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Botazoom, Botanique et Iconographie

Botazoom, Botanique et Iconographie

Ce blog est destiné aux curieux de botanique. En s’appuyant sur les photos que j’ai pu faire en voyage, et sur de l’iconographie ancienne, il rentre un peu dans les détails qui m’ont permis d’identifier une espèce, mais son contenu doit être considéré comme celui d’une botaniste amateur !

Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanique, #Fleurs, #voyages

Fin Avril-Début Mai était une bonne époque pour chercher à identifier des petites Fabacées sur le terrain en Catalogne, bien que les gousses ne soient pas encore bien formées… de toute façon, la tâche n’est pas simple ! Toutes mes photos proviennent de la région limitrophe de la France qu’on nomme l’Emporda. Pas d’iconographie ancienne dans cet article, ce sera pour une autre fois.

Les Gesses sont très photogéniques! (Ci-dessous la Gesse clymène, sur le cap de Creus, ma préférée...)

Il a fallu démêler les gesses (Lathyrus) des vesces (Vicia) : c’est une entreprise que je remettais depuis trop longtemps… D’une façon générale les tiges des Gesses sont ailées, mais parfois très visiblement  (la Gesse annuelle par ex.),  et d’autres fois très discrètement voire pas du tout (Lathyrus aphaca L. par ex.). Ensuite, les gesses portent une à quatre paires environ de folioles alors que les vesces en ont beaucoup plus. Enfin il faut observer le petit tube staminal qui se cache au cœur de la fleur et qu’on peut dégager en écartant les ailes et en basculant la carène vers le bas. Chez les gesses, les étamines sont insérées sur un plan bien perpendiculaire (sur un plan oblique pour les vesces) ; il faut un compte-fil !

Ces quelques Gesses que j’ai photographiées en Catalogne, ne sont pas des raretés ; elles reflètent ce qu’il est probable de rencontrer dans le genre Lathyrus sur le pourtour méditerranéen, mais ce n’est qu’un aperçu.

 

Des tiges bien ailées :

Regardez par exemple cette Gesse annuelle (Lathyrus annuus L.) dont les tiges si larges et plates sont presque difficiles à distinguer des feuilles !

La gesse annuelle (Lathyrus annuus L.) avec ses tiges largement ailées
La gesse annuelle (Lathyrus annuus L.) avec ses tiges largement ailées

La gesse annuelle (Lathyrus annuus L.) avec ses tiges largement ailées

Sur la Gesse clymène (Lathyrus clymenum L.) la tige est parfois moins largement ailée ; cette belle gesse est réputée assez variable, l’emplacement joue peut-être pour causer des variations… L’étendard est muni de deux bosses à sa base et les ailes (les deux pétales latéraux) sont plus ou moins bleutées. Pour se convaincre qu’il s’agit bien d’elle il faut observer la base de sa tige qui présente  une ou deux feuilles simples en longue languette sans stipules ni vrille (des phyllodes), c’est un critère décisif, mais il faut y penser sur le terrain !

Mes deux premières photos sont prises en plaine et la dernière sur le Cap de Creus, on peut constater l'allure un peu différente avec aussi la première photo de l'article.

La Gesse clymène (Lathyrus clymenum L.), on peut voir les bosses à la base de l'étendard.
La Gesse clymène (Lathyrus clymenum L.), on peut voir les bosses à la base de l'étendard.
La Gesse clymène (Lathyrus clymenum L.), on peut voir les bosses à la base de l'étendard.

La Gesse clymène (Lathyrus clymenum L.), on peut voir les bosses à la base de l'étendard.

La Gesse chiche ou Jarosse (Lathyrus cicera L.) est typique du fait de sa fleur solitaire rouge brique, de plus grande taille cependant que Lathyrus sphaericus Retz.  (à voir plus loin) et une autre différence réside dans sa tige qui est plus nettement ailée.

La Gesse chiche ou Jarosse (Lathyrus cicera L.)
La Gesse chiche ou Jarosse (Lathyrus cicera L.)

La Gesse chiche ou Jarosse (Lathyrus cicera L.)

Des tiges peu ailées :

Deux gesses dont la tige n’est que faiblement ailée, plutôt anguleuse, avec leurs inflorescences d’une à deux fleurs seulement, leur petite taille et leurs deux longues folioles, se ressemblent assez mis à part la couleur de la fleur. Les pédicelles floraux sont dans les deux cas prolongés par une pointe, elles se retrouvent proches dans une clé de détermination car la couleur n’est pas un critère assez fiable. Sur la Gesse anguleuse (Lathyrus angulatus L.), les folioles bien que longues, sont moins linéaires que chez la Gesse à graines rondes (Lathyrus sphaericus Retz.) et chez cette dernière, il existe un détail décisif qui concerne la gousse : elle est ornée de stries longitudinales en relief.

La Gesse anguleuse (Lathyrus angulatus L.)
La Gesse anguleuse (Lathyrus angulatus L.)
La Gesse anguleuse (Lathyrus angulatus L.)

La Gesse anguleuse (Lathyrus angulatus L.)

La Gesse à graines rondes (Lathyrus sphaericus Retz.), sa gousse caractéristique.
La Gesse à graines rondes (Lathyrus sphaericus Retz.), sa gousse caractéristique.
La Gesse à graines rondes (Lathyrus sphaericus Retz.), sa gousse caractéristique.

La Gesse à graines rondes (Lathyrus sphaericus Retz.), sa gousse caractéristique.

La Gesse aphylle ou Gesse aphaca (Lathyrus aphaca L.) est bien facile à reconnaître car elle ne porte pas réellement de folioles : une simple vrille surgit d’un portefeuille formé par deux larges stipules foliacées de forme ogivale.

Gesses catalanes
Gesses catalanes

Pour aller plus loin dans la connaissance des Gesses:

32 espèces de Lathyrus en détail sur le précieux site:  FLOREALPES

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Publié le par Claire Felloni

Cet article est reposté depuis aquarelle-bota-clairefelloni.

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanique, #iconographie, #Fleurs

Presque chaque année, je parviens à photographier des Tulipes sauvages et c’est à chaque fois un vrai bonheur d’en découvrir quelques pieds qui ont réussi à se maintenir dans des endroits secrets et peu nombreux.

Qu’en est-il de l’indigénat des tulipes reconnues dans notre Flore de France?

Pour ces deux espèces de Tulipes sauvages, ma flore de France Flora Gallica, reconnait leur origine naturelle et nomme en fait deux sous-espèces de cette Tulipa sylvestris : la forme sylvestris, (ci-dessus) dont les trois tépales extérieurs sont plus ou moins lavés de vert et la forme australis, (ci-dessous) dont la taille des fleurs est un peu plus modeste et les tépales extérieurs lavés de rouge ; cette dernière est méditerranéenne comme on le verra sur mes photos… Les deux formes ont en commun de posséder des tépales pointus, les trois internes toujours plus larges que les externes, ce qui les différencie des treize autres espèces nommées dans Flora Gallica qui sont toutes des archéophytes (anciennement naturalisées).

