypripedium calceolus et Epipactis helleborine (en Savoie)
Le Sabot de Vénus et l'Epipactis + photos: Cypripedium calceolus et Epipactis helleborine (en Savoie)

Le Sabot de Vénus et l'Epipactis + photos: Cypripedium calceolus et Epipactis helleborine (en Savoie)

L'Hellébore + photo: Helleborus sp, (dans un square du Mans)
L'Hellébore + photo: Helleborus sp, (dans un square du Mans)

L'Hellébore + photo: Helleborus sp, (dans un square du Mans)

Le Pois+ photo: Pisum sativum ssp. elatius (en Catalogne)
Le Pois+ photo: Pisum sativum ssp. elatius (en Catalogne)

Le Pois+ photo: Pisum sativum ssp. elatius (en Catalogne)

(Les collaborations de Claude Aubriet avec Sébastien Vaillant,  Réaumur et Antoine de Jussieu feront l’objet d’un autre article.)

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Fleurs, #iconographie, #Botanique

Ces quatre centaurées roses se ressemblent et ce sont surtout les bractées de l’involucre (la collerette d’où sortent les nombreuses fleurettes de cette composée) qui permettent de les différencier, sans oublier quand même de regarder la silhouette générale de la plante, le nombre et la forme des feuilles !

Centaurea thuillieri, scabiosa, et jacea.

Centaurea thuillieri, scabiosa, et jacea.

Il est possible de détacher l’une de ces bractées de l’involucre, en la choisissant à mi-hauteur, et de l’observer à la loupe : elle se compose d’une première languette basale plus ou moins verte, surmontée d’un appendice dont la forme varie suivant les espèces.

Le scan montrant trois fleurs veut faire la différence «  à l’œil » entre les trois espèces sujettes à confusion, qui sont dotées toutes trois de corolles périphériques rayonnantes. Je n’ai pas scanné la Centaurée noire qui ne porte que des corolles plus réduites de type fleurons et dont l’involucre est aussi plus globuleux et plus sombre que celui de la Centaurée des prés ou Centaurée de Thuillier. Voici, ci-dessous la très commune Centaurée noire (Centaurea nigra L.).

Chez la Centaurée scabieuse (Centaurea scabiosa L.), qui fait un peu exception, la bractée de l’involucre n’est pas composée de deux parties séparées par un étranglement, c’est une sorte d’ogive verdâtre bordée de pointes sombres dont la pointe sommitale est plus ou moins effilée. C’est aussi une grande espèce dont les feuilles sont bien découpées et parfois il est possible d’en rencontrer une blanche comme cela m’est arrivé dans le Jura ! Une coupe sur l’involucre d’une fleur en fin de floraison permet de dégager quelques graines couronnées d’un pappus bien visible.

 

La Centaurée scabieuse, trois spécimens dans le Jura et les Alpes
La Centaurée scabieuse, trois spécimens dans le Jura et les Alpes
La Centaurée scabieuse, trois spécimens dans le Jura et les Alpes

La Centaurée scabieuse, trois spécimens dans le Jura et les Alpes

La Centaurée jacée (Centaurea jacea L.), est assez caractéristique car l’appendice terminal des bractées se présente comme  un petit éventail rond doré et irrégulièrement déchiré et les feuilles sont rudes au toucher.

La Centaurée jacée, deux spécimens en Savoie et en Haute-Marne
La Centaurée jacée, deux spécimens en Savoie et en Haute-Marne

La Centaurée jacée, deux spécimens en Savoie et en Haute-Marne

Chez la Centaurée des prés ou Centaurée de Thuillier (Centaurea decipiens Thuill.) la bractée de l’involucre se termine par un appendice triangulaire foncé, de chaque côté longuement et finement  frangé, de couleur blonde ou fauve mais pas sombre comme chez la Centaurée noire (Centaurea nigra L.). Pour les différencier un autre critère bien visible, la Centaurée de Thuillier porte des fleurons périphériques rayonnants alors que la Centaurée noire n’en a pas et un dernier critère décisif à regarder à la loupe : les graines ne portent pas de pappus. On peut plus ou moins le vérifier sur mon scan d’une Centaurée de Thuillier trouvée en Grande Brière, que j’ai dépiautée pour en extraire quelques graines. Il faut préciser que les Centaurea du groupe pratensis font partie d’un groupe complexe difficile à démêler !

La Centaurée des prés ou Centaurée de Thuillier (Centaurea decipiens Thuill.) en Grande Brière
La Centaurée des prés ou Centaurée de Thuillier (Centaurea decipiens Thuill.) en Grande Brière
La Centaurée des prés ou Centaurée de Thuillier (Centaurea decipiens Thuill.) en Grande Brière

La Centaurée des prés ou Centaurée de Thuillier (Centaurea decipiens Thuill.) en Grande Brière

Iconographie :

Je n’ai guère trouvé de représentations anciennes fidèles aux critères ci-dessus, hormis pour les deux centaurées les plus distinctives, la centaurée scabieuse et la centaurée noire.

Les voici dans «Bilder ur Nordens Flora» Stockholm, de Carl Axel Magnus Lindman, publié 1901-1905.

Centaurea scabiosa et Centaurea nigra dans  «Bilder ur Nordens Flora» de Carl Axel Magnus Lindman
Centaurea scabiosa et Centaurea nigra dans  «Bilder ur Nordens Flora» de Carl Axel Magnus Lindman

Centaurea scabiosa et Centaurea nigra dans «Bilder ur Nordens Flora» de Carl Axel Magnus Lindman

On trouve aussi ces deux illustrations dans la Flora von Deutschland : in Abbildungen nach der Natur  pour le tome 14 de 1906, l’auteur n’est plus Jakob Sturm mais le Dr. K. G. Lutz.

