Overblog Tous les blogs Top blogs Environnement & Bio
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Botazoom, Botanique et Iconographie

Botazoom, Botanique et Iconographie

Ce blog est destiné aux curieux de botanique. En s’appuyant sur les photos que j’ai pu faire en voyage, et sur de l’iconographie ancienne, il rentre un peu dans les détails qui m’ont permis d’identifier une espèce, mais son contenu doit être considéré comme celui d’une botaniste amateur !

Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #iconographie, #Fleurs, #Botanique

A l’occasion de ma visite dans le jardin breton (voir avant-dernier article), j’ai réalisé qu’une crucifère à quatre pétales jaunes que je connaissais sauvage et très commune sur le littoral de Bretagne et de Normandie en fin d’été, le Diplotaxis tenuifolia (L.) DC., était en fait la plus utilisée des Roquettes sauvages dans les salades !

La Roquette sauvage : Diplotaxis tenuifolia vu en 2011 à l’Anse du Verger près de Cancale

La Roquette sauvage : Diplotaxis tenuifolia vu en 2011 à l’Anse du Verger près de Cancale

Cette Roquette sauvage poussait librement éparpillée dans le jardin breton, mais il y avait aussi un pied de Roquette cultivée connue actuellement sous deux noms latins : Eruca sativa Mill. et Eruca vesicaria (L.) Cav ). Les fleurs en croix, blanches ou crème sont veinées de fins filets d’un violet-noirâtre. J’avais vu et identifié une Eruca vesicaria une première fois en 2007 dans un voyage en Espagne et j’ai retrouvé les photos ci-dessous. Cette Eruca vesicaria me semble pourtant beaucoup plus raide et hirsute que l’Eruca sativa photographiée dans le jardin breton, je suppose qu’une sélection des graines a fini par donner des plantes moins coriaces et peut-être à la saveur un peu moins piquante... La Flora catalana par exemple, que je consulte assez souvent, donne pour la roquette cultivée un nom plus précis de sous-espèce : Eruca vesicaria (L.) Cav. subsp. sativa (Mill.) Thell. in Hegi

Voir ici : http://www.floracatalana.net/eruca-vesicaria-l-cav-subsp-sativa-mill-thell-in-hegi

La roquette cultivée: Eruca vesicaria (L.) Cav. (dans la région de Huesca)
La roquette cultivée: Eruca vesicaria (L.) Cav. (dans la région de Huesca)

La roquette cultivée: Eruca vesicaria (L.) Cav. (dans la région de Huesca)

La Roquette cultivée figure aussi sous un nom actuellement synonyme d’Eruca vesicaria (L.) Cav ), soit Eruca longirostris Uechtr. dans l’ouvrage de Heinrich Moritz Willkomm « Figures des Plantes nouvelles ou rares récemment découvertes en Espagne et aux iles Baléares » (1880-1885) et le détail précis du fruit en haut à gauche nous montre une silique assez courte et massive surmontée d’un bec triangulaire aplati : c’est la marque du genre Eruca.

Willkomm, H.M., Illustrationes florae Hispaniae insularumque Balearium (1880-1885)

Willkomm, H.M., Illustrationes florae Hispaniae insularumque Balearium (1880-1885)

Une troisième espèce sauvage, Diplotaxis erucoides (L.) DC, surtout méditerranéenne, répond également au nom commun de Roquette sauvage ; elle ressemble du fait de la couleur blanche des pétales à la Roquette cultivée. Mais on peut remarquer sur cette espèce que la silique est un peu différente, comme chez tous les Diplotaxis (et donc aussi la Roquette sauvage qui est aussi un Diplotaxis), elle est longue fine et ne porte au sommet qu’un petit bec cylindrique. Cette roquette reste moins utilisée en cuisine.

 Ref. pour les Roquettes : « Les salades sauvages », des Ecologistes de l’Euzière , voir là: https://librairie.euziere.org/accueil/64-les-salades-sauvages-9782906128330.html

Je suis un peu vexée de ne pas la retrouver dans mes photos passées car dans le midi elle est extrêmement commune comme mauvaise herbe par exemple entre les rangs de vignes et je l’ai vue très souvent ! C’est ainsi que parfois on néglige les choses les plus communes…

Sous le nom latin synonyme de Sinapis erucoides, je peux tout de même vous montrer son portrait avec cette lithographie extraite de l’ouvrage « Hortus botanicus vindobonensis »  de Nikolaus Joseph Jacquin (1770-1776) 

 « Hortus botanicus vindobonensis »  de Nikolaus Joseph Jacquin (1770-1776) vol.2 pl. 170

« Hortus botanicus vindobonensis » de Nikolaus Joseph Jacquin (1770-1776) vol.2 pl. 170

Quant au Radis ravenelle, soit Raphanus raphanistrum L., si on se contente d’observer les fleurs sans détailler le feuillage et la silique, on peut la confondre avec la Roquette cultivée ! Voyez par exemple cette photo prise près de Barfleur où il est très commun sur le littoral : même disposition des pétales en croix et mêmes filets un peu plus sombres sur un fond crème (mais souvent jaune pâle aussi). Par contre la grosse silique très caractéristique « en chapelet » soit composée d’articles séparés par des étranglements parfois inégaux oriente aussitôt vers le genre Raphanus qui ne compte que cette espèce à part le Radis cultivé (Raphanus sativus L.). Le Radis ravenelle est maintenant une plante adventice donnée comme très nuisible dans les cultures.