Comme la forme australis s’est imposée plus tardivement, je ne peux guère vous montrer des illustrations anciennes, bien qu’elle soit mentionnée par Pierre Joseph Redouté dans son recueil ‘Les Liliacées’, à la page sur la Tulipe sauvage, dans ces termes : «  La variété B des auteurs qui a la fleur odorante, plus petite que celle-ci, paraît constituer une espèce distincte qui a déjà été indiquée par Link sous le nom de Tulipa australis » ; le nom reconnu est de nos jours Tulipa sylvestris subsp.australis (Link) Pamp.

 

Pour consulter Les Liliacées  dans le tome 3 , cliquez

"Les Liliacées" tome 3, texte et illustrations de Pierre Joseph Redouté

"Les Liliacées" tome 3, texte et illustrations de Pierre Joseph Redouté

Voici la belle illustration de Pierre Joseph Redouté, pour Tulipa sylvestris subsp. sylvestris, c’est la planche 165 du tome 3 des Liliacées. Un critère qu’il énonce pour différencier cette espèce des autres m’a semblé intéressant parce que pas souvent cité : « La Tulipe sauvage se distingue facilement de toutes les autres espèces de ce beau genre, à sa tige chargée d’une seule fleur jaune, dont les lanières sont légèrement barbues à leur extrémité ».

Je note que cette pilosité au bout des tépales ne concerne que la forme sylvestris, la description de la Flore de Coste pour Tulipa australis dit « périanthe long de 2-3 cm, en cloche, à divisions acuminées et glabres au sommet ».

C’est un détail discret que j’ai vérifié sur mes photos sachant que par lanières, P.J. Redouté entend pétales (ou plutôt tépales pour une liliacée).

Une illustration allemande montre l’extrémité des deux types de tépales (externes et internes) avec cette pilosité. C’est dans  la « Deutschlands flora » (1798-1855) auteurs : Sturm, J., Sturm, J.W.

Tulipa sylvestris dans « Deutschlands flora » (1798-1855) auteurs : Sturm, J., Sturm, J.W.

Tulipa sylvestris dans « Deutschlands flora » (1798-1855) auteurs : Sturm, J., Sturm, J.W.

En revanche, le revers des tépales externes n’est guère teinté de vert sur la Tulipa sylvestris de Redouté et c’est un peu la même chose dans l’Herbier général de l’amateur (1814-1827) de Loiseleur-Deslongchamps alors que ce détail est bien visible sur mes photos comme sur les autres représentations plus nordiques que j’ai trouvées. Dans l’Herbier général de l’amateur (1814-1827) Pancrace Bessa, élève de Redouté, dessine deux illustrations sous des noms différents mais la Tulipa gallica (pl 160) est reconnue de nos jours comme un synonyme de Tulipa sylvestris. A consulter  et pour Tulipa gallica  (les pages suivantes donnent le texte de Loiseleur-Deslongchamps).

Loiseleur-Deslongchamps donne, au 19ème siècle, à cette tulipe un statut de plante assez commune avec une aire de répartition qui couvre l’Allemagne, la Suisse, l’Italie, l’Angleterre et la France.

La même espèce sous deux noms peinte par Pancrace Bessa pour l’Herbier général de l’amateur (1814-1827)
La même espèce sous deux noms peinte par Pancrace Bessa pour l’Herbier général de l’amateur (1814-1827)

La même espèce sous deux noms peinte par Pancrace Bessa pour l’Herbier général de l’amateur (1814-1827)

Ci-dessous, on voit clairement la nuance verte au centre des tépales externes sur les belles planches de la flore du Royaume de Prusse « Flora regni Borussici » (1832-1844), auteur : A.G.Dietrich. Pour consulter cet ouvrage, voir là.

August Mentz, dans un ouvrage danois « Billeder af nordens flora » (1917), fait aussi ressortir ce critère. Pour consulter cet ouvrage, voir là.

Tulipa sylvestris dans « Flora regni Borussici » (1832-1844), auteur : A.G.Dietrich.

Tulipa sylvestris dans « Flora regni Borussici » (1832-1844), auteur : A.G.Dietrich.

Tulipa sylvestris dans un ouvrage danois « Billeder af nordens flora » (1917), auteur : August Mentz

Tulipa sylvestris dans un ouvrage danois « Billeder af nordens flora » (1917), auteur : August Mentz

Voici encore quelques photos de la Tulipe sauvage, Tulipa sylvestris subsp. sylvestris prises dans le nord de la France dans une zone de lisière forestière.

Tulipa sylvestris subsp. sylvestris
Tulipa sylvestris subsp. sylvestris

Tulipa sylvestris subsp. sylvestris

En ce qui concerne Tulipa australis, je peux nous consoler du manque d’estampes anciennes avec cette moisson d’images prises sur plusieurs printemps pour l’essentiel sur des causses pierreux en Occitanie et en Catalogne.

Tulipa sylvestris subsp.australis (Link) Pamp.
Tulipa sylvestris subsp.australis (Link) Pamp.
Tulipa sylvestris subsp.australis (Link) Pamp.
Tulipa sylvestris subsp.australis (Link) Pamp.

Tulipa sylvestris subsp.australis (Link) Pamp.

Un dernier lien bien utile sur ma Flore de France: Flora Gallica

 

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanique, #iconographie, #Fleurs

Le titre complet est:

« Nouvelle illustration du système sexuel de Carolus von Linnaeus » et « le temple de Flore », ou jardin de la nature. par Robert John Thornton , 1837. 

Les Tulipes : dessin de Philip Reinagle, gravure d’Earlom.

Les Tulipes : dessin de Philip Reinagle, gravure d’Earlom.

Dans cet étonnant ouvrage où voisinent la Science, la Poésie, la Gravure taille-douce et la Calligraphie, je me suis intéressée surtout à la partie qu’on nomme « Le Temple de Flore ». Pour bien réaliser que cet ouvrage reposait à l’époque sur des bases solides de botanique, encore que ce système sexuel de Linné soit très dépassé de nos jours, je vous pose cette surprenante page de synthèse. La calligraphie de quelques-unes des pages du deuxième chapitre est si alambiquée que certaines deviennent illisibles !

Tableau de classification des végétaux détaillant le système sexuel de Carolus von Linnaeus.

Tableau de classification des végétaux détaillant le système sexuel de Carolus von Linnaeus.