Centaurea scabiosa et Centaurea nigra dans la "Flora von Deutschland : in Abbildungen nach der Natur" (1906)
Centaurea scabiosa et Centaurea nigra dans la "Flora von Deutschland : in Abbildungen nach der Natur" (1906)

Centaurea scabiosa et Centaurea nigra dans la "Flora von Deutschland : in Abbildungen nach der Natur" (1906)

J’ai déjà montré quelques autres espèces de Centaurées moins communes mais très caractéristiques, là :

http://botazoom.over-blog.com/2020/08/des-centaurees-et-des-bleuets.html

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanique, #iconographie, #Fleurs

Je vais parler aujourd'hui de trois œillets qui à première vue se ressemblent ; ils portent une fleur simple, rose, leur feuilles  caulinaires médianes sont étroites (- de 5mm), et brièvement engainantes sur la tige, leurs pétales sont entiers ou dentés mais pas laciniés et le calice en-dessous est glabre. Que convient-il donc d’observer de près pour les distinguer ? Réponse, l’épicalice : ce sont de petites bractées plus ou moins nombreuses, scarieuses ou bien vertes, pointues ou bien émoussées ; elles enveloppent la base du calice.  

Les deux premières espèces sont à pétales glabres à la gorge et les bractées de l’épicalice sont à marge plus ou- moins scarieuse (mais pas herbacée) couvrant moins du quart du calice.

 

On peut alors différencier :

  1. L’œillet des bois (Dianthus saxicola Jord.), synonyme de  Dianthus sylvestris Wulfen    : Pour celui-ci, l’épicalice est pourvu de 2 courtes bractées seulement (photos juin 2022 au sud du Mercantour, ci-dessus et ci-dessous)
L’œillet des bois (Dianthus saxicola Jord.) vers Chateauneuf d’Entraunes
L’œillet des bois (Dianthus saxicola Jord.) vers Chateauneuf d’Entraunes

L’œillet des bois (Dianthus saxicola Jord.) vers Chateauneuf d’Entraunes

2. L’œillet de Godron (Dianthus godronianus Jord.)  (autrefois l’œillet virginal mais c’était un nom prêtant à confusions, voir plus loin): celui-là est doté d’un calice plus long et l’épicalice porte 4 bractées assez courtes) (photo Annot Mercantour 2022) et en Ardèche (juin 2020, Font Méjannes)

 L’œillet de Godron (Dianthus godronianus Jord.) à Annot au sud du Mercantour (juin 2022)
 L’œillet de Godron (Dianthus godronianus Jord.) à Annot au sud du Mercantour (juin 2022)

 L’œillet de Godron (Dianthus godronianus Jord.) à Annot au sud du Mercantour (juin 2022)

L’œillet de Godron (Dianthus godronianus Jord.) en Ardèche (juin 2020)
L’œillet de Godron (Dianthus godronianus Jord.) en Ardèche (juin 2020)

L’œillet de Godron (Dianthus godronianus Jord.) en Ardèche (juin 2020)

Difficile de se déterminer entre ces deux taxons au vu des illustrations anciennes :

Dans la Florae Austriaceae de N.J.Jacquin, (vol. 5 de 1778, t. 15), on trouve un œillet virginal (Dianthus virgineus Jacq.), cela semblerait logiquement le nom donné par Jacquin pour Dianthus godronianus Jord. pourtant, sur cette illustration, l’œillet montre clairement 2 courtes bractées alors que dans son texte Jacquin parle de 4 !

Dianthus virgineus, dans la Florae Austriaceae de N.J.Jacquin, (vol. 5 de 1778, t. 15)

Dianthus virgineus, dans la Florae Austriaceae de N.J.Jacquin, (vol. 5 de 1778, t. 15)

En 1815,  Dianthus virgineus est illustré dans le volume 42 du Botanical Magazine de William Curtis (pl 1740) ; le texte associé rappelle la mention de Jacquin dans sa Flora austriaca et aussi celle de Linné dans le Species Plantarum en p 590 ; il n’est pas nécessaire d’avoir fait beaucoup de latin pour deviner que « squamis calycinis brevissimis » signifie que les bractées de l’épicalice sont courtes, cependant Linné ne précise pas si elles sont 2 ou 4 ! ci-dessous le texte de Curtis puis celui de Linné.

 

Dianthus virgineus, dans le Botanical Magazine de William Curtis (vol 42, pl 1740)

Dianthus virgineus, dans le Botanical Magazine de William Curtis (vol 42, pl 1740)

Un Œillet trouvé sur la Flora Napolitana de Michele Tenore (1780-1861) est nommé Dianthus longicaulis http://www.ortobotaniconapoli.it/paginadimenu.htm

Dianthus longicaulis  Dix., actuellement reconnue comme une espèce surtout italienne devrait porter  de 6 à 8 bractées sur l’épicalice, or l’image n’en montre visiblement que 4 et assez courtes : il pourrait donc bien s’agir plutôt de Dianthus sylvestris subsp. longicaulis  qui est un synonyme pour l’œillet de Godron (Dianthus godronianus Jord.)

  1. Ce qui différencie plus franchement la troisième espèce :
    1. les bractées de l’épicalice sont plus longues et pointues (plus que le tiers du calice)
    2. les pétales ne sont pas uniformément colorés, plus clairs au revers. Autour du cœur, une ligne de poils pourpres à la gorge dessine une couronne.

