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Botazoom, Botanique et Iconographie

Botazoom, Botanique et Iconographie

Ce blog est destiné aux curieux de botanique. En s’appuyant sur les photos que j’ai pu faire en voyage, et sur de l’iconographie ancienne, il rentre un peu dans les détails qui m’ont permis d’identifier une espèce, mais son contenu doit être considéré comme celui d’une botaniste amateur !

Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #voyages, #Botanique, #Arbres

C’est une côte sableuse pour l’essentiel qui présente des aspects variés.

Juste au Nord de Capesterre Belle Eau se trouve une belle plage de cartes postales, la plage de Roseau. Un large aménagement d’enrochements en épis a protégé le littoral de l’érosion en créant là une succession de petites criques. La plage assez large est parsemée de carbets très convoités et de palmiers, mais pas seulement !

D’autres espèces ponctuent cette plage comme par exemple  l’Amandier pays aux grandes feuilles (Terminalia catappa), une espèce non originaire de Guadeloupe, mais installée aux Antilles pour l’agrément et ensuite naturalisée.

Plus authentiques sont les Poiriers-pays (Tabebuia heterophylla), quelques  Mangles blancs (Laguncularia racemosa).

 

 

 

 

Puis,un bel arbre du rivage à la silhouette tourmentée, à feuilles pointues et petites grappes de fleurs crèmes produisant des fruits plats comme des pastilles, c'est le Bois de mèche (Avicennia germinans).

Le bois de mèche (Avicennia germinans)

Le bois de mèche (Avicennia germinans)

Le fond de la plage, au sable un peu gris, accueille deux sortes de pois très communs (famille des fabacées), un rose : le Pois sabre bord de mer (Canavalia rosea), et un jaune : c’est le Pwa zonbi ou pwa pijon (Vigna luteola).

 

De bonne heure, plage de Roseau

De bonne heure, plage de Roseau

La plage est agréable à fréquenter assez tôt le matin, c’est l’heure où des dames antillaises viennent se rafraichir en marchant dans l’eau coiffées de capelines, l’heure aussi où l’employé communal ratisse les sargasses échouées dans la nuit, l’heure enfin où les sternes royales se posent au bout des épis rocheux !

 

Les sternes royales ne sont pas très farouches.

Les sternes royales ne sont pas très farouches.

Culture de Colocasia esculenta, le Chou-chine

Culture de Colocasia esculenta, le Chou-chine

En arrière de la plage, une zone surbaissée est irriguée. Surement anciennement marécageuse, elle abrite une population de Chou-chine (Colocasia esculenta). Suivant les régions, il s’appelle Taro, Madère ou encore Songe ! C’est une aracée d’origine asiatique et africaine très implantée dans toute zone tropicale dont les tubercules sont surtout consommés cuits en légume. Les jeunes tiges et feuilles ne sont pas consommées crues ; mais leur emploi est important pour cuisiner par exemple le Calalou, une recette traditionnelle de soupe antillaise.

Dans l'illustration ci-dessous, sortie de l’herbier de Basilius Besler « Le Jardin d’Eichstätt » (1620), on peut juger que l’emploi de ce Colocasia esculenta ne date pas d’hier !

Bessler, B., Hortus Eystettensis, vol. 3: t. 348 (1620)

Bessler, B., Hortus Eystettensis, vol. 3: t. 348 (1620)

Revenons sur notre plage de Roseau ; si on continue la promenade vers le Nord, arrivant de ce fait au niveau du bourg de Sainte Marie, la plage s’amenuise, une falaise argileuse fragile la surmonte qui parfois se fissure et s’écroule sur la plage déchaussant puis emportant les arbres qui fixaient ce rivage. Ici, c'est un Poirier-pays (Tabebuia heterophylla).

Les tempêtes et surtout l’ouragan Maria en 2017 ont abîmé ce bout de côte qui était moins bien protégé.

 

Les dégâts de l'ouragan Maria en 2017 sont encore bien visibles.

Les dégâts de l'ouragan Maria en 2017 sont encore bien visibles.

 

 

 

 

Un peu plus au sud à Bananier le sable volcanique donne une plage de sable noir réputée comme un spot de surf. Cette côte aussi a souffert de Maria ; le restaurant d’où j’ai pris les photos a bien failli disparaître !

Ci-dessous, au fond on aperçoit Terre de Haut des Saintes.

A côté, le long du chemin littoral sur le talus d’argile qui accueille le soubassement de la terrasse du restaurant, j’ai découvert un arbuste bien local : l’Icaquier ou Zicaque (Chrysobalanus icaco).

Ses petites prunes à la surface vaguement marquée de facettes quand elles sont jeunes, sont bien rondes une fois mûres et comestibles, consommées en compote, confiture.

Les fleurs de l'Icaquier (Chrysobalanus icaco)

Les fleurs de l'Icaquier (Chrysobalanus icaco)

A bientôt, toujours en Guadeloupe, séjour du 24 Janvier au 9 Février 2020.