Toutes les gravures du Temple de Flore sont réalisées avec un mélange de techniques peu utilisées par ailleurs dans les images de botanique : il s’agit d’une adaptation de la traditionnelle Mezzotinte ou Manière noire qui donne des plages de valeurs (gris ou couleurs suivant l'encrage) sans passer par le trait gravé. On détecte néanmoins quelques traits d’eau-forte par endroits quand c’est nécessaire mais l’impression générale est davantage celle de peintures aux tonalités assez soutenues comme si les plantes représentées étaient menacées par l’approche d’un orage, ou fleurissaient au crépuscule. Ceci convient tout à fait à certaines plantes à floraison nocturne comme le Selenicereus grandiflorus (L.) Britton & Rose que Linné avait d’abord nommé Cactus grandiflorus L. et on peut remarquer la mise en scène de l’arrière-plan avec une horloge marquant minuit. Chacun de ces tableaux est associé à un poème ; en fait cette partie 3 de l’ouvrage devait contenir 70 planches, mais la grande difficulté du financement  ramena ce nombre à 28 et même ainsi Thornton finit ses jours dans la misère.

Selenicereus grandiflorus  (cactus vanille, ou reine de la nuit), dessin de la fleur Philip Reinagle, ambiance nocturne d’arrière-plan d’Abraham Pether et gravure de Dunkarton.

Selenicereus grandiflorus (cactus vanille, ou reine de la nuit), dessin de la fleur Philip Reinagle, ambiance nocturne d’arrière-plan d’Abraham Pether et gravure de Dunkarton.

 Pour la Manière noire, la planche de cuivre est d’abord entièrement grainée, un encrage en noir et une impression donnerait à ce moment-là un noir profond et uniforme. Il est possible aussi d’obtenir ce grainage par une attaque à l’acide, c’est alors de l’Aquatinte. C’est l’écrasement de ce grain avec un brunissoir qui peut faire remonter des tons clairs. A l’origine la Manière noire et  la Gravure au pointillé ont surtout été choisies pour du noir et blanc, ce qui semble plus logique. Dans ces gravures à thème floral, toutes les techniques ont été combinées, des graveurs étaient plus spécialisés dans la vraie Mezzotinte, comme Ward, Earlom, Dunkarton ; d’autres lui préféraient l’Aquatinte, comme Stedler et Sutherland. Mais de toute façon le travail du Taille-doucier (qui tire les gravures) était tout aussi délicat, la mise en couleurs des plaques de cuivre devait être assez compliquée, combinant des encrages localisés, dits « à la poupée » donc des couleurs vraiment imprimées et parfois des rehauts d’aquarelles sur chaque estampe après coup.

Tout ceci donne au final un ensemble vraiment unique dans le domaine de la gravure botanique.

Une équipe fournie d’artistes, Peter Henderson, Philip Reinagle, Abraham Pether, Sydenham Edwards, et Thornton lui-même, ont contribué à élaborer les dessins de ces images.

Alpinia zerumbet, (en créole Atoumo = à tous maux) dessin d’Henderson, gravure de Caldwall. (+ Photo en Guadeloupe)
Alpinia zerumbet, (en créole Atoumo = à tous maux) dessin d’Henderson, gravure de Caldwall. (+ Photo en Guadeloupe)

Alpinia zerumbet, (en créole Atoumo = à tous maux) dessin d’Henderson, gravure de Caldwall. (+ Photo en Guadeloupe)

Le Dracunculus vulgaris , (Serpentaire commune) : dessin d’Henderson, gravure de Ward. (+photo à Giverny)
Le Dracunculus vulgaris , (Serpentaire commune) : dessin d’Henderson, gravure de Ward. (+photo à Giverny)

Le Dracunculus vulgaris , (Serpentaire commune) : dessin d’Henderson, gravure de Ward. (+photo à Giverny)

L’Agave americana: dessin de Philip Reinagle, gravure de Medland. (+ photo sur l'Ile de Batz)
L’Agave americana: dessin de Philip Reinagle, gravure de Medland. (+ photo sur l'Ile de Batz)

L’Agave americana: dessin de Philip Reinagle, gravure de Medland. (+ photo sur l'Ile de Batz)

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanique, #iconographie, #Fleurs

En ce moment dans la Grande serre du Muséum National d’Histoire Naturelle, une belle collection d’orchidées est visible avec pas mal d’hybrides de producteurs spécialisés mais aussi quelques beaux spécimens des espèces originelles qui ont enthousiasmé les chroniques horticoles du 19ème siècle au moment de leur découverte puis des essais de leur acclimatation dans les serres d’Europe.

Ci-dessus, Dendrobium macrophyllum A.Rich., probable… mais mes photos, toutefois montrent peut-être un hybride plus récent car les sépales sont pointillés et leur revers n’est pas hirsute… Ce Dendrobium est représenté dans le Botanical Magazine de Curtis (vol 93, ill. 5649).

Dendrobium macrophyllum dans le Botanical Magazine de Curtis (vol 93, ill. 5649).

Dendrobium macrophyllum dans le Botanical Magazine de Curtis (vol 93, ill. 5649).

Sur une recherche d’image d’après ce binôme on obtient un Dendrobium ressemblant beaucoup à celui étiqueté dans la Grande Serre comme Dendrobium polysema, je n’ai pas trouvé d’image ancienne pour ce Dendrobium polysema Schlechter 1905, mais on peut trouver des renseignements plus complets sur http://www.orchidspecies.com/denpolysema.htm

 

Originaires d’Indonésie, ces deux noms sont de toute façon très proches, voir  : il semble que le D.polysema soit une sous-espèce, synonyme de Dendrobium macrophyllum var. stenopterum  Rchb.f.

Sur leur territoire d’origine, voir aussi ces deux liens :

https://www.gbif.org/species/5315805

https://www.gbif.org/occurrence/2273267145

Quoiqu’il en soit, le nom de Dendrobium macrophyllum A.Rich. date d’une expédition célèbre : https://bibdigital.rjb.csic.es/records/item/13244-voyage-de-decouvertes-de-l-astrolabe-part-2

L’illustration que voici nous montre la première observation pendant le « Voyage de découvertes de l'Astrolabe exécuté par ordre du Roi, pendant les années 1826 à 1829, sous le commandement de M. J. Dumont d'Urville, Capitaine de Vaisseau » La partie descriptive de Botanique (part 2) était assurée par M. A. Richard. Son nom figure ainsi à la fin du binôme. Le spécimen fut, je cite : « recueilli par M. Lesson Jeune, chirurgien de la Marine royale », il croissait en épiphyte sur des arbres de Nouvelle-Guinée. (Attention de ne pas confondre avec un autre Dendrobium nommé aussi par A.Richard : Dendrobium macranthum  A.Rich. trouvé pendant le même voyage mais sur Vanikoro)

Voici maintenant Epidendrum ciliare L.  