C’est l’Œillet de Requien   (Dianthus seguieri subsp. requienii), synonyme de  (Dianthus requienii Godr.). Je l’ai vu en Catalogne, l’épicalice porte de longues bractées vertes (environ 75% du calice). Cette sous-espèce n’existe qu’en Occitanie. C’est l’une des 3 sous-espèces du typique Œillet de Séguier (Dianthus seguierii Vill.) que je ne possède pas encore en photo !

L’Œillet de Requien   (Dianthus seguieri subsp. requienii), en Catalogne (Mai 2019)
L’Œillet de Requien   (Dianthus seguieri subsp. requienii), en Catalogne (Mai 2019)

L’Œillet de Requien   (Dianthus seguieri subsp. requienii), en Catalogne (Mai 2019)

L’Œillet de Séguier (l’espèce type : Dianthus seguieri Vill.) apparait dans le Botanical Magazine de William Curtis, (vol. 86 de 1860). Il semble plus pourpre que rose, mais le revers plus clair et la couronne encerclant le cœur sont bien notés. William Curtis dans le texte, embarrassé par la confusion des noms existant au sujet de cet œillet, en fait une variété (Var.Caucasicus), inconnue à ce jour. Peut-être s’agissait-il d’une autre sous-espèce de couleur plus vive en effet : Dianthus seguieri subsp. pseudocollinus

On peut consulter à ce sujet la page de FloreAlpes :

https://www.florealpes.com/fiche_dianthussylvaticus.php

Dianthus seguieri Vill. dans le Botanical Magazine de William Curtis, (vol. 86)

Dianthus seguieri Vill. dans le Botanical Magazine de William Curtis, (vol. 86)

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanique, #iconographie, #Fleurs

Le 3 juin 2022, j’ai eu le plaisir de trouver une petite station de Rosa gallica dans la région d’Annot (Alpes de Haute-Provence). Bien que les fleurs soient doubles, elles rassemblent beaucoup de critères pour être des vraies Rosa gallica L. La population était éparpillée sur une sorte de crête juste au-dessus d’une carrière qui l’a surement déjà bien entamée.

Il s’agit d’une espèce à souche rampante qui colonise de petites zones.

Quelques critères de reconnaissance de ce rosier sont les suivants : des aiguillons inégaux mêlés d’acicules font place à des poils glanduleux sur les pédicelles, les sépales se rabattent bien sur les fruits, le feuillage est assez coriace ; les folioles à dents peu profondes. Les styles forment un petit bouquet velu en hauteur et le canal stylaire fait plus d’1 mm de diamètre.

Je suppose qu’elle est subspontanée et serais bien curieuse de savoir depuis quand elle se trouve là ! Cependant, le fait que mon rosier soit plus fourni en pétales que sur l’espèce sauvage d’origine, ne plaide pas forcément pour une origine échappée de jardin. J’ai trouvé mention pour le Vaucluse de stations de Rosa gallica de ce type, plus riches en pétales, et l’auteur (Bernard Girerd) rappelle que plusieurs auteurs (Boulenger, Chassagne) reconnaissent à ce rosier une tendance à la duplicature (des pétales). C’est sans doute une des facultés qui en a fait très tôt le parent de toutes les roses galliques de nos jardins.

Déjà dans la nature, une quantité d’hybrides ont été décrits mais on reconnait par ailleurs que Rosa gallica possède une bonne capacité  à se présenter sous diverses variantes (phénotypiques) ; et je suis bien incapable de vous en dire davantage sur un sujet aussi pointu qui fait l’objet des recherches notamment du Conservatoire Botanique Alpin de Gap-Charance !

Je suis par contre un peu déçue de constater que du point de vue « iconographie » mes recherches sur ce rosier sauvage à l’origine de toutes les autres obtentions horticoles de roses galliques m’ont laissée sur ma faim car ce taxon est si ancien que même à l’époque des bois gravés, la plupart des représentations concernent des roses de jardin.

Dans « L'Herball, ou l'histoire générale des plantes » de John Gerard (1545-1612), dont Rembert Dodoens est coauteur, on trouve ce bois gravé légendé Rosa rubra. Plus loin il présente Rosa holosericea ajoutant en légende ‘The velvet Rose’.

https://archive.org/details/mobot31753000817749/page/1085/mode/1up?ref=ol

https://archive.org/details/mobot31753000817749/page/1079/mode/1up?ref=ol

Une note plus récente au crayon donne Rosa holosericea comme un Rosa centifolia, mais le même bois gravé dans « L’Icones stirpium » de Matthias de L’Obel  (1591) est bien annoté comme Rosa gallica L.

Rosa holosericea nommée ainsi par Matthias de L’Obel, serait en fait un type foncé (et soyeux) de Rosa gallica  équivalent au ‘Toscane brunâtre’ de Dodoens (que les rosiéristes assimilent à l’actuel « Tuscany superb »). Dodoens vers 1557 le différencie du type rubra (la Rose de Provins type).

Officiellement aujourd’hui, Rosa rubra  Lam. (Lam. pour Lamarck) ainsi que Rosa holosericea ‘Du Roi’ de 1771 sont  également reconnus synonymes de  Rosa gallica L.

Une petite rose sauvage qui apparaît dans la « Flora austriaca » de Nikolaus Joseph Jacquin (T 198) est légendée Rosa pumila. Il se réfère dans son texte au « Rariorum plantarum historia » de Charles de L’Ecluse (1601), ainsi qu’à Heinrich Johann Nepomuk von Crantz pour Rosa austriaca  Crantz (vers 1765). (voir en bas de l'article)

Ces deux noms font également partie des nombreux synonymes de Rosa gallica L. et l’illustration de la Flora austriaca de Jacquin me semble bien la plus conforme à l’espèce sauvage.