Le Radis ravenelle: Raphanus raphanistrum, près de Barfleur
Le Radis ravenelle: Raphanus raphanistrum, près de Barfleur

Le Radis ravenelle: Raphanus raphanistrum, près de Barfleur

Voici une gravure de 1823, dont le dessin, joliment composé, complet et très clair est du à Pierre Jean François Turpin pour : Delessert, J.P.B., Candolle, A.P. de, Icones selectae plantarum (1820-1846)

Delessert, J.P.B., Candolle, A.P. de, Icones selectae plantarum (1820-1846)

Delessert, J.P.B., Candolle, A.P. de, Icones selectae plantarum (1820-1846)

Voir les commentaires

Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Fleurs, #iconographie, #Botanique

Pour cette famille des Caprifoliacées, autrefois les Dipsacacées il est bon de savoir faire la différence entre un involucre et un involucelle ! Ceci permettra de mieux différencier ces trois espèces assez communes rencontrées en plaine au bord des chemins que sont la Scabieuse colombaire (Scabiosa columbaria), la Succise des prés (Succisa pratensis) et la Knautie des champs (Knautia arvensis).

Silhouette du capitule :

Chez la Scabieuse, le capitule est doté de belles fleurs périphériques rayonnantes qui donne à l’inflorescence une forme en soucoupe. Chez la Succise, qui possède des corolles à 4 lobes et pas asymétriques sur le pourtour, l’inflorescence reste plus ronde. Pour la silhouette du capitule, la Knautie se situe un peu entre les deux.

Les trois capitules de la Scabieuse de la Succise et de la Knautie
Les trois capitules de la Scabieuse de la Succise et de la Knautie
Les trois capitules de la Scabieuse de la Succise et de la Knautie

Les trois capitules de la Scabieuse de la Succise et de la Knautie

Les bractées :

L’involucre des bractées (rosette de petites feuilles située juste sous l’inflorescence) dépasse surtout autour du bouton. Chez la Succise et la Scabieuse, on note  la présence d’autres petites bractées dites ‘florales’ qui se trouvent intercalées entre les fleurs et les dépassent ; sur le scan ci-dessous, on voit quelques-unes de ces languettes parsemées entre les fruits surtout à droite sur la succise. De petites bractées florales existent aussi entre les fleurs de la Scabieuse ; mais elles restent collées sur le réceptacle. Il n’y a que la Knautie qui ne possède pas du tout de ces languettes intercalées.

cliquez dessus pour voir mieux les détails!

cliquez dessus pour voir mieux les détails!

L’involucelle concerne chaque petite fleur prise à part sur le capitule. Chez ces trois espèces assez proches, l’involucelle est en fait une sorte d’étui autour de chaque petit calice renfermant à terme un akène (la graine). Chez la Scabieuse, la base de cet involucelle est sillonnée et le haut est doté d’une collerette juponnée de texture scarieuse. A l’intérieur de cet étui se trouve le vrai calice et au sommet de ce calice une étoile de sépales résiduels effilés (des sortes de soies plus ou moins sombres) qui paraît sortir de l’involucelle.

Chez la Knautie qui, à la floraison, est visuellement proche de la scabieuse ; l’involucelle est très velu, une étoile de sépales en est séparée visuellement par un très petit espace occupé par un pied. Tout ceci est à observer à la loupe ou au compte-fil voire même à la loupe binoculaire!

 

Les involucelles très velus de la Knautie
Les involucelles très velus de la Knautie

Les involucelles très velus de la Knautie

Quand le capitule de fruits de la Scabieuse colombaire est bien mûr l’effet global est magnifique vu de près. Attention, l’observation des seules soies noires qui semblent si caractéristiques chez la Scabieuse peut induire en erreur car sur la Succise le calice à la fructification forme un anneau à pointes courtes d’où sortent des pointes effilées noires également,  mais le jupon n’y est pas !

Les involucelles juponnés de la Scabieuse et les soies noires chez Scabieuse et Succise.
Les involucelles juponnés de la Scabieuse et les soies noires chez Scabieuse et Succise.

Les involucelles juponnés de la Scabieuse et les soies noires chez Scabieuse et Succise.

Iconographie :

Auparavant, les botanistes n’y regardaient pas d’aussi près, si bien que la Knautie des champs a longtemps été considérée comme une scabieuse. Voyez par exemple dans l’ouvrage historique de Denis Dodart : « Recueil des plantes dessinées et gravées par ordre du roi Louis XIV » où se trouvent de magnifiques gravures à l’eau-forte, celle de Louis de Chatillon représentant la ‘Scabieuse commune’, c’est en fait une Knautia arvensis. La précision des détails floraux gravés en haut à gauche rend cette identification certaine, même à postériori.

L’ouvrage est visible sur la Bibliothèque digitale du jardin botanique royal de Madrid https://bibdigital.rjb.csic.es/viewer/15078

Eau-forte de Louis de Chatillon pour Denis Dodart : « Recueil des plantes dessinées et gravées par ordre du roi Louis XIV »

Eau-forte de Louis de Chatillon pour Denis Dodart : « Recueil des plantes dessinées et gravées par ordre du roi Louis XIV »

C’est la même chose pour cette aquarelle originale du 16ème  siècle légendée ‘Scabiosa’ de Jacques Le Moyne de Morgues qui provient des collections du Victoria and Albert Museum : https://collections.vam.ac.uk. Celle-ci ne fait pas figurer de fleurs rayonnantes sur le pourtour, caractéristiques de la Scabieuse et même un peu de la Knautie… et les feuilles de la Succise ne sont pas découpées comme c’est le cas ici… Les planches anciennes sont très belles mais pas toujours très fiables du point de vue botanique !

