Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Botazoom, Botanique et Iconographie

Botazoom, Botanique et Iconographie

Ce blog est destiné aux curieux de botanique. En s’appuyant sur les photos que j’ai pu faire en voyage, et sur de l’iconographie ancienne, il rentre un peu dans les détails qui m’ont permis d’identifier une espèce, mais son contenu doit être considéré comme celui d’une botaniste amateur !

Publié le par Claire Felloni
Publié dans : #Fleurs, #iconographie, #jardins botaniques

A l’époque où Pancrace Bessa peint cette belle digitale ornementale pour l’Herbier général de l’Amateur, elle se nomme encore officiellement Digitalis canariensis L. mais ce nom n’est plus valide : il faut dire maintenant Isoplexis canariensis (L.) Loudon, et c’est vrai que lorsque je l’ai admirée dans le jardin exotique de Tatihou, dans la Manche, (où j’avais vu aussi le Sparmannia de mon dernier article), je n’étais pas forcément orientée sur une Digitale et j’ai eu un peu de mal à l’identifier.  Cette longue casquette qui coiffe la corolle me faisait plutôt penser à une acanthe et c’est d’ailleurs en partie pour cette raison que le genre s’est différencié du genre Digitalis. On reconnait maintenant 4 espèces d’Isoplexis toutes originaires des iles Canaries ou de Madère qui entretiennent une relation étroite avec de petits passereaux pollinisateurs. Il faudrait chercher la Digitale des Canaries à l’état sauvage dans des zones boisées humides de ces iles.

J’espère ne pas me tromper pour identifier celle de Tatihou car une espèce très voisine, Digitalis isabelliana (Webb) Linding. lui ressemble beaucoup …

Dans l’Herbier général de l’Amateur (1816), de Mordant de Launay puis Loiseleur-Deslongchamps, l’auteur explique qu’on peut la multiplier de boutures en détachant de la tige des petits rameaux subsidiaires qui se forment parfois. C’est une bisannuelle donc il faut être patient ! Il conseille de la garder en pot l’hiver en orangerie mais dit finalement qu’elle n’est pas si frileuse que ça.

La Digitale des Canaries de Tatihou
La Digitale des Canaries de Tatihou

La Digitale des Canaries de Tatihou

La Digitale laineuse (Digitalis lanata Ehrh.) de la famille des Plantaginacées (et plus des Scrophulariacées comme auparavant), n’est pas vraiment ornementale, elle est surtout médicinale et bien sûr toxique mais la Digitale pourpre l’est tout autant. Cependant comme cette Digitale laineuse contient de nombreux principes actifs notamment dans ses feuilles, c’est elle qui est cultivée pour l’utilisation en pharmacologie.

 

Avant qu’elle soit cultivée dans ce but, ses populations avaient pas mal décliné en Europe de l’Est d’où elle est originaire. Cette bisannuelle passe la saison froide enterrée dans le sol sous forme d’un tubercule ; au moment de sa floraison elle a un besoin impératif de pollinisateurs car elle est allogame, c’est pourquoi elle doit maintenir ses effectifs de population afin de les attirer.

Je l’ai photographiée dans le secteur des plantes médicinale au Jardin botanique de Genève.

 

La Digitale laineuse au Jardin botanique de Genève.

La Digitale laineuse au Jardin botanique de Genève.

Voici ces deux digitales ornementales du jour la Digitale des Canaries et la Digitale laineuse, sur deux planches d’une publication anglaise de Robert Sweet, « Le jardin de fleurs britannique: contenant des figures colorées et des descriptions des plantes herbacées rustiques les plus ornementales et curieuses ... » publié à Londres en 1823-1829.

 

 

Commenter cet article
A
Merci, merci, quel bonheur de vous suivre !
Répondre