Pour ces Malcolmies, la confusion récente des noms latins m’a un peu déconcertée ! Ce sont des crucifères à fleurs roses munies de longues siliques dont l’extrémité n’est pas cornue comme c’est le cas des Matthioles, et dont les feuilles sont entières. L’observation du stigmate bien pointu au cœur de la fleur permet de différencier les Juliennes (Hesperis) des Malcolmies. Et les Malcolmies sont couvertes d’une pilosité fournie qui, à la loupe, révèle des poils ramifiés comme on le sent peut-être sur cette photo de Malcolmia africana.
Dans la Flora Gallica de 2014 qui reste ma référence actuelle, figurent 4 Malcolmies : Malcolmia africana (L.) R. Br., Malcolmia ramosissima (Desf.) Gennari, Malcolmia littorea (L.) R. Br. et Malcolmia flexuosa cette dernière, la Julienne de Mahon semblant surtout jardinée ou échappée de jardins.
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Malcolmia flexuosa (ill. ci-dessus) figure dans la Flora Graeca de John Sibthorp, localisée à Chypre. (Sibthrop, J., Smith, J.E., Flora Graeca (1806-1840)
Malcolmia maritima (L.) R. Br., nommée aussi la Julienne de Mahon ou la Giroflée de Mahon, est la plus connue des jardiniers mais je n’ai pas de photos à vous montrer ! Elle figurait sous ce nom dans la flore de l’Abbé Coste et dans la flore de Bonnier mais n’est citée qu’à part en note dans la Flora Gallica de 2014 : il semble que bon nombre de mentions de cette plante relève plutôt de Malcolmia flexuosa ou bien d’une hybridation flexuosa/maritima, car la véritable Malcolmia maritima (L.) R. Br. est une plante sauvage des Balkans.
Malcolmia maritima (L.) R. Br. apparaît dans un des premiers Curtis’s Botanical magazine, sous le nom de Cheiranthus maritimus, et Curtis raconte : « Chez nous, il était de coutume pour les jardiniers et les pépiniéristes de distinguer cette espèce par le nom de Virginia Stock, un nom très impropre, car elle se trouve être originaire de la côte méditerranéenne » (mais plutôt Grèce et Albanie). La principale beauté de cette fleur dit Curtis en 1792, vient de la couleur rouge vif des corolles qui se nuance de pourpre violine au bout de quelques jours et l’intérêt réside aussi dans sa petite taille mais sa prolifique floraison d’annuelle.
Virginia Stock est toujours le nom usuel anglais pour la Giroflée de Mahon et son utilisation dans les jardins est courante en bordures ou en tapis.
Je l’ai trouvée aussi dans un volume tardif de 1915 de la Flora Batava de Jan Kops.
Mais revenons-en à celles que j’ai vues !
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Malcolmia africana (L.) R. Br., la Malcolmie d’Afrique, comme son nom ne l’indique pas forcément était assez bien connue depuis longtemps en France dans le Midi. Le fait qu’elle ait conservé longtemps le même nom jusqu’à récemment, permet de retrouver trace de sa présence dans des flores assez anciennes comme celle de l’Abbé Coste (1906), celle de Gaston Bonnier (1908) ou « les 4 flores de la France » de P. Fournier (1947). Je pense néanmoins que l’utilisation des pesticides a pratiquement éradiqué cette plante comme la plupart des adventices des champs cultivés de France et je l’ai prise en photo, en fait, en Espagne, dans la province de Huesca en 2007.
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Celle pour laquelle je peux montrer à la fois photos et gravure ancienne est Malcolmia littorea (L.) R. Br., la Malcolmie des côtes ou Julienne des sables (possible des Bouches du Rhône aux Pyrénées). Elle est illustrée (ci-dessous) dans le Curtis's botanical magazine (1800-1948) vol. 78 (1852) t. 4672.
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Dans le texte joint, Curtis relate que la plante peut être traitée en annuelle dans un jardin anglais comme ils l’ont fait avec des graines envoyées du Portugal, mais que dans le Midi, elle peut former de vrais buissons avec des tiges lignifiées, ce que j’ai pu constater au Sud du Portugal sur le littoral. Les photos sont prises aux environs de Tavira, en 2018.
J’ai photographié la délicate petite Malcolmia triloba (L.) Spreng., à deux reprises en Andalousie puis en Algarve, dans le Parc naturel de Ria Formosa. Elle ne figure pas dans la Flora Gallica (2014) ou plutôt est notée « signalée par erreur » sur le territoire français.
On ne trouve guère d’illustration ancienne plaisante pour elle mais en fouillant dans l’Herbier Linnéen, je l’ai retrouvée sous le nom de Cheiranthus trilobus avec cet exemplaire : http://linnean-online.org/7665/ (je me suis permis de recadrer et raviver un peu l’image !)
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Sur Tela Botanica, apparaît un autre nom de genre: Markus-kochia, qu’on retrouve aussi sur Wikimédia.
Il est possible d’y voir des photos des espèces que j’avais notées comme Malcolmia littorea https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Marcus-kochia_littorea
et Malcolmia triloba https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Marcus-kochia_triloba
Pour compliquer encore les choses on trouve aussi pour ces deux espèces un nouveau nom de genre : Pseudomalcolmia. Pour ces diverses raisons, sur les deux Malcolmies ci-dessus qui traditionnellement étaient des Cheiranthus, il est difficile de s’y retrouver dans les illustrations anciennes !
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