Rosa pumila dans la « Flora austriaca » de Nikolaus Joseph Jacquin

Rosa pumila dans la « Flora austriaca » de Nikolaus Joseph Jacquin

Reprenant la division originale ci-dessus, deux belles aquarelles d’Alfred Parsons pour Ellen Willmot dans le « Genus Rosa », nous invitent à différencier les deux variétés primitives de Rosa gallica : la var. pumila et la var. austriaca

Pour consulter ce passage du Genus Rosa d’Ellen Willmot :

https://www.biodiversitylibrary.org/item/213425#page/111/mode/1up

 

Rosa gallica var. pumila, aquarelle d’Alfred Parsons pour Ellen Willmot dans le « Genus Rosa »

Rosa gallica var. pumila, aquarelle d’Alfred Parsons pour Ellen Willmot dans le « Genus Rosa »

Rosa gallica var. austriaca, aquarelle d’Alfred Parsons pour Ellen Willmot dans le « Genus Rosa »

Rosa gallica var. austriaca, aquarelle d’Alfred Parsons pour Ellen Willmot dans le « Genus Rosa »

Je ne peux m’empêcher de montrer aussi une très belle gravure (en noir et blanc) de Gérard van Spaendonck qui fait partie d’un célèbre recueil : « Fleurs dessinées d'après nature » (1799-1801) ; celle-ci représente une Rose de Provins qu’on admet au jardin, comme la forme classique de Rosa gallica L.

Gérard van Spaendonck fut le maître de Pierre Joseph Redouté et bien sûr, ce dernier a amplement représenté toutes variétés de roses. J’ai retenu simplement celle-là car il s’agit de Rosa pumila dans toute sa simplicité, à cinq pétales ; il a bien noté sur la tige les aiguillons inégaux alternés avec des acicules, les pédicelles glanduleux et les stipules étroites. La couleur toujours plus chaude des rouges sur les gravures d’époque provient du fait que n’existaient pas encore des pigments comme la quinacridone qui peuvent maintenant traduire cette couleur pourpre de beaucoup de pétales !

Rosa pumila dans "Les Roses" de Pierre Joseph Redouté

Rosa pumila dans "Les Roses" de Pierre Joseph Redouté

Retrouver les références historiques qui ont amenées à ces synonymies a tout d’un jeu de piste dont j’ai suivi le cours en partant du Species plantarum de Karl Linné. Pour ceux qui voudraient suivre ce fil d’Ariane voici quelques liens :

Dans le Species plantarum de Karl Linné à Rosa gallica, figure cette seule référence à un auteur antérieur qui m’était inconnu : Dalib.paris.  Il s’agit de la Flora parisiensis de M.Dalibard, parue en 1749, à consulter ici, p.145, c’est la rosa n° 6.

La mention de Dalibard est reprise par Heinrich Johann Nepomuk von Crantz dans Stirpium Austriacarum: Rosa austriaca y est mise en synonymie aussi avec Rosa pumila, à voir en p.86 et 87

Et c’est ainsi qu’on peut boucler la boucle avec la « Flora austriaca » de Nikolaus Joseph Jacquin :​​​​​​​

 

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanique, #Fleurs, #voyages

Fin Avril-Début Mai était une bonne époque pour chercher à identifier des petites Fabacées sur le terrain en Catalogne, bien que les gousses ne soient pas encore bien formées… de toute façon, la tâche n’est pas simple ! Toutes mes photos proviennent de la région limitrophe de la France qu’on nomme l’Emporda. Pas d’iconographie ancienne dans cet article, ce sera pour une autre fois.

Les Gesses sont très photogéniques! (Ci-dessous la Gesse clymène, sur le cap de Creus, ma préférée...)

Il a fallu démêler les gesses (Lathyrus) des vesces (Vicia) : c’est une entreprise que je remettais depuis trop longtemps… D’une façon générale les tiges des Gesses sont ailées, mais parfois très visiblement  (la Gesse annuelle par ex.),  et d’autres fois très discrètement voire pas du tout (Lathyrus aphaca L. par ex.). Ensuite, les gesses portent une à quatre paires environ de folioles alors que les vesces en ont beaucoup plus. Enfin il faut observer le petit tube staminal qui se cache au cœur de la fleur et qu’on peut dégager en écartant les ailes et en basculant la carène vers le bas. Chez les gesses, les étamines sont insérées sur un plan bien perpendiculaire (sur un plan oblique pour les vesces) ; il faut un compte-fil !

Ces quelques Gesses que j’ai photographiées en Catalogne, ne sont pas des raretés ; elles reflètent ce qu’il est probable de rencontrer dans le genre Lathyrus sur le pourtour méditerranéen, mais ce n’est qu’un aperçu.

 

Des tiges bien ailées :

Regardez par exemple cette Gesse annuelle (Lathyrus annuus L.) dont les tiges si larges et plates sont presque difficiles à distinguer des feuilles !