Pour Epidendrum ciliare L. il existe de nombreuses gravures ; une des plus séduisantes est celle de Pierre-Joseph Redouté dans son recueil sur « Les Liliacées » (1802-1816) et le texte est intéressant aussi :

« L’Epidendre à longs cils est originaire des Antilles et de Cayenne : on le trouve dans les bois ; les botanistes qui l’ont observé dans son pays natal, disent qu’il n’est pas parasite ; les individus qu’on cultive au Jardin des Plantes sont simplement placés dans de la terre, et y prospèrent depuis plusieurs années ; ils ont été rapportés des Antilles par le capitaine Baudin. Cette plante est cultivée dans la serre chaude, où elle fleurit dans le milieu de l’été. »

J’aime aussi la clarté de la représentation de Loddiges dans le « Botanical cabinet » (1817-1833).

Epidendrum ciliare L. dans « Les Liliacées » de Pierre-Joseph Redouté  , puis dans le « Botanical cabinet » de Loddiges
Epidendrum ciliare L. dans « Les Liliacées » de Pierre-Joseph Redouté  , puis dans le « Botanical cabinet » de Loddiges

Epidendrum ciliare L. dans « Les Liliacées » de Pierre-Joseph Redouté , puis dans le « Botanical cabinet » de Loddiges

Pour se souvenir des origines, on peut regarder la planche dessinée avant 1700 par le Père Charles Plumier dans le « Plantarum americanarum » édité par Burmann (1755-1760). Voici ce qu’en dit à posteriori P.J Redouté : « On trouve dans l’ouvrage de Plumier, publié par Burman, une bonne description de cette plante, accompagnée d’une gravure qui donne assez bien l’idée de sa fleuraison ; mais où l’on a représenté les fleurs comme n’ayant, outre le labellum, que quatre lanières au lieu de cinq qu’elles ont réellement. »

Avec, Cyrtorchis arcuata  (Lindl.) Schltr. c’est l’occasion de parler de Jean Jules Linden (1817-1898), un des co-auteurs d’une revue très connue au 19ème  siècle : « L’Illustration horticole, journal spécial des serres et des jardins », Gand-Bruxelles, 1854–1884 (édité avec Charles Lemaire et Ambroise Verschaffelt. Impr. 1868-1896.

C’est dans un de ses ouvrages, « Lindenia - Iconographie des Orchidées » (Bruxelles, 1885-1906) que j’ai trouvé cette lithographie de Cyrtorchis arcuata  alors nommée Angraecum (lithrostachys) sedeni Rchb. mais on peut remarquer que la belle couleur abricot que prennent les pétales en fin de floraison (après la pollinisation) n’y apparaît pas et les éperons semblent moins longs et plus colorés ! 

 Cyrtorchis arcuata , dans « Lindenia - Iconographie des Orchidées » de Jean Jules Linden

Cyrtorchis arcuata , dans « Lindenia - Iconographie des Orchidées » de Jean Jules Linden

Voici enfin Phaius wallichii Lindl.

Phaius wallichii Lindl. est intéressant à plus d’un titre ; il apparaît dans le « Plantae Asiaticae Rariores » (1830-1832) de Nathaniel Wallich ; la planche a été dessinée par un célèbre illustrateur indien Vishnupersaud. Dans le texte, Wallich évoque l’équivalence avec une plante nommée Limodorum tankervillae par William Roxburgh dans son «Hortus Bengalensis : ou, un catalogue des plantes qui poussent dans le Jardin botanique royal de Calcutta » (de l’East India Company).

Phaius wallichii Lindl. dans le « Plantae Asiaticae Rariores » de Nathaniel Wallich.

Phaius wallichii Lindl. dans le « Plantae Asiaticae Rariores » de Nathaniel Wallich.

Une belle représentation figure dans le Botanical Magazine de Curtis de 1888. Il s’agit d’une orchidée terrestre et non épiphyte dont les fleurs parmi les plus grandes sont aussi les plus belles selon William Curtis. Il ajoute que la couleur des trois sépales et des deux pétales peut varier du brun-chocolat au jaune-primevère mais que la couleur du labelle reste assez constante.

Phaius wallichii Lindl. dans le Botanical Magazine de Curtis de 1888.

Phaius wallichii Lindl. dans le Botanical Magazine de Curtis de 1888.

Il y avait bien sûr, dans la grande serre du MNHN, beaucoup d’autres belles espèces ; il faudrait plus d’un article pour en faire le tour !

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #voyages, #Botanique

Une courte balade en février nous a menés dans l’Hérault et nous avons fréquenté des anciens marais salants dits Salins ou Salines qui sont maintenant protégés par le Conservatoire du Littoral et sont devenus un refuge pour les oiseaux et un beau lieu de promenade.

Je n’avais pas encore prêté attention à la floraison de la Soude en buisson (Suaeda vera) qui est presque plus discrète que les étoiles rouges qui terminent parfois ses rameaux, ici dans les Salins de Frontignan.

La Soude en buisson (Suaeda vera) dans les Salins de Frontignan
La Soude en buisson (Suaeda vera) dans les Salins de Frontignan

La Soude en buisson (Suaeda vera) dans les Salins de Frontignan

Le sol est un amas de coquillages brisés. En toute fin de journée une lumière rasante illuminait les flamants roses !  

Fin de journée sur les Salins de Frontignan
Fin de journée sur les Salins de Frontignan

Fin de journée sur les Salins de Frontignan

Les couleurs qu’arbore la  sansouire en cette fin d’hiver, ici tout près de Sète et en bordure de l’étang de Thau, sont spectaculaires. Les squelettes de tiges de la Salicorne à gros épis (Arthrocnemum macrostachyum), sortes d’empilements de petites coupelles argentées, puis les calices ajourés de la Jusquiame blanche (Hyoscyamus albus) font ressortir les nappes rouges de la Salicorne en buisson (Sarcocornia fruticosa).

La Salicorne à gros épis (Arthrocnemum macrostachyum)
La Salicorne à gros épis (Arthrocnemum macrostachyum)
La Salicorne à gros épis (Arthrocnemum macrostachyum)

La Salicorne à gros épis (Arthrocnemum macrostachyum)

Calices ajourés de la Jusquiame blanche (Hyoscyamus albus) devant Sète

Calices ajourés de la Jusquiame blanche (Hyoscyamus albus) devant Sète

La Salicorne en buisson (Sarcocornia fruticosa) près de Sète et en bordure de l’étang de Thau
La Salicorne en buisson (Sarcocornia fruticosa) près de Sète et en bordure de l’étang de Thau

La Salicorne en buisson (Sarcocornia fruticosa) près de Sète et en bordure de l’étang de Thau

Dans les fourrés denses de Soude en buisson (Suaeda vera) et de Salicorne en buisson (Sarcocornia fruticosa), on peut à cette époque, avec un peu de chance, voir surgir et replonger aussi vite une petite fauvette sédentaire: la Fauvette pitchou.

