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Botazoom, Botanique et Iconographie

Botazoom, Botanique et Iconographie

Ce blog est destiné aux curieux de botanique. En s’appuyant sur les photos que j’ai pu faire en voyage, et sur de l’iconographie ancienne, il rentre un peu dans les détails qui m’ont permis d’identifier une espèce, mais son contenu doit être considéré comme celui d’une botaniste amateur !

iconographie

Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #iconographie, #voyages, #Botanique

Comme je vous l’avais raconté sur un article du blog, Atanasio Echeverria y Godoy dont les études à l’aquarelle vont figurer dans cet article fut l’un des deux jeunes artistes mexicains embauchés par Martin de Sessé y Lacasta, pour suivre l’Expédition botanique royale en Nouvelle-Espagne (Expedición Botánica al Virreinato de Nueva España (1787-1803). J’avais envie de composer un article simple composé surtout d’illustrations, en complément du premier (consacré plus en détail à cette longue expédition), car j’y ai trouvé d’autres études de plantes que j’ai eu la chance de voir et photographier aux Antilles ou à la Réunion et même au Sénégal et qui figureront donc en regard des illustrations malheureusement inachevées de cet artiste.

http://botazoom.over-blog.com/2023/03/atanasio-echeverria-y-godoy.html

Plantes vues à La Réunion :

Le champ borne, St André : le Manioc marron bord de mer ou Grosse patte poule bord de mer: Scaevola taccada, une  indigène facilement reconnaissable.

Sur le Cirque de Cilaos, à l'Ilet à Cordes : La Fleur fête des mères ou Tournesol mexicain envahissant dans l'ile,  Tithonia diversifolia,

et la MargoseMomordica charantia.  

En Guadeloupe :

Plage du roseau (Basse-Terre) un arbuste du rivage à feuilles pointues et petites grappes de fleurs crèmes avec quelques fruits plats en forme de pastilles, c'est le Bois de mèche ou Palétuvier blanc (Avicennia germinans).

Toujours sur la côte très érodée par endroit de l’est de Basse-Terre, à Sainte-Marie, un Poirier pays (Tabebuia heterophylla) ne tenant plus que par quelques racines et prêt à s'effondrer. La peinture d’Atanasio Echeverria représente une espèce proche : Tabebuia rosea.

 

Auprès du parking du Marquisat (chemin des Troisièmes chutes du Carbet) une plante basse à fleurs blanches aux corolles longuement tubulaires, c'est le Mort aux cabrits (Hippobroma longiflora).

Sur Grande Terre après la Pointe de la Grande Vigie un peu avant la Porte d’Enfer sur un éboulis rocheux,  Ernodea littoralis, (petites baies comme des groseilles à maquereau).

Toujours sur Grande-Terre, à la Pointe des Châteaux, un poivrier remarquable, le Bois noir, Capparis cynophallophora), qui porte de longs fruits brun clair, à paroi interne rouge.

Dans les jardins guadeloupéens on rencontre parfois l’Epicar (Jatropha integerrima) pour ses fleurs décoratives.

Au Sénégal :

J’y ai rencontré un autre Jatropha de jardin, l’Arbre corail, originaire d’Amérique centrale, Jatropha multifida, et à ce propos je vous rappelle un autre article qui était consacré à trois espèces de ce genre de la famille des Euphorbiacées « Les trois médiciniers du Père Labat » ; mais je n’avais pas encore vu le  Jatropha multifida.

http://botazoom.over-blog.com/2020/12/les-trois-mediciniers-du-pere-labat.html

En Casamance, j’ai admiré les jolies graines (toxiques!) de la Liane réglisse de la famille des Fabacées, commune sous les tropiques : Abrus precatorius.

Pour les illustrations d'Atanasio Echeverria dans cet article, je remercie :

Torner Collection of Sessé and Mociño Biological Illustrations, avec l'aimable autorisation du Hunt Institute for Botanical Documentation, Carnegie Mellon University, Pittsburgh, Pennsylvanie.

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Arbustes, #jardins botaniques, #iconographie

Une visite début Septembre du beau jardin ornais "La Petite Rochelle" méritait amplement que j’y consacre un copieux article. C’est un plaisir pour tout photographe de cadrer les compositions, les perspectives voulues par Hélène d’Andlau, qui fut peintre et sculpteur et créa ce jardin en 1976.

Malgré la récente canicule, les hydrangeas avaient encore de l’allure ; un Hydrangea quercifolia dont les couleurs du feuillage sont toujours splendides dès la fin d’été m’a fourni un premier plan pour montrer le bâtiment ancien de l’accueil, devant lequel on remarquait aussi la floraison discrète et très légère d’un pigamon mauve, très probablement Thalictrum delavayi Franch.

Quelques boules de neige d’une variété de Viburnum plicatum étaient encore présentes et d’un bel effet sur un feuillage déjà bien cuivré.

Hydrangea involucrata

Voici une gravure ancienne extraite des « Annales de la Société royale d'agriculture et de botanique de Gand : journal d'horticulture et des sciences accessoires », par Charles Morren, (1807-1858).

https://www.biodiversitylibrary.org/item/181421#page/608/mode/1up

Dans le texte descriptif qui suit, l’auteur traduit un texte de Philipp Franz Van Siebold figurant dans sa célèbre Flora Japonica, parue en 1835 et 1870.

Ce recueil possède deux gravures pour H. involucrata ; la tab 64 (ci-dessous), plus dépouillée est très proche et a manifestement inspiré celle que je  montre ci-contre.

Siebold dit « Dans les jardins (du Japon), nous en avons observé 3 variétés, savoir : une à fleurs simples couleur lilas, Ginbaisô, c’est-à-dire Baisô argentée, une seconde à fleurs simples d’un rose pâle et quelquefois jaunâtre, et une troisième à fleurs doubles d’une belle couleur rose. » et plus loin : « La variété à fleurs doubles est très recherchée par les amateurs d’horticulture à cause de sa rareté. » Je pense que le cultivar ‘Hortensis’ qui figure au jardin de la Petite Rochelle est issu de cette troisième variété, bien plus opulent certes, mais on peut remarquer, surtout sur la périphérie des inflorescences, que les fleurs pendantes sont très entourées de bractées bien identifiables (et moins colorées): c’est le fameux involucre qui donne son nom à l’espèce et qui fait qu’un peu abusivement on parle de fleurs ’double’.

