Overblog Tous les blogs Top blogs Environnement & Bio
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Botazoom, Botanique et Iconographie

Botazoom, Botanique et Iconographie

Ce blog est destiné aux curieux de botanique. En s’appuyant sur les photos que j’ai pu faire en voyage, et sur de l’iconographie ancienne, il rentre un peu dans les détails qui m’ont permis d’identifier une espèce, mais son contenu doit être considéré comme celui d’une botaniste amateur !

fleurs

Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Fleurs, #Botanique, #iconographie

Il existe dans notre flore de France quatre espèces de Cyclamens dont deux, méditerranéens, (Cyclamen repandum et Cyclamen balearicum) sont rares avec une floraison printanière, et deux autres, plus fréquents fleurissent en été et en automne, de ceux-là, je peux montrer quelques photos en regard de belles représentations plus anciennes.

Le Cyclamen d’Europe, autrefois le « Pain de Pourceau » doit maintenant être nommé Cyclamen purpurescens Mill. et non plus Cyclamen europaeum L. comme l’avait voulu Linné. C’est une plante de l’étage montagnard qui fleurit de Juin à Octobre dans l’humus et l’ombrage procuré par les arbres. J’ai fini par le rencontrer fleuri dans le Jura mais il n’est pas si fréquent de le voir !

On peut constater sur les deux planches anciennes ci-dessous, montrant plusieurs plants de Cyclamen qu’il n’est pas si évident de reconnaître le Cyclamen d’Europe à coup sûr. En partie basse il s’agit sûrement du Cyclamen de Naples mais en partie haute, il s’agit bien de notre Pain de Pourceau : les feuilles sont plus rondes ou du moins possèdent un contour régulier et les marbrures souvent plus discrètes que pour ma part j’ai observées, enfin, la corolle en est plus courte, plus simple, et d'une couleur plus unie. Cette planche peinte à la gouache sur parchemin vers 1650 par Johannes Simon Holtzbecker provient d’un bel ensemble connu sous le nom de Gottorfer Codex. 

Gottorfer Codex, gouache sur parchemin par Johannes Simon Holtzbecker

Gottorfer Codex, gouache sur parchemin par Johannes Simon Holtzbecker

Voici une seconde planche du Gottorfer Codex (toujours pas de légendes), pour le plaisir, car ces gouaches sur parchemin sont splendides !

Gottorfer Codex, gouache sur parchemin par Johannes Simon Holtzbecker

Gottorfer Codex, gouache sur parchemin par Johannes Simon Holtzbecker

 Malgré tout, le contour plus rond du Cyclamen d’Europe et les marques plus légères ne se rencontrent pas dans toutes les représentations anciennes ; parfois le contour est presque trop rond, parfois les marques me semblent trop contrastées…mais sans doute sont-elles plus nettes dans des zones plus ensoleillées.

Le Cyclamen rotundifolium, synonyme de Cyclamen purpurascens Mill. représenté par Abraham Munting (1626-1683) porte des feuilles très rondes ; il est intéressant car il montre aussi les pédoncules qui se tortillent en fin de floraison et le gros bulbe chevelu.

 Cyclamen rotundifolium = Cyclamen purpurascens Mill. représenté par Abraham Munting

Cyclamen rotundifolium = Cyclamen purpurascens Mill. représenté par Abraham Munting

Le célèbre vélin de la collection du muséum peint par Nicolas Robert montre un plant en pot très feuillu aux macules foliaires très contrastées, il lui manque peut-être juste le revers pourpre du feuillage qui est caractéristique de cette espèce.  

Voici encore une autre image tirée de « The British Flower garden »  par Robert Sweet et Edwin Dalton Smith pour les illustrations (1825-1827) ; les nervures soulignées de clair qui sortent du limbe au bord de la feuille en créant une légère pointe sont un peu exagérées ici, mais en plus atténué, c’est bien le cas sur cette espèce. La stylisation extrême du bulbe et l’absence de chevelu des racines gâche un peu cette représentation.

Cyclamen purpurescens  « The British Flower garden » dessin de Edwin Dalton Smith

Cyclamen purpurescens « The British Flower garden » dessin de Edwin Dalton Smith

Le Cyclamen de Naples ou Cyclamen à feuilles de lierre (Cyclamen neapolitanum Ten. ou plutôt maintenant Cyclamen hederifolium Aiton) est une petite espèce qui se naturalise au jardin sous les arbres ; on trouve très facilement, en jardinerie, les bulbes à planter. La feuille de ce cyclamen comme le dernier nom l’indique est un peu différente de celle du Cyclamen d’Europe, moins ronde mais plutôt pentagonale et disparaît totalement en été. La floraison survient en toute fin d’été mais est surtout automnale. Au début, seules les tiges florales sortent du sol, puis en Octobre comme c’est visible sur les photos prises en ce moment dans mon jardin, une belle touffe de feuilles bigarrées de marques argentées entoure les fleurs et ce feuillage persiste tout l’hiver. Notons quand même qu’il s’agit dans mes photos de plants horticoles alors que les plants d’origine, indigènes, seraient moins bigarrées. Enfin, chez les deux espèces, en fin de saison les pédoncules fructifères s’enroulent en spirales si serrées que le fruit s’enterre naturellement dans le sol.

Une autre différence notable entre les deux espèces se trouve sur la fleur ; la ligne circulaire de pliure de la corolle qui semble à tort être sa base alors qu’en fait une partie des pétales ainsi que le calice se trouvent cachés au milieu, est ornée chez le cyclamen de Naples de petites excroissances de chaque côté, ce qui complique un peu plus une forme qui est déjà bien tarabiscotée !

En 1838, Miss Drake dessine ce petit bouquet de Cyclamen de Naples pour l’Edwards’s Botanical Register (vol 24). Elle met bien en valeur la corolle aux lobes auriculés qui est le critère le plus efficace pour distinguer les deux espèces.

Cyclamen hederifolium pour l' Edwards's Botanical Register, dessin de Miss Drake

Cyclamen hederifolium pour l' Edwards's Botanical Register, dessin de Miss Drake

Une belle aquarelle sur vélin de Madeleine Basseporte ou de son école, se trouve à la Morgan Library elle fut peintre officiel du Jardin du Roi sous Louis XV. Vous pouvez vous promener sur ce bel album là : https://www.themorgan.org/drawings/item/299690

Cyclamen hederifolium, Aquarelle sur vélin de Madeleine Basseporte

Cyclamen hederifolium, Aquarelle sur vélin de Madeleine Basseporte

Pour finir, une image tirée du livre en néerlandais « Flora: afbeeldingen en beschrijvingen van boomen… » (1868) par Heinrich Witte et illustré par  Abraham Jacobus Wendel.

Cyclamen hederifolium, dessin de Abraham Jacobus Wendel, pour "Flora..." d'Heinrich Witte (1868)

Cyclamen hederifolium, dessin de Abraham Jacobus Wendel, pour "Flora..." d'Heinrich Witte (1868)

Voir les commentaires

Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanique, #iconographie, #Fleurs

Le botaniste dit de préférence : Cypripedium calceolus L. et Corallorhiza trifida  Châtel.

Le Sabot de Vénus (Cypripedium calceolus L.) est certainement l’orchidée la plus spectaculaire de notre flore de France et de ce fait une des plus menacées de cueillette ou même d’arrachage, c’est pourquoi ses stations restent confidentielles. Je me contenterai de dire que mes photos ont été prises il y a longtemps (à l’époque des diapositives !), dans les Gorges du Tarn d’une part, et d’autre part en 2019 dans les Bauges, dans les deux cas sur des pentes raides ombragées.