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #voyages

J’ai fait de nombreuses balades autour du gîte où nous étions basés spécialement un circuit en montant en direction de la Soufrière qui est ici ennuagée ; c’était un secteur de cultures où alternaient les champs de canne à sucre, d’ananas et les bananeraies.

 

 

La flore adventice de la Canne à sucre en Guadeloupe compte environ 108 espèces parmi lesquelles des Poacées (Graminées) que j’ai un peu laissées de côté je l’avoue !

En tant que lianes volubiles, Merremia aegyptia, la Liane poilue, que vous connaissez déjà par le dernier article, le Pois z’oiseaux ou Ti pois (Rhynchosia minima) et Centrosema virginianum, ce drôle de pois (ci-dessous) qui se tient toujours à l’envers, sont les espèces les plus gênantes car elles risquent d’étouffer les Cannes.

 

Une fabacée qui grimpe dans les cannes, le Pois z'oiseaux: Rhynchosia minima

Une fabacée qui grimpe dans les cannes, le Pois z'oiseaux: Rhynchosia minima

 

 

 

 

Cette petite plante annuelle de la famille des Câpriers, Cleome rutidosperma (à gauche) ainsi que Calopogonium mucunoides (ci-dessous) une autre fabacée qui produit des bouquets de gousses rousses très poilues, préfèrent les sols ferralitiques de Basse-Terre. Sans être aussi envahissants leur présence demande à être surveillée.

 

Jacquemontia tamnifolia  (famille des Convolvulacées) est donnée comme possible adventice dans les cannes mais pour ma part je l’ai vue en lisière d’un champ d’ananas.

Un champ d'Ananas

Un champ d'Ananas

Christophe Colomb découvrit l’ananas en Guadeloupe et le rapporta en Europe. Sur le Domaine du Marquisat de Sainte-Marie, domaine de la distillerie Longueteau, j’ai pris une photo d’un Ananas particulier qui ne se trouve que sur Basse-Terre car il aime son sol volcanique. Cet ananas aurait, paraît-il, une très longue histoire vu qu’il aurait été rapporté par les Indiens Caraïbes : c’est l’ « Ananas bouteille » qui reste toujours assez vert. En voici un pied vu près de la distillerie.

L'Ananas bouteille de Basse-Terre

L'Ananas bouteille de Basse-Terre

Pour le plaisir, je vous poste aussi une tête d’Ananas en début de floraison prise dans le même quartier, mais je ne sais pas bien de quelle variété il s’agit !

 

 

 

 

Dans le champ d’ananas, j’ai trouvé comme adventice la ravissante Euphorbe à feuilles de Millepertuis (Euphorbe hypericifolia).

 

 

 

 

 

Pour animer un peu mon propos voici une petite bande de passereaux, il s’agit du Capucin damier (Lonchura punctulata) qui fréquentaient assidument les cultures vers Capesterre Belle Eau où nous étions basés.

Le Capucin damier fréquentant les cultures sur Basse-Terre.

Le Capucin damier fréquentant les cultures sur Basse-Terre.

A bientôt, toujours en Guadeloupe ( Séjour du 24 Janvier au 9 Février 2020)

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #voyages
Ipomoea setifera, la Liane douce ou Manger-lapin

Ipomoea setifera, la Liane douce ou Manger-lapin

Parmi les plantes volubiles de la Guadeloupe, les Ipomées  et plus généralement les Convolvulacées tiennent une place importante. D’abord un peu perdue dans cette famille où les espèces se ressemblent, j’ai fini par me faire une idée plus précise en approchant ce sujet par rapport à la probabilité de trouver certaines espèces aux Antilles.

Certaines portent des noms communs créoles qui ne trompent pas sur leur présence commune dans les haies et autour des cultures. C’est le cas de la Liane douce ou Manger-lapin (Ipomoea setifera), une grande Ipomée rose dont les feuilles sont profondément cordées à la base. Ses boutons floraux fortement côtelés rassurent aussi sur la bonne détermination.

Ipomoea setifera, la Liane douce ou Manger-lapin

Ipomoea setifera, la Liane douce ou Manger-lapin

Mes promenades à pieds m’ont menée vers une case cernée de camions et engins de chantier abandonnés et recouverts de Liane à malingres ou Lyann a tonnèl (Merremia umbellata).

 

Merremia umbellata, la Liane à tonnelles

Merremia umbellata, la Liane à tonnelles

Les capsules de cette espèce sont belles à tous les stades de mûrissement !

 

Une autre de ces lianes est la Lyann pwèli ou Noyo (Merremia aegyptia) ; celle-ci est très facile à reconnaître car elle est couverte d’une longue pilosité dorée et ses feuilles sont palmées à cinq lobes bien distincts.

C’est une adventice des champs de Canne à sucre, mais elle est fréquente aussi dans les friches.