Hydrangea involucrata dans la Flora japonica de Siebold, puis le cultivar "Hortensis"
Hydrangea involucrata dans la Flora japonica de Siebold, puis le cultivar "Hortensis"

Hydrangea involucrata dans la Flora japonica de Siebold, puis le cultivar "Hortensis"

Hydrangea paniculata

La silhouette de l’inflorescence de l’Hydrangea paniculata est caractéristique, c’est une panicule plus haute que large qui porte deux types de fleurs. Au bout des rayons, on trouve les fleurs stériles voyantes qui vont attirer les pollinisateurs de loin mais ceux-ci ne tarderont pas à s’enfoncer dans la masse pour atteindre les petites fleurs fertiles. En fin de saison sur certaines variétés notamment ‘Ruby’, les fleurs stériles rougissent beaucoup, tandis qu’au cœur les fleurs fertiles évoluent vers des fruits verdâtres. Sur la gravure issue de la Flora Japonica, là encore, l’effet est beaucoup plus aérien que sur les cultivars de nos jardins. On peut noter aussi qu’assez souvent les feuilles sont étagées groupées par trois (ou deux, en opposées-décussées).

Hydrangea paniculata dans la Flora japonica de Siebold, puis le cultivar "Ruby"
Hydrangea paniculata dans la Flora japonica de Siebold, puis le cultivar "Ruby"

Hydrangea paniculata dans la Flora japonica de Siebold, puis le cultivar "Ruby"

Et comme c’est presque l’automne avant l’heure j’ai vu quelques fruits décoratifs sur d’autres arbustes comme le Cornus Kousa (Cornouiller du Japon), le Magnolia sinensis, avec ses fruits roses encore fermés puis ouverts ou encore le Magnolia laevifolia "Summer snowflakes" aux fruits inattendus pour un magnolia.

 

Cornus Kousa, Magnolia sinensis (fruit fermé puis ouvert) et Magnolia laevifolia "Summer snowflakes". 
Cornus Kousa, Magnolia sinensis (fruit fermé puis ouvert) et Magnolia laevifolia "Summer snowflakes". 
Cornus Kousa, Magnolia sinensis (fruit fermé puis ouvert) et Magnolia laevifolia "Summer snowflakes". 
Cornus Kousa, Magnolia sinensis (fruit fermé puis ouvert) et Magnolia laevifolia "Summer snowflakes". 

Cornus Kousa, Magnolia sinensis (fruit fermé puis ouvert) et Magnolia laevifolia "Summer snowflakes". 

Pour finir quelques perspectives du jardin et des détails : gomme de cerisier, épi de faitage très félin, etc…

https://www.parcsetjardins.fr/jardins/965-jardin-de-la-petite-rochelle

Hydrangeas à la Petite Rochelle
Hydrangeas à la Petite Rochelle
Hydrangeas à la Petite Rochelle
Hydrangeas à la Petite Rochelle
Hydrangeas à la Petite Rochelle

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanique, #Botanistes, #Fleurs, #iconographie

J’ai pu voir et photographier les trois Frankénies visibles en France ; ce sont des plantes vivaces rampantes, des sous-arbrisseaux qui ne craignent pas la sécheresse et apprécient les zones salées. Leurs tiges fines mais assez ligneuses sont très divisées et à rameaux courts ce qui donne une allure en tapis et le randonneur perçoit leurs fleurettes roses souvent trop tard pour les éviter ! Ci-dessous, la Frankénie hirsute, en Catalogne sur le cap de Creus.

Le limbe des petites feuilles à bords plus ou moins révolutés, présente des glandes excrétrices de sel. Ces glandes sont sans doute responsables de l’aspect de surface des feuilles de la Frankénie pulvérulente (ci-dessous), j’avais d’abord cru à des grains de sable restés collés en surface.

Seule la  Frankénie lisse ou Bruyère maritime (Frankenia laevis L.) remonte le long des côtes atlantiques jusqu’en Grande Bretagne. Par rapport aux deux autres espèces elle reste cantonnée plutôt en Europe de l’Ouest. Mes photos sont prises sur l’ile d’Oléron.

Frankenia laevis, sur l'ile d'Oléron.
Frankenia laevis, sur l'ile d'Oléron.

Frankenia laevis, sur l'ile d'Oléron.

En 1753 Linné crée le nom de genre Frankenia, dont découle la famille des Frankeniaceae, en hommage à Johannes Franck. Johannes Franck ou Johan Franckenius, (1590 -1661) était un botaniste et professeur suédois, recteur de l'Université d'Uppsala.

Les trois Frankénies figurent donc dans le Species Plantarum de Linné, avec plus de références anciennes pour Frankenia laevis. Pour sa répartition, il cite « Habitat en Europe australe maritime », et pour la Frankénie hirsute (Frankenia hirsuta L.) il mentionne «Habitat dans les Pouilles, Crète».

 

 

Mais sur une planche de Pier Antonio Michelli (1679-1737), dans son « Nova Plantarum Genera », figurent Frankenia laevis en haut (Fig 1) et Frankenia hirsuta en bas (Fig 2). On peut voir que c’est en réalité ce botaniste italien du 17ème siècle qui avait créé le genre Franca faisant référence à un médecin florentin, le docteur Jean Sébastien Franchi, inconnu de Linné.

https://bibdigital.rjb.csic.es/records/item/11953-nova-plantarum-genera

Frankenia laevis en haut (Fig 1) et Frankenia hirsuta en bas (Fig 2), planche de Pier Antonio Michelli.

Frankenia laevis en haut (Fig 1) et Frankenia hirsuta en bas (Fig 2), planche de Pier Antonio Michelli.

Sur la Frankénie hirsute, ce sont surtout les calices qui sont hérissés de longs poils. Ma photo est prise en Catalogne, sur le cap de Creus, très exposé aux embruns, mais elle peut aussi se trouver dans des prés salés littoraux. Sa répartition n’est pas que méditerranéenne. Vers l’Est, elle est présente en Europe centrale et méridionale et atteint les bords de la Mer noire et de la mer Caspienne.

La Frankénie pulvérulente (Frankenia pulverulenta L.), figure déjà sous une ancienne nomenclature de Charles de l’Ecluse (1526-1609) : Anthyllis valentina dans son Rariorum Plantarum Historia (1601).

https://www.biodiversitylibrary.org/page/529649#page/562/mode/1up

On retrouve la même planche dans l’Icones Stirpium (1581) de Matthias de L’Obel (1538-1616).