Quelques autres noms évocateurs comme Soulier de la Vierge, Pantoufle de Notre-Dame se retrouvent dans la littérature. De nombreuses et belles illustrations ont été réalisées pour cette vedette des orchidées ! j’en ai choisi seulement quelques-unes.

Dans le « Recueil des plantes Gravées par ordre du Roi Louis XIV » de Denis Dodart (vol. 2), édité en 1788, on retrouve le Sabot de Vénus sous le simple nom de Soulier, la planche a été dessinée et gravée à l’eau-forte par Nicolas Robert, peintre en miniature du roi Louis XIV. Il peint à l’origine pour la première collection de Vélins de Gaston d’Orléans qui devient par la suite collection de Vélins du Roi (475 vélins sont de sa main) puis la collection actuelle des Vélins du Museum.

« Recueil des plantes Gravées par ordre du Roi Louis XIV » eau-forte de Nicolas Robert

« Recueil des plantes Gravées par ordre du Roi Louis XIV » eau-forte de Nicolas Robert

A peu près à la même époque, on retrouve également une belle planche gravée à l’eau forte dans « Historia stirpium indigenarum Helvetiae inchoata », par Albrecht von Haller, (tome 2 pl 43), publié à Berne en 1768.

Dans ce recueil figure aussi la fameuse Racine de corail (Corallorhiza trifida  Châtel.), une étrange toute petite espèce que j’ai eu le bonheur de découvrir dans un humus épais au pied de mes Sabot de Vénus des Gorges du Tarn.

Les illustrations ne sont pas signées, cependant certains noms sont cités par exemple C.J. Rollinus (comme dessinateur et graveur), qui semble avoir collaboré à plusieurs reprises pour des ouvrages d’Albrecht von Haller, plus souvent consacrés à l’anatomie humaine.

Cypripedium calceolus, puis Corallorhiza trifida  Châtel. dans « Historia stirpium indigenarum Helvetiae inchoata »
Cypripedium calceolus, puis Corallorhiza trifida  Châtel. dans « Historia stirpium indigenarum Helvetiae inchoata »

Cypripedium calceolus, puis Corallorhiza trifida  Châtel. dans « Historia stirpium indigenarum Helvetiae inchoata »

 

En 1833, un botaniste allemand, Albert Gottfried Dietrich, fait représenter Cypripedium calceolus L. parmi les 864 planches de sa « Flora regni Borussici » vol 1, pl 24.

 

 

Ci-contre, Moritz Michael Daffinger (1790-1849) a peint quelques très belles miniatures de flore, il était peintre sur porcelaine à la manufacture de Vienne mais par ailleurs, son œuvre est surtout celle d’un portraitiste.

 

Ci-dessous, une gravure sur un dessin de Pancrace Bessa (élève de P.J.Redouté) figure dans l’Herbier général de l’amateur (1816), de  Jean-Louis-Auguste Loiseleur-Deslongchamps. Dans le texte joint, l’auteur donne le nom vernaculaire de Sabot des Alpes, et parle d’un parfum de ‘fleur d’orange’.

A cette époque, il explique comment il parvient à le cultiver depuis 7 à 8 ans en terre de bruyère en prenant garde d’y toucher le moins possible. De nos jours, la culture in vitro permet d’en obtenir de jeunes plants à cultiver dans nos jardins, chez des horticulteurs spécialisés car le prélèvement dans la nature est interdit. C’est une espèce protégée en France sur le plan national.

 

Dans la station des Bauges, en 2019.
Dans la station des Bauges, en 2019.

Dans la station des Bauges, en 2019.

La Racine de corail (Corallorhiza trifida  Châtel.), est protégée également dans l’Est de la France où se situent ses stations. Elle est si menue et discrète que cette protection concerne surtout les milieux qui l’abritent. Son nom lui vient du grec koralion (corail) et rhiza (racine) en l’occurrence plutôt un rhizome ; il faut une loupe pour détailler les fleurs ! Mes diapos scannées ne sont pas très piquées, mais pas sûr que j’aurai l’occasion d’améliorer, il faudrait déjà la trouver !

 

Voir les commentaires

Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanique, #Fleurs, #voyages

Dans le cadre d’une visite à Giverny pour voir les jardins et la maison de Claude Monet, nous avons passé deux après-midis sur les sites protégés des alentours. La qualité de la flore et de la faune de ces lieux, a motivé la création de la Réserve naturelle nationale des Coteaux de la Seine.

https://www.arb-idf.fr/article/la-reserve-naturelle-nationale-des-coteaux-de-la-seine/

Ci-dessous, la vue sur la Seine depuis le coteau fleuri, au-dessus de la Roche-Guyon. 

Au mois de Juin, la Phalangère à fleurs de Lis (Anthericum liliago), et le Petit pigamon (Thalictrum minus L.), sont des espèces remarquables qu’on peut admirer sur le site.

Les fleurs très discrètes et aériennes du Petit Pigamon passent presque inaperçues au premier regard; au pied de l’inflorescence les petites feuilles de nuance bleutée rappellent un peu celles de l’Ancolie.

La Phalangère rameuse (Anthericum ramosum L.), moins rare est possible aussi et faire le distinguo à postériori (je n’ai rien osé cueillir) n’est pas évident ! Je pense qu’il s’agit plutôt de la Phalangère rameuse  sur mes photos car les étamines sont presque aussi longues que les pétales qui seraient plus grands sur la Phalangère à fleurs de Lis. 

le Petit pigamon (Thalictrum minus L.), son inflorescence et ses feuilles basales
le Petit pigamon (Thalictrum minus L.), son inflorescence et ses feuilles basales

le Petit pigamon (Thalictrum minus L.), son inflorescence et ses feuilles basales

La Phalangère rameuse (Anthericum ramosum L.)
La Phalangère rameuse (Anthericum ramosum L.)

La Phalangère rameuse (Anthericum ramosum L.)

 

 

Non loin de là quelques beaux pieds d’Épipactis pourpre noirâtre (Epipactis atrorubens (Hoffm.) Besser), et le Lin à feuilles étroites (Linum tenuifolium L.) que je n’avais pas encore vu en abondance disséminé dans un herbage. Et un peu plus au couvert des arbustes l’étonnant Chlora perfolié (Blackstonia perfoliata (L.) Huds.), le connaissez-vous ?

Le Lin à feuilles étroites et le Chlora perfolié
Le Lin à feuilles étroites et le Chlora perfolié

Le Lin à feuilles étroites et le Chlora perfolié

Il existe un chemin de Grande Randonnée qui permet d’accéder à ces zones mais il faut rester attentif à de ne pas trop sortir des sentiers. En effet, les « Pinacles » de craie abritent une flore d’exception, mais fragile car implantée sur un sol très pentu et érodé. J’ai pu prendre en photo des espèces moins rarissimes mais pourtant peu communes en Normandie comme l’Hélianthème nummulaire (Helianthemum nummularium (L.) Mill.) et l’Hélianthème des Apennins (Helianthemum apenninum (L.) Mill.) surtout présent en fruits.

l’Hélianthème nummulaire (Helianthemum nummularium (L.) Mill.) et l’Hélianthème des Apennins (Helianthemum apenninum (L.) Mill.), en fleur puis fruits.
l’Hélianthème nummulaire (Helianthemum nummularium (L.) Mill.) et l’Hélianthème des Apennins (Helianthemum apenninum (L.) Mill.), en fleur puis fruits.
l’Hélianthème nummulaire (Helianthemum nummularium (L.) Mill.) et l’Hélianthème des Apennins (Helianthemum apenninum (L.) Mill.), en fleur puis fruits.

l’Hélianthème nummulaire (Helianthemum nummularium (L.) Mill.) et l’Hélianthème des Apennins (Helianthemum apenninum (L.) Mill.), en fleur puis fruits.

