Dans la Flore illustrée des Phanérogames de Guadeloupe et de Martinique, Jacques Fournet fait mention d’une petite population particulière de coton : Gossypium hirsutum L. race yucatanense J.B Hutchinson, assez facile à reconnaître du fait de son port rampant et grimpant donc inattendu pour un Gossypium habituel. J’ai eu le plaisir de voir et de photographier ce coton sans être consciente d’avoir là une rareté sous les yeux. La station n’est pas difficile à trouver car il se trouve dans un lieu assez touristique mais c’est le seul endroit où existe ce cotonnier tétraploïde primitif, qui fait maintenant l’objet de beaucoup d’attention : il est cultivé à proximité et le but est d’inclure ses semences dans la banque de gènes de l’IRCT (Institut de Recherches du Coton et des Textiles exotiques)
Je n’avais pas bien réalisé qu’il existait en fait au moins cinquante espèces de Gossypium dans le monde. Quatre sont les cotons cultivés dont voici les noms : Gossypium arboreum, G. herbaceum, G. barbadense et G. hirsutum. Le plus courant était sans doute Gossypium barbadense, en tout cas celui dont la qualité des fibres, plus longues et fines, était la meilleure mais aussi la plus chère, car sa maturation était plus longue ; c’est finalement le plus productif soit Gossypium hirsutum qui est devenu incontournable maintenant. Les deux premières espèces sont encore un peu cultivées en Asie et en Afrique.


Dans une capsule de coton, les poils les plus longs attenant à la graine peuvent atteindre 4 cm, ils sont nommés « lints » et servent pour fabriquer le fil à tisser, le fil à coudre, des cordages et filets et dans un second temps le beau papier chiffon des peintres et graveurs. Pour préserver une meilleure qualité des lints, les récoltes se font à la main. Les fibres plus courtes, les « linters » ou « fuzz » servent en pâte pour les usages industriels plus courants.
Une caractéristique notée aussi pour ma race yucatanense et que les lints sur le fruit ouvert sont plutôt beiges que blancs et comme vous voyez aussi, moins fournis que sur un coton cultivé!
Le Gossypium hirsutum type peut atteindre deux mètres de haut c’est un arbuste pérenne ramifié ; il est cultivé cependant comme une plante annuelle. La feuille de G.hirsutum comprend 3 à 5 lobes (plutôt 3 peu échancrés pour ssp yucatanense) alors que sur G.barbadense la feuille est plus longue et profondément découpée en 3 à 7 lobes. J’ai trouvé quelques illustrations à montrer pour les 2 espèces principales soit G.barbadense et G.hirsutum, des chromolithographies issues d’un ouvrage de F.Parlatore , de 1866 : « Le specie dei cotoni ».


Sur cette planche détaillée du Dictionnaire universel d’Histoire Naturelle de C.V.D d’Orbigny datée de 1841-49 on voit Gossypium barbadense sous un des ses anciens noms.
La belle fleur typique des Malvacées est d’un blanc crémeux pour celui que j’ai vu mais plus jaune pour les autres espèces. Sur cette photo on voit que le pistil dépasse bien du faisceau des étamines de la colonne staminale.

Et ci-dessous on peut voir toutes les étapes: la fleur en bouton, presque ouverte, et en haut les capsules d'un vert sombre en cours de maturation.

La plante est ponctuée de petites glandes noires et je les ai retrouvées sur mes photos de la sous-espèce guadeloupéenne. On le voit bien ici sur les 3 bractées laciniées de l’épicalice.

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