La gesse annuelle (Lathyrus annuus L.) avec ses tiges largement ailées
La gesse annuelle (Lathyrus annuus L.) avec ses tiges largement ailées

La gesse annuelle (Lathyrus annuus L.) avec ses tiges largement ailées

Sur la Gesse clymène (Lathyrus clymenum L.) la tige est parfois moins largement ailée ; cette belle gesse est réputée assez variable, l’emplacement joue peut-être pour causer des variations… L’étendard est muni de deux bosses à sa base et les ailes (les deux pétales latéraux) sont plus ou moins bleutées. Pour se convaincre qu’il s’agit bien d’elle il faut observer la base de sa tige qui présente  une ou deux feuilles simples en longue languette sans stipules ni vrille (des phyllodes), c’est un critère décisif, mais il faut y penser sur le terrain !

Mes deux premières photos sont prises en plaine et la dernière sur le Cap de Creus, on peut constater l'allure un peu différente avec aussi la première photo de l'article.

La Gesse clymène (Lathyrus clymenum L.), on peut voir les bosses à la base de l'étendard.
La Gesse clymène (Lathyrus clymenum L.), on peut voir les bosses à la base de l'étendard.
La Gesse clymène (Lathyrus clymenum L.), on peut voir les bosses à la base de l'étendard.

La Gesse clymène (Lathyrus clymenum L.), on peut voir les bosses à la base de l'étendard.

La Gesse chiche ou Jarosse (Lathyrus cicera L.) est typique du fait de sa fleur solitaire rouge brique, de plus grande taille cependant que Lathyrus sphaericus Retz.  (à voir plus loin) et une autre différence réside dans sa tige qui est plus nettement ailée.

La Gesse chiche ou Jarosse (Lathyrus cicera L.)
La Gesse chiche ou Jarosse (Lathyrus cicera L.)

La Gesse chiche ou Jarosse (Lathyrus cicera L.)

Des tiges peu ailées :

Deux gesses dont la tige n’est que faiblement ailée, plutôt anguleuse, avec leurs inflorescences d’une à deux fleurs seulement, leur petite taille et leurs deux longues folioles, se ressemblent assez mis à part la couleur de la fleur. Les pédicelles floraux sont dans les deux cas prolongés par une pointe, elles se retrouvent proches dans une clé de détermination car la couleur n’est pas un critère assez fiable. Sur la Gesse anguleuse (Lathyrus angulatus L.), les folioles bien que longues, sont moins linéaires que chez la Gesse à graines rondes (Lathyrus sphaericus Retz.) et chez cette dernière, il existe un détail décisif qui concerne la gousse : elle est ornée de stries longitudinales en relief.

La Gesse anguleuse (Lathyrus angulatus L.)
La Gesse anguleuse (Lathyrus angulatus L.)
La Gesse anguleuse (Lathyrus angulatus L.)

La Gesse anguleuse (Lathyrus angulatus L.)

La Gesse à graines rondes (Lathyrus sphaericus Retz.), sa gousse caractéristique.
La Gesse à graines rondes (Lathyrus sphaericus Retz.), sa gousse caractéristique.
La Gesse à graines rondes (Lathyrus sphaericus Retz.), sa gousse caractéristique.

La Gesse à graines rondes (Lathyrus sphaericus Retz.), sa gousse caractéristique.

La Gesse aphylle ou Gesse aphaca (Lathyrus aphaca L.) est bien facile à reconnaître car elle ne porte pas réellement de folioles : une simple vrille surgit d’un portefeuille formé par deux larges stipules foliacées de forme ogivale.

Gesses catalanes
Gesses catalanes

Pour aller plus loin dans la connaissance des Gesses:

32 espèces de Lathyrus en détail sur le précieux site:  FLOREALPES

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanique, #iconographie, #Fleurs

Presque chaque année, je parviens à photographier des Tulipes sauvages et c’est à chaque fois un vrai bonheur d’en découvrir quelques pieds qui ont réussi à se maintenir dans des endroits secrets et peu nombreux.

Qu’en est-il de l’indigénat des tulipes reconnues dans notre Flore de France?

Pour ces deux espèces de Tulipes sauvages, ma flore de France Flora Gallica, reconnait leur origine naturelle et nomme en fait deux sous-espèces de cette Tulipa sylvestris : la forme sylvestris, (ci-dessus) dont les trois tépales extérieurs sont plus ou moins lavés de vert et la forme australis, (ci-dessous) dont la taille des fleurs est un peu plus modeste et les tépales extérieurs lavés de rouge ; cette dernière est méditerranéenne comme on le verra sur mes photos… Les deux formes ont en commun de posséder des tépales pointus, les trois internes toujours plus larges que les externes, ce qui les différencie des treize autres espèces nommées dans Flora Gallica qui sont toutes des archéophytes (anciennement naturalisées).

Comme la forme australis s’est imposée plus tardivement, je ne peux guère vous montrer des illustrations anciennes, bien qu’elle soit mentionnée par Pierre Joseph Redouté dans son recueil ‘Les Liliacées’, à la page sur la Tulipe sauvage, dans ces termes : «  La variété B des auteurs qui a la fleur odorante, plus petite que celle-ci, paraît constituer une espèce distincte qui a déjà été indiquée par Link sous le nom de Tulipa australis » ; le nom reconnu est de nos jours Tulipa sylvestris subsp.australis (Link) Pamp.

 

Pour consulter Les Liliacées  dans le tome 3 , cliquez

"Les Liliacées" tome 3, texte et illustrations de Pierre Joseph Redouté

"Les Liliacées" tome 3, texte et illustrations de Pierre Joseph Redouté

Voici la belle illustration de Pierre Joseph Redouté, pour Tulipa sylvestris subsp. sylvestris, c’est la planche 165 du tome 3 des Liliacées. Un critère qu’il énonce pour différencier cette espèce des autres m’a semblé intéressant parce que pas souvent cité : « La Tulipe sauvage se distingue facilement de toutes les autres espèces de ce beau genre, à sa tige chargée d’une seule fleur jaune, dont les lanières sont légèrement barbues à leur extrémité ».

