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Botazoom, Botanique et Iconographie

Botazoom, Botanique et Iconographie

Ce blog est destiné aux curieux de botanique. En s’appuyant sur les photos que j’ai pu faire en voyage, et sur de l’iconographie ancienne, il rentre un peu dans les détails qui m’ont permis d’identifier une espèce, mais son contenu doit être considéré comme celui d’une botaniste amateur !

fleurs

Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Fleurs, #Botanique, #iconographie

En ce début d’année 2020 où certains d’entre vous ont peut-être un pot d’Amaryllis au chaud devant la fenêtre, permettez-moi bien sûr d’abord de vous souhaiter une Très Bonne Année à venir avec cette photo d’Amaryllis Belladonna !

En Septembre dans un jardin du Cotentin

En Septembre dans un jardin du Cotentin

On l’appelle parfois le Lis de Jersey ; c’est plaisant… pourtant il vaudrait mieux éviter de lui donner ce nom : il y a déjà suffisamment de confusions historiques de nomenclature autour de cet Amaryllis ! Le Lis de Jersey, ou Lis de Guernesey correspond avant tout à deux espèces de Nérines (Nerine sarniensis et Nerine bowdenii)  de taille plus modeste que notre Amaryllis belladonna mais venant également en pleine terre sous les climats doux et originaires aussi du Cap de Bonne Espérance.

L’Amaryllis Belladonne (c’est le nom commun qu’a choisi Pierre-Joseph Redouté dans  "Les Liliacées" est le seul véritable Amaryllis qu’il ne faut pas confondre avec les « Amaryllis » d’intérieur qui sont en fait des Hippeastrum. Redouté en fait d’ailleurs la remarque dans le texte joint à la gravure qu’il en donne, précisant que l’Amaryllis Belladonne est doté d’une spathe portant de 3 à 10 fleurs et que les feuilles sont mortes avant la naissance des fleurs ; puis que les fleurs sont pédonculées, d’un rose clair, en forme d’entonnoir à tube court et large.

 

La différence est donc notable avec les Hippeastrum, plus pauvres en fleurs, dont les feuilles sont présentes (même courtes) durant la floraison, de plus les fleurs sont presque sessiles et plutôt rouges que roses, sans compter que depuis le siècle de Redouté on sait bien maintenant que les Hippeastrum sont d’origine américaine et beaucoup moins rustique que notre sud-africain, l’Amaryllis belladonna.

La confusion était d’autant plus présente que les Hippeastrum ne portaient pas encore ce nom. Dans « Les Liliacées » il est question d’Amaryllis equestris (ci-dessus) et d’Amaryllis brasiliensis pour une seule espèce reconnue actuellement: le Lis de la Barbade soit Hippeastrum puniceum (Lam.)Voss. ; puis d’Amaryllis reginae (ci-dessous) pour le Lis mexicain soit Hippeastrum reginae (L.) Herb. On comprend qu’il était facile de se tromper surtout que notre Amaryllis Belladonne capable pourtant de venir en pleine terre en fin d’été début d’automne était depuis longtemps cultivé comme plante d’intérieur en Italie, ce qui a d’ailleurs donné son nom de belladonna.

 

Un beau bouquet d'Amaryllis belladonna. Cliquez dessus!

Un beau bouquet d'Amaryllis belladonna. Cliquez dessus!

Mes photos ont été prises en Septembre dans un jardin privé du Cotentin, puis dans le jardin exotique de l’Ile de Tatihou à St Vaast la Hougue. Les tiges violines jaillissent du sol et sont pleines et solides pour soutenir un beau bouquet floral. La couleur rose semble d’une nuance assez différente de celle de la première gravure dans cet article (de PJ.Redouté) et même de l’image plus tardive issue de la Flore des serres et des Jardins de l’Europe de Van Houtte (ci-dessous); mais il faut savoir que ce n’est que récemment qu’existent des pigments de couleur capables de restituer une nuance de rose aussi fraîche !

