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Botazoom, Botanique et Iconographie

Botazoom, Botanique et Iconographie

Ce blog est destiné aux curieux de botanique. En s’appuyant sur les photos que j’ai pu faire en voyage, et sur de l’iconographie ancienne, il rentre un peu dans les détails qui m’ont permis d’identifier une espèce, mais son contenu doit être considéré comme celui d’une botaniste amateur !

Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Arbustes

Dans la Flore illustrée des Phanérogames de Guadeloupe et de Martinique, Jacques Fournet fait mention d’une petite population particulière de coton : Gossypium hirsutum L. race yucatanense J.B Hutchinson, assez facile à reconnaître du fait de son port rampant et grimpant donc inattendu pour un Gossypium habituel. J’ai eu le plaisir de voir et de photographier ce coton sans être consciente d’avoir là une rareté sous les yeux. La station n’est pas difficile à trouver car il se trouve dans un lieu assez touristique mais c’est le seul endroit où existe ce cotonnier tétraploïde primitif, qui fait maintenant l’objet de beaucoup d’attention : il est cultivé à proximité et le but est d’inclure ses semences dans la banque de gènes de l’IRCT (Institut de Recherches du Coton et des Textiles exotiques)

Un Coton

 Je n’avais pas bien réalisé qu’il existait en fait au moins cinquante espèces de Gossypium dans le monde. Quatre sont les cotons cultivés dont voici les noms : Gossypium arboreum, G. herbaceum, G. barbadense et G. hirsutum. Le plus courant était sans doute Gossypium barbadense, en tout cas celui dont la qualité des fibres, plus longues et fines, était la meilleure mais aussi la plus chère, car sa maturation était plus longue ; c’est finalement le plus productif soit Gossypium hirsutum qui est devenu incontournable maintenant. Les deux premières espèces sont encore un peu cultivées en Asie et en Afrique.

 

Dans une capsule de coton, les poils les plus longs attenant à la graine peuvent atteindre 4 cm, ils  sont nommés « lints » et servent pour fabriquer le fil à tisser, le fil à coudre, des cordages et filets et dans un second temps le beau papier chiffon des peintres et graveurs. Pour préserver une meilleure qualité des lints, les récoltes se font à la main. Les fibres plus courtes, les « linters » ou « fuzz » servent en pâte pour les usages industriels plus courants.

Une caractéristique notée aussi pour ma race yucatanense et que les lints sur le fruit ouvert sont plutôt beiges que blancs et comme vous voyez aussi, moins fournis que sur un coton cultivé!

Le Gossypium hirsutum type peut atteindre deux mètres de haut c’est un arbuste pérenne ramifié ; il est cultivé cependant comme une plante annuelle. La feuille de G.hirsutum comprend 3 à 5 lobes (plutôt 3 peu échancrés pour ssp yucatanense) alors que sur G.barbadense la feuille est plus longue et profondément découpée en 3 à 7 lobes. J’ai trouvé quelques illustrations à montrer pour les 2 espèces principales soit G.barbadense et G.hirsutum, des chromolithographies issues d’un ouvrage de F.Parlatore , de 1866 : « Le specie dei cotoni ».

 

Sur cette planche détaillée du Dictionnaire universel d’Histoire Naturelle de C.V.D d’Orbigny datée de 1841-49 on voit Gossypium barbadense sous un des ses anciens noms.

Sur cette planche détaillée du Dictionnaire universel d’Histoire Naturelle de C.V.D d’Orbigny datée de 1841-49 on voit Gossypium barbadense sous un des ses anciens noms.

La belle fleur typique des Malvacées est d’un blanc crémeux pour celui que j’ai vu mais plus jaune pour les autres espèces. Sur cette photo on voit que le pistil dépasse bien du faisceau des étamines de la colonne staminale.

Et ci-dessous on peut voir toutes les étapes: la fleur en bouton, presque ouverte, et en haut les capsules d'un vert sombre en cours de maturation.

 

La plante est ponctuée de petites glandes noires et je les ai retrouvées sur mes photos de la sous-espèce guadeloupéenne. On le voit bien ici sur les 3 bractées laciniées de l’épicalice.

Vous êtes un quarantaine d'abonnés à mes articles! un grand merci à vous!

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Fleurs

« Hortensia tropical », tel est parfois le nom usuel donné au Dombeya, un superbe petit arbre que j’ai eu le plaisir de voir en Février au Sud du Portugal, à Tavira, où il est présent en plusieurs endroits de la ville.

Un Dombeya

Je ne l’ai pas identifié très vite et pourtant peut-être trop vite quand même, car il est possible qu’il ne s’agisse pas de l’espèce type Dombeya wallichii. En effet en faisant ces recherches j’ai trouvé qu’il existait un hybride Dombeya x cayeuxii, créé par Cayeux en 1895 au jardin botanique de Lisbonne (donc pas loin de Tavira !) et cet hybride semble plus répandu dans les jardins que le D.wallichii d’abord arrivé en culture en Europe vers 1800. N’ayant plus la plante sous les yeux, je regrette évidemment de ne pas avoir suffisamment observé certains détails comme par exemple la présence ou non de bractées vertes enveloppant l’ombelle ainsi que de stipules assez conséquentes au contact de la tige avec le pédoncule floral; ces deux détails semblent très probants pour identifier D.wallichii comme on peut le voir sur cette illustration de 1823 issue du Botanical register.

Un Dombeya

Dombeya wallichii (Lindl.) K.Schum, qui est originaire de l’Est de Madagascar où il est en danger d’extinction dans ses stations naturelles, a donc été croisé avec une espèce d’Afrique australe, Dombeya burgessiae Gerard ex Harv., dont je vous montre ci-dessous une illustration d’un célèbre dessinateur de botanique, Walter Hood Fitch, qui produisit une quantité de planches pour le Curtis’s Botanical Magazine.