Aquarelle de Jacques Le Moyne de Morgues légendée 'Scabiosa'

Aquarelle de Jacques Le Moyne de Morgues légendée 'Scabiosa'

La Succise est finalement beaucoup plus facile à distinguer, déjà par sa couleur d’un bleu plus profond puis par ses corolles à 4 lobes et enfin par ses feuilles non découpées. Pour en apprendre davantage sur la Succise : https://www.zoom-nature.fr/une-belle-automnale-diabolique/

Quant à la Knautie, pour la différencier de la Scabieuse, le plus simple est de séparer les petites fleurs sur le capitule pour observer s’il se trouve  entre elles quelques languettes : les fameuses « bractées florales ». Leur absence confirme qu’il s’agit bien d’une Knautie. Il existe plusieurs espèces de Knauties, voici une alpine que je pense être Knautia dipsacifolia, dont le capitule intéresse deux Adèles aux très longues antennes et toute mordorées.

Sur l’excellent site de FLOREALPES, vous pouvez lancer une comparaison entre deux taxons ! Voici par exemple une page comparant la Knautie des champs et la Scabieuse colombaire :

https://www.florealpes.com/comparaison.php?compar_code_1=scabieusevetue&compar_code_2=knautiechamps&nouveau=1

Knautia dipsacifolia dans les environs d'Annecy

Knautia dipsacifolia dans les environs d'Annecy

Voir les commentaires

Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #iconographie, #voyages, #Fleurs

La Verveine citronnelle (Aloysia citrodora Palau) figure en bonne place au fond de ce jardin breton. Pourtant réputée peu rustique en climat tempéré, elle paraît en grande forme, très fleurie. En situation abritée, le pied a plus de vingt-cinq ans et n’a sans doute jamais souffert du gel !

La Verveine citronnelle (Aloysia citrodora Palau)
La Verveine citronnelle (Aloysia citrodora Palau)

La Verveine citronnelle (Aloysia citrodora Palau)

Cette plante sud-américaine, qui a porté quantité de noms différents (Aloysia triphylla (L'Hér.) Britton, Lippia citriodora Kunth, Lippia triphylla (L'Hér.) Kuntze, Verbena triphylla L'Hér., Zappania citrodora Lam.)  a repris finalement celui donné à sa première arrivée en Espagne, soit Aloysia citrodora Palau.

C’était alors l’Herbe de la Princesse en espagnol, en l'honneur de Marie-Louise de Parme, princesse des Asturies, femme de l'Infant Charles de Bourbon, alors propriétaire du Real Jardín Botánico de Madrid, dont la bibliothèque peut fournir cette image sans doute la première représentation, datée de 1784, extraite de «Parte práctica de Botánica del caballero Cárlos Linneo… » par Don Antonio Paláu y Verdéra (Tome I).

C’est bien elle qui fournit la verveine en herboristerie, et la tisane est délicieuse j’en suis témoin !

Pour mémoire, la véritable Citronnelle (Cymbopogon citratus), est une graminée, que j’ai vue en 2017, au Parc archéologique et botanique des roches gravées de Trois Rivières (Guadeloupe).

 

 

 

 

 

Mais retour au fond de ce jardin breton ! Abritée sous serre, se trouve une treille d’où pendent de belles grappes de raisin qui seraient du Muscat noir ; en cette saison le coup d’œil est vraiment tentant pour un photographe !

La treille abritée au fond du jardin (cliquez!)

La treille abritée au fond du jardin (cliquez!)

Quelques vues de l’ambiance du jardin dont les murs sont occupés par des poiriers en espaliers qu’on peut voir en arrière-plan d’une rangée de Bettes (ou Blettes, Poirée) soit Beta vulgaris L. subsp. vulgaris dont un pied se prépare à montrer sa floraison fort peu spectaculaire (les fleurs sont apétales).

Cette Bette est proche botaniquement parlant, de la Bette maritime (Beta vulgaris L. subsp. maritima) qui pousse abondamment sur le littoral atlantique, elle n’en diffère qu’au niveau de la sous-espèce, puis par une sélection ciblée sur l’intérêt gustatif propre à tous les légumes.

Beta vulgaris L. c’est aussi le nom latin pour la Betterave qui serait obtenue à l’origine depuis la Bette maritime... bien qu’on considère maintenant que tous les cultivars, donc les bettes et betteraves que nous connaissons, doivent être regroupés dans la sous-espèce vulgaris soit : Beta vulgaris L. subsp. vulgaris. 

Pour illustrer, une planche de Ferdinand Bauer dans  la Flora graeca de John Sibthrop, il s’agit là de Beta maritima.

Sibthrop, J., Smith, J.E., Flora Graeca (1806-1840) Dessin de Ferdinand Bauer

Sibthrop, J., Smith, J.E., Flora Graeca (1806-1840) Dessin de Ferdinand Bauer

Un pied fleuri de 'Feuille De Chêne' (Lactuca sativa var. crispa 'Feuille De Chêne') dans sa forme rouge se dresse entre les rames de haricots.

L’Oca du Pérou (Oxalis tuberosa Molina, ou Oxalis crenata Jacq.), occupe une plate-bande ; il semble fleurir assez rarement mais toujours du fait de la douceur du climat breton il l’était pour mon plaisir, par contre les tubercules n’étaient pas encore formés.

Pour finir, une vue générale sous un autre angle, au premier plan la Grande Camomille (Tanacetum parthenium (L.) Sch. Bip.)

Un grand merci pour leur accueil aux heureux propriétaires des lieux!