 

En fait maintenant la confusion qui serait encore possible viendrait d’Asie! Il s’y trouve un Lis de la Résurrection (Lycoris squamigera Maxim.), cultivé pour l’ornement depuis des siècles en Chine, Corée. Celui-là vient également sans feuilles mais il est un peu plus petit et plus précoce (Aout plutôt que Septembre). Le voici sur une gravure du Botanical Magazine :

 

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Fleurs

L’ Argémone du Mexique ou Pavot épineux, (Argemone mexicana L.) et le Pavot cornu (Glaucium flavum Crantz.) sont deux Papavéracées dont la répartition mondiale est assez différente. Sous des allures différentes ils sont finalement assez proches ; ayant vu et photographié les deux espèces et senti des similitudes même au-delà de la couleur jaune des corolles, j’ai eu envie  de lister ce qui les rapproche et ce qui les différencie.

 

Le pavot cornu sur une plage du Nord Cotentin

Le pavot cornu sur une plage du Nord Cotentin

Ce sont des Papavéracées dans le sens strict car les Fumariacées (Fumeterres et Corydales par exemple…) ont rejoint récemment cette grande famille alors qu’ils sont bien différents dans leur morphologie florale. Mes deux espèces sont donc comme les Pavots et Coquelicots des plantes herbacées à fleurs solitaires dont les feuilles alternes sont lobées voire pennatifides et embrassent la tige en formant des oreillettes. Chez l’Argémone les feuilles sont hérissées d’aiguillons, chez le Pavot cornu elles sont parsemées de poils mous bien visibles. Mais dans les deux cas, la couleur de la tige et du limbe d’un vert glauque (un peu bleuté) est due à un revêtement cireux et un latex jaune apparaît à la coupure.

 

Le Pavot cornu sur la côte bretonne près de St Malo

Le Pavot cornu sur la côte bretonne près de St Malo

Une différence discrète intervient sur les fleurs : alors que le Pavot cornu comme les coquelicots possède deux sépales caducs et quatre pétales (c’est une fleur dimère), l’Argémone du Mexique en tant que Papavéracée américaine s’est différencié : elle possède trois sépales cornus et caducs et six pétales (c’est une fleur trimère). Mais pour les deux espèces il y a préfloraison chiffonnée qui laisse un souvenir sur les pétales en début de floraison. Les étamines sont nombreuses dans les deux cas et déjà pendant la floraison on peut sentir une différence entre les deux formes de pistil. Le stigmate rouge foncé surplombe presque directement l’ovaire chez l’Argémone du Mexique.

 

L'Argémone du Mexique ou Pavot épineux dans un champ en friche sur Grande-Terre en Guadeloupe

L'Argémone du Mexique ou Pavot épineux dans un champ en friche sur Grande-Terre en Guadeloupe

Ce qui les différencie le plus est la forme finale du fruit. Dans le cas du pavot cornu c’est une très longue silique recourbée, alors que l’Argémone est dotée d’une capsule dont on peut bien voir les détails sur la gravure de l’ouvrage de Joseph Pitton de Tournefort datée de 1700 : c’est une capsule à ouverture latérale partielle, semblable à celle du Pavot du Pays de Galle (Papaver cambricum L.) et non ‘poricide’ comme les coquelicots dont les capsules à terme font des sortes de salières.

Dans un autre ouvrage de 1834 (Edouard Spach, Histoire naturelle des végétaux) figurent les fruits du coquelicot en haut (la fameuse capsule poricide) et en bas de la Glaucienne jaune qui est notre Pavot cornu. La longue silique en s’ouvrant dégage un cadre placentaire où sont fixées les graines : c’est donc bien une silique et non une gousse !

Les Papavéracées sont souvent des adventices et aiment les terrains pauvres et remués, c’est vrai pour le Pavot épineux (mes photos ont été prises en Guadeloupe), mais le Pavot cornu aime surtout les littoraux sableux, c’est en tout cas dans ce type de milieu sur des plages bretonnes ou normandes, que je l’ai trouvé à chaque fois !