Je note que cette pilosité au bout des tépales ne concerne que la forme sylvestris, la description de la Flore de Coste pour Tulipa australis dit « périanthe long de 2-3 cm, en cloche, à divisions acuminées et glabres au sommet ».

C’est un détail discret que j’ai vérifié sur mes photos sachant que par lanières, P.J. Redouté entend pétales (ou plutôt tépales pour une liliacée).

Une illustration allemande montre l’extrémité des deux types de tépales (externes et internes) avec cette pilosité. C’est dans  la « Deutschlands flora » (1798-1855) auteurs : Sturm, J., Sturm, J.W.

Tulipa sylvestris dans « Deutschlands flora » (1798-1855) auteurs : Sturm, J., Sturm, J.W.

Tulipa sylvestris dans « Deutschlands flora » (1798-1855) auteurs : Sturm, J., Sturm, J.W.

En revanche, le revers des tépales externes n’est guère teinté de vert sur la Tulipa sylvestris de Redouté et c’est un peu la même chose dans l’Herbier général de l’amateur (1814-1827) de Loiseleur-Deslongchamps alors que ce détail est bien visible sur mes photos comme sur les autres représentations plus nordiques que j’ai trouvées. Dans l’Herbier général de l’amateur (1814-1827) Pancrace Bessa, élève de Redouté, dessine deux illustrations sous des noms différents mais la Tulipa gallica (pl 160) est reconnue de nos jours comme un synonyme de Tulipa sylvestris. A consulter  et pour Tulipa gallica  (les pages suivantes donnent le texte de Loiseleur-Deslongchamps).

Loiseleur-Deslongchamps donne, au 19ème siècle, à cette tulipe un statut de plante assez commune avec une aire de répartition qui couvre l’Allemagne, la Suisse, l’Italie, l’Angleterre et la France.

La même espèce sous deux noms peinte par Pancrace Bessa pour l’Herbier général de l’amateur (1814-1827)
La même espèce sous deux noms peinte par Pancrace Bessa pour l’Herbier général de l’amateur (1814-1827)

La même espèce sous deux noms peinte par Pancrace Bessa pour l’Herbier général de l’amateur (1814-1827)

Ci-dessous, on voit clairement la nuance verte au centre des tépales externes sur les belles planches de la flore du Royaume de Prusse « Flora regni Borussici » (1832-1844), auteur : A.G.Dietrich. Pour consulter cet ouvrage, voir là.

August Mentz, dans un ouvrage danois « Billeder af nordens flora » (1917), fait aussi ressortir ce critère. Pour consulter cet ouvrage, voir là.

Tulipa sylvestris dans « Flora regni Borussici » (1832-1844), auteur : A.G.Dietrich.

Tulipa sylvestris dans « Flora regni Borussici » (1832-1844), auteur : A.G.Dietrich.

Tulipa sylvestris dans un ouvrage danois « Billeder af nordens flora » (1917), auteur : August Mentz

Tulipa sylvestris dans un ouvrage danois « Billeder af nordens flora » (1917), auteur : August Mentz

Voici encore quelques photos de la Tulipe sauvage, Tulipa sylvestris subsp. sylvestris prises dans le nord de la France dans une zone de lisière forestière.

Tulipa sylvestris subsp. sylvestris
Tulipa sylvestris subsp. sylvestris

Tulipa sylvestris subsp. sylvestris

En ce qui concerne Tulipa australis, je peux nous consoler du manque d’estampes anciennes avec cette moisson d’images prises sur plusieurs printemps pour l’essentiel sur des causses pierreux en Occitanie et en Catalogne.

Tulipa sylvestris subsp.australis (Link) Pamp.
Tulipa sylvestris subsp.australis (Link) Pamp.
Tulipa sylvestris subsp.australis (Link) Pamp.
Tulipa sylvestris subsp.australis (Link) Pamp.

Tulipa sylvestris subsp.australis (Link) Pamp.

Un dernier lien bien utile sur ma Flore de France: Flora Gallica

 

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanique, #iconographie, #Fleurs

Le titre complet est:

« Nouvelle illustration du système sexuel de Carolus von Linnaeus » et « le temple de Flore », ou jardin de la nature. par Robert John Thornton , 1837. 

Les Tulipes : dessin de Philip Reinagle, gravure d’Earlom.

Les Tulipes : dessin de Philip Reinagle, gravure d’Earlom.

Dans cet étonnant ouvrage où voisinent la Science, la Poésie, la Gravure taille-douce et la Calligraphie, je me suis intéressée surtout à la partie qu’on nomme « Le Temple de Flore ». Pour bien réaliser que cet ouvrage reposait à l’époque sur des bases solides de botanique, encore que ce système sexuel de Linné soit très dépassé de nos jours, je vous pose cette surprenante page de synthèse. La calligraphie de quelques-unes des pages du deuxième chapitre est si alambiquée que certaines deviennent illisibles !

Tableau de classification des végétaux détaillant le système sexuel de Carolus von Linnaeus.

Tableau de classification des végétaux détaillant le système sexuel de Carolus von Linnaeus.