Merremia aegyptia, la liane poilue.

Merremia aegyptia, la liane poilue.

Egalement présente dans les champs de cannes on peut rencontrer une autre Ipomée, encore en créole un Mangé lapen (Ipomoea tiliacea) ; il n’est pas aisé de la reconnaître de la Patate douce (Ipomoea batatas) dont je pense avoir vu aussi des cultures au sol. Le cœur de la corolle pourpre foncé ne peut nous aider en l’occurrence car les deux espèces le possèdent. Cette Ipomoea tiliacea, fait d’ailleurs partie d’un groupe d’Ipomées qu’on classe  dans une série Batatas de tous les cousins ou parents de la Patate douce.

Je pense néanmoins que sur la photo ci-dessous, il s’agit bien d’Ipomoea tiliacea, donnée très commune en Guadeloupe.

Ipomoea tiliacea, un autre Manger-lapin.

Ipomoea tiliacea, un autre Manger-lapin.

Bien sûr beaucoup d’autres lianes existent dans des familles variées. Parce que je n’aurai peut-être pas l’occasion de vous montrer les deux espèces qui suivent qui ne s’intègrent pas dans un sujet que j’ai prévu, je vous les montre là.

D'abord une Sapindacée (famille fort peu connue des métropolitains), Cardiospermum halicacabum.

 

Cette ravissante Liane persil dont les fleurs sont très anodines développe ensuite de petits lampions à trois faces et malheur à moi, je n’ai pas pensé à en ouvrir un alors qu’ils contiennent de bien jolies graines bleu-nuit!

Enfin une très belle bignoniacée qu’on peut rencontrer en lisière des mangroves : la Liane à crabes (Cydista aequinoctialis).

Cydista aequinoctialis, la Liane à crabes.

Cydista aequinoctialis, la Liane à crabes.

A bientôt pour la suite de ce périple antillais!

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #voyages

Sur la côte Est de Basse-Terre, toujours en Guadeloupe, on atteint Grand Etang par une petite route qui monte aux secondes chutes du Carbet. C’est une trouée dans la forêt dense et humide qui peuple toute la partie centrale de Basse-Terre avant d’atteindre le niveau supérieur de la « savane altimontaine » qui cerne les abords de la Soufrière.

Une trace, c’est-à-dire un sentier balisé, fait le tour de l’étang mais il faut bien dire qu’il est préférable d’avoir le pied sûr ou comme moi de s’assurer avec des bâtons car les racines des grands arbres à contreforts font un réseau enchevêtré en hauteur qui oblige à bien regarder où poser les pieds !

 

Entre ces racines j’ai trouvé de nombreuses plantules encore bien ancrées dans leurs noix très caractéristiques mais j’ai quand même eu du mal à les identifier ; ce sont de tout jeunes  Palétuviers jaunes (Symphonia globulifera). Ces arbres adultes sont très hauts et pas facile de bien voir leur feuillage ou leurs floraisons, ce qui est un peu frustrant… mais la fréquence de ces plantules au sol atteste de la forte présence des Palétuviers jaunes en ces lieux. 

Un étang de Basse-Terre

 

Sur la photo ci-dessus vous pouvez voir à droite le sentier et au milieu un point bleuté : c’est la Graine bleue (Psychotria urbaniana), une rubiacée que voici de plus près.

Un arbuste très commun dans ce milieu est le Bois Foufou (Palicourea crocea) une autre rubiacée qui met des points lumineux dans la verdure.

J’ai pu m’attarder aussi sur une plante commune un peu partout en Guadeloupe, c’est une mélastomacée : l’Herbe côtelette (Clidemia hirta) et là, en bordure de l’étang, les petites fleurs aux étamines si délicates étaient bien éclairées.

Du fait de la disposition de leurs nervures les mélastomacées se reconnaissent au premier coup d’œil mais pour affiner sa détermination, c’est ensuite moins facile ! (à part celle-ci qui est très poilue).

Une autre plante montrait une petite corolle jaune en cornet, elle n’est pas très commune, c’est une Gesneriacée endémique des Petites Antilles : Besleria filipes.

Dans le sous-bois beaucoup d’épiphytes se font concurrence ; l’une d’elles est très présente, appréciez déjà son nom : l’Aile à mouche ! Asplundia rigida possède une inflorescence qui rappelle un peu un Arum du fait de la présence d’un spadice entouré de plusieurs spathes mais elle appartient en fait à la famille des Cyclanthacées et non à la famille des Aracées.

Depuis l'affût la lisière de l'étang envahie de nombreuses plantes épiphytes

Depuis l'affût la lisière de l'étang envahie de nombreuses plantes épiphytes

Le Kio ou Héron vert

Le Kio ou Héron vert

Un observatoire a été aménagé accessible par un ponton sur pilotis et de chaque côté on peut regarder les plantes épiphytes installées sur des branches basses. Avec un peu de chance et de patience dans l’affût nous avons observé de tout près le Héron vert qui s’activait sur des bois flottants scrutant les profondeurs de l’eau.

