C’est une côte sableuse pour l’essentiel qui présente des aspects variés.

Juste au Nord de Capesterre Belle Eau se trouve une belle plage de cartes postales, la plage de Roseau. Un large aménagement d’enrochements en épis a protégé le littoral de l’érosion en créant là une succession de petites criques. La plage assez large est parsemée de carbets très convoités et de palmiers, mais pas seulement !

D’autres espèces ponctuent cette plage comme par exemple l’Amandier pays aux grandes feuilles (Terminalia catappa), une espèce non originaire de Guadeloupe, mais installée aux Antilles pour l’agrément et ensuite naturalisée.
Plus authentiques sont les Poiriers-pays (Tabebuia heterophylla), quelques Mangles blancs (Laguncularia racemosa).

Puis,un bel arbre du rivage à la silhouette tourmentée, à feuilles pointues et petites grappes de fleurs crèmes produisant des fruits plats comme des pastilles, c'est le Bois de mèche (Avicennia germinans).

Le fond de la plage, au sable un peu gris, accueille deux sortes de pois très communs (famille des fabacées), un rose : le Pois sabre bord de mer (Canavalia rosea), et un jaune : c’est le Pwa zonbi ou pwa pijon (Vigna luteola).

La plage est agréable à fréquenter assez tôt le matin, c’est l’heure où des dames antillaises viennent se rafraichir en marchant dans l’eau coiffées de capelines, l’heure aussi où l’employé communal ratisse les sargasses échouées dans la nuit, l’heure enfin où les sternes royales se posent au bout des épis rocheux !
En arrière de la plage, une zone surbaissée est irriguée. Surement anciennement marécageuse, elle abrite une population de Chou-chine (Colocasia esculenta). Suivant les régions, il s’appelle Taro, Madère ou encore Songe ! C’est une aracée d’origine asiatique et africaine très implantée dans toute zone tropicale dont les tubercules sont surtout consommés cuits en légume. Les jeunes tiges et feuilles ne sont pas consommées crues ; mais leur emploi est important pour cuisiner par exemple le Calalou, une recette traditionnelle de soupe antillaise.
Dans l'illustration ci-dessous, sortie de l’herbier de Basilius Besler « Le Jardin d’Eichstätt » (1620), on peut juger que l’emploi de ce Colocasia esculenta ne date pas d’hier !

Revenons sur notre plage de Roseau ; si on continue la promenade vers le Nord, arrivant de ce fait au niveau du bourg de Sainte Marie, la plage s’amenuise, une falaise argileuse fragile la surmonte qui parfois se fissure et s’écroule sur la plage déchaussant puis emportant les arbres qui fixaient ce rivage. Ici, c'est un Poirier-pays (Tabebuia heterophylla).
Les tempêtes et surtout l’ouragan Maria en 2017 ont abîmé ce bout de côte qui était moins bien protégé.


Un peu plus au sud à Bananier le sable volcanique donne une plage de sable noir réputée comme un spot de surf. Cette côte aussi a souffert de Maria ; le restaurant d’où j’ai pris les photos a bien failli disparaître !
Ci-dessous, au fond on aperçoit Terre de Haut des Saintes.

A côté, le long du chemin littoral sur le talus d’argile qui accueille le soubassement de la terrasse du restaurant, j’ai découvert un arbuste bien local : l’Icaquier ou Zicaque (Chrysobalanus icaco).

Ses petites prunes à la surface vaguement marquée de facettes quand elles sont jeunes, sont bien rondes une fois mûres et comestibles, consommées en compote, confiture.
A bientôt, toujours en Guadeloupe, séjour du 24 Janvier au 9 Février 2020.
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