Un Dombeya

J’ai ajouté un détail qui permet de mieux voir comment ces fleurs de Dombeya sont particulières avec sortant du cœur de la corolle un tube staminal où alternent des vraies étamines (par trois) et cinq staminodes pétaloïdes plus longues. Le tube encercle un pistil assez long avec les 5 filets décoratifs en boucle de son stigmate.

 

L'ombelle de droite, fanée, garde ses pétales rouillés.

L'ombelle de droite, fanée, garde ses pétales rouillés.

J’ai trouvé aussi ci-contre, une illustration de l’hybride de 1954, où il est nommé Dombeya cayeuxii André, je trouve néanmoins que mes photos montrent un dombeya d’un rose plus vif et plus fourni en fleurs, des critères qu’on trouve moins chez l’hybride !  

Une autre propriété commune au genre Dombeya est la marcescence des pétales : ils ne tombent pas mais roussissent et persistent dans l’ombelle. Les feuilles sont souvent poilues avec des poils simples, glandulaires et même étoilés.

Les grandes feuilles du Dombeya.

Les grandes feuilles du Dombeya.

A la Réunion, il existe actuellement 7 espèces de Dombeya endémiques des Mascareignes, dont le Mahot rouge, Dombeya reclinata, qui est endémique ; je n’ai vu malheureusement que le feuillage de ce Mahot rouge qui était bien velu roussâtre et couvert de poils étoilés.

Vous pouvez consulter ce site réunionnais si vous le désirez :

http://www.mi-aime-a-ou.com/genre.php?genre=Dombeya

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Arbres

Le seul palmier vraiment naturel en France, (dans le Midi !) et bien rarement observé à l’état sauvage, c’est Chamaerops humilis L., le Palmier nain qui présente le plus souvent une allure en touffe avec plusieurs rejets sortant d’une même souche, le stipe (le tronc) reste assez court ce qui lui donne un port buissonnant. Mais cependant il existe des spécimens solitaires qui peuvent prendre l’allure d’un jeune palmier à chanvre, très commun en France, car s’il n’est pas nettoyé, le stipe est également très encombré de fibres. Il convient alors de vérifier les pétioles des palmes qui sont chez le palmier nain garnis d’épines très acérées qu’on ne trouve pas chez le Palmier à chanvre.

Dans la réserve de Rio Formosa près d’Olhao, au sud du Portugal

Dans la réserve de Rio Formosa près d’Olhao, au sud du Portugal

Dans le célèbre « Traité des arbres et arbustes » de Duhamel du Monceau (1819), cette illustration n’est pas de P.J. Redouté mais de Pancrace Bessa, un de ses élèves, on y voit que s’il est protégé et entretenu le Palmier nain peut prendre de la hauteur (de 3 à 6m environ) ; dans le texte joint il est déclaré que cette illustration a été réalisé d’après « l’un des plus grands individus de cette espèce existant maintenant au jardin du Roi », c'est à dire maintenant le jardin du Museum National d'Histoire Naturelle.

 

Le Palmier nain est aussi appelé Doum mais c’est impropre car le véritable Doum est un palmier égyptien très particulier dont le stipe peut vraiment se ramifier. Le Palmier nain est souvent cultivé comme une plante d’orangerie au Nord de la France, mais il semble capable de se maintenir l’hiver en pleine-terre puisque mes photos d’octobre le montrent là à Paris, en place, dans les plates-bandes de botanique du Muséum d’Histoire Naturelle, on peut même constater qu’il y présente une belle fructification presque appétissante, mais la chair de cette « datte » est astringente et trop fibreuse.

 

Voici mes photos récentes du palmier nain du Jardin des Plantes à Paris

 

Et voici une illustration issue de la Revue Horticole de 1892 qui donne envie de croquer dedans!

Mais quand j'ai vu ses dattes dans le Sud du Portugal dans la réserve de Rio Formosa près d’Olhao, je n'avais plus envie d'y gouter! Il se trouvait là dans un environnement plus naturel, c’était en février et les fruits étaient en fin de cycle montrant une fibre serrée par endroits sous la pulpe fine et noirâtre. Constatez là aussi la taille des épines longues mais pas très nombreuses le long du pétiole.

 

Les feuilles palmées comptent une trentaine de segments raides longs d’environ 40 cm, assez fins et acuminés, soudés à la base en éventail et indupliqués: la nervure des segments est au fond du pli. L’hastula qui marque le point d’insertion des segments sur le pétiole est ici un ourlet surélevé plutôt triangulaire et non en arc de cercle comme chez le Palmier à chanvre. Cette hastula, l’éventail et le haut du pétiole sont plus ou moins revêtus d’un tomentum blanchâtre.

 

Pour une sous-espèce montagnarde présente au Maroc dans l’Atlas (chamaerops humilis var. cerifera), ce revêtement blanc cireux est si présent sur le dessus comme au revers des palmes que celles-ci en deviennent argentées et ce palmier devient du coup le plus résistant au froid. Les bourgeons apicaux pouvaient se consommer  en légumes au Maghreb en cas de disette, ce qui condamnait le stipe ; la souche devait alors pour survivre produire d’autres stipes puisque ce palmier nain a la capacité de former des drageons après un incendie par exemple. Mais c’est surtout l’exploitation des fibres de ses palmes pour exporter depuis le Maroc des tonnes de crin végétal qui a causé sa raréfaction en milieu naturel.

Les quelques stations françaises de ce palmier nain sont top-secret!

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