La Frankénie pulvérulente s’étend vers l’Est à peu près de la même façon que la Frankénie hirsute, sur l’hémisphère Nord mais grande différence : elle existe aussi dans l’hémisphère Sud (Argentine, Afrique du Sud, Australie).

Photo ci-dessous, prise en Catalogne.

Comme d’habitude, les deux gravures originales qui suivent, tirées de la Flora Graeca et illustrées par Ferdinand Bauer ont été numérisées par les Bibliothèques Bodleian, de l’Université d'Oxford, je les remercie de m’avoir autorisée à vous montrer ces deux Frankénies.

https://digital.bodleian.ox.ac.uk/collections/flora-and-fauna-graeca/

 

Frankenia pulverulenta , puis Frankenia hirsuta, Flora Graeca, gravures de Ferdinand Bauer
Frankenia pulverulenta , puis Frankenia hirsuta, Flora Graeca, gravures de Ferdinand Bauer

Frankenia pulverulenta , puis Frankenia hirsuta, Flora Graeca, gravures de Ferdinand Bauer

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanique, #Fleurs, #iconographie

Ceux d’entre vous qui me suivent ne seront pas surpris si une fois de plus je me reporte au texte fondateur de Carl Linné : le Species Plantarum. Il se trouve que je n’ai pas encore abordé une série d’œillets qui ont en commun d’être disposés agrégés en haut de la tige, et voyant que dans le texte de Linné, ils figuraient regroupés en début du chapitre dédié aux Dianthus sous la rubrique générale « Dianthus flores aggregati », j’y ai vu un appel pour ce nouvel article !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’œillet arméria (Dianthus armeria L.), n’est pas rare du tout mais il passe inaperçu, ses petits pétales étroits pointillés de blanc sont pourtant bien élégants ; il est doté de bractées très longues et fines, vertes et velues au contraire de l’œillet des Chartreux Dianthus carthusianorum L. dont les bractées scarieuses sont brunes, plus larges et assez brusquement terminées par une pointe au sommet. Ci-dessous Dianthus armeria , puis Dianthus carthusianorum.

L’Œillet armeria est illustré, magnifié et toutes ses parties détaillées dans  la « Deutschlands flora » (1798-1855) auteurs : Sturm, J., Sturm, J.W. On y trouve aussi une étude semblable pour l’Œillet des Chartreux.

« Deutschlands flora » (1798-1855) auteurs : Sturm, J., Sturm, J.W. , Dianthus armeria puis Dianthus carthusianorum
« Deutschlands flora » (1798-1855) auteurs : Sturm, J., Sturm, J.W. , Dianthus armeria puis Dianthus carthusianorum

« Deutschlands flora » (1798-1855) auteurs : Sturm, J., Sturm, J.W. , Dianthus armeria puis Dianthus carthusianorum

Ce bel Œillet des Chartreux trouvé sur le Mont Olympe (mention en bas à droite), fut peint par Ferdinand Bauer, c’est une étude préparatoire à l’aquarelle pour la Flora Graeca de John Sibthorp, peut-être est-ce lui ou Sibthorp qui a signalé en bas à gauche une correction à apporter : les pétales doivent porter quelques poils ! 

Dianthus carthusianorum, pour la Flora Graeca de John Sibthorp, dessin de Ferdinand Bauer

Dianthus carthusianorum, pour la Flora Graeca de John Sibthorp, dessin de Ferdinand Bauer

Cet Œillet figure enfin sur les belles planches de la flore du Royaume de Prusse « Flora regni Borussici » (1832-1844), auteur : A.G.Dietrich, et on le trouve aussi sur une planche (pl 2039) du Curtis’s Botanical Magazine.

 « Flora regni Borussici » (1832-1844), auteur : A.G.Dietrich; puis pl 2039 du Curtis’s Botanical Magazine.
 « Flora regni Borussici » (1832-1844), auteur : A.G.Dietrich; puis pl 2039 du Curtis’s Botanical Magazine.

« Flora regni Borussici » (1832-1844), auteur : A.G.Dietrich; puis pl 2039 du Curtis’s Botanical Magazine.

Aux deux vrais Dianthus, Dianthus armeria L. (l’œillet arméria) et Dianthus carthusianorum L. (l’œillet des Chartreux), on peut ajouter Dianthus barbatus L. (l'Œillet barbu), plus commun dans les jardins que dans la nature (c’est une espèce vulnérable dans son habitat naturel). Ces trois-là figurent toujours de nos jours en début de la clé d’identification de la Flora Gallica.

 

Je n’ai pas de photo pour l’Œillet barbu, dont les feuilles sont plus larges que sur l’œillet des Chartreux et les têtes florales plus fournies et globuleuses. Voici ci-contre un morceau d’un vélin attribué à Madeleine Basseporte (1701-1780), protégée de Madame de Pompadour et auteur de superbes vélins détenus maintenant par la BNF et par la Morgan Library.

 

Une autre peinture de Hans Simon Holtzbecker provient du Gottorfer Codex (1649-1659), car cet Œillet barbu est depuis le moyen-âge un ornement des jardins.

La classification linnéenne, ci-dessus, si elle semblait pertinente à l’époque ne l’est plus aujourd’hui car l’Œillet prolifère, autrefois nommé Dianthus prolifer, puis Tunica prolifera (L.)Scop., ne fait plus partie des Œillets, mais du genre Petrorhagia, c’est Petrorhagia prolifera (L.)P.W.Ball & Heywood.

 

 

 

Une aquarelle originale de Georg Dyonisius Ehret provenant d’une collection d’originaux détenue par la Morgan Library and Museum, représente ce Dianthus prolifer L.

 Dianthus prolifer L. par Georg Dyonisius Ehret

Dianthus prolifer L. par Georg Dyonisius Ehret

Il fut peint aussi par Ferdinand Bauer, c’est une étude préparatoire à l’aquarelle pour la Flora Graeca de John Sibthorp. Dans la nature, il est parfois abondant, parfois sa couleur est plus vive et il semble uniflore comme sur la planche de Bauer, mais il s’agit bien du même !