Voir les commentaires

Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Fleurs, #iconographie, #voyages, #jardins botaniques

Situé sur une pointe de l’ile de Batz, ce jardin botanique fondé il y a cent ans environ par Georges Delaselle, bien protégé par le Gulf Stream, abrite de nombreuses espèces originaires de l’hémisphère Sud. Voici un bref aperçu après une visite au mois de Septembre mais il faudrait le voir aussi à d’autres saisons !

De grands Cyprès de Lambert (Cupressus macrocarpa) plantés dès la création du jardin, et qui sont devenus extrêmement présents sur toute la côte bretonne autrefois très dénudée, ont créé une protection et un écrin pour les plantes fragiles.

Dans un jardin exotique de cette côte, il n’est pas surprenant de trouver le Palmier à Chanvre (Trachycarpus fortunei) et de beaux groupes de Cordylines (Cordyline australis) mais devant le Cocotier du Chili (Jubaea chilensis) réputé plus sensible au froid, j’étais admirative. Le voir ainsi, bien mis en valeur avec assez de recul, fait plaisir car il est installé dans la partie de pelouse qui abrite quelques vestiges archéologiques.

En ce mois de Septembre le secteur un peu ombragé de la palmeraie qui suit la nécropole, nous a offert quelques floraisons spectaculaires :

  • Le Boulos (Sonchus palmensis) une Astéracée des Iles Canaries.
  • Une Acanthacée sud-américaine, Justicia carnea Lindl. figure en plusieurs endroits du jardin
  • Une Solanacée à clochette bleue velue originaire de Colombie : Iochroma cyanea (Lindl.) M.L. Green.

Voici maintenant une superbe liane Polémoniacée originaire du Mexique que j’ai mitraillée de photos, la Cobée grimpante (Cobaea scandens).

 

 

 

 

Vers la pointe de l’Ile, le jardin comporte une partie dégagée réservée à des plantes de plein soleil comme des cactées, des succulentes et des graminées et il offre de beaux points de vue sur la côte et sur Roscoff.

Vue sur la côte depuis la pointe Sud du jardin
Vue sur la côte depuis la pointe Sud du jardin

Vue sur la côte depuis la pointe Sud du jardin

En revenant par le centre du jardin, j’ai d’abord croisé la route d’une imposante chilienne, le Tabac du diable ou Tupa (Lobelia tupa).

Puis dans un secteur consacré aux plantes des terres australes,  j’ai eu le plaisir de voir un arbuste que je ne connaissais que par les livres, un Banksia (Banksia integrifolia), dont les fruits sont aussi spectaculaires que les fleurs mais celles-ci n’étaient pas encore bien ouvertes.

Ce genre dédié à Sir Joseph Banks fut représenté de façon magistrale par Ferdinand Bauer, après le voyage en Australie (1801-1805) sous la direction de Matthew Flinders, commandant de l’Investigator, et avec le naturaliste Robert Brown. Je vous montre ici le Banksia coccinea car dans mes livres, il figure en bonne place sous deux formes. Voici d’abord la peinture originale de Bauer réalisée d’après ses notes pour l’Amirauté britannique au retour du voyage ; ces planches à l'aquarelle sont maintenant au British Museum.  

Dans un second temps Ferdinand Bauer, déçu de ne pas voir paraître l’important ouvrage prévu sur l’expédition, a réalisé une série de fines gravures sur cuivre qu’il a lui-même rehaussé de couleurs d’après ses notes prises sur place, très précises et comportant des codes chiffrés innombrables qui définissent des nuances subtiles de couleurs.

 Ferdinand Bauer « Illustrationes florae Novae Hollandiae »

De nombreuses fois depuis, de talentueuses illustratrices australiennes ont représenté le genre Banksia.

Pour finir, voici le lien sur le site du Jardin Georges Delaselle et son histoire:

http://www.jardin-georgesdelaselle.com/03_historique_FR/historique1_FR.html

 

Voir les commentaires

Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Fleurs, #iconographie, #Botanique

La Valériane grecque  ou Echelle de Jacob (Polemonium caeruleum L.) n’a de grec que le nom ; elle est bien indigène en Europe mais dans des types de milieux qui ne se trouveraient guère en Grèce puisqu’elle préfère un climat frais de moyenne altitude. On la trouve notamment dans des vallées jurassiennes ou alsaciennes, dans des lieux humides (prairies, bords de ruisseau). Pour ma part je l’ai prise en photo en Franche-Comté à proximité des tourbières de Frasnes. C’est une grande espèce des mégaphorbiaies qui est protégée au niveau national.

 Comme preuve que cette belle plante est depuis bien longtemps en Europe, voici deux bois gravés du 16ème siècle qui en attestent ! Pourtant, son statut de seule Polémoniacée à l’état naturel chez nous est parfois discuté, il pourrait s’agir d’une très ancienne introduction. Ci-dessous: Lobel, M. de, Plantarum seu stirpium icones (1581) vol. 1 (1591)

 

Dans son célèbre ouvrage de 1591 «Plantarum seu stirpium icones », Matthias de l’Obel classe la Valériane grecque avec les autres valérianes. Il reprend les noms donnés par Rembert Dodoens dans « Stirpium historiae pemptades sex » à peine antérieur (1583), dont « Valeriana graeca ».

Le bois gravé est en fait le même qui a servi pour les deux ouvrages, comme ce fut souvent le cas avec trois botanistes contemporains qui éditèrent dans ces années-là chez Plantin à Anvers : Dodoens, Lobel et Charles de l’Ecluse. Les dessins d’origine, modèles de ces gravures, sont probablement de Pieter van der Borcht.

 

Comme les Polemonium, les Phlox et les Collomia appartiennent à cette tribu des Polemoniae, originaire d’Amérique du Nord et d’Eurasie. En taxonomie, une tribu dénote une plus grande proximité des espèces que la famille (Polemoniaceae).