 

Au retour j’ai eu la chance de surprendre un Colibri madère en train de faire sa toilette !

Au retour j’ai eu la chance de surprendre un Colibri madère en train de faire sa toilette !

A bientôt! toujours en Guadeloupe!

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #voyages

Me voici de retour après un silence assez long, car nous avons passé trois semaines en Guadeloupe. Il y aurait tant à dire et à montrer que je ne sais trop par quoi commencer ! J’ai pensé commencer par le compte-rendu d’une journée passée sur Terre de Bas des Saintes. Il faudrait bien sûr, y passer plus de temps pour en faire le tour et cela ne sera qu’un aperçu ! En Guadeloupe j’ai pris des tonnes de photos de plantes et pour certaines je me pose bien des questions qui resteront peut-être longtemps sans réponse !

Partant de Trois Rivières au Sud de Basse-Terre, nous arrivons au port de Terre de Bas, que voici, d’où la route monte ensuite droit jusqu’à Grande Anse, bordée tout du long de maisonnettes créoles et de jardins fleuris.

Au passage, un arbre couvert de pommettes jaune-pâle côtelées m’a intriguée, c’est le Girembellier (Phyllanthus acidus) et les fruits sont les surelles qui peuvent être confites et utilisées pour un ti-punch spécial ou simplement consommées crues, mais la pulpe est très acide.

Le long de la route une petite zone marécageuse abritait des arbres à très larges contreforts plongeant dans l’eau noire, c’est Annona glabra, le Cachiman-cochon. La pulpe de cette annone a surtout l’air de servir d’appâts pour la pêche.

Au retour j’ai contourné ce bout de marais par une allée, et une belle zone de Dartrier (Senna alata) avec les longues gousses entrouvertes fermait le marais, et j’y ai débusqué un gros iguane.

Un peu plus haut, j’arrive sous des arbres où chèvres et kabrits sont attachés.

Les arbres sont des mimosacés très piquants, à petites boules jaune-vif et à gousses en chapelets plats, c’est pour les antillais l’Acacia de Cayenne (Acacia nilotica).

Juste derrière, j’ai eu le plaisir de revoir un beau Courbaril (Hymenaea courbaril), couvert de ses spectaculaires grosses gousses à l’allure de portefeuilles en vieux cuir. Elles mesurent bien 12 cm de long sur 7 ou 8 cm de large. Le Courbaril dans la forêt amazonienne est une essence de la canopée, il est plus modeste en Guadeloupe !

 

A Grande-Anse, une belle plage fait une grande courbe

Puis un sentier côtier prend ensuite vers le Nord ; c’est la Trace des Falaises dont nous n’avons parcouru qu’un petit morceau.

Le sentier serpente entre les Mancenilliers (Hippomane mancinella), ces arbres sont presque tous signalés de grosses croix rouges peintes sur leur tronc car leur sève est extrêmement toxique et les petites pommes à belle allure et qui sentent bon sont mortelles. Les Antillais savent tous qu’il ne faut surtout pas s’abriter dessous en cas de pluie ou même faire la sieste sous son ombrage !

Le long du sentier j’ai vu un arbuste à fleurs en hélices et dont les fruits s’avèrent assez étonnants quand ils s’ouvrent : c’est le Bois-lait (Tabernaemontana citrifolia), endémique des Petites Antilles.

J’ai fait ensuite la connaissance du Liseron-savane (Jacquemontia penthanta) un ravissant petit liseron grimpant à fleurs  bleu azur.

Puis je me suis interrogée après coup sur un arbuste assez nu faisant au bout de ses rameaux des étoiles de fines feuilles longues et pointues et portant des longues gousses et c’était en fait le Frangipanier (Plumeria alba) mais sans fleurs, j’étais perdue !

Avant de retrouver le bateau, je suis montée sur un sentier dominant le port et là j’ai trouvé cet arbuste donnant des cerises bien rouges : c’est Malpighia linearis, le Bois Royal, dont les fruits sont comestibles et probablement riches en vitamines C tout comme une espèce très proche, plus volontiers cultivée pour ça, la Cerise antillaise ou « Acerola » (Malpighia glabra).

Retour sur Basse-Terre, la Soufrière est dans les nuages!

Retour sur Basse-Terre, la Soufrière est dans les nuages!