 

 

La Germandrée petit-chêne (Teucrium chamaedrys L.) très présente sur le site occupait bien ce bourdon. Parfois des coussins étaient composés de plusieurs espèces en mélange, ici, la Germandrée des montagnes (Teucrium montanum L.), jaune pâle, et la Coronille naine (Coronilla minima L.), jaune vif, se retrouvaient enchevêtrées.

 

 

J’ai été surprise de trouver le Pastel des teinturiers (Isatis tinctoria L.), facile à identifier par ses fruits en guirlande, en compagnie de belles touffes d’Orchis pyramidal, le long du chemin qui montait sur un coteau voisin, en Znieff, situé au-dessus de Ste Geneviève de Gasny, dans la vallée de l'Epte.

Ce sont des pelouses calcicoles pentues classées Natura 2000 « Les coteaux de Giverny » :

http://cen-normandie.fr/sites-et-milieux-naturels/les-coteaux-de-giverny

https://inpn.mnhn.fr/zone/znieff/230004515

Sur ce site des coteaux de Giverny, nous avons vu quelques plantes caractéristiques d’un coteau calcaire normand orienté Sud, comme l’Ail à tête ronde (Allium sphaerocephalon L.), la Brunelle laciniée (Prunella laciniata (L.) L) ou encore le Genêt des Teinturiers (Genista tinctoria L.).

l’Ail à tête ronde, la Brunelle laciniée, le Genêt des Teinturiers
l’Ail à tête ronde, la Brunelle laciniée, le Genêt des Teinturiers
l’Ail à tête ronde, la Brunelle laciniée, le Genêt des Teinturiers

l’Ail à tête ronde, la Brunelle laciniée, le Genêt des Teinturiers

Il s’y trouvait aussi en abondance et en mélange avec l’Anthyllis vulnéraire (Anthyllis vulneraria L.), le Mélampyre des champs (Melampyrum arvense L.).

Je ne suis pas parvenue à me faire une idée très précise sur ce rosier, visité par un petit charançon bleu qui me donne envie de le montrer ! Un autre rosier un peu plus loin serait probablement Rosa micrantha, ou un hybride de micrantha… le sujet est épineux !

Deux rosiers non identifiés...
Deux rosiers non identifiés...

Deux rosiers non identifiés...

Voir les commentaires

Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanique, #iconographie, #Fleurs, #Botanistes

Les nombreuses orchidées que nous avons photographiées en Dordogne récemment m’ont donné envie de faire des recherches iconographiques sur le sujet et comme je m’y attendais un peu, de nombreuses approximations et confusions anciennes rendent tout inventaire des illustrations difficile. D’ailleurs, la famille des Orchidées reste en constante évolution jusqu’à maintenant quant à sa nomenclature.

Limitée par l’accès difficile à certaines images et les difficultés du latin, j’ai choisi un seul ouvrage bien numérisé : « Plantarum seu stirpium icones » (1581) de Matthias de l’Obel. On avance là d’un bon cran dans la connaissance des orchidées puisqu’il existe dans cette parution 44 bois gravés présentés par paire, mais il y a surement des redites et au final, 14 environ sont clairement identifiables. Je vous montre les planches plus lisibles dans cet ouvrage mais il vient en fait juste après un autre « Plantarum seu Stirpium historia » également de Matthias de l’Obel (1576) dans lequel a œuvré  un savant belge, Cornelius Gemma, sans doute le premier à défricher cette grande famille des Orchidées d’Europe. Les mêmes bois gravés d’après les dessins de Pieter van der Borcht, figurent dans plusieurs ouvrages de cette époque, de Rembert Dodoens, Charles de l’Ecluse et Matthias de l’Obel.

Les  espèces qui suivent figurant dans le Plantarum seu stirpium icones (1581) de Matthias de l’Obel sont suivies de ces mêmes espèces photographiées en Mai en Dordogne. Ces quelques espèces ne prêtent guère à controverse : elles sont faciles à distinguer et ne sont pas très rares. La morphologie typique des parties souterraines permettait d’établir tôt des genres différents notamment entre les « Couillons de chien » (traduction commune du grec Cynosorchis pour tous les ouvrages de l’époque traduits en français) et les « Palma-christi » de Pierandrea Matthioli (les Dactylorhiza aux racines digitées) mais beaucoup de confusions persisteront un temps et les descriptions s’attardent trop peu sur la morphologie des fleurs.

L’Orchis mâle (Orchis mascula L.) et l’Orchis bouffon (Orchis morio L.) « Plantarum seu stirpium icones » (1581) de Matthias de l’Obel

L’Orchis mâle (Orchis mascula L.) et l’Orchis bouffon (Orchis morio L.) « Plantarum seu stirpium icones » (1581) de Matthias de l’Obel

L’Orchis mâle (Orchis mascula L.)

On peut voir en haut la mention de Cornelius Gemma pour la détermination. A gauche c’est l’Orchis mâle avec déjà à cette époque des appellations variées ; celle de Leonhart Fuchs, Orchis mas angustifolia ressemble bien au nom actuel Orchis mascula (L.) L. En fait Linné l’avait, avant de se raviser, classé comme une variété d’Orchis morio (Orchis morio var. mascula) et on peut en voir l’origine dans le nom de Cynosorchis Morio figurant là à gauche !

Orchis mâle en Dordogne

Orchis mâle en Dordogne

Le Cynosorchis Morio femina à droite est devenu Orchis morio L. puis plus récemment Anacamptis morio (L.) R.M.Bateman, Pridgeon & M.W.Chase. C’est en français l’Orchis bouffon. La photo que j’ai prise en Catalogne représente en fait une sous-espèce encore parfois contestée, Orchis morio subsp. picta, plus délicat et élancé de silhouette et plus méditerranéen. Maintenant c’est Anacamptis morio subsp. picta (Loisel) Jacquet & Scappat dont le nom français serait l’Orchis peint.

Orchis morio subsp picta en Catalogne sur la Sierra de Mongri

Orchis morio subsp picta en Catalogne sur la Sierra de Mongri

Ophrys insectifera L. dans « Plantarum seu stirpium icones » (1581) de Matthias de l’Obel

Ophrys insectifera L. dans « Plantarum seu stirpium icones » (1581) de Matthias de l’Obel

L’Ophrys mouche (Ophrys insectifera L.) : des appellations désuètes synonymes figurent au crayon, par exemple en bas Ophrys muscifera Huds. (1762). Je ne suis pas parvenue à trouver qui a ajouté les mentions manuscrites sur ce volume, propriété du Jardin botanique du Missouri (Bibliothèque Peter H. Raven) mais elles sont, de toute façon, plus récentes que le petit ajout à l’encre en haut : Orchis Serapias tertius D. Le D. représente l'auteur, Rembert Dodoens et le même bois gravé figure effectivement sous ce nom dans « Remberti Dodonaei ... Stirpium historiae pemptades sex, sive libri XXX ».

Ophrys insectifera L. en Dordogne

Ophrys insectifera L. en Dordogne

L’Orchis incarnat, (Dactylorhiza incarnata (L.) Soó, 1962) est une de ces espèces au tubercule digité que Pierandrea Matthioli nommait Palma-Christi, très tôt différencié par les anciens bien que la mention au crayon sur la gauche montre que Linné le nommait encore Orchis latifolia L., en 1754. Dans son Species plantarum de 1753, Linné différencie quand même  les « Orchis Bulbis palmatis » et dans cette section on retrouve cet Orchis latifolia subdivisé lui-même en 4 sous-espèces. Je pense sans certitude que mon Dactylhoriza incarnata est nommé par lui d’abord : Orchis palmata palustris latifolia, avant de devenir en 1755 : Orchis incarnata L.