Dianthus prolifer pour la Flora Graeca de John Sibthorp, par Ferdinand Bauer

Dianthus prolifer pour la Flora Graeca de John Sibthorp, par Ferdinand Bauer

Les dessins et aquarelles originaux de la Flora Graeca par Ferdinand Bauer ont été numérisés par les Bibliothèques Bodleian, de l’Université d'Oxford, je les remercie de m’avoir autorisée à vous montrer ces deux Œillets.

https://digital.bodleian.ox.ac.uk/collections/flora-and-fauna-graeca/

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanique, #Fleurs, #iconographie

Ce printemps, pendant mon séjour en Juin dans les environs de Millau, j’ai enrichi mes connaissances en matière de Silènes. Il s’agit d’une très vaste famille et j’en suis aux balbutiements !

Un silène que je désirais voir depuis longtemps, le Silène conique (Silene conica L.), n’est pourtant pas rare, mais il se trouve que sur les Causses à l’altitude moyenne d’un peu plus de 1000 mètres il fleurit un peu plus tard que dans le Midi et il est très présent sur ces sols rocailleux. Quand on le découvre, aucune erreur possible : c’est le seul doté d’un calice très gonflé en vessie et ornementé de plus de trente nervures en relief.

Silene conica, du côté de Millau
Silene conica, du côté de Millau

Silene conica, du côté de Millau

Sa fleur est munie au cœur d’une couronne d’écailles, mais c’est vrai aussi pour d’autres espèces comme le Silene rubella (ci-dessous), que j’ai vu en Catalogne;

ou encore le Silene colorata (ci-dessous), un autre espagnol déterminé de façon un peu approximative peut-être…

Je n’ai pu résister à montrer ces photos qui illustrent bien la diversité de morphologie sur les calices de silènes.

Le Silène de France (Silene gallica L.) est très commun dans les herbages catalans, il possède aussi de petites corolles roses et une couronne d’écailles centrale ; il est surtout doté d’une pilosité impressionnante sur ses calices. Bien que l’allure floue et confuse ne le montre pas bien, l’inflorescence terminale reste simple, cela se voie sur le rameau de gauche dans la photo.

 

Le Silène de Nice (Silene nicaeensis All.) existe dans le Midi ; on peut le trouver sur les plages ; son écologie et son allure avec tous ces petits grains de sable collés au calice, laissent peu de doute sur son identité. Il fait partie de ces silènes blancs dont le revers des pétales est teinté d’une belle couleur fumée qui se révèle quand les pétales se retroussent en fin de floraison. Il est visqueux au contact tout comme les deux espèces suivantes.

Le Silène de Nice (Silene nicaeensis All.) sur une plage de Catalogne
Le Silène de Nice (Silene nicaeensis All.) sur une plage de Catalogne

Le Silène de Nice (Silene nicaeensis All.) sur une plage de Catalogne

Le Silène penché (Silene nutans L.), avec son inflorescence unilatérale et penchée se distingue du Silène d’Italie dont les fleurs se tiennent plus dressées.

Et puis la silhouette allongée du calice du Silène d’Italie (Silene italica (L.) Pers.), révèle un plus long carpophore: lorsque la capsule se forme on voit bien apparaître un pied auparavant compris dans le calice et qui se détecte au vu de la base amincie du calice au moment de la floraison. La hauteur de cette espèce de pied interne, relative à celle de la capsule qui s’est formée au-dessus à la fructification, est un critère important à considérer !

Le Silene d'Italie (Silene italica (L.) Pers.) sur le Causse noir
Le Silene d'Italie (Silene italica (L.) Pers.) sur le Causse noir

Le Silene d'Italie (Silene italica (L.) Pers.) sur le Causse noir

Le Silene fortunei tiré du Curtis’s botanical magazine (ill 7649), représente Silene fissipetala, une espèce chinoise ; je le montre ici parce qu’il est assez proche morphologiquement du Silène d’Italie d’après le texte de Curtis comme le montre aussi la coupe sur le calice.

On croirait presque avoir affaire à l’un de ces beaux Œillets montagnards très laciniés (Dianthus superbus ou Dianthus hyssopifolius), dont j’avais traité dans cet article : 

http://botazoom.over-blog.com/2021/08/sur-le-col-de-crozet.html

 

Les dessins et aquarelles originaux de la Flora Graeca par Ferdinand Bauer ont été numérisés par les Bibliothèques Bodleian, de l’Université d'Oxford, je les remercie de m’avoir autorisée à vous montrer les deux silènes qui suivent.

https://digital.bodleian.ox.ac.uk/collections/flora-and-fauna-graeca/

 

Silene conica L., puis Silene italica (L.) Pers., dessins préparatoires de Ferdinand Bauer pour la Flora graeca, de John Sibthorp
Silene conica L., puis Silene italica (L.) Pers., dessins préparatoires de Ferdinand Bauer pour la Flora graeca, de John Sibthorp

Silene conica L., puis Silene italica (L.) Pers., dessins préparatoires de Ferdinand Bauer pour la Flora graeca, de John Sibthorp

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanistes, #Arbres, #iconographie

Parmi les « Pères » célèbres de la Botanique, le père Charles Plumier tient une place éminente. Il a défriché le terrain pour une grande partie de la flore tropicale américaine, même si avant lui quelques personnages sont connus, surtout des spécialistes de la botanique de ce continent, ce sont Margraf, Piso et Sloane. Le père Plumier nous a laissé un nombre considérable de dessins précis de sa main accompagnés de descriptions très pointues qui ont permis ensuite à Carl Linné d’établir une nomenclature fiable concernant ces plantes que lui-même n’avait pas vues in-situ.

Je vous propose d’aller un peu plus loin dans le détail en prenant comme exemple les Frangipaniers. Ce sont des Plumeriaparfois orthographié Plumieria, mais Linné a fait sauter un i pour plus de lisibilité sans doute…

Ci-dessus un Plumeria dans la Grande serre du MNHN.

Dans le Species Plantarum de 1753, Carl Linné cite trois frangipaniers : Plumeria alba, Plumeria rubra et Plumeria obtusa.

Reprenons les anciennes descriptions latines qui servaient de légendes avant Linné. On les retrouve en légende avec les illustrations originales de deux espèces, les actuels P. rubra et P. alba (planches 231 et 232) dans le Plantarum americanarum (1755-1760), remanié par C.Burmann après le décès de Charles Plumier en 1704. Ce sont bien les dessins de Charles Plumier.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/15475#page/213/mode/1up

 Plumeria rubra et Plumeria alba (pl. 231 et 232) dans le Plantarum americanarum
 Plumeria rubra et Plumeria alba (pl. 231 et 232) dans le Plantarum americanarum

Plumeria rubra et Plumeria alba (pl. 231 et 232) dans le Plantarum americanarum

Plumeria rubra

Pour Plumeria rubra : « PLUMIERIA foliis ovato-oblongis », c’est exactement la première référence latine de Linné. Je vous rappelle que dans le Species Plantarum , le nom d’espèce rubra figure assez discrètement en italique dans la marge, ici à droite pour le bas de la p 209.