Si tôt en saison, j’ai rencontré avec plaisir dans les Salines de Frontignan et dans celles de Villeneuve les Maguelonne, quelques amandiers en fleur, c’est un ligneux à floraison très précoce qui tolère assez bien les sols salés comme bien sûr aussi le Tamaris.

Amandier en fleurs dans les Salines de Villeneuve les Maguelonne

Amandier en fleurs dans les Salines de Villeneuve les Maguelonne

Sur tout ce littoral, en lisière des sansouires et des lagunes, s’étendent de belles roselières. Les plumets blonds des Phragmites s’animent dans la lumière. A défaut d’y voir les ravissantes Panures à moustache, on peut du moins en prêtant bien l’oreille entendre leurs petits « ding ding » discrets !

Les roselières en hiver, vers Agde.

Les roselières en hiver, vers Agde.

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanique, #iconographie

Deux espèces d'origine asiatique Musa acuminata Colla et Musa balbisiana Colla, sont reconnues pour être à l’origine de l’hybride Musa × paradisiaca L. sous toutes ses formes (la dénomination Musa × sapientum L. est un synonyme). Cet hybride mérite bien que je lui consacre plusieurs articles, tant il a été représenté dans l’iconographie. Il possède ainsi en matière d’images, une histoire asiatique et une histoire américaine ; mais mon premier sujet, « Bananes ancestrales » vise déjà à faire connaître les deux espèces originelles qui en sont vraisemblablement les parents.

Linné distinguait deux espèces Musa paradisiaca et Musa sapientum, qui sont maintenant incluses dans cet hybride Musa × paradisiaca L. Cette distinction semblait alors très valide car Musa paradisiaca, était le nom du Plantain, féculent, à cuire en légume alors que Musa sapientum correspondait au fruit sucré.

Ci-contre, une fleur de bananier (Musa × paradisiaca L.) d'une variété non identifiée, photographiée sur Basse-Terre, en Guadeloupe.

Les deux ancêtres :

Pour les représentations de l’hybride, il y en a pléthore, mais il est plus délicat de trouver des représentations exactes des parents dans l’iconographie !

Musa acuminata Colla a une large aire de répartition depuis le nord-est de l'Inde à travers l'Asie continentale, le sud de la Chine, les Philippines, et de la Malaisie jusqu'au nord-est de l'Australie.

Musa chinensis Sweet est synonyme de Musa acuminata Colla.

On trouve deux belles représentations sur vélin de Toussaint-François Node-Véran, dans la Collection de l’Université de Montpellier. Les images scannées de cette imposante collection de peintures sont à mon grand regret très réduites en taille, il faudra nous en contenter !

 

Sous ce même nom équivalent de Musa chinensis Sweet, on peut trouver l’espèce dans le Dictionnaire universel d’histoire naturelle, Atlas t.3, pl 12 (1841-1849) de Charles d’Orbigny

https://www.biodiversitylibrary.org/item/274023#page/9/mode/1up

Puis dans l’Herbier général de l’amateur, deuxième Série de 1841, Antoine-Charles Lemaire  la présente avec cette planche (pl.46) dessin de Maubert.

https://bibdigital.rjb.csic.es/records/item/14860-herbier-general-de-l-amateur-deuxieme-serie-tome-deuxieme

 Musa chinensis Sweet= Musa acuminata , dans le Dictionnaire universel d’histoire naturelle de Charles d’Orbigny.

Musa chinensis Sweet= Musa acuminata , dans le Dictionnaire universel d’histoire naturelle de Charles d’Orbigny.

Musa sinensis = Musa acuminata, dans l’Herbier général de l’amateur, dessin de Maubert

Musa sinensis = Musa acuminata, dans l’Herbier général de l’amateur, dessin de Maubert

L’auteur, Antoine-Charles Lemaire, nous délivre quelques éléments sur l’arrivée de ce Bananier de la Chine dans la grande serre chaude du Museum où cultivé en pleine terre, il n’atteint pas deux mètres de haut mais forme des touffes de plusieurs individus d’une silhouette trapue, dotés de feuilles amples et nuancées de pourpre dessus, glauques et pulvérulentes dessous. Il décrit les spathes florales « révolutées en dehors, d’un pourpre violet finement rayé de blanc et d’un brun marron en dedans ».

Musa zebrina Van Houtte ex Planch. dont on peut voir une illustration, qui évoque bien sa vocation surtout décorative, dans la Flore des serres et des jardins de l'Europe de Louis Van Houtte, est considérée actuellement comme un synonyme de Musa acuminata Colla.

Musa zebrina Van Houtte ex Planch. = Musa acuminata Colla, dans la Flore des serres et des jardins de l'Europe de Van Houtte

Musa zebrina Van Houtte ex Planch. = Musa acuminata Colla, dans la Flore des serres et des jardins de l'Europe de Van Houtte

Musa balbisiana Colla se trouve en Inde, Birmanie, Thaïlande, en Indochine, Chine du Sud et Philippines. Ce Bananier plus imposant que le Bananier de Chine (Musa acuminata) s’élève à cinq mètres de haut, son stipe (tronc) est assez épais (20 à 30 cm de diamètre), les longues feuilles sont vert-foncé. Sur cette espèce volontiers plantée pour l’ornement, les belles bractées de la Popote, rouge-vif à l’intérieur, ne se retournent pas en arrière en formant des rouleaux comme chez le Musa acuminata. Les petits fruits sont presque toujours très chargés de graines et très chargés en amidon donc peu consommables tels quels.

 Elle apparaît dans le tableau 253, vol.22 de lHortus sempervirens (1795-1830) de  Johann Simon Kerner, texte à voir  pour ceux qui lisent le latin.

 

Musa balbisiana Colla, dans l’Hortus sempervirens (1795-1830) de  Johann Simon Kerner

Musa balbisiana Colla, dans l’Hortus sempervirens (1795-1830) de  Johann Simon Kerner

Matthias Schmutzer (1752-1824), peint cette inflorescence de Musa balbisiana Colla, alors nommée Musa rosacea Jacq. pour "Das Florilegium Kaiser Franz I", c’est-à-dire un Florilège du Jardin de François 1er (Empereur d’Autriche), sous l’œil attentif de Nikolaus Joseph von Jacquin.