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Arbres

Le Calocèdre ou Cèdre à encens ou Cèdre blanc ou encore Libocèdre (Calocedrus decurrens) n’a rien à voir avec un Cèdre : c’est bien un conifère mais de la famille des Cyprès (Cupressacées), un de ces arbres géants de la côte Ouest des Etats-Unis, qui fut introduit en Europe vers 1853. Il figure maintenant dans beaucoup d’anciens parcs conçus au siècle dernier. De vieux Calocèdres peut-être centenaires sont ainsi présents dans le centre-ville du Mans, j’en ai compté 7 ou 8 aux alentours du Jardin des Plantes. J’ai pris le tour de taille de celui qui figure à l’entrée de la roseraie de notre Jardin des Plantes du Mans, sans doute le plus ancien. A une hauteur d’1m 30, comme il se doit, sa circonférence est de 3m 20. Il se trouve ici en compagnie de congénères américains : de grands exemplaires de Séquoia toujours vert (Sequoia sempervirens).

Originaire de la Californie jusqu’au Nord de l’Oregon, le Cèdre à encens peut y vivre plus de 500 ans et dépasser une hauteur de 60 mètres. Dans le célèbre Parc de Yosemite, au cœur de la Sierra Nevada, il pousse souvent en mélange avec le Pin Ponderosa (Pinus ponderosa) et le Douglas (Pseudotsuga menziensii).

Le calocèdre du Quinconce des Jacobins, sans doute moins vieux...
Le calocèdre du Quinconce des Jacobins, sans doute moins vieux...

Le calocèdre du Quinconce des Jacobins, sans doute moins vieux...

 

 

A Paris, au Jardin des Plantes, en tête des pelouses faisant face à la grande galerie de l’évolution du MNHN, on peut s’approcher de sujets jeunes et bien observer les rameaux ainsi que les cônes à hauteur des yeux (photos prises en automne). Les cônes fructifères murs s’ouvrent largement tels des becs de canards, ils contiennent 4 graines ailées autour d’une langue centrale. Les rameaux se présentent aplatis sur un plan et se différencient des thuyas car les petites feuilles squamifères adhèrent sur une plus grande longueur au rameau. Ici, on voit aussi les chatons mâles au bout des rameaux comme de petites massues jaunes pointillées de vert.

 

« The Silva of North-America » par C.S. Sargent (vol10)

« The Silva of North-America » par C.S. Sargent (vol10)

 

 

 

 

La silhouette d’abord bien pyramidale puis fuselée adopte avec l’âge une cime plus irrégulière et le tronc se dénudant des branches basses devient plus visible. Les vieux Calocèdres attirent l’œil sur l’écorce de leur tronc qui est spectaculaire : de profondes fissures verticales dévoilent l’épaisseur de l’écorce qui peut atteindre 15 cm chez les très vieux individus.

 

 

 

 

Les branches restent peu épaisses, elles sortent souvent droit du tronc puis se recourbent vers le ciel en formant des crochets et l’écorce revêt là une allure plus écailleuse.

 

Outre les nombreuses utilisations de « l’Incense Cedar » en menuiserie car son bois est assez imputrescible, et l’utilisation très commune outre-Atlantique pour les crayons, car il se taille facilement, il est comme son nom l’indique, très odoriférant et inflammable. Les Indiens l’utilisaient pour purifier la maison. Branches et brindilles étaient brûlées notamment dans des « Huttes de sudation ». Les énergies négatives sont censées s’échapper en adhérant à la fumée qui porte aussi les prières : en somme la fumée odorante crée un pont entre terre et ciel…

Il reste à dire que ce Calocèdre n’est plus simplement un arbre d’ornement en Europe car il est introduit en peuplements expérimentaux sur des terrains calcaires du Midi de la France où on a constaté une bonne résistance à la sécheresse semblant due à sa capacité d’utiliser la rosée pour s’hydrater.

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Fleurs, #Botanique, #iconographie

En ce début d’année 2020 où certains d’entre vous ont peut-être un pot d’Amaryllis au chaud devant la fenêtre, permettez-moi bien sûr d’abord de vous souhaiter une Très Bonne Année à venir avec cette photo d’Amaryllis Belladonna !

En Septembre dans un jardin du Cotentin

En Septembre dans un jardin du Cotentin

On l’appelle parfois le Lis de Jersey ; c’est plaisant… pourtant il vaudrait mieux éviter de lui donner ce nom : il y a déjà suffisamment de confusions historiques de nomenclature autour de cet Amaryllis ! Le Lis de Jersey, ou Lis de Guernesey correspond avant tout à deux espèces de Nérines (Nerine sarniensis et Nerine bowdenii)  de taille plus modeste que notre Amaryllis belladonna mais venant également en pleine terre sous les climats doux et originaires aussi du Cap de Bonne Espérance.

L’Amaryllis Belladonne (c’est le nom commun qu’a choisi Pierre-Joseph Redouté dans  "Les Liliacées" est le seul véritable Amaryllis qu’il ne faut pas confondre avec les « Amaryllis » d’intérieur qui sont en fait des Hippeastrum. Redouté en fait d’ailleurs la remarque dans le texte joint à la gravure qu’il en donne, précisant que l’Amaryllis Belladonne est doté d’une spathe portant de 3 à 10 fleurs et que les feuilles sont mortes avant la naissance des fleurs ; puis que les fleurs sont pédonculées, d’un rose clair, en forme d’entonnoir à tube court et large.