Toutes les gravures du Temple de Flore sont réalisées avec un mélange de techniques peu utilisées par ailleurs dans les images de botanique : il s’agit d’une adaptation de la traditionnelle Mezzotinte ou Manière noire qui donne des plages de valeurs (gris ou couleurs suivant l'encrage) sans passer par le trait gravé. On détecte néanmoins quelques traits d’eau-forte par endroits quand c’est nécessaire mais l’impression générale est davantage celle de peintures aux tonalités assez soutenues comme si les plantes représentées étaient menacées par l’approche d’un orage, ou fleurissaient au crépuscule. Ceci convient tout à fait à certaines plantes à floraison nocturne comme le Selenicereus grandiflorus (L.) Britton & Rose que Linné avait d’abord nommé Cactus grandiflorus L. et on peut remarquer la mise en scène de l’arrière-plan avec une horloge marquant minuit. Chacun de ces tableaux est associé à un poème ; en fait cette partie 3 de l’ouvrage devait contenir 70 planches, mais la grande difficulté du financement  ramena ce nombre à 28 et même ainsi Thornton finit ses jours dans la misère.

Selenicereus grandiflorus  (cactus vanille, ou reine de la nuit), dessin de la fleur Philip Reinagle, ambiance nocturne d’arrière-plan d’Abraham Pether et gravure de Dunkarton.

Selenicereus grandiflorus (cactus vanille, ou reine de la nuit), dessin de la fleur Philip Reinagle, ambiance nocturne d’arrière-plan d’Abraham Pether et gravure de Dunkarton.

 Pour la Manière noire, la planche de cuivre est d’abord entièrement grainée, un encrage en noir et une impression donnerait à ce moment-là un noir profond et uniforme. Il est possible aussi d’obtenir ce grainage par une attaque à l’acide, c’est alors de l’Aquatinte. C’est l’écrasement de ce grain avec un brunissoir qui peut faire remonter des tons clairs. A l’origine la Manière noire et  la Gravure au pointillé ont surtout été choisies pour du noir et blanc, ce qui semble plus logique. Dans ces gravures à thème floral, toutes les techniques ont été combinées, des graveurs étaient plus spécialisés dans la vraie Mezzotinte, comme Ward, Earlom, Dunkarton ; d’autres lui préféraient l’Aquatinte, comme Stedler et Sutherland. Mais de toute façon le travail du Taille-doucier (qui tire les gravures) était tout aussi délicat, la mise en couleurs des plaques de cuivre devait être assez compliquée, combinant des encrages localisés, dits « à la poupée » donc des couleurs vraiment imprimées et parfois des rehauts d’aquarelles sur chaque estampe après coup.

Tout ceci donne au final un ensemble vraiment unique dans le domaine de la gravure botanique.

Une équipe fournie d’artistes, Peter Henderson, Philip Reinagle, Abraham Pether, Sydenham Edwards, et Thornton lui-même, ont contribué à élaborer les dessins de ces images.

Alpinia zerumbet, (en créole Atoumo = à tous maux) dessin d’Henderson, gravure de Caldwall. (+ Photo en Guadeloupe)
Alpinia zerumbet, (en créole Atoumo = à tous maux) dessin d’Henderson, gravure de Caldwall. (+ Photo en Guadeloupe)

Alpinia zerumbet, (en créole Atoumo = à tous maux) dessin d’Henderson, gravure de Caldwall. (+ Photo en Guadeloupe)

Le Dracunculus vulgaris , (Serpentaire commune) : dessin d’Henderson, gravure de Ward. (+photo à Giverny)
Le Dracunculus vulgaris , (Serpentaire commune) : dessin d’Henderson, gravure de Ward. (+photo à Giverny)

Le Dracunculus vulgaris , (Serpentaire commune) : dessin d’Henderson, gravure de Ward. (+photo à Giverny)

L’Agave americana: dessin de Philip Reinagle, gravure de Medland. (+ photo sur l'Ile de Batz)
L’Agave americana: dessin de Philip Reinagle, gravure de Medland. (+ photo sur l'Ile de Batz)

L’Agave americana: dessin de Philip Reinagle, gravure de Medland. (+ photo sur l'Ile de Batz)

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanique, #iconographie, #Fleurs

En ce moment dans la Grande serre du Muséum National d’Histoire Naturelle, une belle collection d’orchidées est visible avec pas mal d’hybrides de producteurs spécialisés mais aussi quelques beaux spécimens des espèces originelles qui ont enthousiasmé les chroniques horticoles du 19ème siècle au moment de leur découverte puis des essais de leur acclimatation dans les serres d’Europe.

Ci-dessus, Dendrobium macrophyllum A.Rich., probable… mais mes photos, toutefois montrent peut-être un hybride plus récent car les sépales sont pointillés et leur revers n’est pas hirsute… Ce Dendrobium est représenté dans le Botanical Magazine de Curtis (vol 93, ill. 5649).

Dendrobium macrophyllum dans le Botanical Magazine de Curtis (vol 93, ill. 5649).

Dendrobium macrophyllum dans le Botanical Magazine de Curtis (vol 93, ill. 5649).

Sur une recherche d’image d’après ce binôme on obtient un Dendrobium ressemblant beaucoup à celui étiqueté dans la Grande Serre comme Dendrobium polysema, je n’ai pas trouvé d’image ancienne pour ce Dendrobium polysema Schlechter 1905, mais on peut trouver des renseignements plus complets sur http://www.orchidspecies.com/denpolysema.htm

 

Originaires d’Indonésie, ces deux noms sont de toute façon très proches, voir  : il semble que le D.polysema soit une sous-espèce, synonyme de Dendrobium macrophyllum var. stenopterum  Rchb.f.