Musa rosacea Jacq.= Musa balbisiana Colla, dans "Das Florilegium Kaiser Franz I", par Matthias Schmutzer

Musa rosacea Jacq.= Musa balbisiana Colla, dans "Das Florilegium Kaiser Franz I", par Matthias Schmutzer

L’intérieur des bractées de cette plante de serre ne montre pas la couleur lumineuse de l’illustration précédente  de l’Hortus sempervirens, qui pourtant est réelle comme on peut le constater sur le site  de Monaco Nature Encyclopedia.

 

https://www.monaconatureencyclopedia.com/musa-balbisiana/?lang=fr

https://www.monaconatureencyclopedia.com/musa-acuminata/?lang=fr

De nos jours ces deux espèces ancestrales sont considérées comme une banque de gènes toujours utile pour continuer d’améliorer Bananes (fruits) et Plantains (légumes à cuire).

Il semble que lorsque chez l’hybride Musa x paradisiaca prédomine le parent Musa acuminata, on s’oriente plutôt vers une banane dessert, alors que si c’est le parent Musa balbisiana qui domine, c’est vers le Plantain qu’on se dirige.​​​​​​​

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Arbustes, #iconographie, #Botanique

C’est une gravure magnifique d’après Franz Bauer qui m’a donné envie de creuser le sujet, par ailleurs de saison, puisque cet arbuste fleurit en ce moment ! Le voilà en photo dans un jardin du Mans.

Chimonanthus praecox, dans un jardin manceau.

Chimonanthus praecox, dans un jardin manceau.

Ci-dessous : gravure d’après un dessin de Franz Bauer (1758-1840)  dans « Hortus Kewensis, ou, un catalogue des plantes cultivées dans le Royal Botanic Garden de Kew », par William Aiton (vol 2 de 1789), sous le nom alors en usage de Calycanthus.

Calycanthus praecox, dessin de Franz Bauer pour l'Hortus Kewensis

Calycanthus praecox, dessin de Franz Bauer pour l'Hortus Kewensis

La plante originaire de Chine et du Japon, apparaît pour la première fois dans le livre d’un médecin et explorateur allemand Engelbert Kaempfer (1651–1716) daté de 1712 : 

"Amoenitatum exoticarum" ; Kaempfer fut par ailleurs le premier Européen à décrire le Gingko biloba.

Le Chimonanthus y est figuré sur une gravure en p. 878 avec ce nom "Obai seu Robai"  et cette description est ainsi l’holotype de ce chimonanthus/calycanthus. On retrouve d’ailleurs cette référence dans le Species Plantarum de Linné (ci-dessous).

Le Chimonanthus praecox apparaît ensuite dans différentes parutions comme par exemple, dans le troisième volume de « l’Herbier général de l’amateur » de Loiseleur-Deslongchamps (1819) sous le nom de Meratia fragrans, c’est une gravure d'après Pancrace Bessa (un élève de Redouté). La gravure n’est pas très séduisante, je ne m’explique pas bien pourquoi les tépales ne sont pas jaune-paille mais plutôt d’un blanc sale comme l’écrit d’ailleurs Loiseleur-Deslongchamps mais le texte témoigne de l’époque de son arrivée en Europe en Angleterre depuis le Japon en 1766.

Meratia fragrans = Chimonanthus praecox, dans « l’Herbier général de l’amateur »

Meratia fragrans = Chimonanthus praecox, dans « l’Herbier général de l’amateur »

Les horticulteurs ont d’abord cru bien faire en le maintenant à l’abri des grands froids et c’est pourquoi il a végété un certain temps jusqu’à ce qu’on se décide à l’installer en pleine terre dans les jardins d’Europe. Loiseleur-Deslongchamps  déclare que les fruits sont souvent absents sous nos climats mais que la plante se marcottant très facilement, le mieux est de la reproduire de cette façon-là. En Chine, le Chimonanthe pousse dans des forêts de l’étage montagnard.

Toutes les gravures en couleurs de l’époque de son introduction nous le montre plutôt de cette couleur blanc-crème, par exemple sur cette planche du Botanical magazine de William Curtis.

 

 

 

Même chose pour le Botanical register, ci-dessous, c'est une variété ‘grandiflorus’ représentée par John Lindley lui-même ; il y commente son illustration dans ces termes:

« L'une, qui est celle représentée dans l'Hortus Kewensis et le Curtis's Magazine, a des fleurs jaune verdâtre, dont les segments extérieurs sont réguliers sur les bords et à peine étalés, et les intérieurs d'un violet profond ; l'autre, dont ma figure en fleur est une représentation, a de grandes fleurs jaunes claires, arrondies, dont les segments extérieurs sont parfois recourbés sur les bords et étalés, et les intérieurs d'un rouge vif. »

« D'après les dessins des Chinois, je suis disposé à croire qu'il existe chez eux au moins une autre espèce à très petites fleurs jaunes. Il y a aussi, dans une collection inestimable de bois gravés japonais (de plantes) dans la bibliothèque de Sir Joseph Banks, une représentation de ce que je suis prêt à considérer comme une quatrième espèce de Chimonanthus, avec des fruits lisses et ovoïdes et un port très rabougri. »

Chimonanthus praecox 'grandiflorus' représenté par John Lindley, dans le Botanical register

Chimonanthus praecox 'grandiflorus' représenté par John Lindley, dans le Botanical register

Ma  petite recherche sur l’étymologie du nom de genre m’a amené sur un texte de Georges Métailié, « Notes à propos des citations implicites dans les textes techniques chinois », et par chance, le Chimonanthus sert là d’exemple à son propos ce qui nous donne quelques détails complémentaires sur les variétés chinoises de notre Chimonanthe.

En Chine, le chimonanthus praecox s’appelle Lamei, mais son parfum délicieux l’a très tôt fait connaître et on distingue au moins 3 variétés qui sont énumérées par Li Shizhen dans le Bencao gangmu en 1596 (un texte technique chinois sur les plantes)

- La 1ère variété, issue de graines, ni greffée, ni bouturée donne de petites fleurs peu odorantes, elle est considérée comme médiocre et ne mérite que le nom de  Mei-mouche de chien (Goulingmei)

- La 2ème, greffée ou bouturée donne des fleurs plus espacées et épanouies bien que toujours en forme de coupe, c’est le Mei-bol de moine (Qingkoumei), la variété la plus précoce.

- La 3ème, à fleurs denses et très parfumées, d’un jaune profond a pris le nom de Mei-parfum de santal (Tanxiangmei)

Chimonanthus praecox, dans un jardin manceau

Chimonanthus praecox, dans un jardin manceau

Li Shizhen nous apprend en outre que les chinois faisaient macérer l’écorce du Chimonanthe dans l’eau destinée à broyer l’encre et que celle-ci prend alors des reflets brillants.