 

La différence est donc notable avec les Hippeastrum, plus pauvres en fleurs, dont les feuilles sont présentes (même courtes) durant la floraison, de plus les fleurs sont presque sessiles et plutôt rouges que roses, sans compter que depuis le siècle de Redouté on sait bien maintenant que les Hippeastrum sont d’origine américaine et beaucoup moins rustique que notre sud-africain, l’Amaryllis belladonna.

La confusion était d’autant plus présente que les Hippeastrum ne portaient pas encore ce nom. Dans « Les Liliacées » il est question d’Amaryllis equestris (ci-dessus) et d’Amaryllis brasiliensis pour une seule espèce reconnue actuellement: le Lis de la Barbade soit Hippeastrum puniceum (Lam.)Voss. ; puis d’Amaryllis reginae (ci-dessous) pour le Lis mexicain soit Hippeastrum reginae (L.) Herb. On comprend qu’il était facile de se tromper surtout que notre Amaryllis Belladonne capable pourtant de venir en pleine terre en fin d’été début d’automne était depuis longtemps cultivé comme plante d’intérieur en Italie, ce qui a d’ailleurs donné son nom de belladonna.

 

Un beau bouquet d'Amaryllis belladonna. Cliquez dessus!

Un beau bouquet d'Amaryllis belladonna. Cliquez dessus!

Mes photos ont été prises en Septembre dans un jardin privé du Cotentin, puis dans le jardin exotique de l’Ile de Tatihou à St Vaast la Hougue. Les tiges violines jaillissent du sol et sont pleines et solides pour soutenir un beau bouquet floral. La couleur rose semble d’une nuance assez différente de celle de la première gravure dans cet article (de PJ.Redouté) et même de l’image plus tardive issue de la Flore des serres et des Jardins de l’Europe de Van Houtte (ci-dessous); mais il faut savoir que ce n’est que récemment qu’existent des pigments de couleur capables de restituer une nuance de rose aussi fraîche !

 

En fait maintenant la confusion qui serait encore possible viendrait d’Asie! Il s’y trouve un Lis de la Résurrection (Lycoris squamigera Maxim.), cultivé pour l’ornement depuis des siècles en Chine, Corée. Celui-là vient également sans feuilles mais il est un peu plus petit et plus précoce (Aout plutôt que Septembre). Le voici sur une gravure du Botanical Magazine :

 

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Fleurs

L’ Argémone du Mexique ou Pavot épineux, (Argemone mexicana L.) et le Pavot cornu (Glaucium flavum Crantz.) sont deux Papavéracées dont la répartition mondiale est assez différente. Sous des allures différentes ils sont finalement assez proches ; ayant vu et photographié les deux espèces et senti des similitudes même au-delà de la couleur jaune des corolles, j’ai eu envie  de lister ce qui les rapproche et ce qui les différencie.

 

Le pavot cornu sur une plage du Nord Cotentin

Le pavot cornu sur une plage du Nord Cotentin

Ce sont des Papavéracées dans le sens strict car les Fumariacées (Fumeterres et Corydales par exemple…) ont rejoint récemment cette grande famille alors qu’ils sont bien différents dans leur morphologie florale. Mes deux espèces sont donc comme les Pavots et Coquelicots des plantes herbacées à fleurs solitaires dont les feuilles alternes sont lobées voire pennatifides et embrassent la tige en formant des oreillettes. Chez l’Argémone les feuilles sont hérissées d’aiguillons, chez le Pavot cornu elles sont parsemées de poils mous bien visibles. Mais dans les deux cas, la couleur de la tige et du limbe d’un vert glauque (un peu bleuté) est due à un revêtement cireux et un latex jaune apparaît à la coupure.

 

Le Pavot cornu sur la côte bretonne près de St Malo

Le Pavot cornu sur la côte bretonne près de St Malo

Une différence discrète intervient sur les fleurs : alors que le Pavot cornu comme les coquelicots possède deux sépales caducs et quatre pétales (c’est une fleur dimère), l’Argémone du Mexique en tant que Papavéracée américaine s’est différencié : elle possède trois sépales cornus et caducs et six pétales (c’est une fleur trimère). Mais pour les deux espèces il y a préfloraison chiffonnée qui laisse un souvenir sur les pétales en début de floraison. Les étamines sont nombreuses dans les deux cas et déjà pendant la floraison on peut sentir une différence entre les deux formes de pistil. Le stigmate rouge foncé surplombe presque directement l’ovaire chez l’Argémone du Mexique.

