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Botazoom, Botanique et Iconographie

Botazoom, Botanique et Iconographie

Ce blog est destiné aux curieux de botanique. En s’appuyant sur les photos que j’ai pu faire en voyage, et sur de l’iconographie ancienne, il rentre un peu dans les détails qui m’ont permis d’identifier une espèce, mais son contenu doit être considéré comme celui d’une botaniste amateur !

Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Botanique, #iconographie, #voyages

J’ai envie de vous faire partager le plaisir de découvrir ce col au-dessus de Gex, accessible facilement par des télécabines, ou pour les courageux à pied puisque le GR Balcon du Léman passe par le Col de Crozet. La vue est bien sûr, spectaculaire sur le Léman et les Alpes tout autour, bien que la limpidité de l’air et donc la visibilité ne soit pas toujours celle qu’on voudrait…mais pour faire de la botanique c’était parfait.

Dans un article précédent je vous ai montré un beau rosier, Rosa dumalis Bechst. vu sur ce col mais il n’était pas tout seul ! Tout près se tenait une autre espèce très emblématique des montagnes, le Rosier glauque ou Rosier des Vosges (Rosa ferruginea Vill.). Les fleurs de petite taille sont d’un rose-magenta vif et le feuillage vert glauque de ce rosier se nuance de reflets bleutés voire gris-acier (comme le suggère son nom latin). C’est un cas très particulier de modification de surface du vert par l’apport d’un pigment rouge qu’on retrouve d’ailleurs bien plus nettement sur les tiges et jeunes pousses. En contrejour, l’effet bleuté disparaît et le feuillage s’illumine en vert vif ; au soleil c’est un enchantement !

 le Rosier glauque ou Rosier des Vosges (Rosa ferruginea Vill.) synonymes: Rosa glauca Pourr. et Rosa rubrifolia auct.
 le Rosier glauque ou Rosier des Vosges (Rosa ferruginea Vill.) synonymes: Rosa glauca Pourr. et Rosa rubrifolia auct.
 le Rosier glauque ou Rosier des Vosges (Rosa ferruginea Vill.) synonymes: Rosa glauca Pourr. et Rosa rubrifolia auct.

le Rosier glauque ou Rosier des Vosges (Rosa ferruginea Vill.) synonymes: Rosa glauca Pourr. et Rosa rubrifolia auct.

Non loin de mes rosiers dans la pelouse d’altitude, j’ai admiré un très bel œillet frangé qu’un peu rapidement j’avais baptisé Œillet superbe, mais non ! à y regarder de plus près, c’est en fait l’Œillet de Montpellier (Dianthus hyssopifolius L.), qui n’est pas si méditerranéen que son nom le suggère. Il semble quand même qu’avec le Jura, il s’agit de la limite nord de sa répartition.

Dès 1601, dans le « Rariorum plantarum historia », de Charles de L'Écluse, figurent en page 284 deux œillets frangés assez semblables. Celui de gauche légendé (donc avant Linné) ‘Caryophylleus sylvestris V species altera’ fut identifié d’abord comme Dianthus plumosus DC. ex Sprengel, puis la botanique actuelle a finalement retenu le nom donné par Linné à l’Œillet de Montpellier (Dianthus hyssopifolius L.). A droite c’est ‘Caryophylleus sylvestris VI ‘ soit Dianthus superbus L., l’Œillet superbe, qu’on peut trouver aussi en Franche-Comté dans des zones humides et marais de plaine.

« Rariorum plantarum historia », de Charles de L'Écluse, à gauche l'Oeillet de Montpellier, à droite l'Oeillet superbe

« Rariorum plantarum historia », de Charles de L'Écluse, à gauche l'Oeillet de Montpellier, à droite l'Oeillet superbe

Pour mémoire, en voici une ancienne photo de l'Oeillet superbe prise dans les tourbières de Frasnes.

Puis mon Oeillet de Montpellier. Ces deux œillets vus séparément paraissent identiques mais on voit bien là que ce sont deux espèces différentes !

Et puis, parmi les rochers, on pouvait trouver une ombellifère commune dans les hauteurs jurassiennes, le Laser siler ou Sermontain (Siler montanum Crantz). Attention toutefois de ne pas le confondre avec le Laser à larges feuilles (Laserpitium latifolium), qui porte parfois abusivement les mêmes noms vernaculaires alors que c’est une espèce différente.

Pour comparaison voici, ci-dessous, le Laser à larges feuilles que j’ai vu également pas très loin mais en milieu plus arboré près du col de la Faucille.

Les affleurements rocheux se fragmentent parfois donnant l’illusion de murets bas  et du coup l’impression d’un beau jardin alpin se renforce !

Dans cette zone, on trouve sans surprise le Saxifrage aizoon (Saxifraga paniculata Mill.) car saxifraga vient du latin ‘saxum’, (rocher) et ‘frango’  (briser). Intriguée par le terme aizoon qui revient à plusieurs reprises en botanique, j’ai cherché à comprendre son origine et d’après wikipédia, aizoon proviendrait du grec aeí (pour toujours) et zỗion (être vivant).

C’est un fait que ce mot est employé aussi pour d’autres plantes succulentes capables de survivre dans des conditions difficile de sécheresse. Les petites feuilles de la rosette du Saxifrage aizoon sont en effet assez charnues, elles semblent aussi bordées de minuscules cristaux blancs.

Dans sa Flora austriaca, tome 5 et pl. 438, Nikolaus Joseph Jacquin le nomme encore Saxifraga aizoon Jacq. On peut trouver quantité de synonymes pour ce Saxifraga paniculata Mill., la famille des Saxifrages est très fournie et certaines espèces sont difficiles à distinguer !

 Le Saxifrage aizoon (Saxifraga paniculata Mill.)
 Le Saxifrage aizoon (Saxifraga paniculata Mill.)

Le Saxifrage aizoon (Saxifraga paniculata Mill.)

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E
L'appellation "plumosus" me paraissait plus parlante que celle de "montpellier". Mais ce n'est pas moi qui vais changer la nomenclature!! Amitiés. Elizabeth
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C
Oui, tu as raison et même ce nom latin de Dianthus hyssopifolius...les feuilles d'Hysope sont tellement passe-partout! ça devait parler surtout aux apothicaires!
A
Claire C'est toujours un grand plaisir pour moi de lire tes lettres, si bien écrites, si intéressantes et si jolies. Amitiés. Anne Bernard
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C
Merci Anne! Oh, je crois bien me souvenir de toi en stage d'aquarelle!