La mention à l’encre en haut de l’estampe ci-contre du « Plantarum seu stirpium icones » (1581) de Matthias de l’Obel est Satyrium basilicum foliosum D.

En effet, Rembert Dodoens fait figurer la même gravure sous ce nom dans son « Stirpium historiae pemptades sex, sive libri XXX ». Il donne un nom français : Satyrion royal qu’on retrouve aussi dans la traduction de Charles de L’Ecluse « Histoire des plantes » 1557.

Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur les orchidées de Linné, un PDF intéressant :

https://sfola.fr/wordpress/wp-content/uploads/2018/05/Les_orchidees_de_Linne.pdf

Ce Dactylhoriza incarnata est assez aisé à identifier car son inflorescence est rythmée par de longues bractées en boucle dépassant même le sommet de l’épi. Je l’ai trouvé avec plaisir dans une petite prairie humide à côté des Eyzies de Tayac.

Le Dactylorhiza incarnata de Dodoens dans "Stirpium historiae pemptades sex"

Le Dactylorhiza incarnata de Dodoens dans "Stirpium historiae pemptades sex"

Dactylorhiza icarnata (L.) Soó, en Dordogne

Dactylorhiza icarnata (L.) Soó, en Dordogne

La Néottie nid d’oiseau (Neottia nidus-avis L.) Cette petite espèce dépourvue de chlorophylle et dotée de racines très particulières a très vite été identifiée sans problème. On constate sur les mentions crayonnées que le souci était plutôt de la classer dans le bon genre… En 1753, Linné la nomme Ophrys nidus-avis (au crayon à gauche), puis Crantz la baptise  en 1769 : Epipactis nidus-avis,  et son nom final, Neottia nidus-avis (L.) Rich., 1817, montre qu’un genre a été créé pour elle. C’est un pléonasme car Neotteia en grec signifie déjà nid !

La Neottia nidus-avis de « Plantarum seu stirpium icones » (1581) de Matthias de l’Obel

La Neottia nidus-avis de « Plantarum seu stirpium icones » (1581) de Matthias de l’Obel

Neottia nidus-avis L. en Dordogne

Neottia nidus-avis L. en Dordogne

Beaucoup à dire et à montrer sur ce sujet des orchidées de France, ce sera pour un prochain article!

Voir les commentaires

Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Fleurs, #Botanique, #iconographie

Pour faire suite à mon article récent sur les Narcisses qui sont des Amaryllidacées à paracorolle, en voici quelques autres qui possèdent de surcroit des filets d’étamines soudés à la paracorolle et la dépassant, ce qui leur donne une allure très particulière. On retrouve cette structure chez les Pancraces et dans deux genres plus exotiques : les Eucharis et les Hymenocallis.

Le Pancrace maritime (Pancratium maritimum L.), est une belle espèce des côtes sableuses d’un blanc immaculé ; sa paracorolle  est ornée en périphérie d’une douzaine de larges dents et entre ces dents, six longs filets d’étamines courbent gracieusement leurs anthères vers le cœur, sans doute pour délivrer aisément leur pollen aux visiteurs par exemple le Sphinx du Liseron (Agrius convolvuli) qui serait le plus probable. La chenille de la Noctuelle du Pancrais (Brithys pancratii Cyrillo) est plus intéressée d’un point de vue gastronomique comme vous le constatez sur mes photos prises en Galice sur la côte.

La Noctuelle du Pancrais sur le Pancrace maritime en Galice
La Noctuelle du Pancrais sur le Pancrace maritime en Galice

La Noctuelle du Pancrais sur le Pancrace maritime en Galice

Bien qu’il existe de nombreuses représentations anciennes de ce Pancrace maritime, je préfère m’en tenir à la belle gravure de Pierre Joseph Redouté dans son ouvrage sur Les Liliacées, car j’y reconnais bien l’espèce.

 

Le Lis de l’Annonciation, sous le nom scientifique d’Eucharis grandiflora Planch. & Linden (1854), figure dans la Flore illustrée des phanérogames de Guadeloupe et de Martinique, de Jacques Fournet. Ce dernier le déclare assez commun sur toutes les Antilles, et dit qu’il préfère des situations ombragées comme c’était bien le cas sur le sentier des troisièmes chutes du Carbet où je l’ai photographié. La mention qu’il ajoute : « parfois échappé » donne toutefois l’impression qu’il s’agit surtout d’une belle plante des jardins créoles… et d’ailleurs maintenant on classe cet Eucharis dans les hybrides et son nom, de ce fait, a un peu changé : Eucharis x grandiflora Planch. & Linden.

Le Lis de l’Annonciation, (Eucharis grandiflora) en Guadeloupe
Le Lis de l’Annonciation, (Eucharis grandiflora) en Guadeloupe

Le Lis de l’Annonciation, (Eucharis grandiflora) en Guadeloupe

Dans l’illustration qui suit, tirée d’une publication de 1888, The Garden, vol. 34  : il s’agirait d’Eucharis amazonica dont le site très sérieux gbif.org fait un synonyme d’Eucharis grandiflora 

 https://www.gbif.org/fr/species/101307876

Le fait est qu’il lui ressemble en tous points !

Toujours dans The Garden, vol. 9 de 1876, on trouve l’illustration d’une espèce très proche : Eucharis candida Planch. & Linden, qui fait partie de la Flore du Panama et de la Colombie mais s’échappe aussi les jardins.

 

Hymenocallis caribaea (L.) Herb. , figure aussi dans la Flore des Antilles de Fournet avec des noms vernaculaires comme Lis blanc ou Lis à l’huile. Linné l’avait dénommé Pancratium caribaeum L., ce qui peut aisément se comprendre tant la morphologie de ces Amaryllidacées est proche. Pour parler de la grande tige non feuillée des Lis en général, on utilise le terme botanique de scape. Au sommet du scape, enveloppées en début de floraison dans une spathe à deux valves qui se déchire, se trouvent huit à dix fleurs directement insérées (sans pédicelles) mais le tube de la corolle très long rend ce détail peu sensible.

Hymenocallis caribaea (L.) Herb. au Nord de Basse-Terre en Guadeloupe
Hymenocallis caribaea (L.) Herb. au Nord de Basse-Terre en Guadeloupe

Hymenocallis caribaea (L.) Herb. au Nord de Basse-Terre en Guadeloupe

 

Il est évoqué par M.E.Descourtilz dans sa Flore pittoresque et médicale des Antilles, vol. 8 (1829) sous l’appellation linnéenne Pancratium caribaeum L. avec le nom vernaculaire de Pancrais des Antilles ou Pancrais odorant. Descourtilz lui reconnait une odeur suave et exquise proche de celle de la vanille. Il mentionne que l’oignon de ce lis des Antilles est utile en mélange avec de la graisse de porc (la mantègue) pour confectionner des ‘cataplasmes résolutifs et maturatifs’. Le dessin de Théodore Descourtilz ne donne pas une idée exacte de la longueur spectaculaire de toutes les pièces de la corolle.

 

 

 

Cet aspect est mieux rendu dans les deux illustrations suivantes du Curtis’s Botanical Magazine.