 

L'Argémone du Mexique ou Pavot épineux dans un champ en friche sur Grande-Terre en Guadeloupe

L'Argémone du Mexique ou Pavot épineux dans un champ en friche sur Grande-Terre en Guadeloupe

Ce qui les différencie le plus est la forme finale du fruit. Dans le cas du pavot cornu c’est une très longue silique recourbée, alors que l’Argémone est dotée d’une capsule dont on peut bien voir les détails sur la gravure de l’ouvrage de Joseph Pitton de Tournefort datée de 1700 : c’est une capsule à ouverture latérale partielle, semblable à celle du Pavot du Pays de Galle (Papaver cambricum L.) et non ‘poricide’ comme les coquelicots dont les capsules à terme font des sortes de salières.

Dans un autre ouvrage de 1834 (Edouard Spach, Histoire naturelle des végétaux) figurent les fruits du coquelicot en haut (la fameuse capsule poricide) et en bas de la Glaucienne jaune qui est notre Pavot cornu. La longue silique en s’ouvrant dégage un cadre placentaire où sont fixées les graines : c’est donc bien une silique et non une gousse !

Les Papavéracées sont souvent des adventices et aiment les terrains pauvres et remués, c’est vrai pour le Pavot épineux (mes photos ont été prises en Guadeloupe), mais le Pavot cornu aime surtout les littoraux sableux, c’est en tout cas dans ce type de milieu sur des plages bretonnes ou normandes, que je l’ai trouvé à chaque fois !

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Fleurs

Clematis alpina qui ne montre guère le dessous de ses jupes est donnée comme la seule liane de la flore alpine. Liane est peut-être un grand mot pour cette clématite qui ne forme pas de tiges très longues (2m environ au maximum) alors que la clématite vigne-blanche (Clematis vitalba L.) envoie des tiges lignifiées qui peuvent atteindre 15 m de longueur ! Mais c’est un fait que la tige de l’Atragene alpina L. (c’est son ancien nom) ne présente pas de feuilles basales, seulement des feuilles caulinaires opposées et composées (3 x 3 folioles), munies de pétioles assez longs.

 

Clematis alpina ou Atragene alpina (son ancien nom)

Clematis alpina ou Atragene alpina (son ancien nom)

Il s’agit d’une Renonculacées, il faut donc réaliser que les quatre grands « pétales » bleu clair sont en fait des sépales pétaloïdes (on peut dire aussi des tépales…). Des pétales plus petits et d’un blanc crémeux, spatulés et verdâtres au sommet,  se trouvent au cœur formant un étui serré autour des nombreuses étamines. Ces pétales sont issus d’étamines ou de nectaires modifiés par l’évolution… Dans « Flore et végétation des Alpes » Claude Favarger dit : « une douzaine de feuilles nectarifères jaunâtres forment la corolle entourant les étamines » ; il nous dit également que cette clématite est une espèce boréale et alpine dont le domaine principal est situé au nord de l’Asie et de l’Amérique.

 

C’est pour ces « arctico-alpines » la dernière glaciation qui a morcelé leur répartition, ne les conservant pour nous qu’en altitude. L’espèce correspondante pour le Canada et le Nord-Est des Etats Unis se nomme Clematis occidentalis (Hornem.) DC. Ceci donne en anglais commun : Western Blue Virginsbower. Pour l’Ouest des Etats Unis s’est différenciée une autre espèce très proche Clematis columbiana (Nutt.) Torr. & A. Gray, dont le nom commun est Rock Clematis.

Sur une illustration du Botanical Magazine, William Curtis montre une Atragene alpina var. austriaca en fait bien conforme à l’espèce type et plus tard paraît dans la même revue une Atragene sibirica, qui semble très proche morphologiquement, à part la couleur blanche de la fleur. D’ailleurs : Atragene sibirica L. est donné actuellement comme un synonyme de Clematis alpina subsp. sibirica (L.) Kuntze.

 

Les deux planches du Curtis's Botanical Magazine (cliquez dessus!)Les deux planches du Curtis's Botanical Magazine (cliquez dessus!)

Les deux planches du Curtis's Botanical Magazine (cliquez dessus!)

Clematis alpina est aussi assez proche morphologiquement de Clematis viticella : l’espèce qui est à l’origine de toutes nos clématites de jardins. Cependant les sépales d’un bleu plus soutenu  de la Clématite bleue sont plus courts, spatulés et retroussés avec des marges ondulées. La Clématite bleue ou Clématite fausse vigne (C.viticella) est une espèce naturalisée depuis longtemps, d’origine de l’Ouest de l’Asie et les mentions qui en sont faites en France peuvent aussi provenir d’escapades plus récentes de jardins, surtout que la forme originelle est également proposée par les horticulteurs. Sa feuille est différente aussi puisque les trois folioles ne sont pas aussi découpées, simplement trilobées et non dentées. Voici Clematis viticella sur une gravure extraite du Traité des Arbres et Arbustes de H.L.Duhamel du Monceau (1815).

 

Je vous montre une illustration plus récente de la Clematis alpina que j’aime beaucoup : elle est de Claus Caspari, (1911-1980), un illustrateur naturaliste hors pair des années 60 dont on ne parle pas assez et qui produisit une grande quantité de planches très précises sur les végétaux notamment la Flore des Alpes mais aussi sur les minéraux et les champignons.   