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Fleurs

Clematis alpina qui ne montre guère le dessous de ses jupes est donnée comme la seule liane de la flore alpine. Liane est peut-être un grand mot pour cette clématite qui ne forme pas de tiges très longues (2m environ au maximum) alors que la clématite vigne-blanche (Clematis vitalba L.) envoie des tiges lignifiées qui peuvent atteindre 15 m de longueur ! Mais c’est un fait que la tige de l’Atragene alpina L. (c’est son ancien nom) ne présente pas de feuilles basales, seulement des feuilles caulinaires opposées et composées (3 x 3 folioles), munies de pétioles assez longs.

 

Clematis alpina ou Atragene alpina (son ancien nom)

Clematis alpina ou Atragene alpina (son ancien nom)

Il s’agit d’une Renonculacées, il faut donc réaliser que les quatre grands « pétales » bleu clair sont en fait des sépales pétaloïdes (on peut dire aussi des tépales…). Des pétales plus petits et d’un blanc crémeux, spatulés et verdâtres au sommet,  se trouvent au cœur formant un étui serré autour des nombreuses étamines. Ces pétales sont issus d’étamines ou de nectaires modifiés par l’évolution… Dans « Flore et végétation des Alpes » Claude Favarger dit : « une douzaine de feuilles nectarifères jaunâtres forment la corolle entourant les étamines » ; il nous dit également que cette clématite est une espèce boréale et alpine dont le domaine principal est situé au nord de l’Asie et de l’Amérique.

 

C’est pour ces « arctico-alpines » la dernière glaciation qui a morcelé leur répartition, ne les conservant pour nous qu’en altitude. L’espèce correspondante pour le Canada et le Nord-Est des Etats Unis se nomme Clematis occidentalis (Hornem.) DC. Ceci donne en anglais commun : Western Blue Virginsbower. Pour l’Ouest des Etats Unis s’est différenciée une autre espèce très proche Clematis columbiana (Nutt.) Torr. & A. Gray, dont le nom commun est Rock Clematis.

Sur une illustration du Botanical Magazine, William Curtis montre une Atragene alpina var. austriaca en fait bien conforme à l’espèce type et plus tard paraît dans la même revue une Atragene sibirica, qui semble très proche morphologiquement, à part la couleur blanche de la fleur. D’ailleurs : Atragene sibirica L. est donné actuellement comme un synonyme de Clematis alpina subsp. sibirica (L.) Kuntze.

 

Les deux planches du Curtis's Botanical Magazine (cliquez dessus!)Les deux planches du Curtis's Botanical Magazine (cliquez dessus!)

Les deux planches du Curtis's Botanical Magazine (cliquez dessus!)

Clematis alpina est aussi assez proche morphologiquement de Clematis viticella : l’espèce qui est à l’origine de toutes nos clématites de jardins. Cependant les sépales d’un bleu plus soutenu  de la Clématite bleue sont plus courts, spatulés et retroussés avec des marges ondulées. La Clématite bleue ou Clématite fausse vigne (C.viticella) est une espèce naturalisée depuis longtemps, d’origine de l’Ouest de l’Asie et les mentions qui en sont faites en France peuvent aussi provenir d’escapades plus récentes de jardins, surtout que la forme originelle est également proposée par les horticulteurs. Sa feuille est différente aussi puisque les trois folioles ne sont pas aussi découpées, simplement trilobées et non dentées. Voici Clematis viticella sur une gravure extraite du Traité des Arbres et Arbustes de H.L.Duhamel du Monceau (1815).

 

Je vous montre une illustration plus récente de la Clematis alpina que j’aime beaucoup : elle est de Claus Caspari, (1911-1980), un illustrateur naturaliste hors pair des années 60 dont on ne parle pas assez et qui produisit une grande quantité de planches très précises sur les végétaux notamment la Flore des Alpes mais aussi sur les minéraux et les champignons.   

 

 

 

 

 

 

Et pour s’amuser un peu deux timbres de ma collection, l’un russe et l’autre polonais !