A propos du parfum dégagé, une notion bien subjective, chaque texte que j’ai consulté donne une idée différente, parfois c’est la Jacinthe ou le Narcisse tazetta qui est évoqué, Curtis pour le Botanical magazine le compare à la violette et prétend qu’il devient vite entêtant et désagréable !

Pour de plus amples renseignements si jamais cet article vous a donné envie d’en planter un, ou pour voir en photo le joli cultivar « grandiflorus » aux pétales plus longs plus pointus et effectivement de couleur crème :

https://jardinage.ooreka.fr/plante/voir/357/chimonanthe

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Publié le par Claire Felloni
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Ce portrait provient des Actes de la Linnean Society de Londres de 1894-1897, dans cet article : « A memoir of Georg Dionysius Ehret : né à Heidelberg, le 30 janvier 1708, mort à Londres, le 9 septembre 1770 / écrit par lui-même et traduit, avec des notes, par ES Barton ». Le portrait lui-même est imprimé dans la revue à partir d’une photographie d’un portrait appartenant à ses descendants, il n’est donc pas de grande qualité mais plus vivant que celui qui figure dans le « Plantae selectae » de C.J.Trew !

Bien peu de dates pour se repérer dans cet article, mais il est précieux car Ehret y donne lui-même sa biographie, son enfance d’apprenti jardinier exploité en Allemagne, qui ne lui permit pas avant longtemps de mettre en œuvre les talents de dessinateur que son père lui avait révélé avant de mourir prématurément. Il se forme à l’aquarelle botanique en autodidacte et subit pas mal de déboires avant que son travail soit vraiment reconnu. C’est la protection de Christophe Jacob Trew et sa rencontre avec Linné qui seront vraiment décisives pour sa carrière, commencée en Allemagne puis terminée à Londres avec tous les honneurs.

 

Dans la « Description des plantes rares cultivées à Malmaison et à Navarre » (1812-1817). L’auteur, Aimé Bonpland, affirme qu’avant l’arrivée du Magnolia Yulan (le premier asiatique), on cultivait en pleine terre en plus du Magnolia grandiflora, les Magnolia glauca et Magnolia umbrella et que ceux-ci pouvaient bien fructifier. Par Magnolia umbrella il entend Magnolia tripetala (L.) L. originaire de l’est des Etats-Unis. Pour Magnolia glauca (L) L. le nom reconnu est maintenant Magnolia virginiana L..

De ces trois espèces présentes dans les jardins d’Europe au 18ème siècle, nous allons parler avec Georg Dionysius Ehret, car les autres magnolias sont arrivés plus tardivement d’Asie (ils feront l’objet d’un autre article).

Magnolia à grandes fleurs (Magnolia grandiflora L.) dessin et gravure de Georg Dennis Ehret

Magnolia à grandes fleurs (Magnolia grandiflora L.) dessin et gravure de Georg Dennis Ehret

Pour le Magnolia grandiflora L., Ehret a produit plusieurs études détaillées, la première (ci-dessus) vers 1737 avec cette légende pré-linnéenne: « Magnolia ; altissima lauro-cerassi folio, flore ingenti candido, Catesb. : communément appelé tulipier à feuilles de laurier ou laurier de Caroline ». Et en partie basse de la gravure : « Cette plante a produit ses belles fleurs dans le jardin de Sr Charles Wager à Parsons Green près de Fulham, en août 1737 ». Tout en bas à droite, Ehret a signé, ajoutant qu’il était le dessinateur mais aussi le graveur : Delineated and engraved by George Dennis Ehret.

Dans le « Plantae selectae » de C.J.Trew, ce Magnolia à grandes fleurs, originaire des forêts de Floride, que nous connaissons mieux pour sa superbe floraison estivale, son parfum enivrant et ses grandes feuilles persistantes, vernissées, et rousses au revers, figure sur deux planches, sur la seconde, seulement sur la partie basse que j’ai recadrée.

Magnolia grandiflora L. dessin d'Ehret, dans le « Plantae selectae » de C.J.Trew
Magnolia grandiflora L. dessin d'Ehret, dans le « Plantae selectae » de C.J.Trew

Magnolia grandiflora L. dessin d'Ehret, dans le « Plantae selectae » de C.J.Trew

A Nantes une collection nationale de référence des magnolias rappelle le passé d’introduction de ces végétaux rapportés sur le pont des voiliers traversant l’Atlantique. C’est le « Saint Michel » qui en 1711 transporta le premier plan de Magnolia grandiflora en France et le débarqua près de Nantes au port de Paimboeuf. Après de nombreuses péripéties et échecs, par marcottage aérien, le magnolia se répand peu à peu dans les jardins botaniques de l’ouest où il se plait en pleine terre.

Le Magnolia de Virginie :

En consultant le « Traité des arbres et arbustes que l'on cultive en France » par Henri Louis Duhamel du Monceau, on trouve sur ces trois premières espèces à fleurir nos jardins des renseignements de l’époque (1806).

Duhamel du Monceau nous apprend que le Magnolia de Virginie, Magnolia virginiana L. à floraison estivale, fut le premier Magnolia introduit en Europe (en 1688) avant d’être éclipsé par le Magnolia grandiflora ; que ses feuilles caduques ou persistantes selon les variétés, sont de petite taille, blanc-bleuâtre au revers ; que ses fleurs sont plus petites mais « d’une odeur très suave » ; et enfin que son écorce aromatique est  très appréciée des castors car en fait il vit à l’état naturel dans des zones de marais!

Il est représenté, ci-dessus, par Ehret sous une ancienne dénomination pré-linnéenne de Magnolia Laurifolia subtus albicante ; j’ai retrouvé cette peinture originale dans la collection de la Bibliothèque Trew,  (Bibliothèque universitaire d'Erlangen-Nürnberg), puis la gravure qui en est ressorti dans le « Plantae selectae » de C.J.Trew, vol 1 de 1750.

Le Magnolia de Virginie, Magnolia virginiana L. dessin d'Ehret dans le « Plantae selectae » de C.J.Trew

Le Magnolia de Virginie, Magnolia virginiana L. dessin d'Ehret dans le « Plantae selectae » de C.J.Trew

Le Magnolia parasol :

Dans le « Plantae selectae » de C.J.Trew, on retrouve aussi le Magnolia umbrella Desr. donc en fait, le Magnolia parasol (Magnolia tripetala (L.) L.) avec une belle planche entière de détails numérotés et soigneusement légendés.

Originaire de l’Est et du Sud-Est de Etats-Unis, il possède de très grandes feuilles caduques au contraire du Magnolia grandiflora. C’est principalement pour ces feuilles qui d’après Duhamel du Monceau sont « étalées et ramassées toutes ensemble au sommet des rameaux » et qui prennent de belles couleurs cuivrées en Automne qu’il est séduisant car les fleurs blanches aux pétales étroits « neuf à douze pétales, les uns pendants, les autres redressés » qui arrivent en Mai-Juin, sont dites d’une odeur plutôt désagréable.