 

 

 

 

 

 

Et pour s’amuser un peu deux timbres de ma collection, l’un russe et l’autre polonais !

Le type d'environnement où j'ai trouvé ma Clématite des Alpes
Le type d'environnement où j'ai trouvé ma Clématite des Alpes

Le type d'environnement où j'ai trouvé ma Clématite des Alpes

J’ai eu la joie d’admirer la Clématite des Alpes au-dessus de Barcelonnette en allant au col d’Allos en Juin dernier. La vue que l’on a depuis le col est bien plus belle côté Barcelonnette car on évite ainsi toutes les infrastructures de la station de ski de la Foux d’Allos qui ont bien endommagé les lieux !

Je ne peux pas résister à vous montrer la marmotte qui a posé pour moi ce jour-là, et j’ai découvert à cette occasion les possibilités nouvelles que m’offrait mon zoom. (Mon appareil photo est un PowerShot SX60HS de chez Canon que je ne maîtrise pas encore comme il faudrait!)

 

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Arbustes

Dans la Flore illustrée des Phanérogames de Guadeloupe et de Martinique, Jacques Fournet fait mention d’une petite population particulière de coton : Gossypium hirsutum L. race yucatanense J.B Hutchinson, assez facile à reconnaître du fait de son port rampant et grimpant donc inattendu pour un Gossypium habituel. J’ai eu le plaisir de voir et de photographier ce coton sans être consciente d’avoir là une rareté sous les yeux. La station n’est pas difficile à trouver car il se trouve dans un lieu assez touristique mais c’est le seul endroit où existe ce cotonnier tétraploïde primitif, qui fait maintenant l’objet de beaucoup d’attention : il est cultivé à proximité et le but est d’inclure ses semences dans la banque de gènes de l’IRCT (Institut de Recherches du Coton et des Textiles exotiques)

Un Coton

 Je n’avais pas bien réalisé qu’il existait en fait au moins cinquante espèces de Gossypium dans le monde. Quatre sont les cotons cultivés dont voici les noms : Gossypium arboreum, G. herbaceum, G. barbadense et G. hirsutum. Le plus courant était sans doute Gossypium barbadense, en tout cas celui dont la qualité des fibres, plus longues et fines, était la meilleure mais aussi la plus chère, car sa maturation était plus longue ; c’est finalement le plus productif soit Gossypium hirsutum qui est devenu incontournable maintenant. Les deux premières espèces sont encore un peu cultivées en Asie et en Afrique.

 

Dans une capsule de coton, les poils les plus longs attenant à la graine peuvent atteindre 4 cm, ils  sont nommés « lints » et servent pour fabriquer le fil à tisser, le fil à coudre, des cordages et filets et dans un second temps le beau papier chiffon des peintres et graveurs. Pour préserver une meilleure qualité des lints, les récoltes se font à la main. Les fibres plus courtes, les « linters » ou « fuzz » servent en pâte pour les usages industriels plus courants.

Une caractéristique notée aussi pour ma race yucatanense et que les lints sur le fruit ouvert sont plutôt beiges que blancs et comme vous voyez aussi, moins fournis que sur un coton cultivé!

Le Gossypium hirsutum type peut atteindre deux mètres de haut c’est un arbuste pérenne ramifié ; il est cultivé cependant comme une plante annuelle. La feuille de G.hirsutum comprend 3 à 5 lobes (plutôt 3 peu échancrés pour ssp yucatanense) alors que sur G.barbadense la feuille est plus longue et profondément découpée en 3 à 7 lobes. J’ai trouvé quelques illustrations à montrer pour les 2 espèces principales soit G.barbadense et G.hirsutum, des chromolithographies issues d’un ouvrage de F.Parlatore , de 1866 : « Le specie dei cotoni ».

 

Sur cette planche détaillée du Dictionnaire universel d’Histoire Naturelle de C.V.D d’Orbigny datée de 1841-49 on voit Gossypium barbadense sous un des ses anciens noms.

Sur cette planche détaillée du Dictionnaire universel d’Histoire Naturelle de C.V.D d’Orbigny datée de 1841-49 on voit Gossypium barbadense sous un des ses anciens noms.

La belle fleur typique des Malvacées est d’un blanc crémeux pour celui que j’ai vu mais plus jaune pour les autres espèces. Sur cette photo on voit que le pistil dépasse bien du faisceau des étamines de la colonne staminale.

Et ci-dessous on peut voir toutes les étapes: la fleur en bouton, presque ouverte, et en haut les capsules d'un vert sombre en cours de maturation.

 

La plante est ponctuée de petites glandes noires et je les ai retrouvées sur mes photos de la sous-espèce guadeloupéenne. On le voit bien ici sur les 3 bractées laciniées de l’épicalice.

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