Hymenocallis caribaea (L.) Herb. dans le Curtis's botanical magazine, vol. 36 (1812)

 

 

Et une autre vue en format vertical dans le Curtis's botanical magazine, vol. 21 (1805).

 

 

 

 

 

 

Pierre Joseph Redouté, dans Les Liliacées, vol. 6 (1805), représente cet Hymenocallis sous le nom donné par Jacquin : Pancratium declinatum Jacq. En effet, Jacquin considérait que la tige se courbait en fin de floraison sans que le poids des fleurs ou la faiblesse de la tige ne le justifient.

L'Hymenocallis de P.J. Redouté et la photo en fin de floraison (Nord de Basse-Terre)
L'Hymenocallis de P.J. Redouté et la photo en fin de floraison (Nord de Basse-Terre)

L'Hymenocallis de P.J. Redouté et la photo en fin de floraison (Nord de Basse-Terre)

Voir les commentaires

Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Arbustes, #Fleurs, #voyages

Le Plateau de Leucate:

Bournerias nous dit : « La surface du plateau de Leucate est un lapiaz battu par les vents » avec par endroits « des placages d’argile de décalcification ». J’ai bien observé, juste derrière le phare, ce lapiaz spectaculaire parcouru de trous et de fissures très profonds au fond desquels s’est formé un sol argileux qui accueille d’abord une petite graminée, le Brachypode rameux puis la Badasse, la Salsepareille, et l’Aphyllante.

Un article de mon ancien blog détaille un peu mieux ça: http://aquarelle-bota-clairefelloni.over-blog.com/article-sur-le-plateau-de-leucate-73017022.html

Parmi les buissons qui occupent le plateau de Leucate, on ne peut éviter le très agressif Genêt épineux (Genista scorpius (L.) DC.) et bien protégé dans ses épines s’insinue parfois le petit Polygala des rochers (Polygala rupestris) qui présente entre deux ailes à peine ouvertes son petit toupet rosé.

Le Polygala des rochers circule dans le Genêt épineux.
Le Polygala des rochers circule dans le Genêt épineux.

Le Polygala des rochers circule dans le Genêt épineux.

Je craignais si tôt en saison de ne voir que peu de floraisons, mais parmi les nombreuses espèces buissonnantes qui colonisent ce plateau caillouteux, j’ai rencontré un autre arbrisseau fleuri de petites corolles bleues et au feuillage hérissé de poils raides, le Grémil ligneux (Lithodora fruticosa (L.) Griseb.).

 

La Camélée à trois coques (Cneorum tricoccum L.) fleurit tôt également, sa présence est bien connue dans cette région.

L’espèce est illustrée dans le tome 2 de la Flore médicale de Chaumeton. Le nom commun français de Garoupe ne semble plus être utilisé. Ainsi, d’après l’auteur, les feuilles de Garoupe réduites en cataplasmes étaient appliquées sur l’abdomen des hydropiques ou bien on en exprimait puis réduisait le suc pour former un extrait hydragogue… « Purgatif violent », « Médicament héroïque », les termes utilisés donnent un peu le frisson !

Ill: Flore médicale. Tome 2 / décrite par MM. Chaumeton, Poiret, Chamberet ; illustrée par J. Turpin,...

La Camélée à trois coques (Cneorum tricoccum L.)

La Camélée à trois coques (Cneorum tricoccum L.)

Sur le Pla de Crouzal:

 

La Tulipe méridionale qu’il est si émouvant de voir parsemée sur les plateaux calcaires de l’Aude (les Pla), surtout quand elle côtoie des touffes de Bec-de-grue des pierriers (Erodium foetidum (L.) L'Hér.) est une sous-espèce de la Tulipe sauvage qu’on trouve plus au Nord de la France. Il s’agit donc de Tulipa sylvestris subsp. australis (Link) Pamp. Ces dimensions sont plus réduites et surtout les tépales sont ornés à l’extérieur d’une ligne centrale rouge qui n’existe pas sur la Tulipe sauvage type dont les trois tépales extérieurs sont plutôt lavés de vert.

Le  charmant Bec-de-grue des pierriers est très localisé, en France ses données sont regroupées entre Gruissan et Opoul-Perillos. Les fleurs sont assez grandes pour un Erodium et le feuillage très découpé forme des coussins poilus d’un vert glauque argenté.

Le Bec-de-grue des pierriers (Erodium foetidum (L.) L'Hér.) et Tulipa sylvestris subsp. australis (Link) Pamp.
Le Bec-de-grue des pierriers (Erodium foetidum (L.) L'Hér.) et Tulipa sylvestris subsp. australis (Link) Pamp.

Le Bec-de-grue des pierriers (Erodium foetidum (L.) L'Hér.) et Tulipa sylvestris subsp. australis (Link) Pamp.

Erodium petraeum Willd. , qu’on peut voir figurer dans la Flora graeca de John Sibthorp, illustrée par Ferdinand Bauer, est synonyme de l’Erodium foetidum. L’image que j’ai recadrée, vient de la Bodleian Library Sherard: https://digital.bodleian.ox.ac.uk/collections/flora-and-fauna-graeca/

Erodium petraeum Willd. , un ancien nom pour le Bec-de-grue des pierriers (Erodium foetidum (L.) L'Hér.)

Erodium petraeum Willd. , un ancien nom pour le Bec-de-grue des pierriers (Erodium foetidum (L.) L'Hér.)

Parmi les cailloux il n’est pas rare de tomber sur l’Iris nain (Iris lutescens) et sur de petites orchidées précoces, par exemple, j’ai vu l’Ophrys jaune (Ophrys lutea) et aussi l’Ophrys bécasse (Ophrys scolopax).

Iris nain, Ophrys jaune et Ophrys bécasse
Iris nain, Ophrys jaune et Ophrys bécasse
Iris nain, Ophrys jaune et Ophrys bécasse

Iris nain, Ophrys jaune et Ophrys bécasse

Voir les commentaires

Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Fleurs, #iconographie, #voyages

De retour d’une escapade dans l’Aude aux environs de Leucate, j’ai eu envie de faire un petit tour d’horizon de mes découvertes méditerranéennes en matière de Narcisses car c’était la saison idéale pour les étudier sur le vif.

 

Deux mots sur ces Amaryllidacées : Comme chez les Liliacées, trois sépales et trois pétales sont remplacés par six tépales pétaloïdes, mais en plus, au cœur de la fleur, une couronne ou paracorolle, émerge du cœur, restant soudée à la base, aux six tépales externes étalés, souvent plus pâles que  la couronne centrale. La forme de cette couronne varie selon les espèces, parfois en coupe simple, parfois en cloche, en cornet évasé ou bien courte et frisottée. La spathe, est la bractée d’où émerge la fleur. La fleur d’abord dressée dans sa spathe, bascule, formant un angle avec la tige, puis se redresse pour la fructification.

Le Narcisse douteux (Narcissus dubius Gouan), ravissante petite espèce toute blanche, n’a de douteux que le nom! Sensiblement de la même taille, il est encore plus précoce que le Narcisse de Requien ou Narcisse à feuilles de jonc (Narcissus assoanus Dufour) de la première photo; ils sont tous deux visibles fin Mars sur le plateau de Leucate.

Le Narcisse douteux (Narcissus dubius Gouan) sur le plateau de Leucate.
Le Narcisse douteux (Narcissus dubius Gouan) sur le plateau de Leucate.

Le Narcisse douteux (Narcissus dubius Gouan) sur le plateau de Leucate.

Le Narcisse douteux (Narcissus dubius Gouan), figure dans l’ouvrage de P.J.Redouté, « Les Liliacées » (1802-1816) vol. 7 (1805).