La Valériane grecque (Polemonium caeruleum L.)
La Valériane grecque (Polemonium caeruleum L.)

La Valériane grecque (Polemonium caeruleum L.)

Alors que les Phlox sont uniquement horticoles, Collomia grandiflora Douglas ex Lindl., est en France une échappée de jardin, mais il semble qu’on l’ait un peu aidée en 1846 en Alsace le long de la Thur d’où elle s’est propagée, choisissant de s’installer sur les berges sablonneuses des cours d’eau notamment dans le Massif central. Elle devient plus ou moins indésirable mais pas envahissante : elle ne mérite certes pas le terme de peste végétale, comme la Jussie par exemple !

A l’origine la Collomie à grandes fleurs habite le Nord-Ouest des Etats-Unis, elle y est observée et nommée par  David Douglas au bord de la rivière Columbia ; il récolte des graines de cette annuelle en 1828, puis elle est introduite dans le jardin de la Société d’Horticulture de Londres, d’où elle se disséminera dans les jardins européens.

La Collomie à grandes fleurs (Collomia grandiflora Douglas ex Lindl.)
La Collomie à grandes fleurs (Collomia grandiflora Douglas ex Lindl.)

La Collomie à grandes fleurs (Collomia grandiflora Douglas ex Lindl.)

Très peu de temps après son apparition, Jean Henri Jaume Saint-Hilaire (1772-1845) botaniste et peintre de fleurs, représente la Collomia grandiflora dans : « La Flore et la Pomone françaises : histoire et figure en couleur, des fleurs et des fruits de France ou naturalisés sur le sol français » (1828-1833).

 

J’ai eu la surprise de découvrir la Collomie à grandes fleurs pour la première fois au bord de l’Ardèche dans une zone caillouteuse, à Vogué et je l’ai crue d’abord vraiment accidentelle à cet endroit. La couleur saumonée pâle des corolles en trompettes rehaussée par le bleu des anthères n’est pas commune et ressort bien sur la tête florale scintillante grâce aux poils glanduleux des calices.

Collomia grandiflora Douglas ex Lindl. à Vogué (Ardèche)

Collomia grandiflora Douglas ex Lindl. à Vogué (Ardèche)

Voir les commentaires

Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Fleurs, #iconographie, #Botanique

En cherchant à identifier quelques centaurées les mois derniers, j’ai vu que deux éléments étaient prioritaires à détailler : les bractées de l’involucre qui sont d’une incroyable variété et aussi la présence ou non d’une couronne de fleurs rayonnantes sur la périphérie de la corolle.

Cette gravure de 1700, sortie de « Institutiones rei herbariae » de Joseph Pitton de Tournefort, montre assez  clairement les deux formes de fleurs pouvant figurer sur le réceptacle des centaurées. Claude Aubriet a représenté ici le Bleuet.

Jusque récemment le Bleuet ou Barbeau faisait partie du genre Centaurea ; Centaurea cyanus L. est devenu Cyanus segetum Hill. Il est amusant qu’il ait repris le nom de genre que lui donne Tournefort : Cyanus. En fait les Cyanus ne diffèrent guère des centaurées en dehors du fait qu’ils sont franchement bleus.

La Centaurée des montagnes (Cyanus montanus (L.)Hill),  que je vous montre ici, vue sur le plateau du Revard au-dessus du lac du Bourget, a du coup été rangée dans le genre Cyanus.

On peut y reconnaître comme sur la gravure de 1700 les deux formes de fleurs figurant en général sur le réceptacle des centaurées. Sur le centre, des corolles plus tubulaires et fertiles, sur le pourtour des fleurs plus grandes à corolles évasées en entonnoir mais tout à fait stériles (sans pistils ni étamines), qui ne sont là que comme pôle d’attraction visuel pour les pollinisateurs.

Centaurea pectinata L. (Centaurée en peigne, Centaurée pectinée)

La centaurée en peigne possède de longs appendices sur les bractées de l’involucre, prolongées par un filament cilié roussâtre qui se retourne en boucle créant une sorte de petite cage aérée autour de l’involucre. Il est notable que les fleurs du pourtour ne sont pas rayonnantes, ce qui pourrait permettre de la distinguer de la suivante mais de toute façon elle ne figure pas dans les mêmes zones ; elle préfère une zone méditerranéenne et remonte un peu dans le massif central. Ma photo est prise en Ardèche.

Ci-dessus, la gravure : Reichenbach, H.G.L., Iconographia botanica seu plantae criticae (1823-1832)

 

Centaurea nervosa Willd.

Cette centaurée ne possède pas de nom vernaculaire car elle a probablement été autrefois assimilée à la Centaurée uniflore (Centaurea uniflora L.) et comme elle, elle est monocéphale et montagnarde ce qui ne facilite pas la tâche. 

La différence la plus notable serait dans la pilosité des feuilles : C.nervosa possède des feuilles velues mais assez rudes au toucher alors que sur C.uniflora les feuilles semblent plus pelucheuses. L’involucre de bractées est bien plus volumineux que sur la centaurée en peigne mais très similaire.

Par contre sur la périphérie de la corolle figurent de belles fleurs rayonnantes. Mes photos sont prises sur le Semnoz près d’Annecy.

Centaurea aspera L. (Centaurée rude)

Là aussi, les bractées de l’involucre permettent tout de suite l’identification. Cinq petites épines rousses retournées dont la centrale est un peu plus longue. Les fleurs du pourtour sont un peu rayonnantes mais pas tellement. J’étais contente de la trouver dans une limite assez septentrionale de sa répartition sur des dunes littorales près de Saint Malo. Elle habite plutôt le midi et remonte le long de la côte atlantique.