On retrouve aussi ce Frangipanier dans le « Plantae selectae » de C.J.Trew, c’est une gravure de Georg Dyonisius Ehret avec une mention en référence de Tournefort « Flore roseo odoratissimo » (c’est la deuxième mention qui figure dans le Species Plantarum, en haut de la p 210).

Plumeria alba

Pour Plumeria alba, voici la légende du père Plumier : « PLUMIERIA foliis lanceolatis revolutis ». On retrouve là le Plumeria alba de Linné (marge gauche), et la description latine donne clairement la caractéristique qui le différencie du premier hormis la couleur : les bords révolutés de ses longues feuilles. Linné le donne comme originaire de la Jamaïque, je l’ai photographié aux Antilles sur Terre de bas (Les Saintes) ; mais il était en fruits.

 

Plumeria alba sur Les Saintes, à Terre de Bas.
Plumeria alba sur Les Saintes, à Terre de Bas.

Plumeria alba sur Les Saintes, à Terre de Bas.

On le retrouve sans surprise dans la Flore médicale des Antilles  de Descoutilz, avec l’orthographe Franchipanier. Pour voir le texte associé : https://www.biodiversitylibrary.org/item/21847#page/155/mode/1up

 

Plumeria obtusa

Plumeria obtusa, figure en troisième place dans le Species Plantarum, mais on ne trouve pas pour lui de planche originale de Plumier. Linné fait référence à une planche de Catesby; la voici ci-dessous (en compagnie d'une passiflore), ce spécimen aurait été vu aux Bahamas…

« L'histoire naturelle de la Caroline, de la Floride et des îles Bahama », par Mark Catesby, est publiée de 1729 à 1747.

Il est décrit comme porteur de feuilles dont l’extrémité est très arrondie voire tronquée, voir des échantillons d’herbier là :

https://florida.plantatlas.usf.edu/SpecimenDetails.aspx?PlantID=1313

Il faut ajouter pourtant que des travaux récents reconnaissent environ 28 espèces de Plumeria originaires des Antilles ! On peut supposer que ce Plumeria obtusa, moins typique que les deux autres, a rassemblé plusieurs de ces espèces…

Plumeria obtusa dans « L'histoire naturelle de la Caroline, de la Floride et des îles Bahama », par Mark Catesby

Plumeria obtusa dans « L'histoire naturelle de la Caroline, de la Floride et des îles Bahama », par Mark Catesby

Deux études d’Atanasio Echeverria :

Mon avis est que l’espèce légendée Plumieria muricata, qu’on retrouve bien exprimée dans l’aquarelle d’Atanasio Echeveria (Drawings from the Spanish Royal Expedition to New Spain) représente plus probablement un Plumeria alba Pour Plumeria muricata, on ne trouve pas d’équivalence dans la nomenclature.

Echeveria a peint un autre frangipanier qu’il nomme Plumieria multiflora, pour celui-ci on connait sa synonymie et ce serait un Plumeria obtusa bien que les feuilles me semblent assez pointues ! La superbe chenille qui dévore ses feuilles et celle d'un papillon nocturne: le Sphinx du frangipanier (Pseudosphinx tetrio).

Dans son « Prodromus systematis naturalis… », Augustin Pyramus de Candolle citait pas moins de 30 espèces de Plumeria (t 8, p 389 à 395) ; mais de nos jours on en reconnait généralement huit.

La plupart sont naturalisées en Asie ; d’ailleurs Plumeria obtusa est en anglais « Singapore graveyard flower ». (Les frangipaniers laissent tomber de nombreuses corolles entières au sol le matin et ce serait une offrande aux morts).

J’ai pris en photo celui-ci, au Sénégal, mais je ne me risquerai pas à lui donner une identité précise…

Plumeria sp. au Sénégal
Plumeria sp. au Sénégal

Plumeria sp. au Sénégal

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanique, #iconographie

Voici quelques composées jaunes du pourtour méditerranéen, dont je vous invite à détailler les Akènes et les Pappus.  Ce ne sont ni des Pissenlits (Taraxacum) ni des Epervières (Hieracium), deux genres pour lesquels je donne ma langue au chat !

Je les ai découvertes ce printemps en Catalogne, mais elles existent aussi au sud de l’hexagone. C’est assez fascinant de voir comme d’une allure générale assez similaire, on finit par détecter de très nombreuses variantes. Tout un ensemble de critères sont à considérer mais si vous prenez simplement le temps de détailler les fruits, avant de souffler dessus pour le plaisir, vous aurez quelques chances de vous approcher d’une bonne détermination.

Observez alors les graines qui sont des akènes : certaines sont lisses, d’autres rayées ou très bosselées. Elles sont surmontées du pappus, ce petit parachute qui contribue à les disperser par le vent ; est-il composé de soies dentées ou plumeuses ou encore de petites écailles ?

La Porcelle des sables ou Porcelle glabre (Hypochaeris glabra L.) en fleur, ne paie pas de mine. Elle est surtout remarquable au moment de la fructification.

Son involucre fuselé a d’abord pris de l’importance en hauteur avant de s’ouvrir en déployant deux types de pappus sur son réceptacle. Seuls les akènes centraux sont munis d’un long bec et leurs longues soies sont plumeuses ; les akènes de la  périphérie n’ont pas de becs et les pappus sont plus courts et presque duveteux.

A noter aussi les paillettes intercalées sur le réceptacle (ce sont les languettes blanches), qui nous amènent sur le genre des Porcelles, dont l’espèce la plus commune est la Porcelle enracinée (Hypochaeris radicata).

La Cousteline (Reichardia picroides (L.) Roth) possède un involucre très décoratif : de belles bractées  au liseré opalescent, en forme de fer de lance. 

Les soies du pappus seraient très finement denticulées (il faut une loupe binoculaire pour le percevoir !), mais ce sont les akènes périphériques, très fortement ridés transversalement, qui sont remarquables.