Ce Narcisse ne diffère pas seulement du Narcisse à feuilles de jonc (Narcissus assoanus Dufour) par la couleur des corolles mais aussi par les feuilles qui sont planes et rubanées chez le Narcisse douteux alors qu’elles se tiennent assez droites du fait de leur forme en gouttière chez le Narcisse à feuilles de jonc.

Le Narcisse à feuilles de jonc  (Narcissus assoanus Dufour) semble moins exigeant et plus répandu dans les terrains rocailleux du Midi ; mes photos sont prises sur un col des Corbières et sur un des plateaux calcaires (le Pla de Crouzal), qu’on rencontre du côté d’Opoul non loin des lignées d’éoliennes qui dominent tout le secteur.

Le Narcisse de Requien ou Narcisse à feuilles de jonc (Narcissus assoanus Dufour) sur le pla de Crouzal

Le Narcisse de Requien ou Narcisse à feuilles de jonc (Narcissus assoanus Dufour) sur le pla de Crouzal

Le Narcisse tazetta (Narcissus tazetta L.) nommé encore Narcisse à bouquet, Narcisse de Constantinople fleurit aussi en Mars, j’en ai admiré de belles populations aux abords de l’étang du Canet, dans le Roussillon. Jaillissant de la spathe, les fleurs en bouquet plus fourni, mais à peine plus grandes que les deux premières espèces mesurent entre 2 et 4 cm de diamètre et portent au cœur une couronne jaune d'or en forme de coupe ronde (pas un cornet). 

Le Narcisse tazetta ou Narcisse à bouquet (Narcissus tazetta L.) aux abords de l’étang du Canet.
Le Narcisse tazetta ou Narcisse à bouquet (Narcissus tazetta L.) aux abords de l’étang du Canet.

Le Narcisse tazetta ou Narcisse à bouquet (Narcissus tazetta L.) aux abords de l’étang du Canet.

Je me souviens avec plaisir de la Trompette de Méduse (Narcissus bulbocodium L.), vue fin Avril en Espagne sur la Sierra de Gredos en compagnie du safran printanier alors qu’autour subsistaient encore des névés. Plus récemment je l’ai revue en Algarve dans la réserve de Ria Formosa près d’Olhao, donc plus au Sud mais aussi plus tôt en saison, en Février. 

 

La Trompette de Méduse (Narcissus bulbocodium L.), sur la Sierra de Gredos puis en Algarve
La Trompette de Méduse (Narcissus bulbocodium L.), sur la Sierra de Gredos puis en Algarve

La Trompette de Méduse (Narcissus bulbocodium L.), sur la Sierra de Gredos puis en Algarve

Question iconographie, une des plus belles planches à mon idée fait partie du « Gottorfer Codex », une œuvre danoise en quatre volumes, conservée dans la collection royale du Musée national d'art de Copenhague. Commandée par Frederick III, duc de Holstein-Gottorp entre 1649 et 1659, elle illustre le large éventail des plantes acclimatées dans les jardins ducaux du château de Gottorf dans le duché de Schleswig. Les plantes y sont peintes à la gouache sur du vélin (parchemin de veau) par Hans Simon Holtzbecker de Hambourg.

Gouache sur du vélin, dans le « Gottorfer Codex » (1649-1659) par Hans Simon Holtzbecker.

Gouache sur du vélin, dans le « Gottorfer Codex » (1649-1659) par Hans Simon Holtzbecker.

Vous reconnaissez en partie basse la Trompette de Méduse (Narcissus bulbocodium L.), avec sa couronne en entonnoir. En haut à gauche se trouve le Narcisse Tazetta (Narcissus tazetta L.) à côté le Narcissus orientalis, aux tépales crème est en fait une variante du Tazetta ; celui de droite avec ses trois fleurs plus grandes pourvues d’une couronne courte plus orangée, ressemble davantage au Narcisse des poètes, mais je ne suis pas sûre de pouvoir y mettre un nom correct car il existe d’autres espèces proches plus orientales et de nombreux hybrides furent obtenus tôt dans l’histoire des jardins avec des appellations très variables.

Voir les commentaires

Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanique, #iconographie, #Fleurs, #voyages

Pour ces Malcolmies, la confusion récente des noms latins m’a un peu déconcertée ! Ce sont des crucifères à fleurs roses munies de longues siliques dont l’extrémité n’est pas cornue comme c’est le cas des Matthioles, et dont les feuilles sont entières. L’observation du stigmate bien pointu au cœur de la fleur permet de différencier les Juliennes (Hesperis) des Malcolmies. Et les Malcolmies sont couvertes d’une pilosité fournie qui, à la loupe, révèle des poils ramifiés comme on le sent peut-être sur cette photo de Malcolmia africana.

 

Malcolmia africana en 2007 vers Tramaced (province de Huesca)

Malcolmia africana en 2007 vers Tramaced (province de Huesca)

Dans la Flora Gallica de 2014 qui reste ma référence actuelle, figurent 4 Malcolmies : Malcolmia africana  (L.) R. Br., Malcolmia ramosissima (Desf.) Gennari, Malcolmia littorea (L.) R. Br. et Malcolmia flexuosa cette dernière, la Julienne de Mahon semblant surtout jardinée ou échappée de jardins.

Malcolmia flexuosa (ill. ci-dessus) figure dans la Flora Graeca de John Sibthorp, localisée à Chypre. (Sibthrop, J., Smith, J.E., Flora Graeca (1806-1840)

 

 Malcolmia maritima (L.) R. Br., nommée aussi la Julienne de Mahon ou la Giroflée de Mahon, est la plus connue des jardiniers mais je n’ai pas de photos à vous montrer ! Elle figurait sous ce nom dans la flore de l’Abbé Coste et dans la flore de Bonnier mais n’est citée qu’à part en note dans la Flora Gallica de 2014 : il semble que bon nombre de mentions de cette plante relève plutôt de Malcolmia flexuosa ou bien d’une hybridation flexuosa/maritima, car la véritable Malcolmia maritima (L.) R. Br. est une plante sauvage des Balkans.

Malcolmia maritima (L.) R. Br. apparaît dans un des premiers Curtis’s Botanical magazine, sous le nom de Cheiranthus maritimus, et Curtis raconte : « Chez nous, il était de coutume pour les jardiniers et les pépiniéristes de distinguer cette espèce par le nom de Virginia Stock, un nom très impropre, car elle se trouve être originaire de la côte méditerranéenne » (mais plutôt Grèce et Albanie). La principale beauté de cette fleur dit Curtis en 1792, vient de la couleur rouge vif des corolles qui se nuance de pourpre violine au bout de quelques jours et l’intérêt réside aussi dans sa petite taille mais sa prolifique floraison d’annuelle.

Virginia Stock est toujours le nom usuel anglais pour la Giroflée de Mahon et son utilisation dans les jardins est courante en bordures ou en tapis.

Je l’ai trouvée aussi dans un volume tardif de 1915 de la Flora Batava de Jan Kops.

Cheiranthus maritimus = Malcolmia maritima (L.) R. Br. dans le Curtis’s Botanical magazine

Cheiranthus maritimus = Malcolmia maritima (L.) R. Br. dans le Curtis’s Botanical magazine

Malcolmia maritima (L.) R. Br. dans la Flora Batava de Jan Kops en 1915

Malcolmia maritima (L.) R. Br. dans la Flora Batava de Jan Kops en 1915

Mais revenons-en à celles que j’ai vues !