Sur leur territoire d’origine, voir aussi ces deux liens :

https://www.gbif.org/species/5315805

https://www.gbif.org/occurrence/2273267145

Quoiqu’il en soit, le nom de Dendrobium macrophyllum A.Rich. date d’une expédition célèbre : https://bibdigital.rjb.csic.es/records/item/13244-voyage-de-decouvertes-de-l-astrolabe-part-2

L’illustration que voici nous montre la première observation pendant le « Voyage de découvertes de l'Astrolabe exécuté par ordre du Roi, pendant les années 1826 à 1829, sous le commandement de M. J. Dumont d'Urville, Capitaine de Vaisseau » La partie descriptive de Botanique (part 2) était assurée par M. A. Richard. Son nom figure ainsi à la fin du binôme. Le spécimen fut, je cite : « recueilli par M. Lesson Jeune, chirurgien de la Marine royale », il croissait en épiphyte sur des arbres de Nouvelle-Guinée. (Attention de ne pas confondre avec un autre Dendrobium nommé aussi par A.Richard : Dendrobium macranthum  A.Rich. trouvé pendant le même voyage mais sur Vanikoro)

Voici maintenant Epidendrum ciliare L.  

Pour Epidendrum ciliare L. il existe de nombreuses gravures ; une des plus séduisantes est celle de Pierre-Joseph Redouté dans son recueil sur « Les Liliacées » (1802-1816) et le texte est intéressant aussi :

« L’Epidendre à longs cils est originaire des Antilles et de Cayenne : on le trouve dans les bois ; les botanistes qui l’ont observé dans son pays natal, disent qu’il n’est pas parasite ; les individus qu’on cultive au Jardin des Plantes sont simplement placés dans de la terre, et y prospèrent depuis plusieurs années ; ils ont été rapportés des Antilles par le capitaine Baudin. Cette plante est cultivée dans la serre chaude, où elle fleurit dans le milieu de l’été. »

J’aime aussi la clarté de la représentation de Loddiges dans le « Botanical cabinet » (1817-1833).

Epidendrum ciliare L. dans « Les Liliacées » de Pierre-Joseph Redouté  , puis dans le « Botanical cabinet » de Loddiges
Epidendrum ciliare L. dans « Les Liliacées » de Pierre-Joseph Redouté  , puis dans le « Botanical cabinet » de Loddiges

Epidendrum ciliare L. dans « Les Liliacées » de Pierre-Joseph Redouté , puis dans le « Botanical cabinet » de Loddiges

Pour se souvenir des origines, on peut regarder la planche dessinée avant 1700 par le Père Charles Plumier dans le « Plantarum americanarum » édité par Burmann (1755-1760). Voici ce qu’en dit à posteriori P.J Redouté : « On trouve dans l’ouvrage de Plumier, publié par Burman, une bonne description de cette plante, accompagnée d’une gravure qui donne assez bien l’idée de sa fleuraison ; mais où l’on a représenté les fleurs comme n’ayant, outre le labellum, que quatre lanières au lieu de cinq qu’elles ont réellement. »

Avec, Cyrtorchis arcuata  (Lindl.) Schltr. c’est l’occasion de parler de Jean Jules Linden (1817-1898), un des co-auteurs d’une revue très connue au 19ème  siècle : « L’Illustration horticole, journal spécial des serres et des jardins », Gand-Bruxelles, 1854–1884 (édité avec Charles Lemaire et Ambroise Verschaffelt. Impr. 1868-1896.

C’est dans un de ses ouvrages, « Lindenia - Iconographie des Orchidées » (Bruxelles, 1885-1906) que j’ai trouvé cette lithographie de Cyrtorchis arcuata  alors nommée Angraecum (lithrostachys) sedeni Rchb. mais on peut remarquer que la belle couleur abricot que prennent les pétales en fin de floraison (après la pollinisation) n’y apparaît pas et les éperons semblent moins longs et plus colorés ! 

 Cyrtorchis arcuata , dans « Lindenia - Iconographie des Orchidées » de Jean Jules Linden

Cyrtorchis arcuata , dans « Lindenia - Iconographie des Orchidées » de Jean Jules Linden

Voici enfin Phaius wallichii Lindl.

Phaius wallichii Lindl. est intéressant à plus d’un titre ; il apparaît dans le « Plantae Asiaticae Rariores » (1830-1832) de Nathaniel Wallich ; la planche a été dessinée par un célèbre illustrateur indien Vishnupersaud. Dans le texte, Wallich évoque l’équivalence avec une plante nommée Limodorum tankervillae par William Roxburgh dans son «Hortus Bengalensis : ou, un catalogue des plantes qui poussent dans le Jardin botanique royal de Calcutta » (de l’East India Company).

Phaius wallichii Lindl. dans le « Plantae Asiaticae Rariores » de Nathaniel Wallich.

Phaius wallichii Lindl. dans le « Plantae Asiaticae Rariores » de Nathaniel Wallich.

Une belle représentation figure dans le Botanical Magazine de Curtis de 1888. Il s’agit d’une orchidée terrestre et non épiphyte dont les fleurs parmi les plus grandes sont aussi les plus belles selon William Curtis. Il ajoute que la couleur des trois sépales et des deux pétales peut varier du brun-chocolat au jaune-primevère mais que la couleur du labelle reste assez constante.

Phaius wallichii Lindl. dans le Botanical Magazine de Curtis de 1888.

Phaius wallichii Lindl. dans le Botanical Magazine de Curtis de 1888.

Il y avait bien sûr, dans la grande serre du MNHN, beaucoup d’autres belles espèces ; il faudrait plus d’un article pour en faire le tour !

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