 

Un grand groupe initial des Centaurea paniculata de Linné (on ajoute sensu latissima pour exprimer ce groupement d’espèces très proches) s’est divisé en nombreuses espèces maintenant reconnues et c’est surtout le détail très précis des appendices des bractées médianes de l’involucre qui a compté pour établir ces différences ainsi peut-être que leur territoires de répartition. Cette illustration issue de la Florae Austriaceae (1773-1778) de Nicolaus Joseph von Jacquin montre Centaurea paniculata L. dont les involucres restent de petite taille et la tige est très ramifiée.

Centaurea maculosa Lam. (Centaurée maculée, Centaurée tachetée) s’est détachée de ce grand groupe. J’ai découvert cette centaurée sur les plateaux calcaires très arides de l’Ardèche. Elle est dégingandée, avec des ramifications aériennes pourvues de feuilles maigres, velues-blanchâtres. Les capitules sont assez hauts et fins. Les bractées en sont notablement rayées et ornées de dents qui se détachent en clair sans se retourner. Elle semble porter une simple couronne de longues fleurs rayonnantes sur le tour de la corolle.

 

Voir les commentaires

Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Fleurs, #iconographie, #Botanique

Un court séjour du côté d’Annecy m’a permis, il y a peu, de découvrir une curiosité, la Gentiane hybride (Gentiana × hybrida Schleich. ex DC.), qui résulte du croisement de la Gentiane jaune (G. lutea L.) et de la Gentiane pourpre (G. purpurea L.). Il faut bien entendu, que coexistent dans un secteur restreint les deux espèces parentes et cela se produit près d’Annecy sur le Semnoz, à la limite des arbres en redescendant sur Leschaux. Il semble que cette observation ne soit pas commune, mais possible aussi que les stations soient laissées assez secrètes…

 

Pour mémoire, voici les photos prise ce jour là au même endroit de Gentiana lutea puis de Gentiana purpurea
Pour mémoire, voici les photos prise ce jour là au même endroit de Gentiana lutea puis de Gentiana purpurea
Pour mémoire, voici les photos prise ce jour là au même endroit de Gentiana lutea puis de Gentiana purpurea

Pour mémoire, voici les photos prise ce jour là au même endroit de Gentiana lutea puis de Gentiana purpurea

J’ai pourtant retrouvé une ancienne représentation de cet hybride avec cinq aspects évolutifs possibles entre G. lutea L. et G. purpurea L.

Il s’agit de l’illustration d’un article des Mémoires de la Société d’Histoire Naturelle de Paris (vol. 1: t. 5) daté de 1823, dont le titre complet est « L’hybridité des plantes en général et particulièrement sur celle de quelques gentianes alpines » par MM. Guillemin et Dumas.

Cinq aspects évolutifs possibles entre G. lutea L. et G. purpurea L. (illustration de 1823)

Cinq aspects évolutifs possibles entre G. lutea L. et G. purpurea L. (illustration de 1823)

Une station remarquable découverte au sommet du Môle (au Sud-Est d’Annemasse), sur un revers orienté Nord fait l’objet de l’article : parmi une très riche population de Gentiane pourpres, quelques pieds de Gentianes jaune se trouvent entourés à peu de distance (moins de 2 m) par des hybrides. Il est présumé dans le texte que les pieds de Gentianes jaunes seraient les pères, fécondant de leur pollen (plus mobile du fait de la hauteur de la plante et de l’ouverture de la corolle), les pieds  de gentianes pourpres dont les corolles sont plus fermées et les pieds moins hauts.

Les auteurs notent :

  • Les hybrides sont presque aussi hauts que G. lutea
  •  
  • Leurs feuilles sont plus allongées et plus brillantes que celles de G. lutea dont les feuilles sont toujours assez glauques
  •  
  • Certains hybrides présentent des fleurs pédicellées et non sessiles comme celles de la G.purpurea
  •  
  • Les divisions de la corolle dépassent la moitié de sa longueur.

Peut-être trouverez-vous certains de ces critères dans mes quelques photos prises de cet hybride du Semnoz… toujours est-il que mon fils, en bon rabatteur, est venu me trouver ce jour-là m’alertant sur la différence de taille et l’allure générale un peu différente de ces pieds au milieu des gentianes pourpres ! J’ai tout de suite été interpellée par la profondeur des découpes des lobes de la corolle. Sur les deux fleurs que j’ai gardées en herbier et dont voici un scan, c’était encore plus évident du fait que la couleur pourprée a beaucoup pâli sur la fleur de l’hybride à droite, la fleur de gentiane pourpre est restée sombre.

Scan de mes deux corolles en herbier: à gauche G.purpurea et à droite l'Hybride: (Gentiana × hybrida Schleich. ex DC.))

Scan de mes deux corolles en herbier: à gauche G.purpurea et à droite l'Hybride: (Gentiana × hybrida Schleich. ex DC.))

Voici une phrase de cet article de 1823 : « Nul doute qu’entre les deux espèces primitives, il n’existe tous les intermédiaires possibles et qu’ils ne forment une chaine non interrompue et même linéaire puisqu’il n’y a de relation qu’entre deux espèces ou deux points donnés ».

A bientôt du côté d’Annecy !

Voir les commentaires

Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Fleurs, #voyages, #iconographie, #Botanique

Deux espèces parmi les cinq Germandrées que j’ai vues en Ardèche se trouvaient dans l’élément qui leur convient: le rocher ou des éboulis de roches. Il s’agit de la Germandrée Petit-chêne (Teucrium chamaedrys L.)

et de la Germandrée des montagnes (Teucrium montanum L.), ci-dessous.