Malcolmia africana  (L.) R. Br., la Malcolmie d’Afrique, comme son nom ne l’indique pas forcément était assez bien connue depuis longtemps en France dans le Midi. Le fait qu’elle ait conservé longtemps le même nom jusqu’à récemment, permet de retrouver trace de sa présence dans des flores assez anciennes comme celle de l’Abbé Coste (1906), celle de Gaston Bonnier (1908) ou « les 4 flores de la France » de P. Fournier (1947). Je pense néanmoins que l’utilisation des pesticides a pratiquement éradiqué cette plante comme la plupart des adventices des champs cultivés de France et je l’ai prise en photo, en fait,  en Espagne, dans la province de Huesca en 2007.

 

Celle pour laquelle je peux montrer à la fois photos et gravure ancienne est Malcolmia littorea (L.) R. Br., la Malcolmie des côtes ou Julienne des sables (possible des Bouches du Rhône aux Pyrénées). Elle  est illustrée (ci-dessous) dans le Curtis's botanical magazine (1800-1948) vol. 78 (1852) t. 4672.

Dans le texte joint, Curtis relate que la plante peut être traitée en annuelle dans un jardin anglais comme ils l’ont fait avec des graines envoyées du Portugal, mais que dans le Midi, elle peut former de vrais buissons avec des tiges lignifiées, ce que j’ai pu constater au Sud du Portugal sur le littoral. Les photos sont prises aux environs de Tavira, en 2018.

Malcolmia littorea (L.) R. Br. à Tavira (Sud du Portugal)
Malcolmia littorea (L.) R. Br. à Tavira (Sud du Portugal)

Malcolmia littorea (L.) R. Br. à Tavira (Sud du Portugal)

J’ai photographié la délicate petite Malcolmia triloba (L.) Spreng., à deux reprises en Andalousie puis en Algarve, dans le Parc naturel de Ria Formosa. Elle ne figure pas dans la Flora Gallica (2014) ou plutôt est notée « signalée par erreur » sur le territoire français.

 Malcolmia triloba (L.) Spreng. dans le Parc naturel de Ria Formosa (Sud du Portugal)
 Malcolmia triloba (L.) Spreng. dans le Parc naturel de Ria Formosa (Sud du Portugal)

Malcolmia triloba (L.) Spreng. dans le Parc naturel de Ria Formosa (Sud du Portugal)

On ne trouve guère d’illustration ancienne plaisante pour elle mais en fouillant dans l’Herbier Linnéen, je l’ai retrouvée sous le nom de Cheiranthus trilobus avec cet exemplaire : http://linnean-online.org/7665/ (je me suis permis de recadrer et raviver un peu l’image !)

 Sur Tela Botanica, apparaît un autre nom de genre: Markus-kochia, qu’on retrouve aussi sur Wikimédia.

Il est possible d’y voir des photos des espèces que j’avais notées comme Malcolmia littorea https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Marcus-kochia_littorea

et Malcolmia triloba  https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Marcus-kochia_triloba

Pour compliquer encore les choses on trouve aussi pour ces deux espèces un nouveau nom de genre : Pseudomalcolmia. Pour ces diverses raisons, sur les deux Malcolmies ci-dessus qui traditionnellement étaient des Cheiranthus, il est difficile de s’y retrouver dans les illustrations anciennes !

Voir les commentaires

Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanique, #Fleurs, #iconographie

Voici une petite plante assez particulière endémique des Pyrénées, qui déroute par son allure sans doute parce qu’il s’agit d’une très rare représentante européenne de la famille frileuse des Gesneriacées (dans nos intérieurs figurent les Gloxinia, Saintpaulia, Streptocarpus). Alors que certaines fleurs montagnardes sont dites des ‘reliques’ de la dernière glaciation de l’ère quaternaire, la Ramonde des Pyrénées (Ramonda myconi (L.) Rchb.), encore plus ancienne serait bizarrement au contraire un vestige de l’ère tertiaire caractérisée par une chaleur quasi-tropicale ; elle aurait donc réussi à survivre au passage de la dernière glaciation.

Ramonda myconi au Jardin botanique de Genève

Ramonda myconi au Jardin botanique de Genève

Le genre Ramonda comporte deux autres espèces qui sont dans le même cas car à peu près situées sur la même latitude, dans les Balkans, ce sont : Ramonda nathaliae et Ramonda serbica. Cette dernière est douée d’une faculté précieuse de reviviscence, c’est-à-dire que semblant complètement desséchée, elle peut se réhydrater et en l’espace d’une douzaine d’heures reprendre vie ! C’est la « fleur de phénix serbe » (traduction approximative du serbe !) illustrée ci-dessous, représentée dans le Curtis's botanical magazine (1800-1948), vol. 144 (1918).

Cette Ramonda serbica Pancic, dont les feuilles sont un peu plus petites, plus ovales et plus pâles fut cultivée dès le siècle dernier en Angleterre à Kew Gardens aussi bien que Ramonda miconi. L’article mentionne aussi Ramonda nathaliae rapportant que sa fleur porte des anthères plus longues mais surtout que la corolle est tétramère (quatre pétales au lieu de cinq dans la Ramonde des Pyrénées).

Toujours dans le Curtis's botanical magazine (1800-1948), vol.108 (1882), on peut admirer une autre Gesneriacée des Balkans : Haberlea rhodopensis, dont la corolle est plus campanulée.

On peut la voir dans cette belle promenade en Bulgarie de Josette Puyo : Promenade en Bulgarie

  

Dans le texte joint à cette gravure, texte signé J.D.H. (Joseph Dalton Hooker), est citée une dernière Gesneriacée de ce secteur: Ramondia heldrichii qui serait très localisée sur le Mont Olympe ; elle est maintenant connue sous le nom de Jancaea heldreichii (Boiss.) Boiss.

Ci-dessus elle apparaît dans Monographiae phanerogamarum prodromi (1878-1896) de Candolle (Alphonse et Casimir), sous son ancien nom de Ramondia heldrechii.

Mais revenons à notre Ramondie pyrénéenne !

L’aspect déroutant de la Ramonde des Pyrénées est assez bien résumé par cette phrase de Loiseleur-Deslonchamps dans l’Herbier général de l’amateur en 1839: « La Ramondie des Pyrénées a, jusqu’à un certain point, le port des Primevères, la fleur des Verbascum, les feuilles de la Bourrache et le fruit des Gentianées ». De quoi perdre son latin, non ?

Loiseleur-Deslongchamps, J.L.A., Herbier général de l’amateur. Deuxième Série, vol. 1 (1839)

Il est amusant à ce propos de voir quels noms lui sont donnés au 18ème siècle :

Dans le « Recueil des plantes gravées par ordre du roi Louis XIV » de Denis Dodart (1788), vol.3, pl.264, la Ramondie porte un nom assez fantaisiste : « Sanicle velue des Alpes à feuilles de Bourrache », alors qu’elle est inconnue des Alpes et n’a en commun avec la Sanicle ni les feuilles ni l’inflorescence ! La planche, superbe, est dessinée par Nicolas Robert et gravée par Louis de Chatillon. Il existe une version rehaussée de couleurs de ce recueil qui est catastrophique bien qu’historique à cause de la qualité du pigment vert. A voir là pour s’en désoler : http://mertzdigital.nybg.org/digital/collection/p15121coll13/id/4786/rec/10

« Recueil des plantes gravées par ordre du roi Louis XIV » de Denis Dodart

« Recueil des plantes gravées par ordre du roi Louis XIV » de Denis Dodart

Toujours au 18ème siècle, période de nomenclature pré-linnéenne, la Ramonde des Pyrénées est aussi baptisée Verbascum foliis lanatis radicalibus, scapo nudo, comme on peut le voir sur la gravure de Georg Dyonisius Ehret (1750).