Le type d'environnement où j'ai trouvé ma Clématite des Alpes
Le type d'environnement où j'ai trouvé ma Clématite des Alpes

Le type d'environnement où j'ai trouvé ma Clématite des Alpes

J’ai eu la joie d’admirer la Clématite des Alpes au-dessus de Barcelonnette en allant au col d’Allos en Juin dernier. La vue que l’on a depuis le col est bien plus belle côté Barcelonnette car on évite ainsi toutes les infrastructures de la station de ski de la Foux d’Allos qui ont bien endommagé les lieux !

Je ne peux pas résister à vous montrer la marmotte qui a posé pour moi ce jour-là, et j’ai découvert à cette occasion les possibilités nouvelles que m’offrait mon zoom. (Mon appareil photo est un PowerShot SX60HS de chez Canon que je ne maîtrise pas encore comme il faudrait!)

 

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Fleurs

« Hortensia tropical », tel est parfois le nom usuel donné au Dombeya, un superbe petit arbre que j’ai eu le plaisir de voir en Février au Sud du Portugal, à Tavira, où il est présent en plusieurs endroits de la ville.

Un Dombeya

Je ne l’ai pas identifié très vite et pourtant peut-être trop vite quand même, car il est possible qu’il ne s’agisse pas de l’espèce type Dombeya wallichii. En effet en faisant ces recherches j’ai trouvé qu’il existait un hybride Dombeya x cayeuxii, créé par Cayeux en 1895 au jardin botanique de Lisbonne (donc pas loin de Tavira !) et cet hybride semble plus répandu dans les jardins que le D.wallichii d’abord arrivé en culture en Europe vers 1800. N’ayant plus la plante sous les yeux, je regrette évidemment de ne pas avoir suffisamment observé certains détails comme par exemple la présence ou non de bractées vertes enveloppant l’ombelle ainsi que de stipules assez conséquentes au contact de la tige avec le pédoncule floral; ces deux détails semblent très probants pour identifier D.wallichii comme on peut le voir sur cette illustration de 1823 issue du Botanical register.

Un Dombeya

Dombeya wallichii (Lindl.) K.Schum, qui est originaire de l’Est de Madagascar où il est en danger d’extinction dans ses stations naturelles, a donc été croisé avec une espèce d’Afrique australe, Dombeya burgessiae Gerard ex Harv., dont je vous montre ci-dessous une illustration d’un célèbre dessinateur de botanique, Walter Hood Fitch, qui produisit une quantité de planches pour le Curtis’s Botanical Magazine.

Un Dombeya

J’ai ajouté un détail qui permet de mieux voir comment ces fleurs de Dombeya sont particulières avec sortant du cœur de la corolle un tube staminal où alternent des vraies étamines (par trois) et cinq staminodes pétaloïdes plus longues. Le tube encercle un pistil assez long avec les 5 filets décoratifs en boucle de son stigmate.

 

L'ombelle de droite, fanée, garde ses pétales rouillés.

L'ombelle de droite, fanée, garde ses pétales rouillés.

J’ai trouvé aussi ci-contre, une illustration de l’hybride de 1954, où il est nommé Dombeya cayeuxii André, je trouve néanmoins que mes photos montrent un dombeya d’un rose plus vif et plus fourni en fleurs, des critères qu’on trouve moins chez l’hybride !  

Une autre propriété commune au genre Dombeya est la marcescence des pétales : ils ne tombent pas mais roussissent et persistent dans l’ombelle. Les feuilles sont souvent poilues avec des poils simples, glandulaires et même étoilés.

Les grandes feuilles du Dombeya.

Les grandes feuilles du Dombeya.

A la Réunion, il existe actuellement 7 espèces de Dombeya endémiques des Mascareignes, dont le Mahot rouge, Dombeya reclinata, qui est endémique ; je n’ai vu malheureusement que le feuillage de ce Mahot rouge qui était bien velu roussâtre et couvert de poils étoilés.

Vous pouvez consulter ce site réunionnais si vous le désirez :

http://www.mi-aime-a-ou.com/genre.php?genre=Dombeya

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