Ces deux espèces, vues au Nord de la Loire seraient des données intéressantes mais là, rien de spectaculaire !

ci-dessus, la Germandrée jaune (Teucrium flavum L.), en revanche est plus strictement méditerranéenne ; celle-ci se trouvait dans les falaises et éboulis des gorges de l’Ardèche, à peu près dans sa limite nord de répartition.

Dans la famille des Labiées, la corolle doit s’observer à la loupe ; chez les Germandrées la lèvre supérieure est carrément absente, tout le contraire des Lamiers qui eux portent de belles casquette ! On peut bien voir néanmoins sur cette photo de la Germandrée jaune deux longs lobes dressés de chaque côté qui seraient des vestiges de cette lèvre supérieure, déjà réduite à une très courte languette fendue en deux dans le genre Ajuga.

Un dernier groupe de Germandrées est assez vite distingué du fait de l’allure de petites boules velues de ses inflorescences. Voici ci-dessous la Germandrée tomenteuse (Teucrium polium L.).

Cette dernière figure avec la Germandrée Petit-chêne sur la belle eau-forte de Claude Aubriet ci-dessous.

Eau-forte de Claude Aubriet pour « Institutiones rei herbariae » de Joseph Pitton de Tournefort

Eau-forte de Claude Aubriet pour « Institutiones rei herbariae » de Joseph Pitton de Tournefort

Pour un célèbre ouvrage de botanique datant de 1700 « Institutiones rei herbariae » de Joseph Pitton de Tournefort, Claude Aubriet a représenté avec précision 451 planches de détails floraux qui doivent selon l’opinion de l’auteur, suffire pour répertorier et classer la flore connue. Il invente le concept de genre, et sa classification sera une base pour le travail  ultérieur de Linné. Mais son système de classification dit Système artificiel, trouve assez vite ses limites, car il ne considère aucun autre organe de la plante et du coup il ne reconnait pas la division basique entre monocotylédones et dicotylédones pourtant déjà révélée avant lui : c’est le Système naturel qui aura du mal à s’imposer car s’il est plus logique, il nécessite des connaissances plus approfondies, il est donc plus difficile à utiliser. Voyez comme même de nos jours certains ouvrages basiques (mais ce ne sont pas réellement des flores !) font voisiner pissenlit et bouton d’or sous prétexte qu’ils sont tous deux jaunes ; c’est un peu le même phénomène : l’aspect pratique prend le dessus…

Il faut bien dire pour les Labiées, que beaucoup de renseignements sont donnés par la seule observation détaillée de la fleur, par exemple le Marrube noir (Ballota nigra L.), seule espèce en France du genre Ballota se reconnait plutôt à ses calices développés et élargis en étoile rigides, regroupés en verticilles fournis.

 

Le Marrube noir (Ballota nigra L.)

Le Marrube noir (Ballota nigra L.)

Mais comparez avec les calices en verticilles également du Calament clinopode (Clinopodium vulgare L.) ci-dessous, ils sont ici très velus et leurs pointes fines sont recourbées.

Chez la Marlolaine sauvage ou Origan (Origanum vulgare L.), les nombreuses bractées rougeâtres imbriquées qui couvrent le calice sont un élément facile à repérer ainsi que les quatre étamines saillantes à anthères pourpres.

Les différentes espèces de Galeopsis sont difficiles à distinguer ; en gros il s’agit de l’Ortie royale ; je me suis risquée à nommer celui-ci Galeopsis angustifolia Hoffm. D’une façon générale le tube de la corolle est long et saillant, deux gibbosités marquent le pliage de la lèvre inférieure.

Toutes les photos de cet article sont encore ardéchoises, mais bientôt je vous emmène du côté d’Annecy !

Voir les commentaires

Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #voyages, #Fleurs

Non loin de Ruoms, toujours en Ardèche, nous avons traversé un plateau aride où affleurent partout des blocs et dalles de calcaire, c’est un lapiaz. Nous y avons découvert une zone de dolmens : les dolmens de Font Méjannes, faisant partie d’un ensemble plus grand : la nécropole de Bourbouillet. Font Méjannes est aussi le nom de la source qui alimente le ruisseau au fond du vallon.

Dans le lit de ce ruisseau de Fontgraze, au mois de Juin, il reste de l’eau dans de belles vasques profondes nommées plus précisément des gours mais le ruisseau est souvent à sec. C’est bien sûr un lieu à l’équilibre fragile où subsistent des espèces animales et végétales rares et protégées.

Et en effet, je n’ai pas récolté d’échantillons de ce petit Centranthe chausse-trappe (Centranthus calcitrapa (L.) Dufr.) pour l’herbier temporaire qui me sert juste à affiner mes déterminations. De toute façon, il était tellement surprenant par ses fructifications que les nombreuses photos prises ce jour-là m’ont permis de découvrir son nom avec quelques difficultés pourtant… mais cette sorte d’enquête à mener me plait beaucoup en vérité !

 Il faut dire, pourtant que ces sortes de fructifications exubérantes sont un peu atypiques pour cette espèce et je me pose quelques questions…

 

Beaucoup plus commune, voilà une ombellifère méditerranéenne qui ne manque pas de charme : l’Orlaya à grandes fleurs (Orlaya grandiflora (L.) Hoffm.)

Toujours sur les dalles calcaires, le Liseron cantabrique (Convolvulus cantabrica L.) est à photographier le matin quand il est tout frais épanoui.