 

L’ Hédipnoïs polymorphe (Hedypnois rhagadioloides (L.) F.W.Schmidt) est vraiment très polymorphe ; je ne croyais pas avoir affaire à la même plante au début ; mais le fruit est très particulier avec son akène surmonté d’un pappus grossier inégalement écailleux, certaines écailles centrales étant longues et même en zigzag.

 

L’Urosperme fausse picride (Urospermum picroides (L.) Scop. ex F.W.Schmidt). Celui-ci, en rosette dans un pierrier est idéal pour la photo mais pas représentatif car en principe ils sont plus haut sur tige ! Remarquez, ci-dessous, comme les poils surtout sur l’involucre et le haut de la tige, sont coniques. 

Les belles soies plumeuses du pappus surmontent des akènes formés de deux parties comme on peut le voir sur la coupe. Or en fait, c’est le pied du pappus qui est gonflé en outre et l’akène lui-même contenant la graine est la partie basale. 

On retrouve cette disposition chez l’Urosperme de Daléchamps, (ci-dessous) très commun dans le Midi et plus facile à reconnaître grâce à la couleur jaune soufre de ses fleurs, peu commune chez les composées jaunes.

 

Un peu d’iconographie :

Dans la Flora graeca de John Sibthorp et Smith, illustré par le talentueux Ferdinand Bauer, qui participa au voyage sur le pourtour méditerranéen, j’ai extrait trois études originales à l’aquarelle. La première représente la Porcelle glabre (Hypochaeris glabra L.), bien identifiée de longue date, bien que cette planche soit légendée Hypochaeris minima (actuellement un synonyme). Mon recadrage élimine les légendes au crayon, et je précise que ces aquarelles ne sont pas signées par Bauer qui les considérait comme des études préliminaires.

La Porcelle glabre (Hypochaeris glabra L.), légendée Hypochaeris minima, par Ferdinand Bauer pour la Flora graeca

La Porcelle glabre (Hypochaeris glabra L.), légendée Hypochaeris minima, par Ferdinand Bauer pour la Flora graeca

Les auteurs, par contre, donnent deux planches pour l’Hedypnoïs. La seconde, qu’ils ont identifiée comme une espèce crétoise (Hedypnois cretica) est maintenant reconnue comme incluse dans la variabilité naturelle de l’Hedypnoïs polymorphe (Hedypnois rhagadioloides).

Hedypnoïs polymorphe (Hedypnois rhagadioloides), puis (Hedypnois cretica), par Ferdinand Bauer pour la Flora graeca
Hedypnoïs polymorphe (Hedypnois rhagadioloides), puis (Hedypnois cretica), par Ferdinand Bauer pour la Flora graeca

Hedypnoïs polymorphe (Hedypnois rhagadioloides), puis (Hedypnois cretica), par Ferdinand Bauer pour la Flora graeca

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanique, #voyages, #iconographie

Les Apocynacées sont très proches des Asclépiadacées. Les deux familles sont surtout présentes dans les climats chauds bien qu’en France, la Pervenche (Apocynacée) et le Dompte-venin (Asclépiadacée) en fassent partie. Les Asclépiadacées, sont plus évoluées que les Apocynacées comme la Pervenche ou le Laurier rose.

Ce sont les Asclépiadacées (tribu Asclepiadeae) maintenant intégrées dans les Apocynacées, qui vont nous intéresser ici, car en plus du Dompte-venin (Vincetoxicum hirundinaria Medik.) que je connaissais bien, et de l’Araujia porte-soie (Araujia sericifera Brot.) que j’avais identifié courant à l’état de fruit sur des clôtures catalanes (ci-contre), j’ai découvert deux autres lianes de cette famille au Sénégal, Pergularia daemia et Leptadenia hastata et un arbuste très curieux l’Arbre à soie ou Pomme de Sodome (Calotropis procera).

 

Plantes à latex blanc plus ou moins visible, à feuilles opposées, non composées et sans stipules, les Asclépiadacées sont dotées d’une corolle plus ou moins campanulée et rotacée, (en fait, l’allure ‘en hélice’ de la corolle est plus sensible chez la Pervenche et le Laurier rose…), quatre ou cinq étamines et quatre ou cinq pétales souvent surmontés d’une couronne staminale centrale.

Cette couronne centrale est très visible sur la Pergularia (ci-dessus). Dans la fleur de l’Arbre à soie (Calotropis procera), il y a présence d’un important plateau stigmatique, on le voit bien sur la photo ci-dessous.

Le plateau existe aussi, mais il est caché par les grandes cornes staminales de la couronne centrale chez la Pergularia.

Leptadenia hastata

Sur la Leptadenia hastata (syn. De Leptadenia lanceolata subsp. lanceolata), on peut voir quand même (ci-dessous), cinq lobes charnus et velus au cœur de la fleur.

Le genre Leptadenia appartient aux Apocynacées mais pas à la tribu des Asclepiadeae. D’après la Flore du Sénégal de J. Berhaut, les noms Wolof de Leptadenia hasata sont Tahat, Mbum sehet, et Fu takad en Diola.

Je n’ai pas trouvé d’illustration ancienne pour Leptadenia hastata qui est une plante tropicale seulement africaine alors que Pergularia daemia, d’une distribution plus large était bien répertoriée dans les anciennes colonies anglaises.

En Afrique tropicale, les racines de Leptadenia hastata soignent les maux de ventre, d’estomac et les yeux. D’après la Société française d'Ethnopharmacologie, dans les iles du Siné-Saloum la plante était aussi utilisée en traitement médico-magique de la maladie du sommeil, vous pouvez voir le procédé là: http://www.ethnopharmacologia.org/recherche-dans-prelude/?plant_id=3665

Pergularia daemia

Un dessin détaillé de Pergularia daemia montre la fleur en coupe dans « Icones plantarum Indiae orientalis », de R.Wight (1840-1853), mais l’illustration la plus plaisante reste encore celle du Botanical Magazine de Curtis (Pl 5704, vol 94 de 1868).