Trew, C.J., Ehret, G.D., Plantae selectae (1750-1773) vol. 6 (1750) t. 57

Trew, C.J., Ehret, G.D., Plantae selectae (1750-1773) vol. 6 (1750) t. 57

La pilosité rousse sur les feuilles est assez bien visible sur mes photos catalanes ; la plante en fin de floraison était difficile d’accès, perchée en hauteur dans le rocher. J’ai dû zoomer beaucoup, mais c’était tout de même la première fois que je pouvais la voir dans son environnement naturel! Les autres photos ont été prises au jardin botanique de Genève, en extérieur et les fleurs sont plus fraiches.

Ramonde des Pyrénées, côté Catalogne
Ramonde des Pyrénées, côté Catalogne

Ramonde des Pyrénées, côté Catalogne

Au Jardin botanique de Genève

Au Jardin botanique de Genève

On peut aussi la voir au jardin alpin du Muséum d’Histoire naturelle à Paris, voyez ici sa localisation :

https://www.jardindesplantesdeparis.fr/fr/aller-plus-loin/collections-plantes-animaux/ramondie-pyrenees-2845

Une bien jolie phrase, qui pourrait d’ailleurs coller aussi bien pour le Saintpaulia est prêtée au comte de Bouillé, notée par Jacques Labarère dans la revue « Pyrénées » (n°86), la Ramondie y est qualifiée de « Joyau d’améthyste enchâssé dans du velours ».

Voir les commentaires

Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Fleurs, #iconographie

Il existe à l’Université de Varsovie, dans les Archives du Jardin botanique, une belle série de peintures à l’eau sur papier de soie japonais, représentant des Pivoines japonaises.

Paeonia 'Hanagesho', n°4 de la série 1

Paeonia 'Hanagesho', n°4 de la série 1

Cet ensemble fait partie d’une importante collection de représentations botaniques de toutes natures (des gravures, des lithographies mais parfois d’anciennes photos ou même des pages issues de publications diverses comme le Curtis’s Botanical Magazine par exemple). Tout cela a été rassemblé par le père Władysław Michał Zaleski (1852-1925), prêtre catholique, patriarche latin d'Antioche, et délégué apostolique en Inde. Je n’entrerai pas dans le détail de son parcours de missionnaire, qui l’a mené dans tout le continent asiatique (Chine, Japon, Indochine, Java et Philippines). Sachons seulement qu’il a aussi œuvré comme un chercheur en botanique et collectionné petit à petit les 32 190 illustrations que compte maintenant cet ensemble qu’il avait nommé « Flore tropicale » et qui maintenant porte le nom d’Iconotheca Botanica. Pour notre plaisir la collection est numérisée et accessible maintenant sur une base de données : Floratheca

Paeonia 'Hana-no-sato' est un cultivar de Paeonia lactiflora, n°10 de la série 1, et  Paeonia 'Hinodesekai' est un cultivar de Paeonia lactiflora ,  n°11 de la série 1
Paeonia 'Hana-no-sato' est un cultivar de Paeonia lactiflora, n°10 de la série 1, et  Paeonia 'Hinodesekai' est un cultivar de Paeonia lactiflora ,  n°11 de la série 1

Paeonia 'Hana-no-sato' est un cultivar de Paeonia lactiflora, n°10 de la série 1, et Paeonia 'Hinodesekai' est un cultivar de Paeonia lactiflora , n°11 de la série 1

Les différentes pièces de la collection sont scannées sans critères de sélection d’intérêt et maintenant qu’il existe de très bonnes numérisations par ailleurs pour les pages des publications botaniques du 19ème siècle et aussi de bien meilleures photographies qu’à l’époque du père Zaleski ; il faut débusquer dans cette collection les vrais originaux : ces pivoines  et quelques autres genres peints sur papier japonais comme des magnolias et des nénuphars… En fait je n’ai pas fait le tour !

Pour arriver directement sur les pivoines de la première série; il y en a 27, dont 19 du groupe lactiflora et une du groupe suffruticosac’est ici :

http://www.ogrod.uw.edu.pl/floratheca/?locale=en#filter&p=40

Dans la deuxième série, il y a 47 aquarelles; 19 pivoines du groupe suffruticosaet c’est ici : http://www.ogrod.uw.edu.pl/floratheca/?locale=en#filter&p=45

Cela fait donc un total de 74 aquarelles, toutes très subtiles et charmantes !

Paeonia 'Kumoi-zuru', n° 4 de la série 2, et Paeonia 'Toki-wazu' groupe de Paeonia suffruticosa, n° 25 de la série 2
Paeonia 'Kumoi-zuru', n° 4 de la série 2, et Paeonia 'Toki-wazu' groupe de Paeonia suffruticosa, n° 25 de la série 2

Paeonia 'Kumoi-zuru', n° 4 de la série 2, et Paeonia 'Toki-wazu' groupe de Paeonia suffruticosa, n° 25 de la série 2

Les quelques images que vous voyez ont été un peu contrastées, j’ai atténué le gaufrage des plis dans le fond quand il était trop visible et effacé au moins le tampon d’inventaire sans oser tout supprimer… Le tampon rectangulaire (à l’envers) indique : Iconotheca botanica ex libris Em. W.ZALESKII Patriarché Antiochensis ; et le rond : Département de système des plantes, Université de Varsovie.

Les dimensions indiquées 36 x 28 cm suggèrent que les pivoines sont représentées grandeur nature.

Beaucoup de ces cultivars anciens ont un historique très flou et j’ai eu du mal à retrouver quelques liens prouvant qu’elles sont encore reconnues sous les noms cités ; pour celles qui suivent, comme c’était possible, j’ai ajouté quelques liens.

Paeonia 'Fuji-mine' est un cultivar de Paeonia lactiflora, n°2 de la série 1. On trouve surtout trace de ‘Fuji-no-mine’ qui semble être équivalent…

http://www.paeo.de/aaa/10031.html

Paeonia 'Kameno-kegoromo' est un cultivar de Paeonia lactiflora, n°13 de la série 1, son historique sur : http://www.paeo.de/aaa/00427.html

Paeonia 'Some Ganoko' est un cultivar de Paeonia lactiflora, n°14 de la série 1 http://www.paeo.de/aaa/04649.html

Paeonia 'Kamada-Fuji', n° 3 de la série 2. Un petit historique de cette pivoine du groupe suffruticosa ici : http://www.paeo.de/aaa/00293.html

Paeonia 'Yaso-okina' (groupe suffruticosa), n°2 de la série 2. http://www.paeo.de/aaa/02431.html

Paeonia 'Gabisan' (groupe suffruticosa), n°39 de la série 2.  http://www.paeo.de/aaa/02436.html

Paeonia 'Mikasa-yama' (groupe suffruticosa), n°45 de la série 2. http://www.paeon.de/aaa/01653.html

Paeonia 'Akashi-gata' , n° 31 de la série 2. Cette suffruticosa existe chez Rivière mais est-ce bien la même… https://pivoinesriviere.com/produit/akashigata/

Paeonia 'Yoyo-no-homare' , groupe de Paeonia suffruticosa, n° 1 de la série2

https://pivoinesriviere.com/produit/yoyo-no-homare/

Et pour finir, un clin d’œil à Bénédicte de Foucaud qui poursuit cette belle tradition de cultiver et aussi de rassembler une collection d’illustrations sur les pivoines au Château de Sourches :

https://www.chateaudesourches.com/conservatoire-de-la-pivoine/​​​​​​​​​​​​​​

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 > >>