 

 

Pour finir sur ce site, une larve bariolée de Pentatomidae, c’est-à-dire une punaise, mais laquelle au juste ? peut-être un Carpocoris… sur une Epiaire droite en fruits (Stachys recta L.).

Du côté de Chapias, près de Ruoms

Du côté de Chapias, près de Ruoms

Un peu plus à l’est, mais toujours à l’ouest de Ruoms, près du village de Chapias, sur un site très semblable de plateau calcaire très aride, j’ai trois autres plantes typiques à vous montrer parmi lesquelles l’œillet de Godron ou Œillet giroflée (Dianthus godronianus Jord.) qui enchante les yeux et le nez !

 

 

Voici le petit Ail des vignes (Allium vineale L.) qui peut présenter des aspects variés, parfois avec des fleurs et souvent plutôt ainsi avec seulement des bulbilles rougeâtres libérant rapidement de fines pousses vertes tortillées.

 

Puis une très fine composée du Midi que je n’avais pas remarqué jusque-là vu sa discrétion : c’est la Crupine vulgaire (Crupina vulgaris Cass.), dont on voit ici à gauche un akène mûr près de s’échapper avec la couronne de soies brun-doré qui m’a permis de l’identifier.

 

Voir les commentaires

Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Fleurs, #voyages

En ce mois de Juin, les insectes bien que devenus moins nombreux depuis quelques années m’ont tout de même offert quelques beaux clichés au hasard de mes rencontres sur le terrain, à condition toutefois qu’ils se tiennent un peu tranquilles ce qui limite les espèces qui me sont accessibles !

Le Grand Fourmilion (Palpares libelluloides) est une espèce spectaculaire par sa taille, l'imago possède une envergure de 10 à 12 cm et son vol est assez embarrassé, il n’a pas du tout la vivacité d’une libellule. On ne dirait pas, le voyant ainsi avec sa beauté fragile, que sa larve est redoutable : à l’affût au fond d’un petit entonnoir en sable, elle dévore les insectes qui y chutent.

Mon morceau de bravoure, c’est un superbe Ascalaphe ambré (Libelloides longicornis) pendu sur une petite graminée typique du Midi, l’Egilope ovale (Aegilops geniculatus). Lui, vole avec beaucoup de vivacité mais il lui faut un rayon de soleil pour se motiver et il passe parfois de longs moments au repos les ailes repliées en toit où parfois étalées, ce qui ne manque pas de nous émerveiller.

 

Ces deux premiers insectes font partie de la famille des Névroptères, mais passons maintenant à la famille des Orthoptères !

Sur le Carthame laineux (Carthamus lanatus), qui est plus piquant que laineux, j’ai pu admirer un gros orthoptère qu’il n’est pas rare de rencontrer et surtout d’observer et photographier à loisir car il reste très immobile, une façon comme une autre de passer inaperçu. C’est l’Ephippigère des vignes (Ephippiger diurnus). La présence du sabre ou tarière qui lui permet de percer des tiges pour y déposer ses œufs, montre qu’il s’agit d’une femelle.

L’Ephippigère des vignes (Ephippiger diurnus)

L’Ephippigère des vignes (Ephippiger diurnus)

La Decticelle splendide (Eupholidoptera chabrieri) rencontrée dans les gorges de la Ligne, bien que deux fois plus petite, mérite son nom, ne trouvez-vous pas ? Elle ne peut pas voler car ses ailes sont réduites à deux petites écailles tout comme l’Ephippigère, mais elle saute bien. Celui-ci est un mâle qui ne possède donc pas d’oviscapte (c’est le sabre).

Et puis les Papillons bien sûr, sont plus difficiles à prendre en photo mais j’ai pu avec bonheur en surprendre quelques-uns. Certaines petites espèces restent en groupes comme par exemple ces petits papillons bleus qu’il n’est pas rare d’observer au sol sur le pourtour humide des mares. Je ne saurais donner un nom plus précis car tous ces petits Argus se ressemblent beaucoup. 

Des Argus au sol près d'une mare. Selon le commentaire de Muriel: " les 2 premiers sont a priori les mâles de l'Azuré commun et de l'Azuré de l'oxytropide, celui qui a les ailes ouvertes semble être le mâle de l'Azuré d'Escher et le plus à droite une femelle de l'Argus de l'hélianthème".

Des Argus au sol près d'une mare. Selon le commentaire de Muriel: " les 2 premiers sont a priori les mâles de l'Azuré commun et de l'Azuré de l'oxytropide, celui qui a les ailes ouvertes semble être le mâle de l'Azuré d'Escher et le plus à droite une femelle de l'Argus de l'hélianthème".

 Je ne serai guère plus précise pour ceux-ci : se nourrissant sur l’Origan (Origanum vulgare) mais ce sont à coup sûr des Théclas  en nombre, dont les ailes s’illuminent au soleil de reflets cuivrés.

Facile à admirer quand il est occupé à pomper du nectar avec sa trompe, le Demi-deuil (Melanargia galathea) est une espèce très commune partout en France mais dans le Midi, posé sur la Centaurée pectinée (Centaurea pectinata) rose ou encore sur la Centaurée du Solstice (Centaurea solsticialis) d’un jaune éclatant, il crée un tableau séduisant.

Un grand papillon aux ailes sombres traversées d’une large bande blanche vole partout en Ardèche : le Silène (Brintesia circe).  Deux individus ont posé tranquillement le temps d’un accouplement, autant dire qu’ils ne faisaient guère attention à moi et j’ai pu en profiter !

A bientôt toujours en Ardèche!

Voir les commentaires

<< < 10 11 12 13 14 15 16 > >>