Pergularia daemia dans « Icones plantarum Indiae orientalis », puis dans le Botanical Magazine de Curtis
Pergularia daemia dans « Icones plantarum Indiae orientalis », puis dans le Botanical Magazine de Curtis

Pergularia daemia dans « Icones plantarum Indiae orientalis », puis dans le Botanical Magazine de Curtis

Pergularia daemia au Sénégal : les follicules fermés puis ouverts
Pergularia daemia au Sénégal : les follicules fermés puis ouverts

Pergularia daemia au Sénégal : les follicules fermés puis ouverts

Des fruits folliculaires 

Les fruits folliculaires, souvent doubles, libérant des graines à aigrettes (anémochorie), sont très caractéristiques et permettent de reconnaître ces Asclépiadacées même en l’absence de fleurs. Ainsi le Gomphocarpe  (Gomphocarpus fruticosus) qu’on peut trouver naturalisé dans le Sud de la France est immanquable à identifier (ci-dessous).

C’est aussi ce qui m’a guidé pour trouver cette plante introduite qu’est l’Araujia sericifolia et connaissant les fruits du Gomphocarpe, durant mon voyage au Sénégal,  j’ai tout de suite compris que ma Pergularia se situait dans la même famille !

Ci-dessus, Araujia sericifolia sur les clôtures en Catalogne.

Au Sénégal, encore fermés, les énormes follicules de la Pomme de Sodome.

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanistes, #iconographie

Aujourd’hui, zoom sur les travaux d’un artiste de l’illustration botanique trop peu connu Atanasio Echeverria y Godoy.

Les dessins de cet illustrateur, se trouvent principalement conservés à l'Institut Hunt de Pittsburg, en Pennsylvanie, c’est la « Collection Torner ».

Ci-dessus: Solanum wendlandii, et Caladium bicolor.

Pour toutes les illustrations de cet article, je remercie :

Torner Collection of Sessé and Mociño Biological Illustrations, avec l'aimable autorisation du Hunt Institute for Botanical Documentation, Carnegie Mellon University, Pittsburgh, Pennsylvanie.

Ils sont les fruits d’une longue expédition naturaliste, l’Expédition botanique royale en Nouvelle-Espagne (Expedición Botánica al Virreinato de Nueva España). La Nouvelle-Espagne englobait un très grand territoire depuis le Mexique jusqu’en Californie et l’expédition dura dix années (1787-1803), dirigée par Martin de Sessé y Lacasta, secondé du botaniste José Mariano Mociño Suárez de Figueroa. Deux jeunes artistes mexicains récemment sortis de l’Ecole des Beaux-Arts de Mexico, furent embauchés pour suivre l’expédition : Atanasio Echeverria y Godoy et Juan de Dios Vicente de la Cerda.

Ci-dessus, Bromelia brachystachya .

Atanasio Echeverria est le plus doué, il est d’ailleurs apprécié par Alexander von Humboldt, qui parle de ses travaux dans ces termes : « ils peuvent rivaliser avec ce que l'Europe a produit de plus parfait dans ce genre » . Même si les planches que vous pouvez voir ici ne comportent qu’un minimum de finition colorée (une feuille, une fleur et un fruit, parfois une portion de branche ou de racine), on peut se rendre compte de son talent. C’était la volonté de Sessé de ne pas perdre de temps sur des finitions pour pouvoir documenter le plus d’espèces possibles durant les voyages. Les conditions souvent difficiles de ces expéditions ne permettaient sans doute aux artistes que de prendre des feuilles de notes de détails, qui n’en sont pas moins intéressantes à regarder !

Deux feuillets d'études de terrain, pour l'Expedición Botánica al Virreinato de Nueva España
Deux feuillets d'études de terrain, pour l'Expedición Botánica al Virreinato de Nueva España

Deux feuillets d'études de terrain, pour l'Expedición Botánica al Virreinato de Nueva España

Vers 1803,  Atanasio Echeverria se rend en Espagne avec Sessé et Moçiño, dans l’idée de terminer toutes ses planches mais cela n’aura malheureusement jamais lieu car entretemps l’Espagne souffre après les guerres napoléoniennes ; l’édition d’un ouvrage illustré de belles gravures qui auraient pu en découler tombe à l’eau. Atanasio Echeverria repart donc en 1804 au Mexique ou il prend le poste de deuxième directeur artistique de la Real Academy de San Carlos.

Martin de Sessé meurt en 1808 ; vers 1812, Mociño décide de montrer l’ensemble des dessins de l’expédition au célèbre botaniste suisse Augustin Pyramus de Candolle et ce riche fonds d’espèces nouvelles pour la science sera dument inventorié et porté à connaissance à partir de 1824 dans son « Prodromus systematis naturalis… ». Il existe un fonds de calques des planches originales, exécutés en catastrophe par les « Dames de Genève » sur la demande de De Candolle, qui a quand même obtenu des « doubles originaux », toujours conservés à Genève. Mais, Mociño repart à Madrid pour y ramener les dessins et là, sans doute en raison de son décès en 1820 à Barcelone, il se produit un imbroglio qui fera qu’on perd toute la collection de vue pendant plus d’un siècle ! Elle est redécouverte dans une bibliothèque privée de Barcelone et acquise lors d’une vente aux enchères par le Hunt Institute for Botanical Documentation, de Pittsburg.

Ci-dessus, Hibiscus elatus et  Capparis amplissima.

Les planches ne sont pas signées, mais on reconnait assez aisément le travail d’Atanasio Echeverria. Pour mieux couvrir cette grande entreprise, certaines destinations de l’expédition ne comportaient qu’un botaniste et un peintre, comme c’est le cas dans l’ile de Nootka, il est donc certain, pour les espèces peintes en ce lieu, que les planches sont bien de sa main.

Les planches inachevées d'Atanasio Echeverria pour la flore de l'Ile de Nootka.
Les planches inachevées d'Atanasio Echeverria pour la flore de l'Ile de Nootka.
Les planches inachevées d'Atanasio Echeverria pour la flore de l'Ile de Nootka.
Les planches inachevées d'Atanasio Echeverria pour la flore de l'Ile de Nootka.
Les planches inachevées d'Atanasio Echeverria pour la flore de l'Ile de Nootka.

Les planches inachevées d'Atanasio Echeverria pour la flore de l'Ile de Nootka.

Le travail de Vicente de la Cerda, n’est pas aussi raffiné ; il a signé au dos une de ses planches représentant une très belle Polémoniacée : Cobaea scandens, et au dessous, la version très probablement d’Atanasio Echeverria. C’est une plante magnifique que j’ai vue fleurie dans le jardin de l’Ile de Batz.

De Candolle nomma le genre Echeveria en 1827 ; les deux espèces Echeveria grandiflora Haw. (alors nommée Cotyledon gibbiflorum) et E. teretifolia  ont été décrite d’après les dessins d’Echeverria.