Le Magnolia parasol (Magnolia tripetala (L.) L.), dessin d'Ehret dans le « Plantae selectae » de C.J.Trew
Le Magnolia parasol (Magnolia tripetala (L.) L.), dessin d'Ehret dans le « Plantae selectae » de C.J.Trew

Le Magnolia parasol (Magnolia tripetala (L.) L.), dessin d'Ehret dans le « Plantae selectae » de C.J.Trew

Par ailleurs, pour le coup d'œil et pour l'anecdote, j’ai trouvé cette peinture d’Ehret sur le site de la Royal Collection Trust :

https://www.rct.uk/collection/926084/magnolia-flore-albo

Vous pouvez en lisant leur texte, constater qu’on ne peut pas vraiment légender cette belle planche car vraisemblablement des échantillons se sont mélangés au retour du voyage de Mark Catesby (Histoire naturelle de la Caroline, Floride et les îles Bahamas). Ehret en toute bonne foi, a peint ce qu’on lui présentait : un mélange de Magnolia acuminata et Magnolia virginiana !

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Publié le par Claire Felloni
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Médecin et botaniste allemand, de Nuremberg (1695-1769), Christoph Jakob Trew nait 12 ans avant Carl von Linné. Comme médecin, il participe à la vulgarisation des nouvelles connaissances  médicales du siècle des lumières. Son nom reste surtout associé à un très talentueux illustrateur botanique, Georg Dionysius Ehret, car il fut son mécène et leur association permit la parution de trois ouvrages successifs de botanique.

Les planches de ces recueils sont peut-être les premières à être si bien documentées avec en marge, des coupes sur les différents organes, des éclatés sur les corolles, les calices, montrant en détail la structure florale, le nombre et la position des étamines : la théorie sexuelle des plantes devient à l’époque la base pour classifier les différentes familles.

Cette théorie, largement et fidèlement adoptée pendant une centaine d’année sera bien établie par Carl von Linné, qui ne pouvait qu’apprécier les planches dessinées par Ehret.

Dans son « Species Plantarum », Linné, après le nom de genre figurant en capitales, ajoute quelques traditionnelles phrases descriptives en les associant à l’ouvrage de référence et l’auteur qui les a données. La révolution linnéenne c’est le petit « nom trivial » simple qu’il ajoute dans la marge en italique, bien différent pour chaque espèce (voir plus loin pour la banane). L’association de ses références d’auteur avec le nom trivial qui devient en fait le nom d’espèce, permet maintenant de confirmer l’équivalence des taxons.

Arachis hypogaea, gravure dans le Plantae rariores, (tome 1), puis une aquarelle de Georg Dionysius Ehret
Arachis hypogaea, gravure dans le Plantae rariores, (tome 1), puis une aquarelle de Georg Dionysius Ehret

Arachis hypogaea, gravure dans le Plantae rariores, (tome 1), puis une aquarelle de Georg Dionysius Ehret

Carl von Linné admirait surement Christoph Jakob Trew; il avait affiché sur ses murs des gravures extraites du "Plantae rariores", qu’on peut consulter ici .

Il s’agit d’un ouvrage à la parution plus tardive (1764) de Trew, qui porte cette fois en légende les simples appellations binominales linnéennes. Voici par exemple l’Arachide sur un dessin de M. M. Payerlein, (actuellement c’est Arachis hypogaea), dans le Plantae rariores, (tome 1), qu’on pourra comparer avec une aquarelle originale d’Ehret sur le même sujet. Cette aquarelle fait partie d’un ensemble d’originaux consultables sur le site de la  Bibliothèque universitaire d'Erlangen-Nürnberg qui conserve la Bibliothèque de Trew, riche de 34000 volumes.

Voir là : https://ub.fau.de/en/history/trew-library/

Des descriptions prélinnéennes figurent encore sur quelques beaux ouvrages comme le « Plantae selectae » de Christoph Jakob Trew, en marge des estampes gravées par Johann Jacob Haid et Johann Elias Haid basées sur des dessins de Georg Dyonisius Ehret. L’ensemble des planches est visible  .

La Banane fait l’objet de six planches, trois pour la variété à fruits longs et trois pour celle à fruits courts, dont je montre ici la popote et quelques fruits en formation. D’après le Species plantarum de Linné, cette planche (n°22 chez Trew) représente Musa sapientum qu’on nommait en Amérique du Sud Figue-banane ou Bacobe. En fait il s’agit de l’une des deux variétés anciennes d’un même hybride qui rassemble toutes les bananes cultivées : Musa x Paradisiaca L.  On sait maintenant qu’à l’origine existe un croisement entre Musa acuminata et Musa balbisiana, deux espèces asiatiques dont Linné n’avait sans doute pas connaissance.

La Figue-banane (Musa sapientum) dans le « Plantae selectae », puis son identification par Linné dans le "Species plantarum"
La Figue-banane (Musa sapientum) dans le « Plantae selectae », puis son identification par Linné dans le "Species plantarum"

La Figue-banane (Musa sapientum) dans le « Plantae selectae », puis son identification par Linné dans le "Species plantarum"

Les planches dessinées là pour Trew sont souvent enrichies de nombreux détails autour du sujet principal parfois décliné en « variétés » différentes, comme on peut le voir sur les gravures très détaillées représentant le Grenadier, puis la grenade.

Le Grenadier, puis la grenade, dans le « Plantae selectae » de Christoph Jakob Trew
Le Grenadier, puis la grenade, dans le « Plantae selectae » de Christoph Jakob Trew

Le Grenadier, puis la grenade, dans le « Plantae selectae » de Christoph Jakob Trew

Juste après le grenadier figure le Figuier puis les figues, faisant l’objet de longues légendes manuscrites en latin.

Ce début de paragraphe du « Plantae selectae » pour déterminer le nom latin précis du figuier donne une idée de la quantité de périphrases descriptives faites par des auteurs précédents et qu’il était nécessaire, dans l’incertitude, de mentionner.

Le Figuier puis les figues, dans le « Plantae selectae » de Christoph Jakob Trew
Le Figuier puis les figues, dans le « Plantae selectae » de Christoph Jakob Trew

Le Figuier puis les figues, dans le « Plantae selectae » de Christoph Jakob Trew

La figue est dotée d’une structure très spéciale refermée sur elle-même, qui a fait couler beaucoup d’encre par les botanistes depuis l’Antiquité !

voir là : http://www.snv.jussieu.fr/bmedia/Fruits/figue.htm

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