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Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanique, #iconographie, #voyages

La Super-famille des Légumineuses (ou Fabales) comptait autrefois trois familles distinctes, les Mimosacées, les Fabacées (ou Papilionacées) et les Césalpiniacées, ce sont ces dernières que j’aimerais vous présenter, du moins celles que j’ai pu rencontrer et photographier. Il faut dire précisément aujourd’hui Caesalpinioideae et il s’agit maintenant d’une sous-famille des Fabacées.

Les Césalpiniacées ont semblé à juste titre un peu plus primitives que les Fabacées ; la symétrie bilatérale de leur corolle n’est pas très sensible. Le grand pétale haut qui enveloppe la fleur en bouton et se nomme l’étendard  chez les Fabacées est ici recouvert par les ailes dans le bouton. La carène est formée des deux pétales inférieurs disposés en coque à voir par exemple sur cette fleur de Senna occidentalis.

A dire vrai cet article parlera surtout de trois genres Cassia, Senna et Chamaecrista qui au sein des Caesalpinioideae, sont très proches en taxonomie (Tribu des Cassieae, et sous-tribu des Cassiinae).

Les étamines, qui sont encore très nombreuses chez les Mimosacées, voient leur nombre se réduire à dix environ chez les Césalpiniacées. Chez les Fabacées il se stabilise bien et s’organise en deux verticilles : cinq grandes et cinq petites plus ou moins soudées en tube à la base, alors qu’elles restent encore libres chez les Césalpiniacées et se répartissent de diverses façons.

Dans la photo ci-dessus, prise à La Réunion de Senna occidentalis on peut observer que  les étamines se sont organisées en : trois à filets courts et dressées, et les autres incurvées, dont deux plus longues et en crochets dans la carène. Les anthères des étamines basses, tubulaires, s’ouvrent par une fente latérale ou par le bout.

Avec de telles étamines, visibles aussi sur Chamaecrista nictitans (ci-dessus), il est nécessaire pour les pollinisateurs de pratiquer une pollinisation vibratile, ou sonication, qui seule peut extraire le pollen !

La présence de nectaires sur ces plantes est intéressante car alors qu’on s’attendrait à les trouver à proximité des étamines, ce sont en fait des nectaires extra-floraux, on les trouve à l’aisselle d’une feuille sous forme d’une petite glande ronde, comme sur Senna occidentalis, ou Chamaecrista nictitans ou même le long du rachis d’une feuille composée entre les paires de folioles.

Ces nectaires extra-floraux procurent du nectar principalement à des fourmis, qui assurent par leur présence une protection contre les herbivores. Leur emplacement constitue un bon critère pour l’identification !

https://www.zoom-nature.fr/levolution-des-nectaires-extra-floraux/

https://www.zoom-nature.fr/nectar-contre-gardes-du-corps-un-deal-mutualiste/

Peu de représentantes des Césalpiniacées peuvent être observées en France dans la nature. On note quand même la présence dans le Midi de plantes introduites et quasiment naturalisées comme le bel Arbre de Judée (Cercis siliquastrum),  et deux autres espèces à floraison en épis avec de petites fleurs peu spectaculaires, mais des fruits (gousses) remarquables, le Caroubier (Ceratonia siliqua L.) ou le Févier d’Amérique (Gleditsia triacanthos L.).

 

Ci-contre, photo du Gleditsia triacanthos L. sur le littoral catalan.

Les genres Cassia, Senna et Chamaecrista ne sont pas représentés en métropole.

Par contre j’ai retrouvé au Sénégal des plantes déjà vues en Guadeloupe et même à La Réunion (répartition pantropicale), comme le Tamarinier (Tamarindus indica) ou encore le Senna occidentalis, qui autrefois s’appelait Cassia occidentalis. Le genre Cassia englobait pour Linné les Senna et les Chamaecrista. Le genre Senna créé pourtant par Pitton de Tournefort dès 1694, confirmé par Philip Miller en 1754 ne fut que plus récemment reconnu officiellement après des analyses fines de l’ADN ; c’est pourquoi tous les Senna actuels ont des synonymes en Cassia.

Au Sénégal, j’en ai vu de toute taille depuis l’arbre : la Casse du Siam (Senna siamea (Lam.) H.S.Irwin & Barneby), jusqu’à la menue Cassia mimosoides L. (syn. de Chamaecrista mimosoides (L.) Greene) une herbacée poussant dans une zone humide de Casamance.

La Casse du Siam (Senna siamea (Lam.) H.S.Irwin & Barneby), près de Dakar

La Casse du Siam (Senna siamea (Lam.) H.S.Irwin & Barneby), près de Dakar

Cassia mimosoides L. (syn. de Chamaecrista mimosoides (L.) Greene), en Casamance

Cassia mimosoides L. (syn. de Chamaecrista mimosoides (L.) Greene), en Casamance

Un bel arbuste ornemental au nom évocateur d’Epine de Jérusalem (Parkinsonia aculeata L.) semble devenu une espèce envahissante en Afrique tropicale.

 

J’ai trouvé un dessin original provenant de l’Expédition botanique en Nouvelle Espagne (Drawings from the Spanish Royal Expedition to New Spain (1787–1803) de Martin Sessé, et José Mariano Mociño)

Parkinsonia aculeata, dans "Drawings from the Spanish Royal Expedition to New Spain" (1787–1803)

Parkinsonia aculeata, dans "Drawings from the Spanish Royal Expedition to New Spain" (1787–1803)

 

 

En Guadeloupe, on trouve le Senna alata bien caractérisé par le haut de son épi roux-orangé et des Chamaecrista, pas faciles à différencier !

Les illustrations qui suivent montrent des espèces bien connues dès le 18ème siècle, car ce sont depuis longtemps des plantes médicinales , elles sont issues de cet ouvrage: Icones plantarum medico-oeconomico-technologicarum… par Ferdinand Bernhard Vietz, 1772-1815.

Sur : https://www.biodiversitylibrary.org/item/28890#page/20/mode/1up

D’abord le Caroubier (Ceratonia siliqua L.).

Puis le Tamarinier (Tamarindus indica) avec une photo réunionnaise…

Et enfin le Senné (Senna alexandrina Mill.), autrefois nommé Cassia senna  L.

Plus d’éléments sur les Senna, là :

https://www.lepeupledacote.com/plante/sene-senna/

 

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